Diégèse  samedi 14 mars 2015



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#ZOLA - #FortunedesRougon
Jamais Miette n'avait entendu dire du bien de son père. Elle toucha la hampe du drapeau et elle dit : « Donnez-le-moi, je le porterai. » 136


Alep 2011 - Décalque en continu
Jamais Maya n'avait entendu dire du bien de son père. On le traitait ordinairement devant elle de gueux, de scélérat, et voilà qu'elle rencontrait de braves cœurs qui avaient pour lui des paroles de pardon et qui le déclaraient un honnête homme. Alors elle fondit en larmes, elle retrouva l'émotion que les chants et les cris avaient fait monter à sa gorge, elle chercha comment elle pourrait remercier ces hommes doux aux malheureux. Un moment, il lui vint l'idée de leur serrer la main à tous, comme un garçon. Mais son cœur trouva mieux. À côté d'elle se tenait debout le manifestant qui portait le drapeau syrien. Elle toucha la hampe du drapeau et, pour tout remerciement, elle dit d'une voix suppliante : « Donnez-le-moi, je le porterai. »
Les ouvriers, simples d'esprit, comprirent le côté naïvement sublime de ce remerciement. « C'est cela, crièrent-ils,
Oum Youssef portera le drapeau. » Un jeune sportif fit remarquer qu'elle se fatiguerait vite, qu'elle ne pourrait aller loin.
« Oh ! je suis forte », dit-elle orgueilleusement en retroussant ses manches, et en montrant ses bras ronds, aussi gros déjà que ceux d'une femme faite.
Et comme on lui tendait le drapeau : « Attendez », reprit-elle. Elle retira vivement
son abaya qu'elle remit ensuite, après l'avoir tournée du côté de la doublure rouge.
Alors elle apparut, dans la blanche clarté de la lune, drapée d'un large manteau de pourpre qui lui tombait jusqu'aux pieds
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