Diégèse  dimanche 4 octobre 2015



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#ZOLA - #FortunedesRougon
Brusquement, ils débouchèrent juste en face d'Orchères. De grands cris de joie, des brouhahas  leur arrivaient, clairs dans l'air limpide. 138
Cette réception fraternelle des habitants d'Orchères fut la dernière joie des insurgés. Ils passèrent la journée dans un espoir sans bornes. 140


Alep 2011 - Décalque en continu
Brusquement, ils arrivèrent dans le centre d'Idlib.
De grands cris de joie, des brouhahas de foule leur arrivaient, clairs dans l'air limpide. La
petite troupe entrait à peine dans la ville à grands renforts de klaxons et de youyou. Maya et Selim y pénétrèrent avec les traînards. Jamais ils n'avaient vu un enthousiasme pareil. Dans les rues, on eût dit un jour de fête, quand les familles sortent en promenade avec des habits neufs. On fêtait les manifestants comme on fête des libérateurs. Les hommes les embrassaient, les femmes leur apportaient des vivres. Et il y avait, sur les portes, des vieillards qui pleuraient. Allégresse toute orientale qui s'épanchait d'une façon bruyante, chantant, dansant, gesticulant.
Comme
Maya passait, elle fut prise dans une immense farandole qui tournait sur la place. Selim la suivit.
Ses idées de mort, de découragement, étaient loin à cette heure. Il voulait se battre, vendre du moins chèrement sa vie. L'idée de la lutte le grisait de nouveau. Il rêvait la victoire, la vie heureuse avec
Maya, dans la grande paix de la démocratie réelle.
Cette réception fraternelle d'une partie des habitants d'Idlib fut la dernière joie des manifestants. Ils passèrent la journée dans une confiance rayonnante, dans un espoir sans bornes. Les prisonniers, le colonel Sakkal, Misri, Abou Firas et les autres, qu'on avait enfermés dans une salle d'une école, dont les fenêtres donnaient sur la place, regardaient, avec une surprise effrayée, ces farandoles, ces grands courants d'enthousiasme qui passaient devant eux.
« Quels
ânes ! murmurait le colonel, appuyé à la rampe d'une fenêtre, comme s'il était au balcon d'un cinéma ; et dire qu'il ne viendra pas une ou deux batteries pour me nettoyer toute cette canaille ! » Puis il aperçut Maya, il ajouta, en s'adressant à Abou Firas :
« Vois donc,
Abou Firas, cette grande fille rouge, là-bas. C'est une honte. Ils ont traîné leurs prostituées avec eux. Pour peu que cela continue, nous allons assister à de belles choses. »
Abou Firas hochait la tête, parlant « des passions déchaînées » et « des plus mauvais jours de notre histoire ».
Misri, blanc comme un linge, restait silencieux ; il ouvrit une seule fois les lèvres, pour dire à Sakkal, qui continuait à déblatérer amèrement :
« Plus bas donc,
tu vas nous faire massacrer. » La vérité était que les manifestants traitaient ces messieurs avec la plus grande douceur. Ils leur firent même servir, le soir, un excellent dîner. Mais, pour des trembleurs comme le directeur du Trésor, de pareilles attentions devenaient effrayantes : les insurgés ne devaient les traiter si bien que dans le but de les trouver plus gras et plus tendres, le jour où ils les mangeraient.

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