Diégèse  lundi premier août 2016



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#Péguy-Pasolini - les textes de Diégèse 2016 -

Marco Pannella en est à plus de soixante-dix jours de grève de la faim : il est à bout de forces ; les médecins commencent à être vraiment préoccupés et, plus encore, effrayés. D'autre part, on ne voit pas la plus petite possibilité objective que quelque chose de nouveau intervienne, qui permettrait à Pannella d'interrompre un jeûne qui, désormais, peut être mortel (il me faut ajouter qu'une quarantaine de ses camarades se sont au fur et à mesure associés à son jeûne).

Aucun des représentants du pouvoir parlementaire (et donc aussi bien du gouvernement que de l'opposition) ne semble, même un tout petit peu, disposé à « se compromettre » avec Pannella et ses compagnons. La vulgarité du réalisme politique semble ne pouvoir trouver aucun point de rencontre avec la candeur de Pannella, ni donc la possibilité d'exorciser et d'englober son scandale. Le mépris théologique l'entoure : d'un côté Berlinguer et le comité central du P.C.I., de l'autre les vieux maîtres démocrates-chrétiens. Quant au Vatican, il y a déjà longtemps que là-bas les catholiques ont oublié d'être chrétiens. Tout cela n'étonne pas, et nous verrons pourquoi. Mais, même les « mineurs » (c'est-à-dire ceux qui ont un « pouvoir mineur ») sont réfractaires, sceptiques et lâchement évasifs face au message de Pannella : par exemple, ceux que l'on appelle les « catholiques du non », ou encore les progressistes plus libres (qui interviennent pour appuyer Pannella seulement à titre « individuel » et jamais en tant que représentants de partis ou de groupes).
Je lis dans l'Orient le jour, le grand journal francophone libanais, que la brigade des stupéfiants des forces de sécurité intérieure du Liban aurait arrêté l'un des plus importants dealers de captagon, considérée comme  « la drogue des terroristes ».  J'apprends ainsi, car je l'ignorais, qu'un cachet de captagon « pèse quelques centaines de milligrammes », « est plus petit qu'un cachet de paracétamol et coûte - selon l'offre et la demande - 10 à 20 dollars. ». J'apprends de la même manière que cette drogue est de consommation courante chez les hommes des pays du Golfe qui l'utilisent comme stimulant sexuel. J'apprends enfin que son usage a été intensif dans les années 1980 chez les cyclistes, que la première fabrication de masse était bulgare, puis syrienne dès 2005, c'est à dire plusieurs années avant le commencement des Printemps arabes.
Il est possible que ceux qui ont commis les attentats en France depuis janvier 2015 étaient sous l'influence d'une drogue qui pourrait être le captagon. En novembre 2015 Sciences et Avenir, publication de vulgarisation scientifique, expliquait les effets de cette drogue : résistance à la fatigue, vigilance accrue et perte du jugement. Une des religieuses présente dans l'église de Saint-Étienne du Rouvray pendant l'attaque terroriste et l'assassinat du prêtre Jacques Hamel raconte dans le journal La Vie : « j'ai eu le droit à un sourire du second. Pas un sourire de triomphe mais un sourire doux, celui de quelqu'un d'heureux. »
Ce qui est décrit dans ces trois articles, et l'on pourrait en aligner beaucoup d'autres, c'est aussi une géopolitique de cette drogue produite massivement et sans doute présente sur toutes les places de marché de la drogue dans le monde, c'est à dire partout ou presque. Et cela n'est pas étonnant. Et cela vient confirmer la porosité entre le supposé djihad et le trafic, première économie des
« quartiers ».
Mais, la question que cela pose relève de la philosophie : la morale de l'être humain est-elle seulement chimique ?
Ouvrons un débat sur l'affaire Pannella
Pier Paolo Pasolini
6 juillet 1974, Corriere della sera
Péguy-Pasolini #14 - Diégèse 2016

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