2020
Les évangiles augmentés











L'évangile selon saint Marc augmenté par Gustav Diégèse







1
1-1
1er avril

Commencement de l'Évangile de Jésus-Christ, Fils de Dieu.
Selon ce qui est écrit dans Ésaïe, le prophète :
Voici, j'envoie devant toi mon messager,
qui préparera ton chemin ;
C'est la voix de celui qui crie dans le désert :
Préparez le chemin du Seigneur,
aplanissez ses sentiers.

Il n'y a rien dans cet Évangile de Jésus-Christ, Fils de Dieu,
que je n'aie entendu de mes propres oreilles ;
que je n'aie vu de mes propres yeux.
Et tout ce qui est raconté ici n'est que vérité ;
elle est vérité pour les siècles des siècles ;
car c'est parole sainte et sacrée ;
c'est parole du Seigneur.


2
1-2
2 avril

Jean parut, baptisant dans le désert, et prêchant le baptême de repentance, pour la rémission des péchés.
Tout le pays de Judée et tous les habitants de Jérusalem se rendaient auprès de lui ; et, confessant leurs péchés, ils se faisaient baptiser par lui dans le fleuve du Jourdain.
Jean avait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins. Il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage.
Il prêchait, disant : « Il vient après moi celui qui est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de délier, en me baissant, la courroie de ses souliers.
Moi, je vous ai baptisés d'eau ; lui, il vous baptisera du Saint-Esprit. »

On demanda à Jean qui était le plus grand.
Jean répondit : « Pensez-vous que l'on prenne rang auprès du Seigneur ?
Regardez cette sandale et regardez l'eau de cette rivière ;
est-ce que vous vous demandez ce qui, de la sandale ou de l'eau est la plus grande ?
Vous ne posez pas cette question, parce qu'elle n'a pas de réponse et elle n'a pas de réponse parce que ce n'est pas une bonne question.
Ainsi, ne vous demandez pas qui est le plus grand de l'eau-vive ou du Saint-Esprit, car il ne s'agit pas de grandeur.
Et l'Esprit viendra par l'eau et l'eau est venue par l'Esprit. »


3
1-3
3 avril

En ce temps-là, Jésus vint de Nazareth en Galilée, et il fut baptisé par Jean dans le Jourdain.
Au moment où il sortait de l'eau, il vit les cieux s'ouvrir, et l'Esprit descendre sur lui comme une colombe.
Et une voix fit entendre des cieux ces paroles : Tu es mon Fils bien-aimé, en toi j'ai mis toute mon affection.
Aussitôt, l'Esprit poussa Jésus dans le désert,
où il passa quarante jours, tenté par Satan. Il était avec les bêtes sauvages, et les anges le servaient.

Car la pluie tomba sur la terre pendant quarante jours et pendant quarante nuit, disent les Écritures ;
et Moïse demeura quarante jours et quarante nuits sur la montagne ;
Élie a fui Jézabel et a marché lui aussi quarante jours et quarante nuits jusqu'au mont Horeb ;
et les épreuves des hommes dureront quarante jours et ils en sortiront renforcés.
Retenez bien cela, car ces quarante jours sont aussi les quarante jours de la résurrection.


4
1-4
4 avril
Après que Jean eut été livré, Jésus alla dans la Galilée, prêchant l'Évangile de Dieu.
Il disait : Le temps est accompli, et le royaume de Dieu est proche. Repentez-vous, et croyez à la bonne nouvelle.
Comme il passait le long de la mer de Galilée, il vit Simon et André, frère de Simon, qui jetaient un filet dans la mer ; car ils étaient pêcheurs.
Jésus leur dit : Suivez-moi, et je vous ferai pêcheurs d'hommes.
Aussitôt, ils laissèrent leurs filets, et le suivirent.

Saurez-vous jamais entendre comme Simon et André ont pu entendre la bonne nouvelle ?
Car, je vous le dis, ceux-là, les premiers, ont tout quitté sans inquiétude du lendemain ;
et les filets rapiécés qui menaçaient ruine ;
et la querelle de voisinage pour l'ombre d'un olivier ;
et la crainte du jugement d'un conflit avec d'autres pêcheurs ;
et le souci des vents et de la pluie, de l'orage et de la tempête ;
Et vous aussi, vous devrez le jour venu tout quitter pour entendre la bonne nouvelle.


5
1-5
5 avril
Étant allé un peu plus loin, il vit Jacques, fils de Zébédée, et Jean, son frère, qui, eux aussi, étaient dans une barque et réparaient les filets.
Aussitôt, il les appela ; et, laissant leur père Zébédée dans la barque avec les ouvriers, ils le suivirent.

Zébédée laissa partir ses deux fils avec le Galiléen, le fils du charpentier.
Et la femme de Zébédée décida de les suivre et ne les quittera pas ;
Non plus que Zébédée, qui laissera sa barque et ses ouvriers pour entendre la bonne nouvelle.


6
1-6
6 avril
Ils se rendirent à Capharnaüm. Et, le jour du sabbat, Jésus entra d'abord dans la synagogue, et il enseigna.
Ils étaient frappés de sa doctrine ; car il enseignait comme ayant autorité, et non pas comme les scribes.
Il se trouva dans leur synagogue un homme qui avait un esprit impur, et qui s'écria :
«   Qu'y a-t-il entre nous et toi, Jésus de Nazareth ? Tu es venu pour nous perdre. Je sais qui tu es : le Saint de Dieu.  »
Jésus le menaça, disant : «  Tais-toi, et sors de cet homme.  »
Et l'esprit impur sortit de cet homme, en l'agitant avec violence, et en poussant un grand cri.
Tous furent saisis de stupéfaction, de sorte qu'ils se demandaient les uns aux autres : «  Qu'est-ce que ceci ? Une nouvelle doctrine ! Il commande avec autorité même aux esprits impurs, et ils lui obéissent !  »

Et la multitude des esprits impurs tremblait en entendant son nom  :
ceux qui faisaient boiter et ceux qui contenaient les grabataires,
ceux qui rendaient aveugles et ceux qui rendaient sourds,
ceux qui faisaient crier jour et nuit,
ceux qui faisaient saigner les femmes et ceux qui arrêtaient leur sang,
et tous les esprits mauvais qui circulaient entre les hommes.
Et la multitude des esprits méchants obéissait à sa parole  :
les esprits querelleurs et les esprits plaintifs,
les esprits méchants et les esprits de l'oisiveté et du lucre.


7
1-7
7 avril
Et sa renommée se répandit aussitôt dans tous les lieux environnants de la Galilée.
En sortant de la synagogue, ils se rendirent avec Jacques et Jean à la maison de Simon et d'André.
La belle-mère de Simon était couchée, ayant la fièvre et aussitôt on parla d'elle à Jésus.
S'étant approché, il la fit lever en lui prenant la main, et à l'instant la fièvre la quitta. Puis elle les servit.
Le soir, après le coucher du soleil, on lui amena tous les malades et les démoniaques.

La belle-mère de Simon attendait le Messie avec ferveur.
Elle avait éduqué Simon et ses frères dans la crainte de Dieu et dans l'attente.
Jésus lui dit : « Toi, ta foi t'a sauvée, mais crois-tu que la foi de tous ces malades et de tous ces démoniaques les sauvera aussi ? »
Elle répondit : « Je crois, Seigneur, que rien n'est impossible à celui qui croit, et s'ils ne croient pas, je croirai pour eux. »
Jésus répondit : « En vérité, femme, ta foi est grande et qu'il soit fait selon ta volonté. »


8
1-8
8 avril

Et toute la ville était rassemblée devant sa porte.
Il guérit beaucoup de gens qui avaient diverses maladies ; il chassa aussi beaucoup de démons, et il ne permettait pas aux démons de parler, parce qu'ils le connaissaient.
Vers le matin, pendant qu'il faisait encore très sombre, il se leva, et sortit pour aller dans un lieu désert, où il pria.
Simon et ceux qui étaient avec lui se mirent à sa recherche ;
et, quand ils l'eurent trouvé, ils lui dirent : « Tous te cherchent. »
Il leur répondit : « Allons ailleurs, dans les bourgades voisines, afin que j'y prêche aussi ; car c'est pour cela que je suis sorti. »
Et il alla prêcher dans les synagogues, par toute la Galilée, et il chassa les démons.

Ses disciples lui demandèrent d'où venait son autorité sur les démons.
Jésus répondit : « Le temps n'est pas venu que je vous dise de quelle autorité je chasse les démons, mais ce temps viendra.
Sachez cependant que l'on ne chasse pas les démons par les démons ;
car, est-ce que l'on éteint le feu avec le feu ? »
Les disciples lui demandèrent encore : « Pourquoi aller plus loin que Capharnaüm et parcourir ainsi toute la Galilée ? Tu n'as pas chassé tous les démons de notre ville qu'il faille que tu ailles dans d'autres villes et que nous te suivions ? »
Jésus répondit : « Je ne suis pas venu pour chasser les démons mais pour annoncer une bonne nouvelle. Quand on apporte une offrande pour la fête, qu'est-ce qui est le plus important ? L'offrande ou la fête ? Assurément la fête ! Malheur à ceux qui, apercevant l'offrande s'arrêtent à l'offrande et dédaignent la fête. »


9
1-9
9 avril
Un lépreux vint à lui ; et, se jetant à genoux, il lui dit d'un ton suppliant : « Si tu le veux, tu peux me rendre pur. »
Jésus, ému de compassion, étendit la main, le toucha, et dit : « Je le veux, sois pur. »
Aussitôt la lèpre le quitta, et il fut purifié.
Jésus le renvoya sur-le-champ, avec de sévères recommandations,
et lui dit : « Garde-toi de rien dire à personne ; mais va te montrer au sacrificateur, et offre pour ta purification ce que Moïse a prescrit, afin que cela leur serve de témoignage. »
Mais cet homme, s'en étant allé, se mit à publier hautement la chose et à la divulguer, de sorte que Jésus ne pouvait plus entrer publiquement dans une ville. Il se tenait dehors, dans des lieux déserts, et l'on venait à lui de toutes parts.

Le soir, les disciples lui demandèrent pourquoi il avait demandé au lépreux de se taire sur sa guérison.
Ils pensaient en effet qu'il fallait au contraire faire toute publicité à ces faits miraculeux qui annonçaient la venue du Messie.
Ils pensaient aussi que cela rendait gloire à Dieu.
Jésus leur répondit : « Vous avez raison, mais vous avez tort.
Vous avez raison parce que la guérison est une grâce de Dieu et qu'il faut en faire la louange et qu'il importe que tous sachent que Dieu est grand et que grand est son amour.
Mais, vous avez tort, parce que, je vous l'ai déjà dit, je ne suis pas venu pour guérir les malades mais pour annoncer la bonne nouvelle.
La guérison des malades est peu au regard de cette bonne nouvelle qui est tout. »


10
2-1
10 avril
Quelques jours après, Jésus revint à Capharnaüm. On apprit qu'il était à la maison,
et il s'assembla un si grand nombre de personnes que l'espace devant la porte ne pouvait plus les contenir. Il leur annonçait la parole.
Des gens vinrent à lui, amenant un paralytique porté par quatre hommes.
Comme ils ne pouvaient l'aborder, à cause de la foule, ils découvrirent le toit de la maison où il était, et ils descendirent par cette ouverture le lit sur lequel le paralytique était couché.
Jésus, voyant leur foi, dit au paralytique : « Mon enfant, tes péchés sont pardonnés. »

La descente du paralytique du toit jusque dans la cour avait été périlleuse.
Plusieurs fois, l'homme avait failli tomber.
Mais les hommes étaient forts et déterminés.
Jésus leur demanda : « D'où vient votre force et votre courage ? »
Les hommes répondirent : « Nous n'avons ni force ni courage, mais nous aimons cet homme qui est notre voisin, notre ami et notre frère. »
Jésus leur répondit : « En vérité, je vous le dis, par cette seule parole, vous serez sauvés et il sera sauvé. »


11
2-2
11 avril
Il y avait là quelques scribes, qui étaient assis, et qui se disaient au dedans d'eux :
« Comment cet homme parle-t-il ainsi ? Il blasphème. Qui peut pardonner les péchés, si ce n'est Dieu seul ? »
Jésus, ayant aussitôt connu par son esprit ce qu'ils pensaient au dedans d'eux, leur dit : « Pourquoi avez-vous de telles pensées dans vos cœurs ?
Lequel est le plus aisé, de dire au paralytique : Tes péchés sont pardonnés, ou de dire : Lève-toi, prends ton lit, et marche ?
Or, afin que vous sachiez que le Fils de l'homme a sur la terre le pouvoir de pardonner les péchés :
Je te l'ordonne, dit-il au paralytique, lève-toi, prends ton lit, et va dans ta maison. »
Et, à l'instant, il se leva, prit son lit, et sortit en présence de tout le monde, de sorte qu'ils étaient tous dans l'étonnement et glorifiaient Dieu, disant : « Nous n'avons jamais rien vu de pareil. »

Une fois la nuit venue et la foule repartie, les disciples demandèrent à Jésus : « Pourquoi n'as-tu pas d'abord guéri le paralytique ? Ils ne t'auraient alors pas accusé de blasphème. Ce sont des âmes méchantes et ils te veulent du mal. »
Jésus leur répondit : « Votre foi est mince, car, ils n'ont pas répondu à ma question et vous n'y répondez pas non plus.
Lequel est le plus aisé ?
Remettre les péchés du paralytique ou le guérir ?
Ne soyez pas comme les scribes qui ne croient pas à la force de la Parole.
Qui peut dire ce qui a guéri le paralytique ?
L'ordre que je lui ai donné ou la rémission de ses péchés ?
Mais c'est parce qu'il a cru que le paralytique est retourné dans sa maison en marchant. »


12
2-3
12 avril
Jésus sortit de nouveau du côté de la mer. Toute la foule venait à lui, et il les enseignait.
En passant, il vit Lévi, fils d'Alphée, assis au bureau des péages. Il lui dit : « Suis-moi. » Lévi se leva, et le suivit.
Comme Jésus était à table dans la maison de Lévi, beaucoup de publicains et de gens de mauvaise vie se mirent aussi à table avec lui et avec ses disciples car ils étaient nombreux, et l'avaient suivi.
Les scribes et les pharisiens, le voyant manger avec les publicains et les gens de mauvaise vie, dirent à ses disciples : « Pourquoi mange-t-il et boit-il avec les publicains et les gens de mauvaise vie ? »
Ce que Jésus ayant entendu, il leur dit : « Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. »

Ils lui demandèrent alors : « Comment distingueras-tu parmi les pécheurs ceux qui seront sauvés ? »
Il leur répondit : « Voyez ces hommes et voyez ces femmes, en quoi sont-ils différents des justes ? Ils parlent, ils mangent et boivent avec moi et tiennent des propos que des justes pourraient tenir.
Qui peut les juger ?
Vous pensez que le salut vient après le jugement des hommes ;
mais qui sont les hommes pour juger les autres hommes ?
Et pensez-vous vraiment que le Seigneur votre Père s'encombrera le moment venu du jugement des hommes sur les autres hommes ?
Venez et mangez avec eux vous aussi, car, c'est la chose la plus juste que vous pouvez accomplir. »


13
2-4
13 avril
Les disciples de Jean et les pharisiens jeûnaient. Ils vinrent dire à Jésus : « Pourquoi les disciples de Jean et ceux des pharisiens jeûnent-ils, tandis que tes disciples ne jeûnent point ? »
Jésus leur répondit : « Les amis de l'époux peuvent-ils jeûner pendant que l'époux est avec eux ? Aussi longtemps qu'ils ont avec eux l'époux, ils ne peuvent jeûner.
Les jours viendront où l'époux leur sera enlevé, et alors ils jeûneront en ce jour-là.
Personne ne coud une pièce de drap neuf à un vieil habit ; autrement, la pièce de drap neuf emporterait une partie du vieux, et la déchirure serait pire.
Et personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement, le vin fait rompre les outres, et le vin et les outres sont perdus ; mais il faut mettre le vin nouveau dans des outres neuves. »

Quand les disciples de Jean et les pharisiens furent partis, les disciples de Jésus lui demandèrent : « Tu nous a enseigné qu'il faut mettre le vin nouveau dans des outres neuves ;
mais le vin nouveau vieillit tout autant que les outres.
Que faire quand le vin a vieilli ? »
Jésus leur répondit  « Regardez la vigne et le fruit de la vigne : ne renaissent-ils pas chaque année ?
Et si vient la récolte nouvelle et que le vin ancien n'a pas été bu, que va faire le vigneron du vin nouveau ? Va-t-il laisser les fruits sur pied et perdre sa récolte ?
Ainsi, je vous le dis, laissez venir le vin nouveau et donnez lui des outres neuves et ne perdez pas le vin nouveau parce que vous aurez laissé le vin ancien occuper toute la place dans vos caves.
Et méfiez-vous toujours de ceux qui préféreront la tradition à la foi et qui tenteront ainsi le Seigneur. »


14
2-5
14 avril

Il arriva, un jour de sabbat, que Jésus traversa des champs de blé. Ses disciples, chemin faisant, se mirent à arracher des épis.
Les pharisiens lui dirent : « Voici, pourquoi font-ils ce qui n'est pas permis pendant le sabbat ? »
Jésus leur répondit : « N'avez-vous jamais lu ce que fit David, lorsqu'il fut dans la nécessité et qu'il eut faim, lui et ceux qui étaient avec lui ;
comment il entra dans la maison de Dieu, du temps du souverain sacrificateur Abiathar, et mangea les pains de proposition, qu'il n'est permis qu'aux sacrificateurs de manger, et en donna même à ceux qui étaient avec lui ! »
Puis il leur dit : « Le sabbat a été fait pour l'homme, et non l'homme pour le sabbat,
de sorte que le Fils de l'homme est maître même du sabbat. »

Mais les pharisiens manifestaient encore leur désapprobation.
Alors Jésus leur dit : «  Il vous est demandé de croire et les règles qui vous ont été données sont un chemin vers la foi.
Ainsi, n'obéissez pas aux règles pour obéir aux règles, car ce n'est pas la routine que votre Père attend de vous, mais bien la manifestation d'une foi vivante.
Regardez ceux-là au premier rang du Temple qui marmonnent des prières en pensant à ce qu'ils mangeront le soir.
Pensez-vous vraiment que leur prière est agréée par le Père ?
En vérité, je vous le dis, ils feraient mieux de rentrer chez eux et de faire l'aumône en chemin.
Car le Seigneur entend les actes d'amour comme des prières. »

15
3-1
15 avril
Jésus entra de nouveau dans la synagogue. Il s'y trouvait un homme qui avait la main sèche.
Ils observaient Jésus, pour voir s'il le guérirait le jour du sabbat : c'était afin de pouvoir l'accuser.
Et Jésus dit à l'homme qui avait la main sèche : « Lève-toi, là au milieu. »
Puis il leur dit : « Est-il permis, le jour du sabbat, de faire du bien ou de faire du mal, de sauver une personne ou de la tuer ? » Mais ils gardèrent le silence.
Alors, promenant ses regards sur eux avec indignation, et en même temps affligé de l'endurcissement de leur cœur, il dit à l'homme : « Étends ta main. » Il l'étendit, et sa main fut guérie.
Les pharisiens sortirent, et aussitôt ils se consultèrent avec les hérodiens sur les moyens de le faire périr.

