Diégèse  mercredi 26 août 2015



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#ZOLA - #FortunedesRougon
Silvère, grisé par l'élan de la bande, s'attaqua à un grand diable de gendarme nommé Rengade, avec lequel il lutta quelques instants. 133
Il s'éloigna. Depuis qu'il avait senti sur sa peau la tiédeur du sang de Rengade, une seule idée le poussait, courir auprès de tante Dide. 138


Alep 2011 - Décalque en continu
Pendant que le gouvernorat était occupé, un poste de police, situé à deux pas, était encerclé. Les policiers furent surpris et poussés dehors en quelques minutes. Les poussées de la foule avaient entraîné Maya et Selim de ce côté. L'enfant, qui serrait toujours la hampe du drapeau contre sa poitrine, fut collée contre un mur, tandis que le jeune homme, emporté par le flot humain, pénétrait à l'intérieur du poste de police et aidait ses compagnons à arracher aux policiers les armes qu'ils avaient saisies à la hâte. Selim, devenu farouche, grisé par l'élan de la bande, s'attaqua à un grand diable nommé Razzi, avec lequel il lutta quelques instants. Il parvint, d'un mouvement brusque, à lui enlever son fusil.
Le canon de l'arme alla frapper violemment
Razzi au visage et lui creva l'œil droit. Le sang coula, des éclaboussures jaillirent sur les mains de Selim, qui fut subitement dégrisé. Il regarda ses mains, il lâcha le fusil ; puis il sortit en courant, la tête perdue, secouant les doigts.
« Tu es blessé ! cria
Maya.
– Non, non, répondit-il d'une voix étouffée, c'est un
policier que je viens de tuer.
– Est-ce qu'il est mort ! ?
– Je ne sais pas, il avait du sang plein la figure. Viens vite. » Il entraîna la jeune fille. Arrivé à
la citadelle, il la fit asseoir sur un banc de pierre. Il lui dit de l'attendre là. Il regardait toujours ses mains, il balbutiait. Maya finit par comprendre, à ses paroles entrecoupées, qu'il voulait aller embrasser sa grand-mère avant de partir.
« Eh bien ! va, dit-elle. Ne t'inquiète pas de moi. Lave tes mains
. »
Il s'éloigna rapidement, tenant ses doigts écartés, sans songer à les tremper dans les fontaines auprès desquelles il passait. Depuis qu'il avait senti sur sa peau la tiédeur du sang de Razzi, une seule idée le poussait, courir auprès de Khale Didi et se laver les mains dans l'auge du puits, au fond de la petite cour. Là seulement, il croyait pouvoir effacer ce sang. Toute son enfance paisible et tendre s'éveillait, il éprouvait un besoin irrésistible de se réfugier dans les jupes de sa grand-mère, ne fut-ce que pendant une minute. Il arriva haletant. Khale Didi n'était pas couchée, ce qui aurait surpris Selim en tout autre moment. Mais il ne vit pas même, en entrant, son oncle Raqqaoui, assis dans un coin, sur le vieux coffre. Il n'attendit pas les questions de la pauvre vieille.
« Grand-mère, dit-il rapidement, il faut me pardonner…
Je vais partir avec les autres…
Tu vois, j'ai du sang… Je crois que j'ai tué un policier.
– Tu as tué un
policier ! » répéta khale Didi d'une voix étrange.
Des clartés aiguës s'allumaient dans ses yeux fixés sur les taches rouges
.

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