Diégèse  samedi 10 octobre 2015



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#ZOLA - #FortunedesRougon
Il y eut brusquement un grand silence et bientôt les insurgés aperçurent, du côté de la plaine des pointes de baïonnettes qui grandissaient. 140


Alep 2011 - Décalque en continu
Il y eut brusquement un grand silence. À une des fenêtres de l'école, la tête blafarde d'Abou Firas apparut.
Il parlait, il faisait des gestes.
« Rentrez, fermez les
stores, crièrent les manifestants furieusement ; vous allez vous faire tuer. » Les stores se fermèrent en toute hâte, et l'on n'entendit plus que le bruit des véhicules des soldats qui approchaient.
Une minute s'écoula, interminable. La troupe avait disparu ; elle était cachée dans un pli de terrain, et bientôt les
manifestants aperçurent, du côté de la plaine, au ras du sol, des véhicules blindés légers qui vrombissaient, roulant sous le soleil levant, comme une colonne de gros insectes venimeux. Selim, à ce moment, dans la fièvre qui le secouait, crut voir passer devant lui l'image du policier dont le sang lui avait taché les mains ; il savait, par les récits de ses compagnons, que Razzi n'était pas mort, qu'il avait simplement un œil crevé ; et il le distinguait nettement, avec son orbite vide, saignant, horrible. La pensée aiguë de cet homme, auquel il n'avait plus songé depuis son départ d'Alep, lui fut insupportable. Il craignit d'avoir peur. Il serrait violemment son fusil, les yeux voilés par un brouillard, brûlant de décharger son arme, de chasser l'image du borgne à coups de feu. Les blindés montaient toujours, lentement.

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