Diégèse  lundi 21 mai 2012



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Ce qui s'écrit
Mathieu
Arrivé à Plouha, je regarde Port Moguer, que je compare à cette vieille carte postale que tu m'avais donnée un soir de dérive dans les rues parisiennes, achetée le matin même sur un des quais de la ville. Je me rappelle la première fois que je suis venu ici. Je me promenais alors comme on attend, dans l'amour et cependant sans amour et imaginant l'amour comme le voyageur peut imaginer l'infini en regardant le soleil se coucher sur l'horizon et, par extrapolation, imaginer, donc créer, un univers infini. Je crois que cela s'appelle l'espoir et même dans certains cas l'espérance. Je ne l'explique pas.

Noëmie Moi aussi je me rappelle la première fois que je suis venue ici. Le paysage avait arrêté mes pas un peu avant la crique car les rochers proches reprenaient dans l'ombre naissante exactementla forme d'une pointe, plus loin. J'ai alors pensé que je marchais sur les pas des personnages de Julien Gracq dans Au Château d'Argol. De cette impression aujourd'hui, il ne reste presque rien sinon que j'ai presque vu ton souvenir.

Gustav
Je dois ainsi comprendre que nous sommes ici déjà venus et que je devrais m'en souvenir. Il y a cet abri en pierre tout de guingois. Je pourrais m'en souvenir et je me souviens plutôt de demain, quand nous partirons.

Daniel
Je me demande si le problème de Gustav est vraiment l'amnésie ou un dérèglement de la conscience de soi, un dérèglement rétrospectif de la conscience de toutes les consciences qu'il avait jouées et incarnées. Se souvenir, c'est accepter le temps du souvenir d'être un autre qui était soi sans être soi et dès lors que l'on n'accepte plus ce déplacement de la conscience, on ne se souvient plus. Il ne s'agira pas d'écrire autrement ni même d'écrire autre chose.

2009 2008 2007 2006 2005 2004 2003 2002 2001 2000
Pourtant, je me suis demandé si le problème de Gustav était vraiment l'amnésie ou un dérèglement de la conscience de soi, un dérèglement rétrospectif de la conscience de toutes les consciences qu'il avait jouées et incarnées. J'ai presque vu ton souvenir.
Il ne reste presque rien.
... comme le voyageur peut imaginer l'infini en regardant le soleil se coucher sur l'horizon et, par extrapolation, imaginer, donc créer, un univers infini. Je ne l'explique pas. Arrivé à Plouha, je regarde Port Moguer, que je compare à cette vieille carte postale que tu m'avais donnée un soir de dérive dans les rues parisiennes, achetée le matin même sur un des quais de la ville...









2011 2010








Je me promenais alors comme on attend. Il ne s'agira pas d'écrire autrement ni même d'écrire autre chose.