Diégèse  jeudi 24 novembre 2016



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#Péguy-Pasolini - les textes de Diégèse 2016 -

Croyez-vous à cet égard que ce qui nous indigne dans ces alinéas de notre code, ce soit la « punition » qui est prévue ? Ces fameux mois avec sursis que nous risquons chaque jour ? Je ne crois pas. Ce qui compte, c'est la condamnation. La condamnation publique. Le fait d'être montré du doigt à l'opinion publique comme « coupable » d'idées contraires à la communauté. Votre collaborateur Nello Ponente ne fait rien d'autre que de prononcer une telle condamnation à mon égard : il m'accuse — devant une « communauté » — celle des intellectuels de gauche et des travailleurs — de « délit d'opinion ».
Mon opinion, dans ce cas précis, est que je considère l' « avortement » comme une faute. Mais pas moralement, de cela on ne peut même pas discuter. Moralement, je ne condamne aucune femme qui recourt à l'avortement, ni aucun homme qui est d'accord pour ce faire.
J'en fais et j'en ai fait une question non pas morale, mais juridique.
La question morale concerne uniquement les « auteurs » : c'est une question qui se pose à qui avorte, qui aide à avorter, qui est d'accord avec cet avortement, à leur conscience. Et je ne voudrais surtout pas m'en mêler. Si je l'ai fait concrètement, j'ai toujours naturellement choisi le moindre mal, c'est-à-dire l'avortement. Mais j'ai commis une faute. Dans la vie, dans la « pragma », la moralité est pratique, il n'y a pas à sortir de là. Mais dans l'acte de penser à la vie et à son inéluctable déroulement pragmatique, ce qui compte, c'est la raison : qui ne se contredit jamais, ni ne compose avec quoi que ce soit. Elle sanctionne les principes, par les faits, même si elle ne peut partir que des faits... C'est un certain « praticisme », étranger à leur « rigueur démocratique » toujours très vivement rationnelle et rationnellement extrémiste, que, dans mon intervention sur le Corriere, j'ai noté chez mes amis radicaux.
S'agissant de la pétition qui dit non au « Hollande-bashing », elle recueille, en ce matin du 24 novembre 6514 signataires. Continuons donc l'examen du texte de cette pétition.
S'agissant d'un texte exprimant ou voulant exprimer cette forme d'émotion qui étreint le personnage de Calimero quand quelque chose est « vraiment trop injuste », la langue elle-même, flanche et trahit le locuteur par quelque solécisme... Le texte n'en est pas avare. C'est ainsi que : « la stature d'homme d'État que François Hollande a parfaitement incarnée » est surtout parfaitement incorrect. En effet, s'il est possible d'avoir une stature d'homme d'État, qui est un usage déjà figuré de « stature », il est en revanche non seulement incorrect mais impossible d'incarner une stature. Mais, on a montré ailleurs que la langue ne trébuche jamais par hasard. De fait, la figure d'homme d'État supposée incarnée par François Hollande s'en trouve mise à distance. « stature » devient une sorte de mot-valise pour « figure + statue » et l'ensemble devient ridicule. On passera sur l'hyperbolique « épouvantable tragédie » à l'aimable redondance. Bref, cette introduction énervée renvoie à l'emportement de salon plutôt qu'à la révolte de barricades.
Bien sûr, après ce premier dérapage syntaxique, la langue devenue folle s'écrit n'importe comment et l'on retournera à l'école primaire pour corriger cette rupture syntaxique classique doublée d'une faute grammaticale : « on n'avait jamais entendu parlé ni retenu... ». Outre que « parler » eût été préférable, on se rappellera que l'on retient un fait quand on entend parler de quelque chose et que la coordination sèche des deux verbes n'est donc pas conseillée, car franchement fautive. Ici encore, la langue quand elle déraille révèle la posture du locuteur, qu'elle met ici dans une posture scolaire d'élève pas très doué en grammaire. S'en suit... une fastidieuse liste de réalisations à porter à l'actif du Président. L'élève n'est certes pas bon en grammaire mais il a appris sa récitation.
Pier Paolo Pasolini - Écrits corsaires - Thalassa Péguy-Pasolini #22 - Texte continu

La pétition peut être consultée ici

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