2020 Les évangiles augmentés



L'évangile selon saint Matthieu augmenté par Mathieu Diégèse


1er janvier
Généalogie de Jésus-Christ, fils de David, fils d’Abraham.

Abraham engendra Isaac ; Isaac engendra Jacob ; Jacob engendra Juda et ses frères ;
Juda engendra de Thamar Pharès et Zara ; Pharès engendra Esrom ; Esrom engendra Aram ;
Aram engendra Aminadab ; Aminadab engendra Naasson ; Naasson engendra Salmon ;
Salmon engendra Boaz de Rahab ; Boaz engendra Obed de Ruth ;
Obed engendra Isaï ; Isaï engendra David. Le roi David engendra Salomon de la femme d’Urie ;
Salomon engendra Roboam ; Roboam engendra Abia ; Abia engendra Asa ;
Asa engendra Josaphat ; Josaphat engendra Joram ; Joram engendra Ozias ;
Ozias engendra Joatham ; Joatham engendra Achaz ; Achaz engendra Ézéchias ;
Ézéchias engendra Manassé ; Manassé engendra Amon ; Amon engendra Josias ;
Josias engendra Jéchonias et ses frères, au temps de la déportation à Babylone.
Après la déportation à Babylone, Jéchonias engendra Salathiel ; Salathiel engendra Zorobabel ;
Zorobabel engendra Abiud ; Abiud engendra Éliakim ; Éliakim engendra Azor ;
Azor engendra Sadok ; Sadok engendra Achim ; Achim engendra Éliud ;
Éliud engendra Éléazar ; Éléazar engendra Matthan ; Matthan engendra Jacob ;
Jacob engendra Joseph, l'époux de Marie, de laquelle est né Jésus, qui est appelé Christ.

Il y a donc en tout quatorze générations depuis Abraham jusqu'à David, quatorze générations depuis David jusqu'à la déportation à Babylone, et quatorze générations depuis la déportation à Babylone jusqu'au Christ.

Et pour vous aussi, les générations s'accumulent, que soient oubliés leurs noms ou que ceux-ci soient inscrits au fronton des palais et des tombes.

Ainsi, quand les temps seront venus, tous les noms seront rappelés dans une litanie sans fin, dans une prière.
Ainsi, quand les temps seront venus, aucun nom ne sera plus oublié, depuis le premier jusqu'au dernier.
Et vous devez glorifier toute cette généalogie, car, elle vous fait fille et fils de Dieu.

Et Dieu appellera chacun par son nom, les enfants de Babylone et ceux d'Israël, ceux d'Égypte et de Rome unis dans son amour.

Et Dieu connaîtra chacune et chacun d'entre vous et chacune et chacun de vos ancêtres, comme il a connu et reconnu entre tous son fils Jésus Christ.
Car, Dieu se soucie de chacune et de chacun depuis la création de l'humanité.

Ainsi, à ces lignées qui vous ont fait homme et qui vous ont fait femme, à celles et ceux qui vous ont donné vie, rendez grâce comme vous rendez grâce à vos parents que vous chérissez et donnez place en votre cœur à celles et ceux dont vous ne connaissez pas le nom et dont un peu de sang coule dans vos veines.

En faisant cela, vous rendez grâce à la Création.


2 janvier
Voici de quelle manière arriva la naissance de Jésus-Christ. Marie, sa mère, ayant été fiancée à Joseph, se trouva enceinte, par la vertu du Saint-Esprit, avant qu'ils eussent habité ensemble.
Joseph, son époux, qui était un homme de bien et qui ne voulait pas la diffamer, se proposa de rompre secrètement avec elle.

Comme il y pensait, voici, un ange du Seigneur lui apparut en songe, et dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre avec toi Marie, ta femme, car l'enfant qu'elle a conçu vient du Saint-Esprit ;
elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus ; c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »

Tout cela arriva afin que s'accomplît ce que le Seigneur avait annoncé par le prophète :

« Voici, la vierge sera enceinte, elle enfantera un fils,
et on lui donnera le nom d'Emmanuel,
ce qui signifie Dieu avec nous.  »

Joseph s'étant réveillé fit ce que l'ange du Seigneur lui avait ordonné, et il prit sa femme avec lui.
Mais il ne la connut point jusqu'à ce qu'elle eût enfanté un fils, auquel il donna le nom de Jésus.