Jésus dit encore dans la synagogue à ses disciples rassemblés : « Et vous aussi vous devrez être attentifs et ne pas laisser les règles vous durcir le cœur.
Ne cédez pas à la passion des règles et de la tradition car cette passion conduit au péché.
Mais, laissez-vous plutôt porter par votre cœur dès lors qu'il s'agit de secourir et d'aimer.
Laisserez-vous dehors un enfant qui a froid parce qu'il n'est pas de votre maison ?
Et détournerez-vous la tête en passant devant le mendiant parce qu'il est étranger ?
Et celui-là qui souffre, lui demanderez-vous d'abord s'il a fait ses prières ?
Et l'enfant de cette femme adultère, le jugerez-vous ainsi que vous avez jugé sa mère ?
Les règles et la tradition ne sont pas faites pour assécher le cœur mais pour vous conduire à la vie éternelle. »

16
3-2
16 avril
Jésus se retira vers la mer avec ses disciples. Une grande multitude le suivit de la Galilée ;
et de la Judée, et de Jérusalem, et de l'Idumée, et d'au delà du Jourdain, et des environs de Tyr et de Sidon, une grande multitude, apprenant tout ce qu'il faisait, vint à lui.
Il chargea ses disciples de tenir toujours à sa disposition une petite barque, afin de ne pas être pressé par la foule.
Car, comme il guérissait beaucoup de gens, tous ceux qui avaient des maladies se jetaient sur lui pour le toucher.
Les esprits impurs, quand ils le voyaient, se prosternaient devant lui, et s'écriaient : « Tu es le Fils de Dieu. »
Mais il leur recommandait très sévèrement de ne pas le faire connaître.
Il monta ensuite sur la montagne ; il appela ceux qu'il voulut, et ils vinrent auprès de lui.

La foule qui suivait Jésus ne cessait de croître et le pressait chaque jour davantage.
Les disciples craignaient que voulant toucher son manteau, elle ne l'étouffât et ne le piétinât.
Un d'entre eux demanda : « Tu fais de grands miracles tout le jour
et la foule ne se lasse pas de toi.
Ne crains-tu pas pour ta vie ?
Mais, si tu es le Fils de Dieu, pourquoi ne la repousses-tu pas quand elle se fait trop pressante ? »
Jésus répondit : « Ne croyez-vous pas qu'il suffirait que j'appelle pour qu'une cohorte d'anges vienne repousser la foule ?
Vous voyez cette barque, elle navigue solidement sur les flots. Et pourtant, une tempête peut la détruire.
Je suis comme cette barque, qui navigue sur la foule des hommes et la foule des hommes peut aussi me détruire.
Mais la barque détruite sera reconstruite le troisième jour et voguera pour l'éternité. »


17
3-3
17 avril
Il en établit douze, pour les avoir avec lui,
et pour les envoyer prêcher avec le pouvoir de chasser les démons.
Voici les douze qu'il établit : Simon, qu'il nomma Pierre ;
Jacques, fils de Zébédée, et Jean, frère de Jacques, auxquels il donna le nom de Boanergès, qui signifie fils du tonnerre ;
André ; Philippe ; Barthélemy ; Matthieu ; Thomas ; Jacques, fils d'Alphée ; Thaddée ; Simon le Cananite ;
et Judas Iscariot, celui qui livra Jésus.

Un soir, Jacques et Jean se trouvaient avec Jésus et ils lui demandèrent pourquoi il les avait nommés Boanergès.
Jésus leur répondit : « Et vous, qu'en pensez-vous ? »
Jean répondit : « Dans les anciens temps, les hommes croyaient que la foudre et le tonnerre étaient la manifestation divine du courroux du Seigneur contre le péché. Sommes-nous donc appelés à les châtier aussi ? »
Jésus répondit : « vous êtes deux, qui n'allez pas l'un sans l'autre, comme la foudre et le tonnerre ne vont pas l'un sans l'autre, mais ce que vous annoncez, c'est l'orage de la bonne nouvelle qui tombera en pluie drue sur les hommes. Vous n'êtes pas venus pour châtier mais pour le salut des hommes. »


18
3-4
18 avril
Ils se rendirent à la maison, et la foule s'assembla de nouveau, en sorte qu'ils ne pouvaient pas même prendre leur repas.
Les parents de Jésus, ayant appris ce qui se passait, vinrent pour se saisir de lui ; car ils disaient : Il est hors de sens.
Et les scribes, qui étaient descendus de Jérusalem, dirent : « Il est possédé de Belzébuth ; c'est par le prince des démons qu'il chasse les démons. »
Jésus les appela, et leur dit sous forme de paraboles : « Comment Satan peut-il chasser Satan ?
Si un royaume est divisé contre lui-même, ce royaume ne peut subsister ;
et si une maison est divisée contre elle-même, cette maison ne peut subsister.
Si donc Satan se révolte contre lui-même, il est divisé, et il ne peut subsister, mais c'en est fait de lui.
Personne ne peut entrer dans la maison d'un homme fort et piller ses biens, sans avoir auparavant lié cet homme fort ; alors il pillera sa maison.
Je vous le dis en vérité, tous les péchés seront pardonnés aux fils des hommes, et les blasphèmes qu'ils auront proférés ;
mais quiconque blasphémera contre le Saint-Esprit n'obtiendra jamais de pardon : il est coupable d'un péché éternel. »
Jésus parla ainsi parce qu'ils disaient : « Il est possédé d'un esprit impur. »

Jésus rassembla ses parents dans sa maison et leur dit : « De quoi avez-vous peur ?
Vous me voyez parmi vous tous les jours et vous me connaissez depuis le plus jeune âge
Vous m'avez vu tomber et me relever ;
Vous m'avez vu pleurer et rire ;
Vous m'avez vu apprendre à marcher ;
Vous m'avez vu apprendre à parler ;
Et je vous ai parlé et vous m'avez entendu ;
Vous avez vu ma barbe naître et croître ;
Et toujours vous m'avez reconnu comme votre parent.
Et je vous ai chéris et vous m'avez chéri.
Suis-je un autre aujourd'hui que celui que vous avez connu et que vous avez reconnu ?
Suis-je un autre parce que je guéris les malades et que chasse les démons ?
Vraiment, de quoi avez-vous peur ?
M'avez-vous vu faire le mal ?
Vous ai-je donc manqué en quelque chose ?
Entendez-moi, rien de bien ne peut arriver par le mal. Le mal agit par le mal et le bien agit par le bien.
Je vous le dis en vérité, reconnaissez-moi comme vous m'avez toujours reconnu et ne vous souciez ni des scribes, ni des pharisiens, ni des hérodiens, car, je vous chéris ainsi que je chéris tous les hommes.»


19
3-5
19 avril
Survinrent sa mère et ses frères, qui, se tenant dehors, l'envoyèrent appeler.
La foule était assise autour de lui, et on lui dit : « Voici, ta mère et tes frères sont dehors et te demandent. »
Et il répondit : « Qui est ma mère, et qui sont mes frères ? »
Puis, jetant les regards sur ceux qui étaient assis tout autour de lui : « Voici, dit-il, ma mère et mes frères.
Car, quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, ma sœur, et ma mère. »

L'assemblée s'était attristée des paroles de Jésus, car elle avait appris qu'il fallait chérir son père et sa mère ainsi que ses frères et ses sœurs et toute sa parentèle.
Jésus, ayant connaissance de leurs pensées, leur dit alors : « Aimerez-vous moins votre mère, votre père et vos frères si vous aimez tous les autres comme les aimez.
Que votre amour soit comme celui du Seigneur qui le donne sans compter et fait de chacun d'entre vous ses enfants bien aimés. »


20
4-1
20 avril
Jésus se mit de nouveau à enseigner au bord de la mer. Une grande foule s'étant assemblée auprès de lui, il monta et s'assit dans une barque, sur la mer. Toute la foule était à terre sur le rivage.
Il leur enseigna beaucoup de choses en paraboles, et il leur dit dans son enseignement :
« Écoutez. Un semeur sortit pour semer.
Comme il semait, une partie de la semence tomba le long du chemin : les oiseaux vinrent, et la mangèrent.
Une autre partie tomba dans un endroit pierreux, où elle n'avait pas beaucoup de terre ; elle leva aussitôt, parce qu'elle ne trouva pas un sol profond ;
mais, quand le soleil parut, elle fut brûlée et sécha, faute de racines.
Une autre partie tomba parmi les épines : les épines montèrent, et l'étouffèrent, et elle ne donna point de fruit.
Une autre partie tomba dans la bonne terre : elle donna du fruit qui montait et croissait, et elle rapporta trente, soixante, et cent pour un. »
Puis il dit : « Que celui qui a des oreilles pour entendre entende. »
Lorsqu'il fut en particulier, ceux qui l'entouraient avec les douze l'interrogèrent sur les paraboles.
Il leur dit : « C'est à vous qu'a été donné le mystère du royaume de Dieu ; mais pour ceux qui sont dehors tout se passe en paraboles,
afin qu'en voyant ils voient et n'aperçoivent point,
et qu'en entendant ils entendent et ne comprennent point,

de peur qu'ils ne se convertissent et que les péchés ne leur soient pardonnés. »

Les disciples parlaient entre eux.
Ils se demandaient pourquoi tous les hommes ne comprenaient pas la parole ;
pourquoi ils ne se convertissaient pas ;
pourquoi leurs péchés ne leur seraient pas pardonnés.
La parole n'était-elle pas celle du Dieu tout puissant ?
Jésus, entendant leurs propos leur dit : « Voici, vous pensez que la créature ne ressemble pas à son créateur ; mais le créateur est sans péché.
Le Seigneur ne vous a pas faits comme les pierres du chemin qui ne peuvent s'écarter quand survient le sabot qui va les jeter au fossé.
Il vous a fait à son image, doués de volonté.
Ainsi, vous pouvez comprendre ou ne pas comprendre ;
entendre ou ne pas entendre ;
et des tentations du démon, vous pouvez vous défendre ;
alors la parole, pour cela, viendra vous donner la main.
Mais, si vous êtes comme la pierre du chemin qui ne peut rien quand arrive le chariot lourdement chargé ;
si vous êtes comme les épines qui poussent et ne produisent rien ;
et même davantage qui empêchent les bonnes plantes de donner leur fruit ;
si vous n'êtes qu'occasion de chute pour vos frères, alors je vous le dis, il vaudrait mieux que vous n'ayez jamais vécu. »


21
4-2
21 avril
Il leur dit encore : « Vous ne comprenez pas cette parabole ? Comment donc comprendrez-vous toutes les paraboles ?
Le semeur sème la parole.
Les uns sont le long du chemin, où la parole est semée ; quand ils l'ont entendue, aussitôt Satan vient et enlève la parole qui a été semée en eux.
Les autres, pareillement, reçoivent la semence dans les endroits pierreux ; quand ils entendent la parole, ils la reçoivent d'abord avec joie ;
mais ils n'ont pas de racine en eux-mêmes, ils manquent de persistance, et, dès que survient une tribulation ou une persécution à cause de la parole, ils y trouvent une occasion de chute.
D'autres reçoivent la semence parmi les épines ; ce sont ceux qui entendent la parole,
mais en qui les soucis du siècle, la séduction des richesses et l'invasion des autres convoitises, étouffent la parole, et la rendent infructueuse.
D'autres reçoivent la semence dans la bonne terre ; ce sont ceux qui entendent la parole, la reçoivent, et portent du fruit, trente, soixante, et cent pour un.  »
Il leur dit encore : « Apporte-t-on la lampe pour la mettre sous le boisseau, ou sous le lit ? N'est-ce pas pour la mettre sur le chandelier ?
Car il n'est rien de caché qui ne doive être découvert, rien de secret qui ne doive être mis au jour.
Si quelqu'un a des oreilles pour entendre, qu'il entende. »

Les disciples lui demandèrent alors  : « Ta parole est-elle pour quelques-uns et sommes-nous les élus ? »
Il répondit : « Si je vais là-bas sur la colline et si je crie, vous m'entendrez. Mais, les voisins m'entendront aussi et tout le village m'entendra et tous se demanderont ce qu'est ce cri. Certains s'approcheront pour entendre mieux. D'autres s'éloigneront en faisant du scandale. D'autres enfin fermeront leur porte prétendant que mon cri les dérange. Mais, mon cri ne choisira pas les oreilles qu'il atteint.
Il en va de même de la bonne nouvelle.
Elle est semblable à ce cri sur la colline.
Laissez ceux qui veulent s'approcher s'approcher.
Ils croient venir parce que les malades sont guéris.
Mais, en vérité, je vous le dis, la guérison des malades est la cause et non la conséquence.
Et les malades sont guéris parce qu'ils se sont approchés pour entendre la parole. »
Ils reprirent  : « Mais certains ne comprennent pas et ne veulent pas comprendre et pourtant ils sont guéris. »
Jésus leur répondit alors : « Ne vous targuez pas de comprendre mieux la parole que l'aveugle, que le paralytique et que l'étranger, car il ne s'agit pas de cela quand il s'agit de croire.
Et il y en a parmi eux que vous ne regardez pas, mais ceux-là en vérité ont une foi plus grande que vous tous réunis.
Votre mérite est de m'avoir suivi. Il ne vous donne pas le droit de choisir parmi les hommes et de les commander. »


22
4-3
22 avril
Il leur dit encore : « Prenez garde à ce que vous entendez. On vous mesurera avec la mesure dont vous vous serez servis, et on y ajoutera pour vous.
Car on donnera à celui qui a ; mais à celui qui n'a pas on ôtera même ce qu'il a. »
Il dit encore : « Il en est du royaume de Dieu comme quand un homme jette de la semence en terre ;
qu'il dorme ou qu'il veille, nuit et jour, la semence germe et croît sans qu'il sache comment.
La terre produit d'elle-même, d'abord l'herbe, puis l'épi, puis le grain tout formé dans l'épi ;
et, dès que le fruit est mûr, on y met la faucille, car la moisson est là. »

Les disciples s'étonnaient des paroles de Jésus, car, il ne leur semblait pas juste que l'on ôtât à celui qui n'avait pas.
Jésus entendant et comprenant leur interrogation leur dit ainsi : « Vous vous posez la question de la justice des hommes quand je vous parle de la foi. Mais la foi n'obéit pas à la justice des hommes. Elle est comme le blé que vous devez laissez croître en vous. N'en coupez pas les épis avant l'heure, ne les étouffez pas dans les épines de la vie et laissez-la au contraire mûrir et s'épanouir au soleil de votre vie.
Cependant, vous pouvez craindre ce mûrissement, car, vous craignez la moisson. Mais, sachez que la moisson ne dépend pas de vous mais du Seigneur votre Père. »


23
4-4
23 avril
Il dit encore : « À quoi comparerons-nous le royaume de Dieu, ou par quelle parabole le représenterons-nous ?
Il est semblable à un grain de sénevé, qui, lorsqu'on le sème en terre, est la plus petite de toutes les semences qui sont sur la terre ;
mais, lorsqu'il a été semé, il monte, devient plus grand que tous les légumes, et pousse de grandes branches, en sorte que les oiseaux du ciel peuvent habiter sous son ombre.« »
C'est par beaucoup de paraboles de ce genre qu'il leur annonçait la parole, selon qu'ils étaient capables de l'entendre.
Il ne leur parlait point sans parabole ; mais, en particulier, il expliquait tout à ses disciples.

Et beaucoup en dehors pensaient qu'il délivrait un enseignement secret pour guérir les malades et pour ressusciter les morts.
Il arrêtaient souvent en chemin les disciples de Jésus pour leur demander ce qu'il leur enseignait en particulier, espérant apprendre quelques tours dont ils pourraient tirer bénéfice.
Et ils voulaient leur offrir de l'argent ou des victuailles,
Mais les disciples refusaient l'argent et les victuailles.
Ils les incitaient à se convertir.
Mais certains ne les croyaient pas et juraient sur leur passage leur promettant la mort.


