Diégèse samedi 24 août 2019



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Traumatisme discret 236



Daniel Diégèse







Du ridicule

Qui peut se vanter de ne jamais avoir été ridicule ? Mais, la phrase n'est pas correcte, car, on n'est pas ridicule, on se sent ridicule et cela est une différence notable, car, le ridicule n'est qu'une question de point de vue et ne relève pas de l'essence. Ainsi, quand une scène où l'on s'est senti ridicule, sur le champ ou a posteriori, continue de gêner, parfois jusqu'à l'angoisse, il n'est pas besoin d'oublier la scène, mais seulement d'en changer le point de vue.
Prenons un exemple : Barthélémy est encore un jeune homme, qui aborde la trentaine avec un certain enthousiasme, quand, assez soudainement, tout ce qu'il entreprend échoue sans, qu'à première vue, il n'ait en cela aucune responsabilité. Peu à peu, ces échecs répétés l'affectent au point de devoir consulter, d'abord son médecin traitant, qui lui prescrit des anxiolytiques, puis, le dirige vers un spécialiste : un psychothérapeute. C'est ainsi que Barthélémy arrive un jour du mois de juin 2011 dans notre cabinet.

Nous commençons l'anamnèse et nous arrivons assez vite à ce qui pèse sur la vie du jeune homme : la peur d'être ridicule. Cette peur l'inhibe dans toutes les circonstances de sa vie professionnelle, amicale et a fortiori amoureuse. Cependant, comme la série d'échecs qui le conduit à consulter a commencé assez récemment, ce que nous appelons « l'interprétation désastreuse » d'un fait, d'une situation, d'un geste ou d'une parole laisse encore à découvert le fait lui-même. Dans certains cas, cette interprétation désastreuse recouvre entièrement le fait sur lequel elle s'est attachée et le travail en est rendu plus complexe et surtout plus lent.

Dans le cas de Barthélémy - et c'est pour cela qu'avec son accord, nous n'avons pas modifié son prénom - le fait peut sembler anodin. Il s'agit d'un dîner chez des amis qui ont invité avec lui un couple qu'il ne connaît pas. Au cours du repas, la conversation tourne autour de l'histoire de France et Barthélémy avoue qu'il a éprouvé beaucoup de difficultés dans l'enfance à cause de son prénom, ou plutôt de l'épisode du massacre de la Saint Barthélémy et qu'il a donc pris le biais, sinon d'en changer, de l'abréger en « Barth » avant de s'apercevoir que « Saint Barth » était une île touristique, qui se nomme d'ailleurs de son nom exact « Saint Barthélémy ». Le propos est assez anodin, mais, les convives commencent à pouffer de manière compulsive, au point que l'un d'entre eux est obligé de quitter la table. Bien sûr, Barthélémy se sent ridicule et a l'impression bien connue d'être le c... de ce dîner de c... Nous convenons lui et moi que c'est après cet épisode que la série d'échecs a commencé.

Le ridicule ressenti par Barthélémy provient, d'une part, du fait qu'il ne voulait pas faire rire, d'autre part, de la réaction visiblement exagérée des convives. Celle-ci leur appartient et il aurait fallu pouvoir les interroger pour mieux comprendre l'exagération de leur réaction. Nous n'avons pas le temps d'entrer dans les relations toujours complexes entre Barthélémy et son prénom, et encore moins sur les motivations de ses parents à l'appeler ainsi. Il s'agit de débarrasser Barthélémy de son ridicule comme le podologue retire une verrue ou un durillon du pied de son patient, et ce, le plus rapidement possible. Nous allons donc utiliser la méthode du « passe à ton voisin », décrite précédemment. Ce qui nous frappe en effet, dans cette histoire, dès lors que l'on n'en fait pas une interprétation désastreuse pour Barthélémy, c'est que le ridicule est d'abord du côté des convives qui s'étranglent de rire à l'écoute d'une histoire qui n'est pas vraiment drôle. Il s'agit donc de placer Barthélémy dans la position où son interprétation de la scène tournera en la défaveur de ses commensaux plutôt qu'en la sienne. Il s'agit de passer le ridicule de Barthélémy à ses voisins... de table.

Nous choisissons dans ce cas précis d'ajouter un souvenir qui va s'opposer au premier jusqu'à l'effacer. Je greffe donc par hypnose une suite à cette scène. Barthélémy se fige, fixe les rieurs et déclare : « Nous avons, dans ma famille, de nombreux ancêtres qui ont péri le jour de la Saint-Barthélémy. » Les rires se figent.
Nous revoyons Barthélémy trois mois plus tard, qui nous apprend qu'il s'est engagé dans les activités caritatives menées par le Temple de son quartier. Il vient de changer d'emploi et va passer cette année ses vacances dans les Côtes d'Armor, et, plus exactement, à Saint-Barnabé (22600).








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4e de couverture


On le sait désormais, tout ce que nous vivons, qu'on en ait conscience ou non, se grave en nous. Nous sommes de formidables machines enregistreuses du quotidien, ce, depuis notre naissance. Nous enregistrons bien sûr ce dont nous nous souvenons, mais aussi, et c'est cela qui est surprenant, ce dont nous ne nous souvenons pas... Ainsi, nos souvenirs sont bien une sélection effectuée par notre conscience parmi l'ensemble des données disponibles en nous. Daniel Diégèse, spécialiste de la conscience humaine, explique dans cet ouvrage étonnant que nos souvenirs ne sont pas loin d'être aléatoires. Nous pouvons en changer. Il a développé une technique exclusive qui permet de modifier le mode de sélection de nos données intimes. Quelle utilité ? C'est simple. Au-delà des traumatismes identifiés, causés par les drames de la vie, au-delà des traumatismes refoulés, bien identifiés par Freud, il y a tous ces traumatismes discrets qui nous fragilisent, parfois jusqu'à la fêlure, sinon jusqu'à l'écroulement. Et c'est alors la déprime ou la dépression. Daniel Diégèse propose d'effacer ces traumatismes discrets par une méthode simple et efficace qui vous surprendra. Vous n'y croyez pas ? Essayez !
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