Car, ne vous y trompez pas, toutes les mères sont vierges en tant que mère et le sont autant de fois qu'elles enfantent.

Joseph n'a pas connu Marie avant l'enfantement et vous avez connu vos femmes, mais, ne pensez pas pour autant que vous avez engendré. Tout engendrement est l'œuvre de l'Esprit, qui est la vie pour les siècles des siècles.

Et quand vous êtes père, ne pensez pas que cela vous donne aucun droit sur l'enfant, ni même aucun droit sur sa mère, car, en vérité, vous êtes père pour servir la mère et pour servir l'enfant.

Ainsi, je vous le dis, soyez aussi bon et clairvoyant que Joseph et laissez le Saint-Esprit vous apporter conseil, car il vous apprendra que tous les enfants de la Création se nomment « Emmanuel ».


3 janvier
Jésus étant né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode, voici des mages d'Orient arrivèrent à Jérusalem,
et dirent : où est le roi des Juifs qui vient de naître ? car nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus pour l'adorer.
Le roi Hérode, ayant appris cela, fut troublé, et tout Jérusalem avec lui.
Il assembla tous les principaux sacrificateurs et les scribes du peuple, et il s'informa auprès d'eux où devait naître le Christ.
Ils lui dirent : à Bethléem en Judée ; car, voici ce qui a été écrit par le prophète :

« Et toi, Bethléem, terre de Juda,
tu n'es certes pas la moindre entre les principales villes de Juda,
car de toi sortira un chef
qui paîtra Israël, mon peuple. »

Et vous, quand vous chercherez votre chemin ou que vous voudrez avoir confirmation que vous êtes sur le bon chemin, gardez vous d'aborder les puissants, les clercs et les grands-prêtres. Ils pourraient vous détourner de votre route pour servir leurs intérêts.
Pire, ils pourraient vous indiquer la bonne voie, mais en tirer profit à votre détriment.
Au lieu de faire cela, asseyez-vous sur la borne de la croisée des chemins et cherchez en votre cœur purifié de votre fatigue, de votre doute et de votre colère. Sans faillir, votre cœur vous indiquera le meilleur chemin.
Et si le chemin est plus long, s'il est plus ardu et s'il vous semble périlleux, laissez de côté ces vains calculs.
Faites de même si le chemin vous semble trop facile, trop court ou bien encore aller d'évidence.
Mais, une fois arrivés, demandez-vous si la destination était la bonne.
Si, sur la route, vous avez pu aider le vieillard à monter une marche, protéger un faible, accompagner un malade, alors, votre destination était la bonne comme était bon le chemin que vous avez choisi.

Car, peu importe le chemin et la destination si vous cheminez le cœur fermé, pris dans de fausses prédictions et visant un ultime veau d'or.
Car, peu importe le chemin si la destination brûle votre cœur et si vous y perdez votre âme.
Car, la vie n'est pas un chemin et elle n'a pas d'autre destination que l'amour.


4 janvier Alors Hérode fit appeler en secret les mages, et s'enquit soigneusement auprès d'eux depuis combien de temps l'étoile brillait.
Puis il les envoya à Bethléem, en disant : « allez, et prenez des informations exactes sur le petit enfant ; quand vous l'aurez trouvé, faites-le-moi savoir, afin que j'aille aussi moi-même l'adorer. »
Après avoir entendu le roi, ils partirent. Et voici, l'étoile qu'ils avaient vue en Orient marchait devant eux jusqu'à ce qu'étant arrivée au-dessus du lieu où était le petit enfant, elle s'arrêta.
Quand ils aperçurent l'étoile, ils furent saisis d'une très grande joie.
Ils entrèrent dans la maison, virent le petit enfant avec Marie, sa mère, se prosternèrent et l'adorèrent ; ils ouvrirent ensuite leurs trésors, et lui offrirent en présent de l'or, de l'encens et de la myrrhe.
Puis, divinement avertis en songe de ne pas retourner vers Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.
Lorsqu'ils furent partis, voici, un ange du Seigneur apparut en songe à Joseph, et dit : « lève-toi, prends le petit enfant et sa mère, fuis en Égypte, et restes-y jusqu'à ce que je te parle ; car Hérode cherchera le petit enfant pour le faire périr. »
Joseph se leva, prit de nuit le petit enfant et sa mère, et se retira en Égypte.
Il y resta jusqu'à la mort d'Hérode, afin que s'accomplît ce que le Seigneur avait annoncé par le prophète : « j'ai appelé mon fils hors d'Égypte. »
Alors Hérode, voyant qu'il avait été joué par les mages, se mit dans une grande colère, et il envoya tuer tous les enfants de deux ans et au-dessous qui étaient à Bethléem et dans tout son territoire, selon la date dont il s'était soigneusement enquis auprès des mages.
Alors s'accomplit ce qui avait été annoncé par Jérémie, le prophète :
« On a entendu des cris à Rama,
des pleurs et de grandes lamentations :
Rachel pleure ses enfants,
et n'a pas voulu être consolée,
parce qu'ils ne sont plus. »