24
4-5
24 avril
Ce même jour, sur le soir, Jésus leur dit : « Passons à l'autre bord. »
Après avoir renvoyé la foule, ils l'emmenèrent dans la barque où il se trouvait ; il y avait aussi d'autres barques avec lui.
Il s'éleva un grand tourbillon, et les flots se jetaient dans la barque, au point qu'elle se remplissait déjà.
Et lui, il dormait à la poupe sur le coussin. Ils le réveillèrent, et lui dirent : « Maître, ne t'inquiètes-tu pas de ce que nous périssons ? »
S'étant réveillé, il menaça le vent, et dit à la mer : « Silence ! tais-toi ! » Et le vent cessa, et il y eut un grand calme.
Puis il leur dit : « Pourquoi avez-vous ainsi peur ? Comment n'avez-vous point de foi ? »
Ils furent saisis d'une grande frayeur, et ils se dirent les uns aux autres : « Quel est donc celui-ci, à qui obéissent même le vent et la mer ? »

Jésus, les entendant parler, leur dit : « Vous prêtez attention au vent, qui parfois souffle et parfois ne souffle pas, mais qui demeure.
Et vous craignez la mer, parfois calme, parfois agitée.
Et vous craignez tant d'autres choses encore : la pluie ou bien l'absence de pluie ;
le froid et aussi la canicule ;
et vous vous souvenez du déluge des Écritures et aussi des sauterelles ;
Mais, je vous le dis, vous n'êtes pas nés pour craindre et votre prière doit s'éloigner de la peur.
Vous êtes nés pour l'espérance et pour glorifier le Seigneur et le Saint-Esprit.
Ainsi, ne craignez pas.
Bénissez et chérissez le vent et la mer et croyez.
Le vent et la mer vous obéiront alors, comme ils m'ont obéi à l'instant. »


25
5-1
25 avril
Ils arrivèrent à l'autre bord de la mer, dans le pays des Gadaréniens.
Aussitôt que Jésus fut hors de la barque, il vint au-devant de lui un homme, sortant des sépulcres, et possédé d'un esprit impur.
Cet homme avait sa demeure dans les sépulcres, et personne ne pouvait plus le lier, même avec une chaîne.
Car souvent il avait eu les fers aux pieds et avait été lié de chaînes, mais il avait rompu les chaînes et brisé les fers, et personne n'avait la force de le dompter.
Il était sans cesse, nuit et jour, dans les sépulcres et sur les montagnes, criant, et se meurtrissant avec des pierres.
Ayant vu Jésus de loin, il accourut, se prosterna devant lui,
et s'écria d'une voix forte : « Qu'y a-t-il entre moi et toi, Jésus, Fils du Dieu Très-Haut ? Je t'en conjure au nom de Dieu, ne me tourmente pas. »
Car Jésus lui disait : « Sors de cet homme, esprit impur !« »
Et, il lui demanda : « Quel est ton nom ?» « Légion est mon nom, lui répondit-il, car nous sommes plusieurs. »
Et il le priait instamment de ne pas les envoyer hors du pays.
Il y avait là, vers la montagne, un grand troupeau de pourceaux qui paissaient.
Et les démons le prièrent, disant : « Envoie-nous dans ces pourceaux, afin que nous entrions en eux. »
Il le leur permit. Et les esprits impurs sortirent, entrèrent dans les pourceaux, et le troupeau se précipita des pentes escarpées dans la mer : il y en avait environ deux mille, et ils se noyèrent dans la mer.
Ceux qui les faisaient paître s'enfuirent, et répandirent la nouvelle dans la ville et dans les campagnes. Les gens allèrent voir ce qui était arrivé.
Ils vinrent auprès de Jésus, et ils virent le démoniaque, celui qui avait eu la légion, assis, vêtu, et dans son bon sens ; et ils furent saisis de frayeur.
Ceux qui avaient vu ce qui s'était passé leur racontèrent ce qui était arrivé au démoniaque et aux pourceaux.
Alors ils se mirent à supplier Jésus de quitter leur territoire.
Comme il montait dans la barque, celui qui avait été démoniaque lui demanda la permission de rester avec lui.
Jésus ne le lui permit pas, mais il lui dit : « Va dans ta maison, vers les tiens, et raconte-leur tout ce que le Seigneur t'a fait, et comment il a eu pitié de toi. »
Il s'en alla, et se mit à publier dans la Décapole tout ce que Jésus avait fait pour lui. Et tous furent dans l'étonnement.

Les disciples demandèrent à Jésus pourquoi il n'avait pas autorisé celui qui avait été démoniaque à rester avec lui. Ils lui demandaient si un démoniaque purifié était toujours impur.
Jésus répondit : « Avez-vous demandé à me suivre et vous ai-de demandé de me suivre ? »
Pierre et les autres répondirent : « Tu nous as dit de te suivre et nous t'avons suivi. »
Jésus leur dit encore : « Vous ai-je purifié ou guéri ? Vous ai-je baptisé par l'eau comme Jean m'a baptisé dans le Jourdain ? »
Pierre et les autres répondirent encore : « Non, tu n'as rien fait de tout cela ! »
Alors Jésus reprit : « Il y a ceux qui sont appelés à annoncer la Bonne nouvelle. Après vous d'autres seront appelés et d'autres encore. Et ils se tiendront devant les hommes et parleront en souvenir de moi.
Il y a ceux qui accueillent la Bonne nouvelle, celle qui guérit, qui chasse les démons et ressuscite les morts. Tous ne sont pas guéris, car, tous n'ont pas assez de foi pour guérir et pour ouvrir leur cœur à la parole. »
Alors, l'un d'entre eux dit encore : « Ceux qui sont appelé entreront au paradis avec toi. Ils seront les premiers et les autres seront derrière eux et ils les serviront. »
Jésus le rabroua : « Que sais-tu de qui sera premier et qui sera dernier au Royaume du Père ? Sais-tu même s'il y aura des premiers et des derniers ? Car vous imaginez le Royaume des Cieux comme un royaume de cette terre. Mais vous ne pouvez pas concevoir ce qu'est le Royaume. »
Les disciples se turent alors pour réfléchir.
L'un d'entre eux, le plus jeune, impressionné de ce qu'il avait vu quand les pourceaux s'étaient précipités dans la mer demanda encore : « Pourquoi Légion a-t-il choisi cet homme alors qu'ils étaient deux-mille et qu'ils auraient pu entrer dans deux mille hommes. N'aurait-il pas été plus difficile de chasser deux mille démons de deux mille hommes que de chasser deux mille démons d'un seul homme ? »
Jésus lui dit alors ! « Crois-tu qu'il s'agisse d'une besogne et qu'il est plus difficile pour le Fils de l'homme de chasser deux mille démons qu'un seul démon. Abandonnez votre manière de penser, car, elle est fausse quand il s'agit du travail de l'Esprit.
Vous-mêmes, vous chasserez de nombreux démons, mais, parfois, un seul vous n'y parviendrez pas.
Et pourtant vous avez été appelés et vous m'avez suivis.
Tout ce qui est possible pour le Fils de l'homme n'est pas possible pour vous, car vous n'avez pas assez de foi. Auriez-vous assez de foi que vous pourriez chasser deux mille démons d'un seul démoniaque et les envoyer dans des pourceaux pour qu'ils se précipitent dans la mer.
Priez et vous pourrez alors, car seule la prière est forte et fortifie votre foi. »


26
5-2
26 avril
Jésus dans la barque regagna l'autre rive, où une grande foule s'assembla près de lui. Il était au bord de la mer.
Alors vint un des chefs de la synagogue, nommé Jaïrus, qui, l'ayant aperçu, se jeta à ses pieds,
et lui adressa cette instante prière : « Ma petite fille est à l'extrémité, viens, impose-lui les mains, afin qu'elle soit sauvée et qu'elle vive. »
Jésus s'en alla avec lui. Et une grande foule le suivait et le pressait.

Car il en est ainsi des puissants, qui face au malheur et à la crainte oublient leur puissance et se prosternent devant Dieu.
Et quel homme ne donnerait pas sa vie pour sauver son enfant ?
Jaïrus était un homme bon qui chérissait sa famille.
Tous les jours, à la synagogue, il commandait sans faiblesse, mais avec justice.
Et les gens l'aimaient car c'était un homme juste.


27
5-3
27 avril
Or, il y avait une femme atteinte d'une perte de sang depuis douze ans.
Elle avait beaucoup souffert entre les mains de plusieurs médecins, elle avait dépensé tout ce qu'elle possédait, et elle n'avait éprouvé aucun soulagement, mais était allée plutôt en empirant.
Ayant entendu parler de Jésus, elle vint dans la foule par derrière, et toucha son vêtement.
Car elle disait : « Si je puis seulement toucher ses vêtements, je serai guérie. »
Au même instant la perte de sang s'arrêta, et elle sentit dans son corps qu'elle était guérie de son mal.
Jésus connut aussitôt en lui-même qu'une force était sortie de lui ; et, se retournant au milieu de la foule, il dit : « Qui a touché mes vêtements ? »
Ses disciples lui dirent : « Tu vois la foule qui te presse, et tu dis : Qui m'a touché ? »
Et il regardait autour de lui, pour voir celle qui avait fait cela.
La femme, effrayée et tremblante, sachant ce qui s'était passé en elle, vint se jeter à ses pieds, et lui dit toute la vérité.
Mais Jésus lui dit : « Ma fille, ta foi t'a sauvée ; va en paix, et sois guérie de ton mal. »

Le soir, en particulier, Jésus dit à ces disciples : « Vous souvenez-vous ce matin de la femme qui a touché mon manteau et qui a été guérie ? »
Les disciples répondirent qu'ils s'en souvenaient et qu'ils avaient interrogé la femme pour savoir quelle était la maladie dont elle avait guéri. Mais Jésus savait la maladie.
Il leur dit : « Sachez que là où vous voyez une foule, je vois un à un les enfants du Seigneur. Car, vous vous êtes étonnés que je demande qui avait touché mon manteau alors que la foule me pressait, hommes de peu de foi.
Vous avez vu la femme. Elle a craint. Elle se sentait impure et n'osait demander pour elle-même la guérison.
Et les autres ne la laissaient pas passer parce qu'ils pensaient qu'elle était une femme impure.
Ainsi, je vous le dis : ne jugez point de qui est pur et impur.
Et ne jugez point de qui peut être guéri ou non.
Et ne jugez point non plus de qui peut être sauvé.
Car, tout cela ne vous appartient pas, mais appartient au Seigneur et la foi est la messagère de Dieu. »


28
5-4
28 avril
Comme il parlait encore, survinrent de chez le chef de la synagogue des gens qui dirent : « Ta fille est morte ; pourquoi importuner davantage le maître ? »
Mais Jésus, sans tenir compte de ces paroles, dit au chef de la synagogue : « Ne crains pas, crois seulement. »
Et il ne permit à personne de l'accompagner, si ce n'est à Pierre, à Jacques, et à Jean, frère de Jacques.
Ils arrivèrent à la maison du chef de la synagogue, où Jésus vit une foule bruyante et des gens qui pleuraient et poussaient de grands cris.
Il entra, et leur dit : « Pourquoi faites-vous du bruit, et pourquoi pleurez-vous ? L'enfant n'est pas morte, mais elle dort. »
Et ils se moquaient de lui. Alors, ayant fait sortir tout le monde, il prit avec lui le père et la mère de l'enfant, et ceux qui l'avaient accompagné, et il entra là où était l'enfant.
Il la saisit par la main, et lui dit : « Talitha koumi », ce qui signifie : « Jeune fille, lève-toi, je te le dis. »
Aussitôt la jeune fille se leva, et se mit à marcher ; car elle avait douze ans. Et ils furent dans un grand étonnement.
Jésus leur adressa de fortes recommandations, pour que personne ne sût la chose ; et il dit qu'on donnât à manger à la jeune fille.

Encore une fois, les disciples s'interrogeaient et le soir revenu, ils pressèrent Jésus de questions, surtout les neuf qui n'avaient pas pu l'accompagner chez le chef de la synagogue.
Mais, Pierre le premier, qui pourtant était présent chez Jaïrus avec Jésus, lui demanda : « Pourquoi as-tu demandé qu'on donnât à manger à la jeune fille ? »
Jésus répondit : « Parce qu'elle avait faim. »
Et devant leur étonnement, il leur dit : « Elle était morte et elle est ressuscitée. Elle est ressuscitée vivante et vivante parmi les vivants et non pas vivante parmi les morts. Ainsi, comme les jeunes filles de son âge qui se réveillent d'un long sommeil, elle avait faim. J'ai donc commandé qu'on lui donnât à manger. Il n'y a rien d'autre à comprendre que cela, car le mystère est dans la vie et non dans la mort. »
Un autre, le plus jeune, lui demanda ce qu'il lui avait dit. Et Jésus répondit : « Je lui ai dit de se lever et de venir vers moi, comme je vous ai dit de me suivre, car il vivra celui qui me suivra, et même les enfants. »
Les disciples glorifièrent le Seigneur.
Le lendemain matin, le chef de la synagogue vint trouver Jésus pour le remercier.
Il lui dit : « Désormais, ma fille est ressuscitée, mais connaîtra-t-elle la vie éternelle ? »
Jésus répondit : « Et toi ? »
Alors, Jaïrus le laissa.


29
6-1
29 avril
Jésus partit de là, et se rendit dans sa patrie. Ses disciples le suivirent.
Quand le sabbat fut venu, il se mit à enseigner dans la synagogue. Beaucoup de gens qui l'entendirent étaient étonnés et disaient : « D'où lui viennent ces choses ? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et comment de tels miracles se font-ils par ses mains ?
N'est-ce pas le charpentier, le fils de Marie, le frère de Jacques, de Joses, de Jude et de Simon ? et ses sœurs ne sont-elles pas ici parmi nous ? Et il était pour eux une occasion de chute. »
Mais Jésus leur dit : « Un prophète n'est méprisé que dans sa patrie, parmi ses parents, et dans sa maison. »
Il ne put faire là aucun miracle, si ce n'est qu'il imposa les mains à quelques malades et les guérit.
Et il s'étonnait de leur incrédulité. Jésus parcourait les villages d'alentour, en enseignant.

Et dans les autres villages, les gens l'écoutaient et ne s'étonnaient pas qu'il vînt de Nazareth pour peu qu'ils ne l'eussent jamais vu auparavant.
Mais ceux qui l'avaient connu enfant et qui l'avaient vu courir en tout sens et qui l'avaient encore entendu appeler sa mère et son père, ceux-là ne pouvaient pas croire qu'il était un prophète et qu'il guérissait les malades.
Mais, il se trouvait aux portes de la ville un vieillard qui mangeait par mendicité.
Celui-là voyant passer Jésus s'écria : « Aide-moi, Fils de Dieu, car toi seul peux faire que je marche de nouveau et que je quitte cette couche mal commode pour aller par les chemins demander l'aumône. »
Jésus s'arrêta et lui dit : « Tu m'as vu passer enfant et aussi quand j'étais un tout jeune homme et aujourd'hui tu m'appelles Fils de Dieu ? »
Le vieillard répondit : «  Je t'ai vu passer enfant et tu n'es plus un enfant. Je t'ai vu passer jeune homme et maintenant ta jeunesse est passée. Et je te vois passer aujourd'hui et je vois passer le Fils de Dieu. »
Jésus lui dit alors : « Tu as plus de foi que toute la ville réunie. Qu'il soit fait selon ta volonté. »

30
6-2
30 avril
Alors il appela les douze, et il commença à les envoyer deux à deux, en leur donnant pouvoir sur les esprits impurs.
Il leur prescrivit de ne rien prendre pour le voyage, si ce n'est un bâton ; de n'avoir ni pain, ni sac, ni monnaie dans la ceinture ;
de chausser des sandales, et de ne pas revêtir deux tuniques.
Puis il leur dit : « Dans quelque maison que vous entriez, restez-y jusqu'à ce que vous partiez de ce lieu.
Et, s'il y a quelque part des gens qui ne vous reçoivent ni ne vous écoutent, retirez-vous de là, et secouez la poussière de vos pieds, afin que cela leur serve de témoignage.  »
Ils partirent, et ils prêchèrent la repentance.
Ils chassaient beaucoup de démons, et ils oignaient d'huile beaucoup de malades et les guérissaient.

Et Jésus partait parfois avec l'un d'eux et l'autre se reposait de ces jours de marche et de la presse de ces foules toujours plus grandes.
Et les habitants de la Galilée prirent habitude de croiser des hommes prêchant la repentance et guérissant les malades et ils se demandaient entre eux lequel des deux était Jésus, mais aucun des deux n'était Jésus.
Un soir, revenu près de Jésus pour le Sabbat, Pierre dit à Jésus : « Ils nous prennent souvent pour toi et que devons-nous dire ? »
Jésus répondit : « Dites qui vous êtes et que vous êtes envoyé par le Seigneur. »
Pierre ajouta : «  Mais, ils veulent te voir toi et sont déçus que nous ne soyons pas toi. »
Jésus dit alors : « Quand ils vous voient, ils me voient, comme ils me verront quand ils verront tous ceux qui, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit annonceront la bonne nouvelle après moi, après vous et après tous ceux qui viendront après vous. »


31
6-3
1er mai
Le roi Hérode entendit parler de Jésus, dont le nom était devenu célèbre, et il dit : « Jean Baptiste est ressuscité des morts, et c'est pour cela qu'il se fait par lui des miracles. »
D'autres disaient : « C'est Élie. » Et d'autres disaient : « C'est un prophète comme l'un des prophètes. »
Mais Hérode, en apprenant cela, disait : « Ce Jean que j'ai fait décapiter, c'est lui qui est ressuscité. »
Car Hérode lui-même avait fait arrêter Jean, et l'avait fait lier en prison, à cause d'Hérodias, femme de Philippe, son frère, parce qu'il l'avait épousée,
et que Jean lui disait : « Il ne t'est pas permis d'avoir la femme de ton frère. »
Hérodias était irritée contre Jean, et voulait le faire mourir.
Mais elle ne le pouvait ; car Hérode craignait Jean, le connaissant pour un homme juste et saint ; il le protégeait, et, après l'avoir entendu, il était souvent perplexe, et l'écoutait avec plaisir.

