Diégèse  mercredi 4 juillet 2012



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Ce qui s'écrit
Daniel
Je n'écris plus de fictions et surtout plus de romans pour échapper aux éditeurs, et d'une même façon pour échapper au lecteur qui achète des livres et qui, en conséquence, en veut pour son argent et s'arme de son jugement avant de commencer le premier mot d'un acte qu'il veut pieux : lire. J'échappe aussi à la nécessité de personnages que l'on puisse reconnaître aisément car ce qui pouvait m'arriver de pire quand je me livrais encore à l'écriture de fictions, c'était que les personnages se mélangent, qu'ils s'amusent à prendre le ton et le caractère des uns et des autres, tendant ainsi à se fondre dans un personnage générique et métaphorique. Les éditeurs et les lecteurs lisant aiment des personnages typés, et qui dès lors confinent à la caricature.

Noëmie
Tu te souviens de quand je pouvais citer Descartes quel que soit le moment du dialogue. Je ne le fais plus vraiment mais il me reste des bribes. Ce que tu dis du jugement m'y incite et me le rappelle. "Or, quand je ne perçois pas avec assez de clarté et de distinction ce qui est vrai, si je me garde bien de porter un jugement, il est clair que j'agis correctement et que je ne me trompe pas ; mais si je porte un jugement, qu'il soit affirmatif ou négatif, alors je n'use pas correctement de la liberté de décision." Ton lecteur de livre "armé de son jugement" ne pourrait donc percevoir avec assez de clarté ce qui se dit, ce qui se passe ni même ce qu'il pourrait lire.

Mathieu
Lire sans juger, ce n'est pas plus facile que d'écrire sans juger ou encore que de parler sans juger. Notre parole est jugement permanent, définitif et souvent sans appel. C'est ce qui fait que la compagnie des personnages comme celle des humains soit aussi décevante. C'est aussi pour cela que j'aime les poètes et la poésie. Ils s'attachent à ce qui est vraiment important dans la parole, et qui ne juge jamais : le signifiant. C'estpourquoi du signifié, je ne sais rien et n'en veux rien savoir.

Gustav
Je ne sais pas. Je n'ai pas compris ce qu'ils voulaient dire. Ils m'ont emmené à Saint-Nazaire et je ne sais pas qui était Saint Nazaire sinon que sa mère Sainte Perpétue, était disciple de Saint Pierre.  La mémoire de Nazaire et de Perpétue me laisse silencieux dans les villes bretonnes que je n'aime plus. Je me tais.

2009 2008 2007 2006 2005 2004 2003 2002 2001 2000
Je n'ai pas compris ce qu'ils voulaient dire. Je ne sais pas qui était Saint Nazaire.
Ce n'est pas plus facile.
Or, quand je ne perçois pas avec assez de clarté et de distinction ce qui est vrai, si je me garde bien de porter un jugement, il est clair que j'agis correctement et que je ne me trompe pas ; mais si je porte un jugement, qu'il soit affirmatif ou négatif, alors je n'use pas correctement de la liberté de décision. Descartes - Les Méditations métaphysiques
... dans les villes bretonnes que je n'aime plus.









2011 2010








Ce qui pouvait m'arriver de pire quand je me livrais encore à l'écriture de fictions, c'était que les personnages se mélangent, qu'ils s'amusent à prendre le ton et le caractère des uns et des autres, tendant ainsi à se fondre dans un personnage générique et métaphorique. Du signifié, je ne sais rien et n'en veux rien savoir.