Et c'est ainsi que le roi Hérode a mis à mort les enfants et pour un enfant sauvé, combien sont morts égorgés ?
Et c'est ainsi que les rois ont depuis lors ordonné la mort des enfants et pour quelques enfants sauvés, combien sont morts étouffés ?
Et c'est ainsi que les rois ordonneront encore la mort d'autres enfants que sans fin Rachel continuera de pleurer et Rachel ne sera jamais consolée.
Et c'est ainsi que les rois ordonnent encore la mort des enfants.

Mais, en vérité, je vous le dis, il vous faudra, engeance de vipères, toute la volonté de la prière pour apaiser la colère de Dieu.
Car, aucun meurtre d'aucun enfant ne sera jamais justifié face à Dieu.
Au dernier jour, les meurtriers de tous les siècles seront appelés et paraîtront face aux enfants ressuscités et devront faire face à leur irréparable indignité.
Car, Dieu n'agrée aucun crime et exècre la mort des enfants.
Car, de toute la Création sacrée, les enfants sont les plus sacrés.

Ne touchez pas un cheveu de leur tête, car, ce cheveu ne vous sera pas pardonné.
Mais, soyez comme les mages qui se prosternent et adorent. Soyez comme ceux qui, harassés par le chemin, offrent en présent de l'or, de l'encens et de la myrrhe et que vos présents soient bénis et rendent gloire à Dieu.
Soyez comme ceux-ci et abhorrez ceux-là et soyez aussi cette voix qui avertit, qui alerte et qui protège. Soyez les messagers qui ne craignent pas d'affronter la colère des rois pour sauver un seul cheveu de la tête d'un seul enfant. Vous gagnerez alors votre salut.


5 janvier Quand Hérode fut mort, voici, un ange du Seigneur apparut en songe à Joseph, en Égypte,
et dit : « Lève-toi, prends le petit enfant et sa mère, et va dans le pays d’Israël, car ceux qui en voulaient à la vie du petit enfant sont morts. »
Joseph se leva, prit le petit enfant et sa mère, et alla dans le pays d’Israël.
Mais, ayant appris qu'Archélaüs régnait sur la Judée à la place d’Hérode, son père, il craignit de s'y rendre ; et, divinement averti en songe, il se retira dans le territoire de la Galilée,
et vint demeurer dans une ville appelée Nazareth, afin que s’accomplît ce qui avait été annoncé par les prophètes : « Il sera appelé Nazaréen. »

Tout au long des temps, des pères et des mères prendront leur enfant des leurs bras, secrètement avertis du danger et partiront pour un pays qui leur sera désigné comme leur terre promise.
Et le voyage sera long. Il sera périlleux.
Beaucoup ne parviendront pas à destination, engloutis par les flots, arrêtés par les soldats.
En vérité, je vous le dis, toutes celles et tous ceux qui veulent sauver leur enfant ont reçu ma bénédiction et seront sauvés au jour dernier.
Portez-les dans vos prières, car, ce sont les enfants de Dieu. Accueillez-les dans vos temples, car ils en seront le sacrement le plus fort.