Il en ira pour vous de la même façon et ceux qui rechercheront la notoriété périront par la notoriété.
Et ceux qui chercheront la gloire périront par la gloire.
Ni Jésus, ni Jean ne cherchaient la notoriété ou la gloire.
Mais, les hommes aiment à juger les prophètes à l'aune de leurs propres actions et de leurs vices.
Hérode craignait Jean et le prenait pour un homme juste et saint, mais il l'a fait périr.
Hérodias jugeait Jean selon ses propres stratagèmes qui s'évanouiraient avec elle.
C'est ainsi qu'à travers les siècles, la sainteté appellera la mort.
Et c'est ainsi qu'à travers les siècles, la sainteté appelle ra la mort violente.
Et l'on entendra les pleurs de la longue file des saints qui sont morts pour les péchés des hommes.
Mais Jésus parcourait les villes et les villages, annonçant la bonne nouvelle et guérissant les malades.


32
6-4
2 mai
Cependant, un jour propice arriva, lorsque Hérode, à l'anniversaire de sa naissance, donna un festin à ses grands, aux chefs militaires et aux principaux de la Galilée.
La fille d'Hérodias entra dans la salle ; elle dansa, et plut à Hérode et à ses convives. Le roi dit à la jeune fille : « Demande-moi ce que tu voudras, et je te le donnerai. »
Il ajouta avec serment : « Ce que tu me demanderas, je te le donnerai, fût-ce la moitié de mon royaume. »
Étant sortie, elle dit à sa mère : « Que demanderai-je ? » Et sa mère répondit : « La tête de Jean Baptiste. »
Elle s'empressa de rentrer aussitôt vers le roi, et lui fit cette demande : « Je veux que tu me donnes à l'instant, sur un plat, la tête de Jean Baptiste. »
Le roi fut attristé ; mais, à cause de ses serments et des convives, il ne voulut pas lui faire un refus.
Il envoya sur-le-champ un garde, avec ordre d'apporter la tête de Jean Baptiste.
Le garde alla décapiter Jean dans la prison, et apporta la tête sur un plat. Il la donna à la jeune fille, et la jeune fille la donna à sa mère.
Les disciples de Jean, ayant appris cela, vinrent prendre son corps, et le mirent dans un sépulcre.

Peu après la mort de Jean, Hérodias tomba malade.
Elle avait gardé la tête que sa fille lui avait donnée dans une urne spécialement fabriquée pour la recevoir.
Elle pensa que c'était à cause de la tête coupée du prophète qu'elle était malade.
Elle appela un marchand syrien qu'elle connaissait et lui demanda d'emporter loin d'elle et de sa famille la tête de Jean-Baptiste.
C'est pourquoi la tête de Jean se trouve désormais à Damas.
Apprenant qu'Hérodias avait envoyé la tête de son fils, Zacharie, son père, se rendit aussi en Syrie.
Il demanda qu'on lui rende la tête de Jean, mais elle faisait déjà l'objet de pèlerinages car elle était miraculeuse.
Alors, Zacharie se réfugia dans la ville d'Alep, qu'Abraham avait fondée et il y mourut.
C'est ainsi que l'on peut vénérer les reliques de Zacharie dans cette ville.
Cependant, Hérodias ne guérit pas et resta souffrante jusqu'à la fin de sa vie.
Hérode perdit son royaume et fut exilé au-delà des mers.
Quant à la fille d'Hérodiade, instrument du lucre et de la perversion, elle perdit son mari dans des malédictions.


33
6-5
3 mai
Les apôtres, s'étant rassemblés auprès de Jésus, lui racontèrent tout ce qu'ils avaient fait et tout ce qu'ils avaient enseigné.
Jésus leur dit : « Venez à l'écart dans un lieu désert, et reposez-vous un peu.«  Car il y avait beaucoup d'allants et de venants, et ils n'avaient même pas le temps de manger.
Ils partirent donc dans une barque, pour aller à l'écart dans un lieu désert.
Beaucoup de gens les virent s'en aller et les reconnurent, et de toutes les villes on accourut à pied et on les devança au lieu où ils se rendaient.
Quand il sortit de la barque, Jésus vit une grande foule, et fut ému de compassion pour eux, parce qu'ils étaient comme des brebis qui n'ont point de berger ; et il se mit à leur enseigner beaucoup de choses.
Comme l'heure était déjà avancée, ses disciples s'approchèrent de lui, et dirent : « Ce lieu est désert, et l'heure est déjà avancée ;
renvoie-les, afin qu'ils aillent dans les campagnes et dans les villages des environs, pour s'acheter de quoi manger. »
Jésus leur répondit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Mais ils lui dirent : « Irions-nous acheter des pains pour deux cents deniers, et leur donnerions-nous à manger ? »
Et il leur dit : « Combien avez-vous de pains ? Allez voir. »
Ils s'en assurèrent, et répondirent : « Cinq, et deux poissons. »
Alors il leur commanda de les faire tous asseoir par groupes sur l'herbe verte,
et ils s'assirent par rangées de cent et de cinquante.
Il prit les cinq pains et les deux poissons et, levant les yeux vers le ciel, il rendit grâces. Puis, il rompit les pains, et les donna aux disciples, afin qu'ils les distribuassent à la foule. Il partagea aussi les deux poissons entre tous.
Tous mangèrent et furent rassasiés,
et l'on emporta douze paniers pleins de morceaux de pain et de ce qui restait des poissons.
Ceux qui avaient mangé les pains étaient cinq mille hommes.

Le soir, les disciples, rassemblés autour de Jésus, lui demandèrent comment s'était produit ce miracle d'avoir pu nourrir cinq mille hommes avec cinq pains et deux poissons.
Jésus leur dit : « Où étiez-vous quand cela s'est produit ? »
Ils répondirent : « Nous étions avec toi, et les pains étaient nos pains et les poissons étaient nos poissons que Pierre, Jacques et Jean avaient pêchés. »
Jésus répondit : « Vous étiez avec moi et ces pains étaient vos pains et ces poissons vos poissons, alors, vous avez vu ce qui s'est produit. »
Mais ils répondirent : « Nous avions cinq pains et deux poissons qui ont nourri cinq mille hommes. Mais nous n'avons pas vu comment s'est accompli le miracle. »
Jésus répondit : « Qui a fait asseoir la foule par rangées de cent et de cinquante sur l'herbe verte ? »
Ils répondirent : « Nous l'avons fait. »
Et Jésus demanda encore : « Qui a distribué les pains aux rangées de cent et de cinquante et qui a distribué les poissons à ces mêmes rangées ? »
Ils répondirent encore : « Nous l'avons fait. »
Jésus les regardant leur dit ceci : « Puisque vous l'avez fait, vous savez ce qui s'est passé.
Ne m'avez-vous pas vu rendre grâces comme il se doit avant chaque repas ? Qui peut prétendre que le pain est jamais gagné sans la grâce du Seigneur ?
Et n'avez-vous pas distribué le pain rompu et les poissons fraîchement pêchés ?
Et que cherchez-vous d'autre que vous pourriez savoir ?
Je vous le dis, il n'y a rien d'autre à comprendre et rien d'autre à savoir que la grâce du Seigneur.
Prenez le pain et distribuez-le sans compter ce qui vous restera.
Ne vous dites pas : nous n'avons pas beaucoup de pain et la foule est nombreuse, jamais elle ne sera rassasiée, alors, gardons ce pain pour nous, car mieux vaut que nous ne manquions pas que nous déclenchions une émeute en distribuant le pain que nous n'avons pas.
Car, vous aviez le pain et les poissons et vous pouviez croire qu'ils suffiraient puisque je vous demandais de le croire. »


34
6-6
4 mai
Aussitôt après, il obligea ses disciples à monter dans la barque et à passer avant lui de l'autre côté, vers Bethsaïda, pendant que lui-même renverrait la foule.
Quand il l'eut renvoyée, il s'en alla sur la montagne, pour prier.
Le soir étant venu, la barque était au milieu de la mer, et Jésus était seul à terre.
Il vit qu'ils avaient beaucoup de peine à ramer ; car le vent leur était contraire. À la quatrième veille de la nuit environ, il alla vers eux, marchant sur la mer, et il voulait les dépasser.
Quand ils le virent marcher sur la mer, ils crurent que c'était un fantôme, et ils poussèrent des cris ;
car ils le voyaient tous, et ils étaient troublés. Aussitôt Jésus leur parla, et leur dit : « Rassurez-vous, c'est moi, n'ayez pas peur ! »
Puis il monta vers eux dans la barque, et le vent cessa. Ils furent en eux-mêmes tout stupéfaits et remplis d'étonnement ;
car ils n'avaient pas compris le miracle des pains, parce que leur cœur était endurci.
Après avoir traversé la mer, ils vinrent dans le pays de Génésareth, et ils abordèrent.
Quand ils furent sortis de la barque, les gens, ayant aussitôt reconnu Jésus,
parcoururent tous les environs, et l'on se mit à apporter les malades sur des lits, partout où l'on apprenait qu'il était.
En quelque lieu qu'il arrivât, dans les villages, dans les villes ou dans les campagnes, on mettait les malades sur les places publiques, et on le priait de leur permettre seulement de toucher le bord de son vêtement. Et tous ceux qui le touchaient étaient guéris.

Un jour Jésus dit à ses disciples : « Je sais que vous parlez entre vous de la nuit où je vous ai rejoints sur la barque. De quoi avez-vous eu peur ? »
Les disciples étaient embarrassés que Jésus les questionnât ainsi, car, ils ne savaient pas pourquoi ils avaient eu peur quand ils l'avaient vu les rejoindre.
Jésus leur dit alors : « Vous avez eu peur de la tempête et vous n'avez pas péri.
La peur est une maladie contagieuse. Comme vous aviez peur de périr de la tempête, vous avez eu peur de moi.
Et pourtant, vous m'avez suivi sur les places et dans le désert et vous avez vu et vous avez entendu la parole.
Et vous étiez là quand je guérissais les malades.
Qu'en serra-t-il de tous ceux qui ne m'auront pas vu et qui n'auront pas entendu la bonne parole de ma propre bouche.
Comment croiront-ils et combattront-ils leur peur ?
Car, vous pensiez croire et vous n'avez pas cru que je pouvais vous rejoindre et vous avez eu peur.
Et vous n'avez pas cru que je pouvais nourrir cinq mille hommes avec cinq pains et deux poissons.
Mais j'aurais pu les nourrir sans aucun pain ni aucun poisson.
Quand croirez-vous enfin, vous que j'ai choisis et qui m'avez suivi ?
Ne pourrai-je jamais me reposer sur vous ? »
Les disciples baissaient la tête et se repentaient de n'avoir pas cru. Ils demeuraient dans le silence de peur de courroucer Jésus encore davantage.
Jésus leur dit enfin : « Et maintenant encore, vous avez peur comme des enfants qui craignent les réprimandes.
Je ne vous fais pas des réprimandes mais je vous livre des commandements. »

35
7-1
5 mai
Les pharisiens et quelques scribes, venus de Jérusalem, s'assemblèrent auprès de Jésus.
Ils virent quelques-uns de ses disciples prendre leurs repas avec des mains impures, c'est-à-dire, non lavées.
Or, les pharisiens et tous les Juifs ne mangent pas sans s'être lavé soigneusement les mains, conformément à la tradition des anciens ;
et, quand ils reviennent de la place publique, ils ne mangent qu'après s'être purifiés. Ils ont encore beaucoup d'autres observances traditionnelles, comme le lavage des coupes, des cruches et des vases d'airain.
Et les pharisiens et les scribes lui demandèrent : « Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens, mais prennent-ils leurs repas avec des mains impures ? »
Jésus leur répondit : « Hypocrites, Ésaïe a bien prophétisé sur vous, ainsi qu'il est écrit :
Ce peuple m'honore des lèvres,
mais son cœur est éloigné de moi.
C'est en vain qu'ils m'honorent,
en donnant des préceptes qui sont des commandements d'hommes.
Vous abandonnez le commandement de Dieu, et vous observez la tradition des hommes.
Il leur dit encore : Vous anéantissez fort bien le commandement de Dieu, pour garder votre tradition.
Car Moïse a dit :
Honore ton père et ta mère ;
et :
Celui qui maudira son père ou sa mère sera puni de mort.
Mais vous, vous dites : « Si un homme dit à son père ou à sa mère : Ce dont j'aurais pu t'assister est corban, c'est-à-dire, une offrande à Dieu,
vous ne le laissez plus rien faire pour son père ou pour sa mère,
annulant ainsi la parole de Dieu par votre tradition, que vous avez établie. Et vous faites beaucoup d'autres choses semblables. »
Ensuite, ayant de nouveau appelé la foule à lui, il lui dit : « Écoutez-moi tous, et comprenez.
Il n'est hors de l'homme rien qui, entrant en lui, puisse le souiller ; mais ce qui sort de l'homme, c'est ce qui le souille.
Si quelqu'un a des oreilles pour entendre, qu'il entende. »

La foule murmurait d'un grondement sourd, car elle se demandait comment distinguer au sein de la tradition les commandements de Dieu des commandements des hommes.
Car, elle aimait s'appuyer sur les scribes et les pharisiens pour qu'ils lui dictent sa conduite et justifier ainsi les rites quotidiens comme les rites pour les morts, les mariages et la circoncision.
Elle aimait aussi que les scribes entrent dans les maisons pour choisir les plats qu'ils devaient cuisiner pour les fêtes, le sabbat et les jours ordinaires.
Et la foule n'était pas prête à abandonner tous ces rites.
Car, elle craignait de devoir abandonner aussi les rites de fiançailles et les rites de mariage.
Car c'est ainsi que parfois l'esclave adore ce qui l'enchaîne et même parfois que le malade chérit sa maladie.
Tous ses rites installés sur la place, le forum, la synagogue et le temple, dans les maisons, les familles et jusque dans les couches établissaient des liens d'asservissement pouvant conduire à la folie.
Il y avait ceux qui n'étaient jamais certains d'accomplir parfaitement les rites et qui trouvaient qu'ils étaient trop peu nombreux et qu'ils pouvaient encore choisir, dans trop de circonstances, comment faire les choses et les dire.
Il y avait aussi ceux qui voulaient vérifier si leurs voisins accomplissaient les rites et les dénonçaient aux scribes en les traitant d'impies.
Et ceux-ci et ceux-là étaient souvent les mêmes.
Car, en ce temps, le peuple croulait sous deux empires : la force des armées du roi Hérode qui tenait de Rome sa puissance et la force des rites qui s'immisçaient dans le moindre recoin des maisons et des chemins.
Et le peuple se désespérait de se croire impur sans possibilité de se purifier.
Et il confondait purification des mains et purification du cœur ;
Et il confondait psalmodie et prière  ;
Et il était comme un troupeau sans berge  ;
Et le Seigneur le regardait avec miséricorde, dans son amour éternel.
Jésus quitta la place sans interrompre le murmure de la foule qui le laissa partir sans s'approcher de lui.
Car, la foule le craignait ne sachant pas d'où venait la puissance de Jésus, qui n'était ni celle de Rome, ni celle des scribes, ni d'aucun autre pouvoir qu'elle avait jamais rencontré.


36 7-2
6 mai
Lorsqu'il fut entré dans la maison, loin de la foule, ses disciples l'interrogèrent sur cette parabole.
Il leur dit : « Vous aussi, êtes-vous donc sans intelligence ? Ne comprenez-vous pas que rien de ce qui du dehors entre dans l'homme ne peut le souiller ?
Car cela n'entre pas dans son cœur, mais dans son ventre, puis s'en va dans les lieux secrets, qui purifient tous les aliments. »
Il dit encore : « Ce qui sort de l'homme, c'est ce qui souille l'homme.
Car c'est du dedans, c'est du cœur des hommes, que sortent les mauvaises pensées, les adultères, les impudicités, les meurtres,
les vols, les cupidités, les méchancetés, la fraude, le dérèglement, le regard envieux, la calomnie, l'orgueil, la folie.
Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans, et souillent l'homme. »

Mais les disciples ne comprenaient toujours pas.
Alors Jésus leur dit  : « Ce n'est pas pour plaire à Dieu qu'il faut se laver les mains avant de les mettre dans le plat, mais par respect pour les autres convives.
Et qui, revenant du travail de la terre ou bien de la pêche et du nettoyage des poissons, ne se lavera pas les mains avant de les mettre dans le plat ?
N'est-ce pas ce que l'on apprend aux enfants dès leur plus jeune âge ?
Pensez-vous que le Seigneur est comptable à ce point qu'il doive intervenir dans tous vos actes et tous vos gestes ?
Ce que vous faites pour votre bien plaît au Seigneur, comme ce que vous faites pour le bien d'autrui.
Et pour le Seigneur, ce que vous pouvez faire se nomme la prière et c'est votre prière qui agrée au Seigneur votre Père. »


37
7-3
7 mai
Jésus, étant parti de là, s'en alla dans le territoire de Tyr et de Sidon. Il entra dans une maison, désirant que personne ne le sût ; mais il ne put rester caché.
Car une femme, dont la fille était possédée d'un esprit impur, entendit parler de lui, et vint se jeter à ses pieds.
Cette femme était grecque, syro-phénicienne d'origine. Elle le pria de chasser le démon hors de sa fille. Jésus lui dit :
« Laisse d'abord les enfants se rassasier ; car il n'est pas bien de prendre le pain des enfants, et de le jeter aux petits chiens. »
Oui, Seigneur, lui répondit-elle, mais les petits chiens, sous la table, mangent les miettes des enfants.
Alors il lui dit : « à cause de cette parole, va, le démon est sorti de ta fille. »
Et, quand elle rentra dans sa maison, elle trouva l'enfant couchée sur le lit, le démon étant sorti.

