Diégèse mardi 25 juin 2019



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mille et une nuits
et des oiseaux multicolores
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Daniel Diégèse







Allez sur l'internet et consultez une page, au hasard, d'un quotidien national ou régional. Vous constaterez sans surprise que le passage entre l'information, ou ce qui se présente comme tel, et la publicité se fait de manière discrète, sinon imperceptible. Actant le fait que, désormais, l'économie des médias est principalement une économie publicitaire, des médias ont sauté le pas, assumant de n'être que des supports publicitaires. Ils présentent un rapport inversé entre la publicité et l'information, l'information n'étant que le produit d'appel visant à faire en sorte que le lecteur soit détourné le plus rapidement possible vers un site marchand. On peut aussi penser que ces médias, en fait, révèlent ce qu'est désormais le rapport véritable entre l'information et la publicité, donc, aussi, entre la politique et la publicité. Mais ceci est une autre histoire...


Examinons plutôt quels « rédactionnels » sont proposés comme susceptibles de provoquer le plus grand nombre de « clics » et de « likes ». Ils sont principalement de deux ordres : la revendication ; l'attendrissement. S'agissant de la revendication, le schéma est simple : délégitimer les institutions. C'est une version numérique du « tous pourris ». Cette opération de délégitimation est massive. Il faut s'y arrêter, car, derrière l'institution, avec ses défauts et ses imperfections, et parfois ses injustices, il n'y a rien d'autre que le droit et, en conséquence, l'État de droit. Cette délégitimation est aussi une désintermédiation. Quel est son but ? Celui de fabriquer ce qui serait un « homo-consommatus » parfait, c'est à dire entièrement livré aux échanges marchands. S'agissant de l'attendrissement, ces médias mettent en scène des enfants et des animaux et souvent des enfants malades et des animaux héroïques, puis des « gens formidables ». Ces contenus rédactionnels, qui incluent des photographies et des vidéos, sont produits et échangés mondialement et souvent, s'agissant des textes, traduits dans un français approximatif. Du seul point de vue de la cognition, ces médias ont atteint un stade avancé de l'abrutissement, pour ce en quoi ils activent la séquence boulimique : émotion = consommation.


Et reviennent encore les mots d'Alain Souchon : « le mal qu'on peut nous faire... » L'entreprise de déconstruction cognitive et de reprogrammation qui est mise en œuvre à des fins de profit par la société de consommation est profondément délétère. Dès les années 1970, Pasolini la dénonçait comme une crise anthropologique. Il avait raison. Il avait certainement encore plus raison qu'il ne le pensait lui-même.


Et pourtant, au cœur de cette humanité malmenée résident la résistance et l'espérance.








page 176
Toute la collection
4ème de couverture


Il fut un temps, peut-être, où les Français espéraient toute une vie de dimanches. Mais voilà, le dimanche ne fait plus rêver. Il est synonyme d'ennui, de visites familiales imposées et d'activités vernaculaires obligatoires. Mais alors, qu'est-ce qui fat rêver les gens en France ?
Ce livre de Daniel Diégèse n'est pas un essai de sociologie mais une œuvre de poète. L'auteur est allé au hasard demander à celles et ceux qu'il rencontrait et qui acceptaient de lui répondre ce qui les faisait rêver. Banal ? Peut-être... Sauf qu'il ne s'est pas contenté d'un seul entretien avec chacun de ses interlocuteurs, mais en a effectué au moins deux et parfois bien davantage. Le contraste est ainsi saisissant entre les rêves abordés lors du premier entretien, qui concernent surtout la vie matérielle et des désirs de consommation, même quand il s'agit de l'amour, et le second ou le troisième entretien qui font surgir de tout autres aspirations. On ne peut pas s'empêcher de penser à la chanson d'Alain Souchon « Foule sentimentale » et aux vers « On a soif d'idéal / Attirée par les étoiles, les voiles / Que des choses pas commerciales ».
Voici donc un livre que tous les personnages politiques devraient lire avant de s'adresser à la population... Peut-être changeraient-ils alors de discours...
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