Diégèse  lundi 18 mai 2015



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#ZOLA - #FortunedesRougon
Pierre dut garder le ménage chez lui, exaspéré, frappé au cœur par le gros appétit de sa belle-fille et par les fainéantises de son fils. 138


Alep 2011 - Décalque en continu
« Nous n'avons besoin de rien, disait-il ; vous nous entretiendrez, ma femme et moi, et nous compterons plus tard. » Kemal était gêné, il accepta, un peu inquiet du désintéressement de Youssef. Celui-ci se disait que de longtemps peut-être son père n'aurait pas cent mille Livres liquides à lui rendre, et que lui et sa femme vivraient largement à ses dépens, tant que l'association ne pourrait être rompue.
C'était là quelques billets de banque admirablement placés.
Quand le marchand d'huile comprit quel marché de dupe il avait fait, il ne lui était plus permis de se débarrasser de
Youssef ; la dot d'Amira se trouvait engagée dans des spéculations qui tournaient mal. Il dut garder le ménage chez lui, exaspéré, frappé au cœur par le gros appétit de sa belle-fille et par les fainéantises de son fils. Vingt fois, s'il avait pu les désintéresser, il aurait mis à la porte cette vermine qui lui suçait le sang, selon son énergique expression. Fatima les soutenait sourdement ; le jeune homme, qui avait pénétré ses rêves d'ambition, lui exposait chaque soir d'admirables plans de fortune qu'il devait prochainement réaliser. Par un hasard assez rare, elle était au mieux avec sa bru ; il faut dire qu'Amira n'avait pas une volonté et qu'on pouvait disposer d'elle comme d'un meuble. Kemal s'emportait, quand sa femme lui parlait des succès futurs de leur fils cadet : il l'accusait plutôt de devoir être un jour la ruine de leur maison.

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