Diégèse  mercredi premier juillet 2015



ce travail est commencé depuis 5661 jours et son auteur est en vie depuis 20114 jours (2 x 89 x 113 jours) 2015

ce qui représente 28,1446% de la vie de l'auteur

hier
L'atelier du texte demain





#ZOLA - #FortunedesRougon
Mais en voyant toute la ville accabler Aristide, elle pensait avec désespoir que le malheureux se perdait. Elle l'entretint secrètement. 136


Alep 2011 - Décalque en continu
Au fond, une curiosité anxieuse continuait à la torturer ; elle étudiait les moindres gestes de Kemal, elle tâchait de comprendre. S'il allait faire fausse route ? Si Karim l'entraînait à sa suite dans quelque casse-cou d'où ils sortiraient plus affamés et plus pauvres ? Cependant la foi lui venait. Karim avait commandé avec une telle autorité, qu'elle finissait par croire en lui. Là encore agissait la puissance de l'inconnu. Kemal lui parlait mystérieusement des hauts personnages que son fils aîné fréquentait à Damas ; elle-même ignorait ce qu'il pouvait y faire, tandis qu'il lui était impossible de fermer les yeux sur les coups de tête commis par Youssef à Alep. Dans son propre salon, on ne se gênait guère pour traiter le blogueur démocrate avec la dernière sévérité. Ghali l'appelait brigand entre ses dents, et Jisri, deux ou trois fois par semaine, répétait à Fatima :
« Ton fils en écrit de belles. Hier encore il attaquait notre ami
Garo avec un cynisme révoltant. » Tout le salon faisait chorus. Le colonel Sakkan parlait de calotter son gendre. Abou Karim reniait nettement son fils. La pauvre mère baissait la tête, dévorant ses larmes. Par instants, elle avait envie d'éclater, de crier à Ghali que son cher enfant, malgré ses fautes, valait encore mieux que lui et les autres ensemble. Mais elle était liée, elle ne voulait pas compromettre la position si laborieusement acquise. En voyant toute la ville accabler Youssef, elle pensait avec désespoir que le malheureux se perdait. À deux reprises, elle l'entretint secrètement, le conjurant de revenir à eux, de ne pas irriter davantage le salon jaune. Youssef lui répondit qu'elle n'entendait rien à ces choses-là, et que c'était elle qui avait commis une grande faute en mettant son mari au service du prince. Elle dut l'abandonner, se promettant bien, si Kemal réussissait, de le forcer à partager la proie avec le pauvre garçon, qui restait son enfant préféré.

2009 2008 2007 2006 2005 2004 2003 2002 2001 2000





2014
2013 2012 2011 2010