Diégèse  vendredi 26 août 2016



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#Péguy-Pasolini - les textes de Diégèse 2016 -

22 septembre 1974
Le petit discours historique de Castelgandolfo
 
Sans doute quelques lecteurs ont-ils été frappés par une photographie du pape Paul VI portant sur la tête une coiffure de plumes sioux et entouré d'un petit groupe de « Peaux-rouges » en costumes traditionnels — une scène folklorique extrêmement embarrassante, d'autant que l'atmosphère semblait familière et détendue.
Je ne sais pas ce qui a poussé Paul VI à mettre cette coiffure de plumes et à poser pour le photographe. Mais rien n'est incohérent. Au contraire, dans le cas de cette photographie de Paul VI, on peut parler d'une attitude particulièrement cohérente à l'égard de l'idéologie, consciente ou inconsciente, qui guide les actes et les gestes humains et les change en « destin » ou « histoire » en l'espèce « destin » de Paul VI et « histoire » de l'Église.
À l'époque où Paul VI a posé pour cette photographie à propos de laquelle « le silence est d'or » (mais pas par hypocrisie, au contraire, par respect humain), il a en effet prononcé un discours que je n'hésiterai pas, avec la solennité congrue, à déclarer historique. Et je ne me réfère pas à l'histoire récente ou, encore moins, à l'actualité, puisque le discours de Paul VI n'a même pas fait l'objet d'un écho, comme on dit ; je n'en ai pas même lu de comptes rendus laconiques et évasifs dans un petit coin de page de journal.
le pape Paul VI coiffé d'une parure de SiouxJ'ai retrouvé sans grande difficulté la photographie du pape Paul VI coiffé d'une parure de Sioux que Pasolini évoque dans un petit texte de 1974 sur le pouvoir de l'Église. Non seulement, comme le dit Pasolini, l'ambiance de la cérémonie semble « familière et détendue », mais le  pape déguisé est plus que souriant, sinon hilare. Mais je n'ai pas retrouvé la photographie originale dans laquelle, si l'on en croit Pasolini, on voit aussi les Sioux. Dans la suite de son texte, il laisse cette photographie de côté pour s'intéresser à un discours prononcé par le Pontife depuis sa résidence d'été de Castelgandolfo. Mais c'est bien de cette photographie, qu'il juge embarrassante, dont part le texte : le pape « déguisé ». Cette photographie, je la rapproche d'une autre photographie qui, en décembre 2014 a circulé en boucle sur les réseaux sociaux, celle du Président de la République François Hollande vêtu d'un manteau et coiffé d'un chapka, présents du Président du Kazakhstan. Photo à laquelle, fort opportunément, le Journal du Dimanche avait répliqué par une série de photographies montrant des personnages officiels en « tenue locale ». On y voit son prédécesseur en boubou, Jacques Chirac avec un couvre-chef végétalien et d'autres dirigeants de ce monde dans des tenues qui prêtent à sourire. Il y a là de quoi penser, de quoi réfléchir. Qu'est-ce qui, dans ces situations diplomatiques entièrement codées, fait sourire ?
Le petit discours historique de Castelgandolfo
- Pier Paolo Pasolini - Écrits corsaires
Péguy-Pasolini #16 - Diégèse 2016

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