Diégèse vendredi 12 juillet 2019



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Toujours 193



Noëmie Diégèse







Il nous semble désormais avoir réfuté toutes ou presque toutes les théories, dont certaines farfelues, qui encombrent l'espace numérique et qui veulent expliquer l'impression qu'ont beaucoup de l'accélération du temps. Au moment de clore cet ouvrage, nous devons admettre que nous n'avons pas d'explication supplémentaire à proposer, d'aucun ordre que ce soit, sinon d'ordre anthropologique.

Le temps est une affaire humaine qui ne concerne que l'humanité. Ce n'est même pas un concept. Ce n'est même pas une fiction, car, une fiction porte un sens, tente de construire un sens. Le temps n'a aucun sens.

La question du temps est irrémédiablement intriquée avec celle du vivant. L'humanité a besoin d'un vecteur qui mette en tension le vivant, qui rende compte, par exemple, que les végétaux ne vivent pas au même rythme que les humains. Si nous perdions nos cheveux et poils chaque automne, notre perception de ce que nous appellerions peut-être « temps » en serait évidemment modifiée. En outre, nous ne vivons pas tous dans le même temps. Cela semble évident. Mais, à mieux y penser, le pseudo concept « temps » ne nous sert à rien d'autre qu'à décrire les discordances de temps entre les humains. Discordances de temps et d'espace, sans doute, mais, d'abord de temps. Chaque personne humaine sur la terre vit dans un temps différent d'autrui. Il n'existe aucune personne qui vive, qui puisse vivre, dans le même temps qu'une autre personne. Même les jumelles et les jumeaux vivent dans des temps différents. Si nous essayons de nous représenter, provisoirement, l'humanité comme une machine qu'il faudrait régler pour que les différentes pièces mobiles, les humains, puissent se mouvoir les unes par rapport aux autres, le temps est l'outil imparfait du réglage de cette machine. Et l'on sait que ce qui doit se régler se dérègle et que c'est parce que ça se dérègle qu'il faut le régler. Ce n'est donc pas le temps qui s'accélère, ce n'est même pas notre perception du temps qui se modifie, c'est l'entropie qui s'accroît. Et encore, il n'est pas certain qu'elle s'accroisse. Si l'on s'en tient aux données brutes, on admettra qu'il est certain que le nombre d'humains sur la planète n'a cessé de croître. Par ailleurs, la capacité donnée à l'humanité de se compter n'a cessé de croître elle aussi. Cette croissance vertigineuse donne un aperçu de l'incroyable machine humaine et des difficultés elles aussi croissantes de réglage et de calage de cette machine. La question du réchauffement climatique en est un des exemples, articulée à celle de la disparition de nombreuses espèces végétales et animales et donc, avec elles, de nombreux « temps ». Jusqu'à l'ère industrielle, l'être humain vivait un temps solitaire, un temps de proximité. Il n'était pas en permanence connecté aux temps de ses semblables partout sur la planète et que lui faisait alors qu'il y eût des Indiennes et des Indiens, des Japonaises et des Japonais qui ne survenaient, rarement, et en de rares lieux, que pour intégrer une de ces micro machines temporelles qui coexistent en humanité. Il en est évidemment tout autrement maintenant.

Est-ce inéluctable ?

Rien n'est jamais inéluctable. Pour que quelque chose fût inéluctable, il eût fallu que le temps existât.







page 193
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4e de couverture


Tout le monde le dit, tout le monde le ressent : à mesure que l'on avance en âge, le temps s'accélère. Les années passent à une vitesse folle, chaque journée est un soir. On se souvient avec nostalgie d'après-midis de jeux qui semblaient ne jamais devoir se terminer, interrompus soudainement par un appel à passer à table qui ramenait vers une réalité familiale.
Noëmie Diégèse est allée interroger de grands savants de différentes disciplines pour tenter de comprendre ce sentiment d'accélération qui semble accompagner le mécanisme par lui-même étrange du vieillissement. Puisque le temps est le même pour tout le monde, qu'est-ce qui change ? On pourrait penser que c'est le poids des souvenirs, qui, s'accroissant, produit cette accélération. Mais, il n'en est rien, puisque les amnésiques ont le même sentiment.
Peut-être faut-il aller chercher alors du côté des neuro-sciences et des mécanismes complexes, mais que l'on commence à décrypter, qui concourent à ce que l'on nomme la conscience.
Voici un livre de vulgarisation scientifique très réussi, que vous lirez sans voir le temps passer.
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