Le soir, Pierre demanda à Jésus pourquoi il avait comparé la fille de la femme grecque à un petit chien.
Jésus répondit  : « Comprendrez-vous enfin les paraboles ?
Je n'ai pas comparé la fille de la femme grecque à un petit chien.
Mais, regardez-les, ils voient que je marche tout le jour et que vous marchez avec moi et que tout le jour nous guérissons des malades.
Pensent-ils que ces guérisons sont le fait de Dieu ou de l'homme ?
Elle sont le fait de Dieu et elles viennent par l'homme.
Et pensent-ils que jamais l'homme ne connaît la fatigue et la douleur ?
Or c'est le fait de l'homme de connaître la fatigue et la douleur et le Fils de l'homme les connaît aussi. »

38 7-4
8 mai
Jésus quitta le territoire de Tyr, et revint par Sidon vers la mer de Galilée, en traversant le pays de la Décapole.
On lui amena un sourd, qui avait de la difficulté à parler, et on le pria de lui imposer les mains.
Il le prit à part loin de la foule, lui mit les doigts dans les oreilles, et lui toucha la langue avec sa propre salive ;
puis, levant les yeux au ciel, il soupira, et dit : « Éphphatha », c'est-à-dire, ouvre-toi.
Aussitôt ses oreilles s'ouvrirent, sa langue se délia, et il parla très bien.
Jésus leur recommanda de n'en parler à personne ; mais plus il le leur recommanda, plus ils le publièrent.
Ils étaient dans le plus grand étonnement, et disaient : « Il fait tout à merveille ; même il fait entendre les sourds, et parler les muets. »

Le même soir, les disciples, réunis autour de Jésus, l'interrogèrent.
Jacques, fils de Zébédée, lui demanda : « Tu as fait que le muet parle et que le sourd entende.
Et tu as fait encore beaucoup d'autres actes dont parle le peuple.
Mais, celui-là, tu l'as touché avec ta salive.
Pourquoi l'avoir touché ainsi de ta propre salive alors que tu pouvais le faire entendre et le faire parler en lui laissant seulement toucher ton manteau ? »
Jésus répondit : «  Car, tu penses que l'Esprit est dans mon manteau ?
Si tu ne penses pas cela, pourquoi penses-tu que l'Esprit est dans ma salive.
Il n'est ni dans ma salive, ni dans mon manteau, mais il est dans la parole du Seigneur.
Certains démons partent par l'imposition des mains, d'autres partent d'une autre façon. »

39
8-1
9 mai
En ces jours-là, une foule nombreuse s'étant de nouveau réunie et n'ayant pas de quoi manger, Jésus appela les disciples, et leur dit :
« Je suis ému de compassion pour cette foule ; car voilà trois jours qu'ils sont près de moi, et ils n'ont rien à manger.
Si je les renvoie chez eux à jeun, les forces leur manqueront en chemin ; car quelques-uns d'entre eux sont venus de loin. »
Ses disciples lui répondirent : « Comment pourrait-on les rassasier de pains, ici, dans un lieu désert ? »
Jésus leur demanda : « Combien avez-vous de pains ? »
« Sept », répondirent-ils.
Alors il fit asseoir la foule par terre, prit les sept pains, et, après avoir rendu grâces, il les rompit, et les donna à ses disciples pour les distribuer ; et ils les distribuèrent à la foule.
Ils avaient encore quelques petits poissons, et Jésus, ayant rendu grâces, les fit aussi distribuer.
Ils mangèrent et furent rassasiés, et l'on emporta sept corbeilles pleines des morceaux qui restaient.
Ils étaient environ quatre mille. Ensuite Jésus les renvoya.

Quand ils furent seuls, les disciples demandèrent à Jésus ceci :
« As-tu voulu nous envoyer un signe particulier ?
L'autre jour, ils étaient cinq mille hommes et nous les avons nourris avec cinq pains et deux poissons.
Aujourd'hui, il n'étaient que quatre mille et ils furent rassasiés avec sept pains et plusieurs petits poissons.
Est-ce que cela signifie que ces quatre mille valent mieux que les cinq mille de la dernière fois ?
Ou bien est-ce que cela signifie que le jour approche ?
Ou encore est-ce que cela témoigne d'un mystère que nous n'avons pas compris ? »
Jésus répondit : « Quand comprendrez-vous enfin ? Tous les jours vous me voyez avec vous, manger avec vous et dormir comme vous ou veiller comme vous. Tous les jours, vous me voyez fatigué par la marche et par les sermons et vous craignez parfois que la foule me presse et m'étouffe. Pourquoi pensez-vous donc encore qu'il faille ajouter du mystère au mystère ? Ces autres mille ont eu sept pains parce que nous avions sept pains et les cinq mille ont eu cinq pains pare que nous avions cinq pains. Et toute autre interprétation est vaine. »


40
8-2
10 mai
Aussitôt il monta dans la barque avec ses disciples, et se rendit dans la contrée de Dalmanutha.
Les pharisiens survinrent, se mirent à discuter avec Jésus, et, pour l'éprouver, lui demandèrent un signe venant du ciel.
Jésus, soupirant profondément en son esprit, dit : « Pourquoi cette génération demande-t-elle un signe ? Je vous le dis en vérité, il ne sera point donné de signe à cette génération. »
Puis il les quitta, et remonta dans la barque, pour passer sur l'autre bord.
Les disciples avaient oublié de prendre des pains ; ils n'en avaient qu'un seul avec eux dans la barque.
Jésus leur fit cette recommandation : « Gardez-vous avec soin du levain des pharisiens et du levain d'Hérode. »
Les disciples raisonnaient entre eux, et disaient : « C'est parce que nous n'avons pas de pains. »
Jésus, l'ayant connu, leur dit : « Pourquoi raisonnez-vous sur ce que vous n'avez pas de pains ? Êtes-vous encore sans intelligence, et ne comprenez-vous pas ?
Avez-vous le cœur endurci ? Ayant des yeux, ne voyez-vous pas ? Ayant des oreilles, n'entendez-vous pas ? Et n'avez-vous point de mémoire ?
Quand j'ai rompu les cinq pains pour les cinq mille hommes, combien de paniers pleins de morceaux avez-vous emportés ? » «  Douze », lui répondirent-ils.
« Et quand j'ai rompu les sept pains pour les quatre mille hommes, combien de corbeilles pleines de morceaux avez-vous emportées ? » « Sept », répondirent-ils.
Et il leur dit : « Ne comprenez-vous pas encore ? »

Et les disciples ne comprenaient toujours pas.
Alors Jésus leur dit : « Quand vous étiez enfants, n'avez-vous pas chanté pour la fête de Pâques la comptine des nombres ?
Et ne vous a-t-elle pas appris que les nombres ont un sens.
Et si nous avons emporté douze paniers plein, combien étaient les tribus d'Israël ?
Et notre Seigneur ne s'est-il pas reposé le septième jour ?
Mais, là n'est plus le sens de ces nombres, car ce sont les pharisiens qui leur donnent ce sens.
Vous êtes douze avec moi et demain après la fête de la Pâque, nous serons douze encore.
Vous vous souciez que vous n'avez pas de pain pour douze et vous avez nourri cinq mille et quatre mille hommes avec douze pains.
Et leur ayant donné le pain, vous avez emporté douze corbeilles et sept corbeilles.
Vous n'allez pas passer la nuit à chercher la signification de nombres,
quand vous pourriez rendre grâces et célébrer le mystère de la vie.
Car, je vous le dis, le pain que je leur ai donné n'est pas fait du levain des pharisiens ni du levain d'Hérode ;
c'est le pain de la vie éternelle.
Aurions-nous rassemblé quarante mille hommes et encore davantage que vous auriez emporté le même nombre de corbeilles.
Ne vous souciez donc pas de ce que vous n'avez pas de pain.
Ne comprenez-vous pas que vous aurez des siècles pour fabriquer du pain en souvenir de moi. »

41
8-3
11 mai
Ils se rendirent à Bethsaïda ; et on amena vers Jésus un aveugle, qu'on le pria de toucher.
Il prit l'aveugle par la main, et le conduisit hors du village ; puis il lui mit de la salive sur les yeux, lui imposa les mains, et lui demanda s'il voyait quelque chose.
Il regarda, et dit : « J'aperçois les hommes, mais j'en vois comme des arbres, et qui marchent. »
Jésus lui mit de nouveau les mains sur les yeux ; et, quand l'aveugle regarda fixement, il fut guéri, et vit tout distinctement.
Alors Jésus le renvoya dans sa maison, en disant : « N'entre pas au village. »
Jésus s'en alla, avec ses disciples, dans les villages de Césarée de Philippe, et il leur posa en chemin cette question : « Qui dit-on que je suis ? »
Ils répondirent : « Jean Baptiste » ; les autres, « Élie », les autres, « l'un des prophètes ».
« Et vous, leur demanda-t-il, qui dites-vous que je suis ? » Pierre lui répondit : « Tu es le Christ. »
Jésus leur recommanda sévèrement de ne dire cela de lui à personne.

Plus tard, seul à seul avec Jésus, Pierre l'interrogea sur la guérison de l'aveugle.
Il lui dit : « Pourquoi l'aveugle de Bethsaïda n'a-t-il pas vu dès que tu l'as touché ? »
Jésus répondit : « Ne connais-tu pas de remède qu'il faut prendre plusieurs fois pour guérir ?
Tu m'as déjà interrogé pour le muet dont j'avais touché la langue avec ma salive et aujourd'hui tu m'interroges sur la salive que j'ai déposée sur les yeux de l'aveugle. »
Mais Pierre continua : « Est-ce que la force de l'Esprit ne pouvait pas le guérir dès la première fois ? »
Jésus lui dit alors : « Quand comprendras-tu ? Et quand croiras-tu ? L'aveugle a vu dès la première fois mais n'a pas cru. Il est ainsi comme beaucoup d'hommes qui peuvent voir et qui ne voient pas, qui peuvent comprendre et ne comprennent pas, qui peuvent croire en ne croient pas. Ceux-là, il faut deux fois ou davantage revenir vers eux pour qu'ils guérissent, car ils doivent aussi y consentir. »
Pierre posa une dernière question : « Pourquoi l'avoir conduit hors du village et lui avoir interdit ensuite d'y retourner ? »
Jésus lui dit alors : « Ne vous ai-je point dit que nul ne connaissait le jour ni l'heure, mais moi, je connais le jour et je connais l'heure. Et ce jour n'est pas venu de révéler qui je suis. »


42
8-4
12 mai
Alors il commença à leur apprendre qu'il fallait que le Fils de l'homme souffrît beaucoup, qu'il fût rejeté par les anciens, par les principaux sacrificateurs et par les scribes, qu'il fût mis à mort, et qu'il ressuscitât trois jours après.
Il leur disait ces choses ouvertement. Et Pierre, l'ayant pris à part, se mit à le reprendre.
Mais Jésus, se retournant et regardant ses disciples, réprimanda Pierre, et dit : « Arrière de moi, Satan ! car tu ne conçois pas les choses de Dieu, tu n'as que des pensées humaines. »
Puis, ayant appelé la foule avec ses disciples, il leur dit : « Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge de sa croix, et qu'il me suive.
Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de la bonne nouvelle la sauvera.
Et que sert-il à un homme de gagner tout le monde, s'il perd son âme ?
Que donnerait un homme en échange de son âme ?
Car quiconque aura honte de moi et de mes paroles au milieu de cette génération adultère et pécheresse, le Fils de l'homme aura aussi honte de lui, quand il viendra dans la gloire de son Père, avec les saints anges. »

Jésus préparait ainsi la foule qui le suivait et aussi les disciples à la consommation du mystère.
Une femme dont Jésus avait guéri la fille sortit de la foule et lui dit : « Seigneur, nous ne te laisserons pas mettre à mort, nous intercèderons en ta faveur après des sacrificateurs et des scribes, car tu nous as guéris et tu as guéri nos enfants et nous avons besoin de toi pour l'éternité. »
Jésus la regarda avec pitié et lui dit : « Femme, je comprends ta détresse et ta peur et tu voudrais que je demeure pour veiller encore sur toi et sur ta fille.
Mais, c'est ta foi qui t'as sauvée et qui a sauvé ta fille et c'est ta foi que tu dois garder toujours auprès de toi et auprès de fille. Car seule la foi dans le Seigneur peut être frappée d'éternité.
Quant à moi, je suis là avec vous aujourd'hui et vous pouvez me voir et me toucher et vous pouvez surtout entendre de vos oreilles la bonne nouvelle qui est que vous êtes aimés.
Ne laisseras-tu point un jour cette fille que tu chéris quitter ta maison pour rejoindre la maison de son époux ?
Et cesseras-tu alors de l'aimer et de la chérir ?
Et quand elle sera chez l'époux, cessera-t-elle pour autant d'exister pour toi et d'exister vraiment ?
Alors je te le dis et je le dis à tous, je serai pour toujours avec vous, même quand vous ne me verrez plus et que vous ne pourrez plus toucher mon manteau. »


43
9-1
13 mai
Il leur dit encore : « Je vous le dis en vérité, quelques-uns de ceux qui sont ici ne mourront point, qu'ils n'aient vu le royaume de Dieu venir avec puissance. »
Six jours après, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean, et il les conduisit seuls à l'écart sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux ;
ses vêtements devinrent resplendissants, et d'une telle blancheur qu'il n'est pas de foulon sur la terre qui puisse blanchir ainsi.
Élie et Moïse leur apparurent, s'entretenant avec Jésus.
Pierre, prenant la parole, dit à Jésus : « Rabbi, il est bon que nous soyons ici ; dressons trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. »
Car il ne savait que dire, l'effroi les ayant saisis.
Une nuée vint les couvrir, et de la nuée sortit une voix : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le ! »
Aussitôt les disciples regardèrent tout autour, et ils ne virent que Jésus seul avec eux.
Comme ils descendaient de la montagne, Jésus leur recommanda de ne dire à personne ce qu'ils avaient vu, jusqu'à ce que le Fils de l'homme fût ressuscité des morts.
Ils retinrent cette parole, se demandant entre eux ce que c'est que ressusciter des morts.

Pierre, Jacques et Jean demeuraient troublés d'avoir vu Jésus transfiguré. Ils ne comprenaient pas pourquoi Jésus les avait choisis tous les trois et craignaient pour leur vie.
Ils pensaient aussi au dialogue entre Élie, Moïse et Jésus et se demandaient s'il s'agissait là de la Sainte Trinité que Jésus avait parfois évoquée devant eux.
Ils allèrent voir Jésus en particulier et lui dirent : « Nous avons vu ce que nous avons vu et nous avons entendu ce que nous avons entendu et tu nous a demandé de ne point en parler jusqu'à ce que le Fils de l'homme soit ressuscité des morts. »
Jésus acquiesça, les laissant poursuivre.
Les trois disciples continuèrent : « Pourquoi nous Seigneur ? »
Jésus leur répondit : « Vous ne vous posez pas la bonne question et vous ne me posez donc pas la bonne question. Il ne s'agit pas de connaître les raisons pour lesquelles je vous ai choisis. Demandez-vous au contraire quelles sont les raisons pour lesquelles je ne vous aurais pas choisis, et vous n'en trouverez pas. 
Il en sera ainsi pour les siècles des siècles. Certains seront choisis pour vivre en amitié avec le Seigneur et ils vivront en amitié avec le Seigneur, hommes et femmes.
Ils auront été choisis.
« Pourquoi pas eux ? », voici la bonne question.


44
9-2
14 mai
Les disciples lui firent cette question : « Pourquoi les scribes disent-ils qu'il faut qu'Élie vienne premièrement ? »
Il leur répondit : « Élie viendra premièrement, et rétablira toutes choses. »
Et pourquoi est-il écrit du Fils de l'homme qu'il doit souffrir beaucoup et être méprisé ?
Mais je vous dis qu'Élie est venu, et qu'ils l'ont traité comme ils ont voulu, selon qu'il est écrit de lui. »
Lorsqu'ils furent arrivés près des disciples, ils virent autour d'eux une grande foule, et des scribes qui discutaient avec eux.
Dès que la foule vit Jésus, elle fut surprise, et accourut pour le saluer.
Il leur demanda : « Sur quoi discutez-vous avec eux ? »
Et un homme de la foule lui répondit : « Maître, j'ai amené auprès de toi mon fils, qui est possédé d'un esprit muet.
En quelque lieu qu'il le saisisse, il le jette par terre ; l'enfant écume, grince des dents, et devient tout raide. J'ai prié tes disciples de chasser l'esprit, et ils n'ont pas pu. »
« Race incrédule, leur dit Jésus, jusques à quand serai-je avec vous ? jusques à quand vous supporterai-je ? Amenez-le-moi. »
On le lui amena. Et aussitôt que l'enfant vit Jésus, l'esprit l'agita avec violence ; il tomba par terre, et se roulait en écumant.

