Diégèse  mardi 13 mars 2012



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Ce qui s'écrit
Daniel Pourquoi est-ce que j'écris, ici de surcroit, si je n'écris pas pour être lu ? Je n'en sais rien et la question peut même sembler insincère et pourtant je sais que si je devais caler le désir d'écrire sur ce désir : la lecture de l'autre, désir manipulatoire, je ne pourrais pas écrire. Et je n'écrirais donc pas. Et je n'écrirais donc rien. Et c'est ainsi que la plupart des livres, tout à leur désir d'être lus, relèvent en fait du message publicitaire. Ils sont écrits par des gens qui voudraient tellement être écrivains qu'ils se mettent en scène en tant qu'écrivains, fréquentant des lieux à fort potentiel littéraire, c'est à dire des lieux de voyages littéraires organisés. C'est assez simple.
Comment reconnaître un mauvais écrivain ? Il participe à sa propre promotion à la radio ou à la télévision.
En fait, il faudrait toujours écrire en deçà, toujours davantage en deçà et que pourrait-il y avoir en deçà du temps qu'il fait, en deçà de l'insignifiance qu'échangent les sujets qui s'aiment tellement comme le disait Roland Barthes ? Il faudrait que j'écrive encore encore davantage dans l'infra de l'en deçà mais  mes idées sont-elles suffisamment fermes pour cela ?

Noëmie
Et voilà que tu t'en prends encore aux écrivains qui écrivent des livres ! C'est une manie qui pourrait d'ailleurs t'être reproché. Ils écrivent des livres et ils en sont libres comme tu es libre d'écrire autre chose et comme moi, je suis libre de n'écrire rien. Mais je pourrais aussi écrire ici que  cela faisait déjà un an que nous étions venus à Fiuggi et je ne m'en étais pas aperçu, et je n'en savais rien, et je n'en savais plus rien. Mais cela n'aurait aucun intérêt.
En fait je suis triste, triste de devoir parler et de donner le change immédiat à la pâleur de ces jours italiens. Triste de devoir continuer ces dialogues qui ne font que repousser le moment où nous les cesserons.
Nous devrions écrire le vrai. Mais qu'est-ce que le vrai ?

Mathieu
Je pourrais moi aussi donner dans les sentiments mais vous ne verrez jamais rien de tout cela car je suis nécessairement dissimulateur, par nécessité, par profession.

Gustav
Ils vont rester jusqu'à demain. Fiuggi ne leur réussit pas. Ce doit être l'eau.

2009 2008 2007 2006 2005 2004 2003 2002 2001 2000
Mais qu'est-ce que le vrai ? Ils vont rester jusqu'à demain.
Vous ne verrez jamais rien de tout cela car je suis nécessairement dissimulateur, par nécessité.
Mes idées sont-elles suffisamment fermes ?
... triste de devoir parler et de donner le change immédiat à la pâleur de ces jours italiens. Cela faisait déjà un an et je ne m'en étais pas aperçu, et je n'en savais rien, et je n'en savais plus rien.








2011 2010








Je n'écris pas pour être lu. Si je devais caler le désir d'écrire sur ce désir : la lecture de l'autre, désir manipulatoire, je ne pourrais pas écrire. C'est ainsi que la plupart des livres, tout à leur désir d'être lus, relèvent en fait du message publicitaire. Que pourrait-il y avoir en deçà du temps qu'il fait, en deçà de l'insignifiance qu'échangent les sujets qui s'aiment tellement ?