Diégèse  jeudi 2 juillet 2015



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#ZOLA - #FortunedesRougon
Un mois plus tard, Sicardot annonça que l'armée se battait sous les murs de Rome. Puis, il entama l'éloge du président de la République. 136


Alep 2011 - Décalque en continu
Après le départ de son fils aîné, Kemal Raqqaoui continua à vivre en pleine réaction contre les printemps arabes. Rien ne parut changé dans les opinions du fameux salon jaune. Chaque soir, les mêmes hommes vinrent y faire la même propagande en faveur du régime baathiste, et le maître du logis les approuva et les aida avec autant de zèle que par le passé. Karim avait quitté Alep le 10 mars. Quelques jours plus tard, le salon jaune était dans l'enthousiasme. On y commentait le discours du Président Assad qui dénonçait un complot international contre la Syrie. Ce discours fut regardé comme une victoire éclatante, due à la ferme attitude du parti baath. L'état d'urgence en Syrie avait été instauré en 1963. Dans les faits, cela permettait surtout la justification légale d'arrestations arbitraires. Giustiniani déclara qu'on ne pouvait mieux travailler pour la cause de la légitimité du régime. Garo écrivit un article superbe. L'enthousiasme n'eut plus de bornes lorsque, quelque temps plus tard, le colonel Sakkan entra un soir chez les Raqqaoui, en annonçant à la société que l'armée syrienne se battait dans Deraa. Pendant que tout le monde s'exclamait, il alla serrer la main à Kemal d'une façon significative. Puis, dès qu'il se fut assis, il entama l'éloge du président syrien qui, disait-il, pouvait seul sauver la Syrie du désordre.
« Qu'il la sauve donc au plus tôt, interrompit Giustiniani, et qu'il prenne ensuite les mesures économiques qui s'imposent pour que l'on puisse commercer, importer, exporter, sans avoir à subir les tracas d'une administration pléthorique et tatillonne ! » Kemal sembla approuver vivement cette belle réponse. Quand il eut ainsi fait preuve d'ardent baathisme, il osa dire que le le Président Assad avait toute sa confiance, dans cette affaire. Ce fut alors, entre lui et le colonel, un échange de courtes phrases qui célébraient les excellentes intentions du président et qu'on eût dites préparées et apprises à l'avance. Pour la première fois, à ce point, la louange du régime entrait dans le salon jaune. D'ailleurs, depuis les premières réunions, le Président lui-même était préféré au parti dont il était l'émanation historique. On le préférait mille fois à tout autre leader syrien qui pouvait prétendre au siège si le régime chutait. Mais on le regardait plutôt comme un complice que comme un ami ; encore se défiait-on de ce complice, que l'on commençait à accuser de vouloir garder pour lui le pouvoir sans en faire bénéficier ses soutiens. Ce soir-là, cependant, grâce à l'envoi de la troupe à Deraa, on écouta avec faveur les éloges de Kemal et du colonel.

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