La foule regardait l'enfant, puis regardaient Jésus, et regardaient encore l'enfant et regardaient encore Jésus.
Et les disciples faisaient de même.
Jésus dit aux disciples : « Pourquoi me regardez-vous ainsi comme on regarde un bateleur en se demandant s'il va pouvoir ou non accomplir une prouesse ?
Croyez-vous que j'accomplis des tours qui seraient d'une difficulté  plus ou moins grande pour amuser le peuple ?
Et croyez-vous vraiment que vous n'avez pas réussi à chasser l'esprit mauvais de cet enfant parce que vous manquez d'expérience ?
Si vous croyez cela, c'est que vous n'avez pas compris par quelle puissance les malades guérissent et les esprits mauvais sont chassés. »
Les disciples baissèrent la tête et la foule murmurait que Jésus ne parviendrait pas à chasser l'esprit de l'enfant.
Le père de l'enfant s'était agenouillé et regardait le ciel et les disciples s'agenouillèrent aussi.


45
9-3
15 mai
Jésus demanda au père : « Combien y a-t-il de temps que cela lui arrive ? »
« Depuis son enfance, répondit-il. Et souvent l'esprit l'a jeté dans le feu et dans l'eau pour le faire périr. Mais, si tu peux quelque chose, viens à notre secours, aie compassion de nous. »
Jésus lui dit : « Si tu peux ! ... Tout est possible à celui qui croit. »
Aussitôt le père de l'enfant s'écria : « Je crois ! viens au secours de mon incrédulité ! »
Jésus, voyant accourir la foule, menaça l'esprit impur, et lui dit : « Esprit muet et sourd, je te l'ordonne, sors de cet enfant, et n'y rentre plus. »
Et il sortit, en poussant des cris, et en l'agitant avec une grande violence. L'enfant devint comme mort, de sorte que plusieurs disaient qu'il était mort.
Mais Jésus, l'ayant pris par la main, le fit lever. Et il se tint debout.
Quand Jésus fut entré dans la maison, ses disciples lui demandèrent en particulier : « Pourquoi n'avons-nous pu chasser cet esprit ? »
Il leur dit : « Cette espèce-là ne peut sortir que par la prière. »

Les disciples répondirent : « Alors, si nous n'avons pas réussi à chasser l'esprit muet, c'est que nous ne savons pas prier ? Mais alors, à qui adresser notre prière ? »
Jésus répondit : « La prière n'est pas de l'ordre du savoir mais de celui du cœur.
Regardez celui-là qui a lu et appris toutes les Écritures et qui sait les réciter.
Il marmonne tout le jour et toute la nuit en croyant prier, mais il ne fait que s'occuper l'esprit.
La prière n'a pas besoin de mot, mais si vous avez besoin de mots pour prier, utilisez des mots.
La prière n'a pas besoin de gestes, mais si vous avez besoin de gestes pour prier, utilisez des gestes.
Demandez simplement, de tout votre être, que votre prière soit reçue et elle sera reçue. »
Mais, les disciples dirent encore : « Nous avons fait cela, et l'esprit n'est pas sorti. »
Jésus leur dit alors : « Vous pensez que c'est ma prière qui a fait sortir l'esprit mauvais ? Quand l'enfant m'a vu, l'esprit muet a pris peur et a précipité l'enfant. Mais, la prière qui a fait sortir cet esprit est celle du père de l'enfant. Je suis seulement allé, comme il me l'a demandé, au secours de son incrédulité. »
Alors les disciples en tirèrent une leçon et dirent à Jésus qu'ils avaient compris.
Jésus leur dit alors : « Vous ne comprenez pas cela davantage que vous pouvez comprendre ce qui fait battre votre cœur. »


46
9-4
16 mai
Ils partirent de là, et traversèrent la Galilée. Jésus ne voulait pas qu'on le sût.
Car il enseignait ses disciples, et il leur dit : « Le Fils de l'homme sera livré entre les mains des hommes ; ils le feront mourir, et, trois jours après qu'il aura été mis à mort, il ressuscitera. »
Mais les disciples ne comprenaient pas cette parole, et ils craignaient de l'interroger.
Ils arrivèrent à Capharnaüm. Lorsqu'il fut dans la maison, Jésus leur demanda : « De quoi discutiez-vous en chemin ? »
Mais ils gardèrent le silence, car en chemin ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand.
Alors il s'assit, appela les douze, et leur dit : « Si quelqu'un veut être le premier, il sera le dernier de tous et le serviteur de tous. »
Et il prit un petit enfant, le plaça au milieu d'eux, et l'ayant pris dans ses bras, il leur dit :
« Quiconque reçoit en mon nom un de ces petits enfants me reçoit moi-même ; et quiconque me reçoit, reçoit non pas moi, mais celui qui m'a envoyé. »

Le soir les disciples parlèrent ensemble et allèrent voir Jésus. Ils lui dirent : « Nous comprenons qu'il ne faut pas vouloir être le premier et que chacun est l'égal de chacun. Mais, le troupeau a besoin d'un berger comme le peuple a besoin d'un guide. Et ce guide marche en premier. »
Jésus leur dit alors : « Que pensez-vous de ce qui importe le plus au maître du troupeau, le troupeau ou le berger ? Si le berger revient sans son troupeau, pensez-vous qu'il recevra son salaire ?
Ainsi, je vous le dis, le berger ne vaut pas davantage que son troupeau, ni même que chacune de ses brebis. »
Mais, les disciples reprirent : « Mais toi, Jésus, nous marchons avec toi tout le jour et tu nous enseignes de grandes choses et, certainement, tu vaux plus que nous. »
Alors, Jésus répondit : « Si je vaux plus que vous, c'est parce que je souffrirai plus que vous et que ma souffrance pour mon peuple jamais ne cessera pour l'éternité, car ma souffrance vaut le rachat de mon peuple. Pourtant, je vous le dis, quand je serai mis à mort, qui pourra encore prétendre que je vaux plus que vous ? Mais, il y a plus que la souffrance et la mort, il y a la vie éternelle auprès du Père. »


47
9-5
17 mai
Jean lui dit : « Maître, nous avons vu un homme qui chasse des démons en ton nom ; et nous l'en avons empêché, parce qu'il ne nous suit pas. »
« Ne l'en empêchez pas, répondit Jésus, car il n'est personne qui, faisant un miracle en mon nom, puisse aussitôt après parler mal de moi.
Qui n'est pas contre nous est pour nous.
Et quiconque vous donnera à boire un verre d'eau en mon nom, parce que vous appartenez à Christ, je vous le dis en vérité, il ne perdra point sa récompense. »

Les disciples demandèrent alors à Jésus : « Est-ce que cela signifie que quiconque parlant en ton nom peut accomplir des miracles ? »
Jésus répondit : « Tous ceux qui parleront en mon nom ne feront pas de miracles, car il y en aura qui parleront en mon nom et qui seront dans l'incrédulité, dans le secret de leur cœur.
Mais tous ceux qui feront des miracles le feront en mon nom, et au nom du Père et de l'Esprit saint. »
Jacques demanda à Jésus quelle était la purification pour accomplir des miracles.
« Depuis tous ces jours que tu marches avec moi, tu n'as pas encore compris ? » répondit Jésus.
« La seule purification qui vaille, c'est la foi et c'est elle le feu purificateur et l'eau purificatrice. »


48
9-6
18 mai
« Mais, si quelqu'un scandalisait un de ces petits qui croient, il vaudrait mieux pour lui qu'on lui mît au cou une grosse meule de moulin, et qu'on le jetât dans la mer.
Si ta main est pour toi une occasion de chute, coupe-la ; mieux vaut pour toi entrer manchot dans la vie,
que d'avoir les deux mains et d'aller dans la géhenne, dans le feu qui ne s'éteint point.
Si ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-le ; mieux vaut pour toi entrer boiteux dans la vie,
que d'avoir les deux pieds et d'être jeté dans la géhenne, dans le feu qui ne s'éteint point.
Et si ton œil est pour toi une occasion de chute, arrache-le ; mieux vaut pour toi entrer dans le royaume de Dieu n'ayant qu'un œil, que d'avoir deux yeux et d'être jeté dans la géhenne,
où leur ver ne meurt point, et où le feu ne s'éteint point.
Car tout homme sera salé de feu.
Le sel est une bonne chose ; mais si le sel devient sans saveur, avec quoi l'assaisonnerez-vous ?
Ayez du sel en vous-mêmes, et soyez en paix les uns avec les autres. »

Le soir les disciples discutèrent entre eux sur ce qu'avait dit Jésus, se demandant quelle loi allait établir les châtiments aussi cruels que ceux qu'il avait évoqués.
Jésus, connaissant de quoi ils débattaient, leur dit : « Ne vous ai-je déjà point dit que rien de ce qui entre dans le corps de l'homme peut le souiller  ?
Pensez-vous qu'il n'en va pas de même de la main, du pied et de l'œil ?
A-t-on déjà vu un homme mort frapper un autre cadavre, ou même un homme vivant  ?
A-t-on déjà vu un homme mort chasser à coup de pieds des mendiants rassemblés ?
Et l'œil, enfin, de cet homme mort peut-il encore jalouser les biens de son voisinage  ?
Ainsi, je vous le dis, il n'y a rien de mauvais dans votre main, dans votre pied, ni dans votre œil et gardez-les précieusement, car le Seigneur vous a fait ainsi.
C'est le cœur de l'homme qui conduit la main à commettre le crime, au pied à marcher contre son propre père et à l'œil de désirer ce qui apporte peine et tourment.
Mais ne soyez pas comme cet homme qui, voulant grimper sur un âne et tombant de maladresse met l'âne à mort l'accusant de l'avoir trahi. »


49
10-1
19 mai
Jésus, étant parti de là, se rendit dans le territoire de la Judée au delà du Jourdain. La foule s'assembla de nouveau près de lui, et selon sa coutume, il se mit encore à l'enseigner.
Les pharisiens l'abordèrent ; et, pour l'éprouver, ils lui demandèrent s'il est permis à un homme de répudier sa femme.
Il leur répondit : « Que vous a prescrit Moïse ? »
« Moïse, dirent-ils, a permis d'écrire une lettre de divorce et de répudier. »
Et Jésus leur dit : « C'est à cause de la dureté de votre cœur que Moïse vous a donné ce précepte.
Mais au commencement de la création, Dieu fit l'homme et la femme ;
c'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme,
et les deux deviendront une seule chair. Ainsi ils ne sont plus deux, mais ils sont une seule chair.
Que l'homme donc ne sépare pas ce que Dieu a joint. »
Lorsqu'ils furent dans la maison, les disciples l'interrogèrent encore là-dessus.
Il leur dit : « Celui qui répudie sa femme et qui en épouse une autre, commet un adultère à son égard ;
et si une femme quitte son mari et en épouse un autre, elle commet un adultère. »

Mais les disciples demeuraient dans l'étonnement que Jésus puisse revenir sur les commandements de Moïse.
Jésus leur dit : « N'avez-vous point entendu ce que j'ai dit aux pharisiens ?
Le commandement de Moïse venait avec la dureté du cœur de son peuple.
Il en va ainsi des commandements de Dieu.
Pour le doux, les commandements seront doux.
Et pour le méchant, les commandements seront durs, sinon terribles.
Croyez-vous que le Seigneur ne considère pas sa création ?
Ce qui plaît au Seigneur, ce n'est pas que l'on adore sa parole comme on adorerait le veau d'or, mais qu'on la comprenne et qu'on la vive.
À quoi bon celui qui connaîtra tous les commandements et les gardera par devers lui comme un trésor ?
Il pourra ânonner les écritures toute la journée qu'il ne connaîtra pas le paradis,
car son cœur restera sec et la sécheresse du cœur ne sied pas au Seigneur. »
Jacques lui dit alors : « Faut-il donc choisir parmi les Écritures ? Ne sont-elles pas toutes paroles du Seigneur qui nous sont venues par les Prophètes ? »
Jésus répondit : « Vous ne choisirez pas parmi les Écritures, mais vous n'en ferez pas des idoles. »


50
10-2
20 mai
On lui amena des petits enfants, afin qu'il les touchât. Mais les disciples reprirent ceux qui les amenaient.
Jésus, voyant cela, fut indigné, et leur dit : « Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez pas ; car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent.
Je vous le dis en vérité, quiconque ne recevra pas le royaume de Dieu comme un petit enfant n'y entrera point. »
Puis il les prit dans ses bras, et les bénit, en leur imposant les mains.

Jésus dit à ses disciples : « Pourquoi repoussiez-vous ces enfants ?
Seraient-ils moins que vous parce qu'ils sont plus petits en nombres de jours ?
Et qu'est-ce que le nombre de jours de votre vie en regard de l'amour du Seigneur ?
Et laisserez-vous aussi de côté les femmes parce que ce sont des femmes ?
Or, ne voyez-vous pas que parmi ceux qui me suivent, ce sont les femmes qui, le plus tôt sont en prière et jusque tard le soir ?
Et repousserez-vous aussi les vieillards parce que ce sont des vieillards ?
En vérité, je vous le dis, le Seigneur ne choisit pas sa création selon la durée de sa vie. »


51
10-3
21 mai
Comme Jésus se mettait en chemin, un homme accourut, et se jetant à genoux devant lui : « Bon maître, lui demanda-t-il, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle ? »
Jésus lui dit : « Pourquoi m'appelles-tu bon ? Il n'y a de bon que Dieu seul.
Tu connais les commandements : Tu ne commettras point d'adultère ; tu ne tueras point ; tu ne déroberas point ; tu ne diras point de faux témoignage ; tu ne feras tort à personne ; honore ton père et ta mère. »
Il lui répondit : « Maître, j'ai observé toutes ces choses dès ma jeunesse. »
Jésus, l'ayant regardé, l'aima, et lui dit : « Il te manque une chose ; va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis-moi. »
Mais, affligé de cette parole, cet homme s'en alla tout triste ; car il avait de grands biens.
Jésus, regardant autour de lui, dit à ses disciples : « Qu'il sera difficile à ceux qui ont des richesses d'entrer dans le royaume de Dieu ! »

Les disciples demandèrent à Jésus pourquoi il n'avait pas accepté que l'homme riche l'appelât « Bon maître ».
Jésus répondit  : « Peu importe comment on m'appelle et j'aurai plusieurs noms dans les langues de la terre, que chacun en son cœur prononcera de différentes manières.
Peu importe si c'est bien moi que l'on appelle et non mon image.
Je suis venu pour vous aimer, pas pour être aimé.
L'homme riche de ce matin aime adorer. Et c'est pour adorer qu'il veut la vie éternelle. Car, il imagine ainsi qu'il pourra jouir de ses biens pour l'éternité.
Croyez-vous que le Royaume du père est semblable à un village où chacun siège dans sa maison en veillant sur ses biens  ?
D'autres viendront qui diront que le Royaume des cieux est semblable à un jardin aux mille félicités de la chair.
En vérité, je vous le dis, nul ne peut se représenter le Royaume que par la prière. »


52
10-4
22 mai
Les disciples furent étonnés de ce que Jésus parlait ainsi. Et, reprenant, il leur dit : « Mes enfants, qu'il est difficile à ceux qui se confient dans les richesses d'entrer dans le royaume de Dieu !
Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu. »
Les disciples furent encore plus étonnés, et ils se dirent les uns aux autres : « Et qui peut être sauvé ? »
Jésus les regarda, et dit : « Cela est impossible aux hommes, mais non à Dieu : car tout est possible à Dieu. »
Pierre se mit à lui dire : « Voici, nous avons tout quitté, et nous t'avons suivi. »
Jésus répondit : « Je vous le dis en vérité, il n'est personne qui, ayant quitté, à cause de moi et à cause de la bonne nouvelle, sa maison, ou ses frères, ou ses sœurs, ou sa mère, ou son père, ou ses enfants, ou ses terres,
ne reçoive au centuple, présentement dans ce siècle-ci, des maisons, des frères, des sœurs, des mères, des enfants, et des terres, avec des persécutions, et, dans le siècle à venir, la vie éternelle.
Plusieurs des premiers seront les derniers, et plusieurs des derniers seront les premiers. »

Mais les disciples se demandaient encore qui pourrait être sauvé et qui ne le serait pas.
Alors Jésus leur dit : « Ne vous ai-je pas transmis les commandements de Dieu et ne vous ai-je pas dit qu'il ne fallait ni tuer ni juger ?
Le jugement des hommes n'est pas le jugement de Dieu ;
et l'homme qui a commis un crime demeure cependant un homme.
Et tous les hommes sont les enfants du Seigneur.
Ainsi, il n'appartient pas aux hommes de savoir qui sera sauvé et qui ne le sera pas,
mais il appartient aux hommes de prier pour le Salut du monde.
Demandez-vous plutôt ce qui appartient à l'homme et qui n'appartient pas à Dieu mais qui est pour Dieu :
vous ne trouverez que la prière qui est comme la corde fine, toujours prête à se rompre, qui pourtant parvient à tirer le bateau.
Cette prière qui naît parfois dans une bouche misérable, si ténue qu'elle paraît inaudible, c'est pourtant elle qui peut sauver le monde.
C'est pourquoi vous ne jugerez point de qui est digne ou non d'entrer dans le Royaume des cieux.
C'est aussi pourquoi vous ne jugerez point qu'il faut tuer le criminel, car en tuant le criminel, vous retardez peut-être le Salut du monde.
Tout ce qui vous rapproche du Seigneur est bon, mais, tout ce qui vous confondrait avec lui est l'œuvre de Satan. »


