Diégèse  dimanche 24 janvier 2016



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#Péguy-Pasolini - les textes de Diégèse 2016 -

Nous sommes extrêmement mal situés. Nous sommes en effet historiquement situés à un point critique, à un point de discernement, à ce point de discrimination. Nous sommes situés juste entre les générations qui ont la mystique républicaine et celles qui ne l'ont pas, entre celles qui l'ont encore et celles qui ne l'ont plus. Alors personne ne veut nous croire. Des deux côtés. Neutri, ni les uns ni les autres des deux. Les vieux républicains ne veulent pas croire qu'il n'y a plus des jeunes républicains. Les jeunes gens ne veulent pas croire qu'il y a eu des vieux républicains. Nous sommes entre les deux. Nul ne veut donc nous croire. Ni les uns ni les autres. Pour tous les deux nous avons tort. Quand nous disons aux vieux républicains : Faites attention, après nous il n'y a personne, ils haussent les épaules. Ils croient qu'il y en aura toujours. Et quand nous disons aux jeunes gens : faites attention, ne parlez point si légèrement de la République, elle n'a pas toujours été un amas de politiciens, elle a derrière elle une mystique, elle a en elle une mystique, elle a derrière elle tout un passé de gloire, tout un passé d'honneur, et ce qui est peut-être plus important encore, plus près de l'essence, tout un passé de race, d'héroïsme, peut-être de sainteté, quand nous disons cela aux jeunes gens, ils nous méprisent doucement et déjà nous traiteraient de vieilles barbes. Ils nous prendraient pour des maniaques. J'ai toujours éprouvé une difficulté à comprendre, à appréhender, et, dès lors, à utiliser le concept de « génération ». Je me souviens très bien que, dans l'enfance, je demandais aux enseignants de bien vouloir me dire combien d'années durait une génération. Ce n'est que dans le dictionnaire de l'Académie française de 1986 que j'ai trouvé qu'il s'agissait dans cet emploi d'une métonymie, quand les éditions de 1932 et de 1835 n'en disaient rien, mais évoquaient une période de trente années. Péguy, dans Notre Jeunesse, veut croire qu'il y a des générations intermédiaires, des générations de passage. Dès l'enfance, je soupçonnais que mes camarades et moi, nés au début des années 1960, serions de ces générations tampons qui n'ont d'autre choix que d'amortir, douloureusement et parfois cruellement, le choc titanesque des époques. Qu'avons-nous à envier aux générations précédentes et qu'avons-nous à défendre de ce qu'ont connu, promu, sauvé les générations précédentes ? On répondrait facilement, unanimement, automatiquement : la liberté. Mais la liberté, c'est plutôt la génération qui précédait la génération précédente qui l'a défendue et qui l'a sauvée. Mais alors quoi ? Eh bien, la liberté de mœurs. Le principal gain, la principale bataille gagnée par ces chevelus que brocardait Pasolini, c'est la liberté sexuelle et la liberté de mœurs et, au delà de toute autre liberté, c'est celle-ci qui est désormais menacée, visée, atteinte, blessée.
Charles Péguy - Notre Jeunesse  - Diégèse 2016 - Péguy-Pasolini #02 -

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Je crois qu'il était nu.
la fiction de l'amour


La voix ample de Janet Baker me tenait lieu de chair.




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Hiroshima mon amour, c'est son nom.
Je retiens que le texte s'éprouve à la chair, qu'il ne parvient cependant jamais à faire entièrement sienne, et ce processus, ce processus de déception se nomme l'incarnation.