Diégèse mercredi 24 juillet 2019



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Je n'en sais rien 205



Noëmie Diégèse







La grande affaire calamiteuse du quinquennat de François Hollande, qui inaugure presque son mandat et va jusqu'à en couper l'élan, c'est évidemment l'affaire Cahuzac, du nom de Jérôme Cahuzac, médecin et homme politique. Entre le moment où Jérôme Cahuzac entre en politique, dans le sillage de Michel Rocard et de Dominique Strauss-Kahn et celui où il en sort avec un bracelet électronique, on voit un homme qui commence par fréquenter assidument le milieu du médicament pour devenir ensuite spécialiste des questions fiscales, jusqu'à devenir président de la Commission des finances de l'Assemblée nationale, puis ministre du budget.

« L'Affaire Cahuzac », on s'en souvient, commence par des révélations du magazine en ligne fondé par Edwy Plenel, Mediapart, sur l'existence d'un compte en Suisse appartenant aux ex-époux Cahuzac. Celui qui est alors ministre commence par nier, face à la presse, mais aussi à la tribune de l'Assemblée nationale, avant de démissionner et de commencer à avouer, bribes par bribes, ce long parcours lié à l'argent. Car, et c'est cela qu'il faut retenir, Monsieur Cahuzac est un homme d'argent. Il l'aime tant que l'on peut légitimement se demander ce qu'il en fait. Il l'aime tant, que personne ne pouvait légitimement, au sein du parti socialiste et plus généralement du monde politique, ignorer qu'il l'aimait autant. Or, mieux vaut, quand on fait de la politique, ne pas aimer l'argent. Ce qui est étrange, c'est qu'il était difficile d'ignorer ce goût et qu'il aurait été de bon aloi de s'y intéresser plus tôt.


Mais, tentons un pas de côté.


On retient aujourd'hui de cet homme qu'il aura menti, à tout le monde et jusque dans les circonstances les plus solennelles. Soit. Mais, éloignons-nous de cette histoire, de cette fiction, pour considérer les choses autrement et considérer, au contraire, que Jérôme Cahuzac n'a cessé de tenter de dire une vérité que personne ne voulait entendre. Plongeons dans les archives du journal Le Monde. On y trouve, publié le 5 novembre 1999, un article qui relate que neuf députés de la majorité de la gauche plurielle d'alors ont signé un texte intitulé « Les leçons d'une démission ». Sa lecture nous rappelle alors la démission contrainte de Dominique Strauss-Kahn du gouvernement Jospin pour cause de fréquentation trop assidue de la Mutuelle nationale des étudiants de France, la MNEF et surtout de ses comptes plus que douteux. On sait que l'homme, qui avait fourni pour preuve une facture établie sur une feuille de papier fabriquée après la date qu'elle portait sera relaxé des délits de « faux et usage de faux ». Et l'on sait aussi que son destin le conduira au Fonds monétaire international (FMI) puis dans une chambre d'hôtel qui finira d'ensevelir son honneur. Mais, que disait le texte de 1999 signé par Jérôme Cahuzac et ses petits camarades d'alors, tous ou presque proches de « DSK »  ? Loin de jeter l'opprobre sur le ministre démissionnaire, ils affirment que cette démission traduit un sens de l'éthique de l'homme politique et prouve le bon fonctionnement de la justice dans une République qui ne deviendra, on le sait, exemplaire qu'avec François Hollande... et Jérôme Cahuzac. « Aucun citoyen n'est au-dessus des lois » assénait le texte en question. Admettons que ce texte de 1999 n'était donc que la bande-annonce de ceux de 2012 et 2013, et que, quelques années plus tard, Monsieur Cahuzac a  voulu faire décidément la preuve que c'était vrai.








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4ème de couverture


Noëmie Diégèse est journaliste, on le sait, et c'est une journaliste talentueuse. On sait désormais qu'elle est aussi honnête. En effet, le métier des journalistes est de chercher la vérité et de se fonder sur des faits attestés et vérifiés. Cependant, les réalités du métier font que souvent, on doit se contenter des communiqués de presse ou des dépêches d'agence de presse. Un sujet chasse l'autre. Les médias d'information vont mal. Il faut vendre. Noëmie Diégèse a repris les événements de politique française qu'elle a couverts de 2012 à 2017 pour un grand quotidien. Dans chacun des articles qu'elle a écrits, et dont la plupart a été publiée, elle pointe les flous, les manquements, les approximations et part à la recherche de la vérité. Elle retrouve les protagonistes qui, les enjeux étant désormais derrière eux, le plus souvent, dévoilent ce qui avait été caché. Et c'est passionnant, car cela montre par le détail comment les services de communication, transformés en officines d'intoxication, manipulent les médias pour mieux manipuler l'opinion. Cette relecture du quinquennat de François Hollande donnera certainement à celles et ceux qui liront ce livre quelques clés pour lire l'actualité.
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