Diégèse  mercredi 3 février 2016



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#Péguy-Pasolini - les textes de Diégèse 2016 -

Ils se trompent. Ces politiciens se trompent. Du haut de cette République quarante siècles (d'avenir) ne les contemplent pas. Si la République marche depuis quarante ans, c'est parce que tout marche depuis quarante ans. Si la République est solide en France, ce n'est pas parce que la République est solide en France, c'est parce que tout est solide partout. Il y a dans l'histoire moderne, et non pas dans toute histoire, il y a pour les peuples modernes de grandes vagues de crises, généralement parties – de France, (1789-1815, 1830, 1848) qui font tout trembler d'un bout du monde à l'autre bout. Et il y a des paliers, plus ou moins longs, des calmes, des bonaces qui apaisent tout pour un temps plus ou moins long. Il y a les époques et il y a les périodes. Nous sommes dans une période. Si la République est assise, ce n'est point parce qu'elle est la République, (cette République), ce n'est point par sa vertu propre, c'est parce qu'elle est, parce que nous sommes dans une période, d'assiette. La durée de la République ne prouve pas plus la durée de la République que la durée des monarchies voisines ne prouve la durée de la Monarchie. Cette durée ne signifie point qu'elles sont durables, mais qu'elles ont commencé, qu'elles sont dans une période, durable. Qu'elles se sont trouvées comme ça, dans une période, de durée. Elles sont contemporaines, elles trempent dans le même temps, dans le même bain de durée. Elles baignent dans la même période. Elles sont du même âge. Voilà tout ce que ça prouve. Charles Péguy écrivait « il y a pour les peuples modernes de grandes vagues de crises (...) Et il y a des paliers, plus ou moins longs, des calmes, des bonaces qui apaisent tout un temps plus ou moins long. Il y a les époques et il y a les périodes. » Nous serions donc entrés dans une époque, dans une crise. Mais, il y a des crises qui portent des libérations, d'autres qui portent des aliénations, des réifications. 1848, le Printemps des peuples, était une crise de libération. La crise des années trente était porteuse de la plus douloureuse vague de réification des peuples que la civilisation ait connue. Celle des années soixante se voulait une libération. Force est de constater que les crises de réification ne sont jamais favorables à la condition des femmes. En prenant les choses à rebours, on peut même considérer que la condition faite aux femmes en temps de crise est un indicateur du type d'époque où l'on se trouve, où l'on bascule. Ce que nous dit la succession des événements de 2011 à 2016, c'est que l'on a espéré un Printemps des peuples, qui s'est appelé Printemps arabe et que ce printemps, dès 2013, s'était refermé dans la nuit de la réification des masses, la nuit de la réification massive, ce que 2015 aura confirmé de la façon la plus violente qui soit. A qui profite le crime ? Qui a intérêt à ce que le patriarcat demeure, voire qu'il se renforce ? Qui a intérêt à présenter l'organisation patriarcale violente de la société comme l'état naturel de la société et la libération des femmes, et donc la libération des mœurs, comme une perversion ? Trouver le bénéficiaire, c'est trouver le coupable.
Charles Péguy - Notre Jeunesse  - Diégèse 2016 - Péguy-Pasolini #02 -

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