Diégèse
mercredi 2 janvier 2013
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2013
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Mathieu
C'est le temps des résolutions et l'on croise dans les rues des visages encore voilés par le trop de nourriture et d'alcool, prêts à parier que l'on ne les y reprendra plus. Les rues sont parsemées de carcasses de sapins, parfois encore de débris de verre de bouteille de champagne. Tout cela prend l'apparence d'une fiction car tout cela ressemble à une image. C'est ainsi que les artistes alimentent le réel, configurent même le réel. Que je puise ou non dans ma propre fiction pour écrire le texte, c'est bien cette même fiction, fluctuante, non écrite, sans cesse soumise à interprétation et cependant cohérente, entièrement liée au monde, qui soutient le texte à écrire.
Ce goût de la fiction au cœur même du réel, parfois le plus exigeant, détermine l'attitude que l'on prend. C'est ainsi que La Rochefoucauld décrit ce condamné au supplice qui affecte une constance et un mépris de la mort. Il ajoute que ce n'est qu'une pose  qui n'est en effet que la crainte de l'envisager. De sorte qu'on peut dire que cette constance et ce mépris sont à leur esprit ce que le bandeau est à leurs yeux. La fiction est un bandeau sur nos yeux tout autant que de lunettes nous intimant l'ordre de regarder une réalité augmentée, qui n'est jamais augmentée que de nos fantasmes, c'est à dire de notre culture.


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Certains visages sont encore voilés par le trop de nourriture et d'alcool.





Des carcasses de sapins, parfois encore des débris de verre de bouteille de champagne.








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Ceux qu'on condamne au supplice affectent quelquefois une constance et un mépris de la mort qui n'est en effet que la crainte de l'envisager. De sorte qu'on peut dire que cette constance et ce mépris sont à leur esprit ce que le bandeau est à leurs yeux.
François de La Rochefoucauld
Maximes
Que je puise ou non dans ma propre fiction pour écrire le texte, c'est bien cette même fiction, fluctuante, non écrite, sans cesse soumise à interprétation et cependant cohérente, entièrement liée au monde, qui soutient le texte à écrire.