53
10-5
23 mai
Ils étaient en chemin pour monter à Jérusalem, et Jésus allait devant eux. Les disciples étaient troublés, et le suivaient avec crainte.
Et Jésus prit de nouveau les douze auprès de lui, et commença à leur dire ce qui devait lui arriver :
« Voici, nous montons à Jérusalem, et le Fils de l'homme sera livré aux principaux sacrificateurs et aux scribes. Ils le condamneront à mort, et ils le livreront aux païens,
qui se moqueront de lui, cracheront sur lui, le battront de verges, et le feront mourir ; et, trois jours après, il ressuscitera. »
Les fils de Zébédée, Jacques et Jean, s'approchèrent de Jésus, et lui dirent : « Maître, nous voudrions que tu fisses pour nous ce que nous te demanderons. »
Il leur dit : « Que voulez-vous que je fasse pour vous ? »
« Accorde-nous, lui dirent-ils, d'être assis l'un à ta droite et l'autre à ta gauche, quand tu seras dans ta gloire. »
Jésus leur répondit : « Vous ne savez ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je dois boire, ou être baptisés du baptême dont je dois être baptisé ? »
« Nous le pouvons, dirent-ils. »
Et Jésus leur répondit : « Il est vrai que vous boirez la coupe que je dois boire, et que vous serez baptisés du baptême dont je dois être baptisé ;
mais pour ce qui est d'être assis à ma droite ou à ma gauche, cela ne dépend pas de moi, et ne sera donné qu'à ceux à qui cela est réservé. »

Jacques et Jean répondirent alors : « Mais alors, Maître, il n'y a donc aucune récompense à te suivre ? »
Jésus leur dit : « Celui qui fait ce qu'il fait pour obtenir une récompense se trompe et n'aura rien, que pleurs et grincements de dents.
Car, je vous le dis, votre récompense, vous l'avez déjà eue, et au centuple et depuis le premier jour et tous les jours depuis.
Il en va ainsi pour tous les hommes et pour les siècles des siècles.
La récompense vous est donnée le premier jour, car c'est la vie qui vous est donnée et la vie est votre récompense.
C'est pourquoi vous devez chérir et protéger la vie, la vôtre comme celle de vos frères et de vos sœurs.
Et c'est aussi pourquoi vous devez prendre garde, jusqu'au dernier jour, de ne pas perdre la vie pour gagner la vie éternelle. »
Jacques et Jean dirent encore : « Mais alors, nous qui sommes tes disciples, et les douze ensemble et ceux de la première heure n'auront pas une place particulière à tes côtés ? »
« Que voulez-vous davantage que vous n'avez déjà eu, dit Jésus, et dans les siècles à venir, nombreux seront ceux qui vous vous envieront et qui pleureront de ne pas être nés assez tôt pour me suivre comme vous m'avez suivi ; et nombreux seront ceux qui chercheront à toucher mon manteau et à entendre la parole.
Ceux-là, en vérité, auront dans le Royaume du Père la même place que vous. »


54
10-6
24 mai
Les dix, ayant entendu cela, commencèrent à s'indigner contre Jacques et Jean.
Jésus les appela, et leur dit : « Vous savez que ceux qu'on regarde comme les chefs des nations les tyrannisent, et que les grands les dominent.
Il n'en est pas de même au milieu de vous. Mais quiconque veut être grand parmi vous, qu'il soit votre serviteur ;
et quiconque veut être le premier parmi vous, qu'il soit l'esclave de tous.
Car le Fils de l'homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie comme la rançon de plusieurs. »

Jésus reprit : « Pensez-vous que le Seigneur pour ses enfants respecte les coutumes des hommes ?
Vous donnez ainsi tout pouvoir à l'aîné de vos frères qui prend la meilleure part de l'héritage des biens de vos pères. Mais le Royaume des cieux n'est pas un héritage.
Vous spoliez vos sœurs et les chassez de la maison et vous les vendez en mariage à des hommes sans leur consentement. Mais le Royaume des cieux est le parfait consentement et vos sœurs et vos femmes y entreront avant vous.
Vous regardez les enfants comme vous regardez de petits chiens et pourtant, ils sont plus proches du Royaume des cieux que vous ne l'êtes. »


55
10-7
25 mai
Ils arrivèrent à Jéricho. Et, lorsque Jésus en sortit, avec ses disciples et une assez grande foule, le fils de Timée, Bartimée, mendiant aveugle, était assis au bord du chemin.
Il entendit que c'était Jésus de Nazareth, et il se mit à crier : « Fils de David, Jésus aie pitié de moi ! »
Plusieurs le reprenaient, pour le faire taire ; mais il criait beaucoup plus fort : « Fils de David, aie pitié de moi ! »
Jésus s'arrêta, et dit : « Appelez-le. » Ils appelèrent l'aveugle, en lui disant : « Prends courage, lève-toi, il t'appelle. »
L'aveugle jeta son manteau, et, se levant d'un bond, vint vers Jésus.
Jésus, prenant la parole, lui dit : « Que veux-tu que je te fasse ? »
« Rabbouni, lui répondit l'aveugle, que je recouvre la vue. »
Et Jésus lui dit : « Va, ta foi t'a sauvé. »
Aussitôt il recouvra la vue, et suivit Jésus dans le chemin.

En marchant, un des disciples, le plus jeune, dit à Jésus : « Tu as redonné la vue à celui-là qui était sur ton chemin et qu'on a laissé s'approcher. Mais qu'en sera-t-il de cet autre qui n'était pas sur ton chemin et qui est resté aveugle ? »
Jésus lui répondit : « Je ne lui ai pas rendu la vue, ni même remis ses péchés. Il a cru et il a vu. Si un autre aveugle croit comme celui-ci, et qu'il n'est pas sur mon chemin, celui-là verra également et mieux encore car, sa foi sera sans limite.
Car, en vérité je vous le dis, tout homme peut croire et accomplir pour lui même et pour ses frères les plus grands miracles. »
Le disciple reprit : « Mais encore, pourquoi plusieurs reprenaient-ils l'aveugle et voulaient l'empêcher de s'approcher de toi ? »
« Il en est ainsi et il en sera ainsi que certains voudront mettre la bonne nouvelle sous le boisseau et la distribuer à compte-goutte sans souci de la soif du peuple. Les hommes ne peuvent se figurer l'amour du Père pour sa Création et pensent ses bienfaits comme on considère une récolte dont on sait qu'elle ne suffira pas à rassasier le peuple. Mais, je vous le dis, l'amour du Père peut rassasier le peuple et tous les peuples jusqu'à la fin des temps. »


56
11-1
26 mai
Lorsqu'ils approchèrent de Jérusalem, et qu'ils furent près de Bethphagé et de Béthanie, vers la montagne des oliviers, Jésus envoya deux de ses disciples,
en leur disant : « Allez au village qui est devant vous ; dès que vous y serez entrés, vous trouverez un ânon attaché, sur lequel aucun homme ne s'est encore assis ; détachez-le, et amenez-le.
Si quelqu'un vous dit : Pourquoi faites-vous cela ? répondez : Le Seigneur en a besoin. Et à l'instant il le laissera venir ici. »
les disciples, étant allés, trouvèrent l'ânon attaché dehors près d'une porte, au contour du chemin, et ils le détachèrent.
Quelques-uns de ceux qui étaient là leur dirent : « Que faites-vous ? pourquoi détachez-vous cet ânon ? »
Ils répondirent comme Jésus l'avait dit. Et on les laissa aller.
Ils amenèrent à Jésus l'ânon, sur lequel ils jetèrent leurs vêtements, et Jésus s'assit dessus.
Beaucoup de gens étendirent leurs vêtements sur le chemin, et d'autres des branches qu'ils coupèrent dans les champs.
Ceux qui précédaient et ceux qui suivaient Jésus criaient : « Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !
Béni soit le règne qui vient, le règne de David, notre père ! Hosanna dans les lieux très hauts ! »

Jésus leur dit : « voyez cet ânon qui me porte. Ressemblez-lui en tout point.
Admirez sa douceur et sa patience comme son humilité.
D'autres viendront après moi sur des chevaux fougueux.
Ils entreront jusqu'ici et iront prier dans le Temple avec morgue et arrogance.
Il n'y a pas plus éloigné de la prière que la morgue et l'arrogance et le temple les rejettera et leurs prières seront vaines.
Soyez comme cet ânon qui ne rechigne pas à la besogne, qui ne dit pas qu'il est trop jeune ou trop faible pour me porter. »
Les disciples se demandaient s'ils devaient eux aussi chercher des ânons pour continuer leur chemin.
Jésus ayant su leur interrogation leur dit : « Devez-vous toujours ne pas comprendre ? Et si vous ne comprenez pas, qui me suivez depuis si longtemps, qui comprendra après vous ?
Je suis la bonne nouvelle, je suis la paix qui vous donne la paix. La parole de Dieu n'est pas une parole de foudre et de ténèbres, mais une parole de lumière et de joie. C'est pourquoi pour porter cette parole aux nations, vous devez être doux et humbles comme l'ânon.
L'agneau est bon pour le sacrifice, mais l'ânon est bon pour le chemin de la foi.
Ainsi, je vous le dis, il n'y aura pas animal qui dans les siècles des siècles soit plus aimé et respecté que l'ânon qui m'a porté aujourd'hui. »


57
11-2
27 mai
Jésus entra à Jérusalem, dans le temple. Quand il eut tout considéré, comme il était déjà tard, il s'en alla à Béthanie avec les douze.
Le lendemain, après qu'ils furent sortis de Béthanie, Jésus eut faim.
Apercevant de loin un figuier qui avait des feuilles, il alla voir s'il y trouverait quelque chose ; et, s'en étant approché, il ne trouva que des feuilles, car ce n'était pas la saison des figues.
Prenant alors la parole, il lui dit : « Que jamais personne ne mange de ton fruit ! » Et ses disciples l'entendirent.
Ils arrivèrent à Jérusalem, et Jésus entra dans le temple. Il se mit à chasser ceux qui vendaient et qui achetaient dans le temple ; il renversa les tables des changeurs, et les sièges des vendeurs de pigeons ;
et il ne laissait personne transporter aucun objet à travers le temple.
Et il enseignait et disait : « N'est-il pas écrit : Ma maison sera appelée une maison de prière pour toutes les nations ? Mais vous, vous en avez fait une caverne de voleurs. »
Les principaux sacrificateurs et les scribes, l'ayant entendu, cherchèrent les moyens de le faire périr ; car ils le craignaient, parce que toute la foule était frappée de sa doctrine.

Les disciples interrogèrent Jésus et lui dirent : « Le figuier était au bord du chemin et ce n'était pas saison des figues ; il n'en avait donc pas sur ses branches et pourtant tu l'as maudit.
Les changeurs et les vendeurs de pigeon étaient calmement installés dans le temple et avaient acheté leur charge et certains avaient hérité cette charge de leur père ou encore leur père les avait envoyés vendre des pigeons ou bien changer de l'argent et tu nous as dit qu'il fallait honorer ses parents et leur obéir. Et pourtant tu les as chassés et tu as renversé leurs étals. Que diront-ils ce soir chez eux ? »
Jésus répondit : « Si demain vous voyez le figuier qui aura séché vous penserez qu'il a séché parce que je l'ai maudit, car vous aimez la magie plus que Dieu. Or, le figuier aura séché parce qu'il aura séché et vous ne savez pas comment ni pourquoi et vous ne le saurez pas. Ainsi, ne croyez pas que vous avez une action sur ceci ou sur cela, sur celui-ci ou sur celui-là et ne cherchez pas à savoir si vos vœux sont exaucés, mais continuez à prier.
Quant aux changeurs et aux vendeurs de pigeons, pensez-vous que je les tienne en inimitié ? Mais, pensez-vous qu'ils seraient partis de leur propre chef si je le leur avais demandé ? Ainsi, quand vous êtes témoin d'un scandale, faites-le cesser pour rétablir le Seigneur dans sa gloire. »


58
11-3
28 mai
Quand le soir fut venu, Jésus sortit de la ville.
Le matin, en passant, les disciples virent le figuier séché jusqu'aux racines.
Pierre, se rappelant ce qui s'était passé, dit à Jésus : « Rabbi, regarde, le figuier que tu as maudit a séché. »
Jésus prit la parole, et leur dit : « Ayez foi en Dieu.
Je vous le dis en vérité, si quelqu'un dit à cette montagne : Ôte-toi de là et jette-toi dans la mer, et s'il ne doute point en son cœur, mais croit que ce qu'il dit arrive, il le verra s'accomplir.
C'est pourquoi je vous dis : Tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous l'avez reçu, et vous le verrez s'accomplir.
Et, lorsque vous êtes debout faisant votre prière, si vous avez quelque chose contre quelqu'un, pardonnez, afin que votre Père qui est dans les cieux vous pardonne aussi vos offenses.
Mais si vous ne pardonnez pas, votre Père qui est dans les cieux ne vous pardonnera pas non plus vos offenses. »

Pierre reprit : « Nous comprenons le commandement et nous prions tout le jour pour que nous soyons rétablis dans notre foi, mais nous ne comprenons pas pourquoi tu as maudit le figuier qui ne portait pas de fruit alors que ce n'était pas la saison des figues. »
Jésus regarda les disciples et leur dit : « Vous ne comprenez pas, car, vous êtes emportés par votre imagination. Vous voyez un arbre et vous pensez que dans la parabole, il s'agit d'un homme.
Vous voyez un arbre sans figue et vous pensez que c'est un homme stérile ou un homme de peu de foi.
Vous voyez un arbre mort et vous pensez qu'il a été maudit.
Mais, en vérité, je vous le dis, cet arbre est un arbre. Il ne sera et n'a jamais été un homme.
De cet arbre, que pouvez-vous dire ? Il n'avait pas de fruit et il a séché sur pied.
M'avez-vous entendu le maudire ?
J'ai dit que personne ne mangerait de son fruit, non pour le maudire, mais bien parce que j'ai vu qu'il était sec. Devais-je sauver le figuier quand son bois mort est utile pour allumer le feu ? »


59
11-4
29 mai
Ils se rendirent de nouveau à Jérusalem, et, pendant que Jésus se promenait dans le temple, les principaux sacrificateurs, les scribes et les anciens, vinrent à lui,
et lui dirent : « Par quelle autorité fais-tu ces choses, et qui t'a donné l'autorité de les faire ? »
Jésus leur répondit : « Je vous adresserai aussi une question ; répondez-moi, et je vous dirai par quelle autorité je fais ces choses.
Le baptême de Jean venait-il du ciel, ou des hommes ? Répondez-moi. »
Mais ils raisonnèrent ainsi entre eux : « Si nous répondons : Du ciel, il dira : Pourquoi donc n'avez-vous pas cru en lui ? Et si nous répondons : Des hommes... »
Ils craignaient le peuple, car tous tenaient réellement Jean pour un prophète.
Alors ils répondirent à Jésus : « Nous ne savons. »
Et Jésus leur dit : « Moi non plus, je ne vous dirai pas par quelle autorité je fais ces choses. »

Quand les sacrificateurs, les scribes et les anciens se furent éloignés, les disciples posèrent à Jésus la même question.
Jésus leur dit : « Quand on vous pose la question pour savoir qui je suis, que dites-vous de moi ? »
Pierre répondit  : « Nous disons que tu es le Fils de homme  »
Jésus reprit : « Et que dites-vous de Jean et de son baptême ? »
Jacques répondit : « Nous disons que Jean est Élie, et qu'il a accueilli le Fils de l'homme par le baptême. »
Jésus leur demanda alors : « Ainsi, d'où venait selon vous le baptême de Jean : de Dieu ou des hommes ? »
Un disciple, le plus jeune, répondit : « Il provenait de l'amour de Dieu pour les hommes. »
Alors Jésus, le regardant avec amitié, lui dit : « Que ce que tu as dit soit. »


60
12-1
30 mai
Jésus se mit ensuite à leur parler en paraboles : « Un homme planta une vigne. Il l'entoura d'une haie, creusa un pressoir, et bâtit une tour ; puis il l'afferma à des vignerons, et quitta le pays.
Au temps de la récolte, il envoya un serviteur vers les vignerons, pour recevoir d'eux une part du produit de la vigne.
S'étant saisis de lui, ils le battirent, et le renvoyèrent à vide.
Il envoya de nouveau vers eux un autre serviteur ; ils le frappèrent à la tête, et l'outragèrent.
Il en envoya un troisième, qu'ils tuèrent ; puis plusieurs autres, qu'ils battirent ou tuèrent.
Il avait encore un fils bien-aimé ; il l'envoya vers eux le dernier, en disant : Ils auront du respect pour mon fils.
Mais ces vignerons dirent entre eux : Voici l'héritier ; venez, tuons-le, et l'héritage sera à nous.
Et ils se saisirent de lui, le tuèrent, et le jetèrent hors de la vigne.
Maintenant, que fera le maître de la vigne ? Il viendra, fera périr les vignerons, et il donnera la vigne à d'autres.
N'avez-vous pas lu cette parole de l'Écriture :
La pierre qu'ont rejetée ceux qui bâtissaient
est devenue la principale de l'angle ;
C'est par la volonté du Seigneur qu'elle l'est devenue,
et c'est un prodige à nos yeux ? »

