Diégèse  samedi 12 novembre 2016



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#Péguy-Pasolini - les textes de Diégèse 2016 -

Je me distingue nettement avant tout parce que, dans mon enfance, je n'ai pas eu une éducation catholique (je n'ai même pas reçu la confirmation), et ensuite parce que mes choix, dès le début de la puberté, ont été consciemment laïques et enfin, chose la plus importante, parce que ma « nature » est idéaliste (pas au sens philosophique, mais existentiel). Toi-même, tu m'accuses d'idéalisme ; et c'est une accusation que j'accepte, car elle est vraie. Tu ne sais pas combien j'ai toujours envié ton manque de mauvais idéalisme.Mais aujourd'hui, il est de fait que l'on peut tout dire de l'Église catholique, sauf qu'elle est idéaliste. Elle en est même tout le contraire : elle est non-idéaliste et, en revanche, absolument pragmatiste. Les prêtres sont, plus que quiconque, ceux qui, avec un profond pessimisme, voient le monde comme il est : personne n'est plus habile et subtil pour saisir le statu quo et en rendre compte. Relis l'opus grandiose et du plus pur pragmatisme (Dieu n'y est même pas nommé, sauf dans les formulaires) que constituent les sentences de la Rote Sacrée. Donc, si je suis idéaliste, je ne suis pas catholique ; et si tu es pessimiste et pragmatiste, tu es catholique. Comme tu le vois, il est bien trop facile de retourner des accusations de ce genre. Pour en rester à la partie théorique de ton discours, tu plaisantes sur le fait que « depuis quelque temps ma bête noire est la consommation » : ta façon de plaisanter me semble un peu indifférentiste par la façon qu'elle a de restreindre le problème. Je le sais, tu es pragmatiquement partisan d'accepter le statu quo, mais moi, qui suis idéaliste, non. « La consommation existe, que veux-tu y faire ? » sembles-tu vouloir me dire. Alors laisse-moi te répondre : pour toi, la consommation existe, et c'est tout ; elle ne te touche pas, sinon, comme on dit, moralement, tandis que d'un point de vue pratique elle te touche comme elle touche tout le monde. Ta vie personnelle profonde en est indemne. La mienne non. En tant que citoyen, c'est vrai, j'en suis touché comme toi, et, comme toi, je subis une violence qui m'offense (par là nous sommes unis, nous pouvons penser ensemble à un exil commun) : mais en tant que personne (tu le sais bien), je suis infiniment plus impliqué que toi. Puisque nous pouvons mieux cerner désormais ce que l'imaginaire des Français et des Américains, respectivement, entend lorsqu'il entend « Donald » et « trump », qu'entend-il pour « Hillary » et « Clinton ». S'agissant de « Clinton », c'est simple, Français et Américains entendent un peu la même chose car le terme a été surexposé dans l'imaginaire mondial : « Clinton », c'est Bill. Et l'on se souvient que la première fois que la femme de Bill est apparue au premier plan médiatique, c'était sous les traits de la femme... trompée, mais digne, une sorte de « Anne Sinclair » sans accusation au pénal, mais devant cependant affronter la procédure de destitution de son mari « Menteur, Menteur » . S'agissant du prénom « Hillary », il est lié à celui de « Hilaire » et donc à pas moins de cinq saints de Poitiers, d'Arles, de Mende, de Carcassonne et de Toulouse, sans compter le quarante-sixième pape. Le prénom « Hillary » peut prendre un seul « l », ou deux. Cette distinction orthographique peut sembler anecdotique. Pas si l'on en croit le magazine Elle qui propose de mieux connaître « la personnalité de votre prénom ». En effet, selon cette rubrique du célèbre magazine destiné aux femmes, il apparaît que1 « Hilary est consciencieuse, discrète et très agréable à côtoyer. Elle a un sens inné de l’organisation et du devoir... » quand2 « Hillary est mystérieuse et cultive son côté inaccessible pour charmer son entourage. Elle est courtoise et conciliante, mais peut soudainement se montrer dure et intolérante. ». On se prend rêver que le résultat des élections américaines tienne au seul doublement d'une consonne dans le prénom de la candidate démocrate. N'en eût-elle qu'un que le sort du monde en eût été peut-être changé... Mais la défaite d'Hillary tient en fait à autre chose, que révèle le quotidien régional Le Télégramme : Hillary Clinton aurait un lointain cousinage avec François Hollande selon un généalogiste. Ceci est déjà hilarant, mais devient franchement grotesque quand on apprend que « les deux responsables politiques descendent en effet des "Rois maudits" ». Heureusement, il ne s'agissait pas du même roi, puisque Hillary descendrait de Louis X le Hutin quand François Hollande serait l'ultime rejeton de Philippe V le Long. On apprenait dans le même article que Donald Trump n'avait aucun ancêtre français et cela lui a sans doute fait gagner quelques voix.
Pier Paolo Pasolini - Écrits corsaires - Sacer Péguy-Pasolini #21 - Texte continu

1. http://www.elle.fr/Astro/Personnalite/Prenom/Femme-Hilary
2. http://www.elle.fr/Astro/Personnalite/Prenom/Femme-Hillary

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