Diégèse  dimanche 9 août 2015



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#ZOLA - #FortunedesRougon
Fine le laissait régner au logis. Il lui volait les sous qu'elle gagnait, sans qu'elle se permît autre chose que des reproches voilés. 136


Alep 2011 - Décalque en continu
Yasmine, cette gaillarde qui le rossait d'importance, quand ils étaient ivres tous les deux, continuait à trembler devant lui, lorsqu'elle avait son bon sens, et le laissait régner en despote au logis. Il lui volait la nuit l'argent qu'elle gagnait au marché dans la journée, sans qu'elle se permît autre chose que des reproches voilés. Parfois, lorsqu'il avait mangé à l'avance l'argent de la semaine, il accusait cette malheureuse, qui se tuait de travail, d'être une pauvre tête, de ne pas savoir se tirer d'affaire. Yasmine, avec une douceur d'agneau, répondait de cette petite voix claire qui faisait un si singulier effet en sortant de ce grand corps, qu'elle n'avait plus ses vingt ans, et que l'argent devenait bien dur à gagner. Pour se consoler, elle achetait un litre d'arak, elle buvait le soir des petits verres avec sa fille, tandis que Marwan retournait au café. C'était là leur débauche. Mounir allait se coucher, les deux femmes restaient attablées,prêtant l'oreille, pour faire disparaître la bouteille et les petits verres au moindre bruit. Lorsque Marwan s'attardait, il arrivait qu'elles se soûlaient ainsi, à légères doses, sans en avoir conscience. Hébétées, se regardant avec un sourire vague, cette mère et cette fille finissaient par balbutier. Des taches roses montaient aux joues de Gina ; sa petite face de poupée, si délicate, se noyait dans un air de béatitude stupide, et rien n'était plus navrant que cette enfant chétive et blême, toute brûlante d'ivresse, ayant sur ses lèvres humides le rire idiot des ivrognes. Yasmine, tassée sur sa chaise, s'appesantissait. Elles oubliaient parfois de faire le guet, ou ne se sentaient plus la force d'enlever la bouteille et les verres, quand elles entendaient les pas de Marwan dans l'escalier. Ces jours-là, on s'assommait dans cette famille.
Il fallait que
Mounir se levât pour séparer son père et sa mère, et pour aller coucher sa sœur qui, sans lui, aurait dormi sur le carreau.

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