Pierre dit à Jésus : « Nous avons compris. Le maître de la vigne, c'est le Seigneur Dieu et les serviteurs qu'il envoie pour recevoir une part du produit de la vigne, ce sont les prophètes.
N'ont-ils pas tué Isaïe en le sciant en deux qui a annoncé que viendra celui qui sera un arbitre entre les nations et le précepteur de peuples nombreux.
Et Jérémie n'a-t-il pas été persécuté et menacé de mort ?
Jean le Baptiste a été décapité et sa tête a été offerte en offrande au milieu des agapes.
Mais si tu es le fils du Seigneur, alors, ils te tueront aussi et le Seigneur détruira le temple et le peuple et il n'y aura plus que des pleurs et des grincements de dents.
Mais, dis-nous quelle est la part du produit de la vigne que le maître attendait ? Car, que peut attendre de ses serviteurs celui qui est tout puissant et qui possède la création entière ? »
Jésus répondit : « Regardez autour de vous. Admirez les œuvres du Seigneur qui pourvoit à vos besoins. Le Seigneur attend de vous la louange pour les grâces que vous recevez et aussi que vous célébriez Sa gloire pour les siècles des siècles.
Il n'attend de vous ni la peine, ni le désespoir, car, qui peut se désespérer quand lui sont données de telles grâces ? »
Mais les disciples pensaient à la douleur, à la maladie et à la peine, entendant les pleurs du deuil et de la malédiction.
Jésus leur dit alors : « Pensez-vous que le jour se souvient de la nuit ? »


61
12-2
31 mai
Ils cherchaient à se saisir de lui, mais ils craignaient la foule. Ils avaient compris que c'était pour eux que Jésus avait dit cette parabole. Et ils le quittèrent, et s'en allèrent.
Ils envoyèrent auprès de Jésus quelques-uns des pharisiens et des hérodiens, afin de le surprendre par ses propres paroles.
Et ils vinrent lui dire : « Maître, nous savons que tu es vrai, et que tu ne t'inquiètes de personne ; car tu ne regardes pas à l'apparence des hommes, et tu enseignes la voie de Dieu selon la vérité. Est-il permis, ou non, de payer le tribut à César ? Devons-nous payer, ou ne pas payer ? »
Jésus, connaissant leur hypocrisie, leur répondit : « Pourquoi me tentez-vous ? Apportez-moi un denier, afin que je le voie. »
Ils en apportèrent un et Jésus leur demanda : « De qui sont cette effigie et cette inscription ? »
« De César, lui répondirent-ils. »
Alors il leur dit : « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »
Et ils furent à son égard dans l'étonnement.

Les disciples dirent à Jésus : « tu as montré aux pharisiens et aux hérodiens le tribut qu'il fallait payer à César et qui lui appartenait. Mais, dis-nous ce qu'il faut que nous rendions à Dieu et quels sacrifices nous devons accomplir pour lui plaire. »
Jésus les regarda un à un et leur dit : « Il n'y a pas d'échange possible avec Dieu.
Ce que vous donnez à Dieu, donnez-le sans espoir de retour.
Ceux qui sacrifient en croyant plaire à Dieu ne plaisent qu'aux hommes.
Et ceux qui font des offrandes en pensant plaire à Dieu et en espérant s'attirer ses bonnes grâces ne plaisent qu'à eux-mêmes.
Cependant, si vos offrandes renforcent votre prière et votre foi, alors accomplissez vos offrandes, mais sachez que Dieu préfèrera toujours votre prière à vos offrandes.
Mais si vos offrandes vous sont sources de satisfaction, alors oubliez vos offrandes et reprenez votre prière.
Car, celui qui, dès qu'il est sorti du temple, pensant plaire à Dieu grâce à ses offrandes, passe sans le voir à côté du mendiant, alors celui-là ne plaît qu'aux scribes, aux prêtres et aux sacrificateurs, mais Dieu n'a rien à faire de ces offrandes-là. »


62
12-3
1er juin
Les sadducéens, qui disent qu'il n'y a point de résurrection, vinrent auprès de Jésus, et lui firent cette question :
« Maître, voici ce que Moïse nous a prescrit : Si le frère de quelqu'un meurt, et laisse une femme, sans avoir d'enfants, son frère épousera sa veuve, et suscitera une postérité à son frère.
Or, il y avait sept frères. Le premier se maria, et mourut sans laisser de postérité.
Le second prit la veuve pour femme, et mourut sans laisser de postérité. Il en fut de même du troisième,
et aucun des sept ne laissa de postérité. Après eux tous, la femme mourut aussi.
À la résurrection, duquel d'entre eux sera-t-elle la femme ? Car les sept l'ont eue pour femme. »
Jésus leur répondit : « N'êtes-vous pas dans l'erreur, parce que vous ne comprenez ni les Écritures, ni la puissance de Dieu ?
Car, à la résurrection des morts, les hommes ne prendront point de femmes, ni les femmes de maris, mais ils seront comme les anges dans les cieux.
Pour ce qui est de la résurrection des morts, n'avez-vous pas lu, dans le livre de Moïse, ce que Dieu lui dit, à propos du buisson : Je suis le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, et le Dieu de Jacob ?
Dieu n'est pas Dieu des morts, mais des vivants. Vous êtes grandement dans l'erreur. »

Jésus dit encore : « Vous ne comprenez pas ce qu'est la résurrection des morts, parce que vous avez peur de la mort.
Mais la résurrection n'est pas pour vous rassurer et vous retirer la peur de la mort comme on retire une épine du pied d'un enfant.
Et vous pensez alors que vous ressusciterez et que vous recommencerez votre vie d'homme là où elle s'est arrêtée et que vous retrouverez vos parents et les parents de vos parents et tout votre voisinage.
Mais vous êtes grandement dans l'erreur, car telle n'est pas la résurrection.
Et vous ne comprenez pas ce qu'est la résurrection des morts parce que vous avez peur de la vie.
Si vous saviez mieux ce qu'est la vie et si vous en faisiez louange au Seigneur, vous n'auriez pas peur de la mort et vous vous approcheriez de ce qu'est vraiment la résurrection.
Car, je vous le dis, la résurrection est la vie et la vie est la résurrection. Et ce que vous appelez la vie n'est pas encore la vie, mais ce que vous appelez la mort est la mort. »
Les disciples demandèrent à Jésus : « Serons-nous avec toi le jour de la résurrection ? »
Jésus répondit : « Serez-vous avec moi quand je descendrai dans le séjour des morts ? Vous ne le pourrez pas. Êtes-vous avec moi maintenant de toute votre âme ? Vous ne le pouvez pas. Mais le jour de la résurrection, vous serez avec moi parce que je suis la vie et que ressuscités, vous serez aussi la vie. »


63
12-4
2 juin
Un des scribes, qui les avait entendus discuter, sachant que Jésus avait bien répondu aux sadducéens, s'approcha, et lui demanda : « Quel est le premier de tous les commandements ? »
Jésus répondit : «  Voici le premier : Écoute, Israël, le Seigneur, notre Dieu, est l'unique Seigneur ;
et : Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée, et de toute ta force.
Voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n'y a pas d'autre commandement plus grand que ceux-là. »
Le scribe lui dit : «  Bien, maître ; tu as dit avec vérité que Dieu est unique, et qu'il n'y en a point d'autre que lui,
et que l'aimer de tout son cœur, de toute sa pensée, de toute son âme et de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, c'est plus que tous les holocaustes et tous les sacrifices. »
Jésus, voyant qu'il avait répondu avec intelligence, lui dit : « Tu n'es pas loin du royaume de Dieu. » Et personne n'osa plus lui proposer des questions.

Le soir, les disciples délibérèrent pour savoir quel était le commandement le plus important des trois commandements que Jésus avait donnés au scribe.
Jésus, les entendant, leur dit : « Celui qui ne s'aime pas lui-même ne rend pas grâce à la création du Seigneur et ne peut donc aimer le Seigneur.
Celui qui aime le Seigneur mais qui n'aime pas son prochain, ne rend pas non plus grâce à la création du Seigneur, qui a créé son prochain comme lui-même.
Celui qui aime son prochain mais qui ne s'aime pas lui-même trahit son prochain en lui offrant un amour sans en aimer la source.
Et celui qui s'aime lui-même sans aimer son prochain vit dans l'erreur.
Ainsi les trois commandements sont indissociables et seuls plaisent à Dieu ceux qui obéissent tout à la fois aux trois commandements »
Les disciples remercièrent Jésus car ils trouvaient qu'il était aisé de comprendre ces commandements et de les suivre.
Jésus leur dit : « Ne croyez pas cela. Vous n'aurez pas de trop d'une vie entière pour apprendre à suivre ces commandements-là. »


64
12-5
3 juin
Jésus, continuant à enseigner dans le temple, dit : « Comment les scribes disent-ils que le Christ est fils de David ?
David lui-même, animé par l'Esprit-Saint, a dit :
Le Seigneur a dit à mon Seigneur :
Assieds-toi à ma droite,
jusqu'à ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied.
David lui-même l'appelle Seigneur ; comment donc est-il son fils ? »

Et une grande foule l'écoutait avec plaisir.

Et jésus continuait : « Et pourtant, peut-il être Fils de Dieu et Fils de David ?
Ne vous ai-je point dit qu'à Dieu rien n'était impossible ?
On vous a appris que deux faits ne peuvent pas être vrais et faux en même temps.
Ainsi, cette pièce que vous avez dans la main, vous l'avez ou vous ne l'avez pas, mais vous ne pouvez pas en même temps l'avoir et ne l'avoir pas.
Mais il n'en va pas de même dans le Royaume des Cieux.
Recueillez-vous et tentez de comprendre, car, je vous le dis en vérité, le Christ est à la fois Fils de Dieu et Fils de David et ce, pour l'éternité. »
Par ces mots il voulait dire qu'il était vraiment homme et qu'il était vraiment Dieu.

65
12-6
4 juin
Il leur disait dans son enseignement : « Gardez-vous des scribes, qui aiment à se promener en robes longues, et à être salués dans les places publiques ;
qui recherchent les premiers sièges dans les synagogues, et les premières places dans les festins ;
qui dévorent les maisons des veuves, et qui font pour l'apparence de longues prières. Ils seront jugés plus sévèrement. »
Jésus, s'étant assis vis-à-vis du tronc, regardait comment la foule y mettait de l'argent. Plusieurs riches mettaient beaucoup.
Il vint aussi une pauvre veuve, elle y mit deux petites pièces, faisant un quart de sou.
Alors Jésus, ayant appelé ses disciples, leur dit : « Je vous le dis en vérité, cette pauvre veuve a donné plus qu'aucun de ceux qui ont mis dans le tronc ;
car tous ont mis de leur superflu, mais elle a mis de son nécessaire, tout ce qu'elle possédait, tout ce qu'elle avait pour vivre. »

Les disciples ne comprenaient pas et le plus jeune demanda ceci à Jésus : « Pourquoi est-ce bon et bien que cette pauvre veuve qui n'a pas le sou et qui peine à trouver à manger s'appauvrisse encore pour mettre quelques pièces dans un tronc rempli de l'or des riches  ? Ne faudrait-il pas mieux alors ouvrir le tronc pour en sortir l'or des riches et donner sa part à la pauvre veuve ? »
Jésus répondit : « Il le faudrait certainement si l'argent était l'argent des hommes et c'est l'œuvre des hommes de donner aux pauvres et ce don plaît à Dieu. Mais le tronc du temple n'est pas l'argent des hommes. Ne vous ai-je point enseigner d'aimer autrui comme vous-même. Sachez que le Seigneur votre Dieu est le tout autre et que vous devez l'aimer encore davantage. En donnant son argent à Dieu, la pauvre veuve aime le Seigneur plus qu'elle même, comme la mère aime son enfant et c'est comme cela qu'elle gagne son salut. Car, je vous le dis, la force de vos actes réside dans votre cœur et le plus petit mouvement de compassion de votre âme peut valoir davantage pour le Seigneur que tout l'or du temple. »

66
13-1
5 juin
Lorsque Jésus sortit du temple, un de ses disciples lui dit : « Maître, regarde quelles pierres, et quelles constructions ! »
Jésus lui répondit : « Vois-tu ces grandes constructions ? Il ne restera pas pierre sur pierre qui ne soit renversée. »
Il s'assit sur la montagne des oliviers, en face du temple. Et Pierre, Jacques, Jean et André lui firent en particulier cette question :
« Dis-nous, quand cela arrivera-t-il, et à quel signe connaîtra-t-on que toutes ces choses vont s'accomplir ? »
Jésus se mit alors à leur dire : « Prenez garde que personne ne vous séduise.
Car plusieurs viendront sous mon nom, disant ; c'est moi. Et ils séduiront beaucoup de gens.
Quand vous entendrez parler de guerres et de bruits de guerres, ne soyez pas troublés, car il faut que ces choses arrivent. Mais ce ne sera pas encore la fin.
Une nation s'élèvera contre une nation, et un royaume contre un royaume ; il y aura des tremblements de terre en divers lieux, il y aura des famines. Ce ne sera que le commencement des douleurs.
Prenez garde à vous-mêmes. On vous livrera aux tribunaux, et vous serez battus de verges dans les synagogues ; vous comparaîtrez devant des gouverneurs et devant des rois, à cause de moi, pour leur servir de témoignage.
Il faut premièrement que la bonne nouvelle soit prêchée à toutes les nations.
Quand on vous emmènera pour vous livrer, ne vous inquiétez pas d'avance de ce que vous aurez à dire, mais dites ce qui vous sera donné à l'heure même ; car ce n'est pas vous qui parlerez, mais l'Esprit-Saint. »

Les disciples virent alors toutes les choses à venir et virent aussi toutes les choses passées et prirent peur.
Jésus leur dit : « Pourquoi prenez-vous peur ? Pensez-vous que les siècles passés vont surgir pour vous anéantir maintenant alors qu'ils n'ont pas pu jusqu'à présent empêcher que vous soyez au monde ?
Pensez-vous aussi que les siècles à venir vont surgir maintenant pour vous faire souffrir et vous mettre à mort ? Et quand vous saurez que vous serez mis à mort à cause de moi, est-ce que cela changera quelque chose maintenant ?
Laissez le passé au passé et laissez l'avenir à l'avenir.
Ni le passé, ni l'avenir ne vous appartiennent.
L'Esprit-Saint ne connaît ni passé, ni avenir et c'est pourquoi, pour laisser l'Esprit-Saint venir en vous, vous devez abolir le passé et vous devez abolir l'avenir.
Quand vous priez, ne pensez pas au passé et ne pensez pas à l'avenir.
Quand vous priez, laissez venir à vous l'Esprit-Saint qui agit dans et pour l'éternité.
Et ne vous figurez pas la foi comme un mouvement de la volonté.
Vous ne pouvez rien, ni pour la foi, ni contre la foi.
Mais considérez la foi comme ce bloc de pierre et posez-la devant vous pour votre prière.
Parfois, vous parlerez et c'est vous qui parlerez.
Parfois, vous parlerez et c'est l'Esprit-Saint qui parlera.
Et vous apprendrez à reconnaître l'Esprit-Saint et ses œuvres.
Et ne vous désespérez pas, car, là est le plus grand péché.
Pouvez-vous vous désespérer quand le Seigneur, jamais, ne désespère de vous ? »

67

6 juin
« Le frère livrera son frère à la mort, et le père son enfant ; les enfants se soulèveront contre leurs parents, et les feront mourir.
Vous serez haïs de tous, à cause de mon nom, mais celui qui persévérera jusqu'à la fin sera sauvé.
Lorsque vous verrez l'abomination de la désolation établie là où elle ne doit pas être, que celui qui lit fasse attention, alors, que ceux qui seront en Judée fuient dans les montagnes ;
que celui qui sera sur le toit ne descende pas et n'entre pas pour prendre quelque chose dans sa maison ;
et que celui qui sera dans les champs ne retourne pas en arrière pour prendre son manteau.
Malheur aux femmes qui seront enceintes et à celles qui allaiteront en ces jours-là !
Priez pour que ces choses n'arrivent pas en hiver. »

Les disciples dirent à Jésus : « Nous ne comprenons pas. Est-ce là cette bonne nouvelle que nous annonçons tout le jour depuis des jours ?
Est-ce là le message de paix et d'amour que nous prêchons tout le jour depuis des jours ? »
Jésus leur dit alors : « N'avez-vous jamais vu personne tourmenté par l'amour et se tordre les mains et ne pouvoir dormir ?
Pour accueillir l'amour de Dieu en vous-même, il vous faut entrer en guerre contre vous-même, abattre une à une toutes les barrières qui vous empêchent d'accueillir l'amour de Dieu.
Et si votre père vous en empêche, devez-vous écouter votre père ?
Et si votre fils vous en empêche, devez-vous écouter votre fils ?
C'est pourquoi, si vous voulez suivre les commandements, ne laissez personne, serait-ce votre père ou votre fils, vous détourner du chemin de la foi. »

68

7 juin

69

8 juin

70

9 juin

71

10 juin

72
11 juin

73

12 juin

74

13 juin

75

14 juin

76

15 juin

77

16 juin

78

17 juin

79

18 juin

80

19 juin

81

20 juin

82

21 juin

83

22 juin

84

23 juin

85

24 juin

86

25 juin

87

26 juin

88

27 juin

89

28 juin

90

29 juin

91

30 juin