6 janvier En ce temps-là parut Jean Baptiste, prêchant dans le désert de Judée.
Il disait : « Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche. »
Jean est celui qui avait été annoncé par Ésaïe, le prophète, lorsqu'il dit :
« C'est ici la voix de celui qui crie dans le désert :
Préparez le chemin du Seigneur,
aplanissez ses sentiers. »

Parmi tous les prêcheurs du désert de Judée, Jean était considéré par les foules comme le premier.
Sa voix était forte et belle.
Il baptisait les hommes, les femmes et parfois même les enfants.
Il baptisait par l'eau du fleuve Jourdain, toujours au même endroit.
La fatigue semblait sur lui sans effet. Il ne s'arrêtait pas, du matin jusqu'au soir.
Mais, il respectait le shabat et toutes les fêtes.
Les autorités le laissaient faire.
Certains parmi le peuple disaient qu'il était le Messie, mais, lui les rabrouait.


7 janvier Jean avait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins. Il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage.
Les habitants de Jérusalem, de toute la Judée et de tout le pays des environs du Jourdain, se rendaient auprès de lui ; et, confessant leurs péchés, ils se faisaient baptiser par lui dans le fleuve du Jourdain.
Mais, voyant venir à son baptême beaucoup de pharisiens et de sadducéens, il leur dit : « Races de vipères, qui vous a appris à fuir la colère à venir ? Produisez donc du fruit digne de la repentance, et ne prétendez pas dire en vous-mêmes : Nous avons Abraham pour père ! Car je vous déclare que de ces pierres-ci Dieu peut susciter des enfants à Abraham. Déjà la cognée est mise à la racine des arbres : tout arbre donc qui ne produit pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu. Moi, je vous baptise d’eau, pour vous amener à la repentance ; mais celui qui vient après moi est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de porter ses souliers. Lui, il vous baptisera du Saint-Esprit et de feu. Il a son van à la main ; il nettoiera son aire, et il amassera son blé dans le grenier, mais il brûlera la paille dans un feu qui ne s’éteint point. »

Et leur disant cela, il annonçait la parole de Dieu. Il leur disait en vérité que le rite n'est rien si le cœur n'est pas converti. Il affirmait la toute-puissance de Dieu, qui peut faire d'un pécheur un saint, mais qui dédaignera celui qui, priant toutes les heures ne gardera tout au long du jour que de l'indifférence pour ses frères et même de la colère. Il annonçait aussi en cela la toute-puissance de l'Esprit Saint qui porte la grâce en choisissant d'abord les plus petits et les plus pauvres, les plus rejetés et les plus misérables. Mais, la foule pensait que certains pouvaient, de par leur naissance, leur lignée, leur observance être baptisés et d'autres non, car, par nature la foule aime croire aux privilèges. Mais, Jean annonçait celui qui n'attendra qu'un seul acte d'amour, de paix et de réconciliation pour donner sa bénédiction et donner son pardon. Mais, la foule ne pouvait pas encore l'entendre car, l'heure n'était pas venue.
C'est pourquoi il faut être attentif à celles et ceux qui portent les messages, même s'ils peuvent parfois paraître fous, dans un accoutrement étrange, car c'est peut-être l'Esprit qui inspire leur parole et leur verbe est vérité.
Je vous le dis, ne dédaignez jamais la parole du fou car il peut être sage. Car, beaucoup alors pensaient que Jean était fou.


8 janvier
Alors Jésus vint de la Galilée au Jourdain vers Jean, pour être baptisé par lui.
Mais Jean s'y opposait, en disant : « C'est moi qui ai besoin d'être baptisé par toi, et tu viens à moi ! »
Jésus lui répondit : « Laisse faire maintenant, car il est convenable que nous accomplissions ainsi tout ce qui est juste. Et Jean ne lui résista plus. »
Dès que Jésus eut été baptisé, il sortit de l'eau. Et voici, les cieux s'ouvrirent, et il vit l'Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui.
Et voici, une voix fit entendre des cieux ces paroles : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis toute mon affection. »

Et quand vous assistez à un baptême et que l'eau ruisselle encore sur le front du baptisé, prenez garde et retenez votre souffle, car, vous aussi vous pourrez voir l'Esprit de Dieu descendre comme une colombe.
Et vous aussi, ouvrez grand les oreilles, et vous pourrez entendre alors une voix qui annonce qu'en ce baptisé, Dieu a mis toute son affection.
Tout baptisé est béni de Dieu.
Tout baptisé est de filiation divine.
Filles de Dieu, fils de Dieu, réjouissez-vous, car vous êtes bénis de Dieu, par le Père, le fils et le Saint-Esprit.
Quand le prêtre accomplit le baptême johannique, souvenez-vous de Jean qui, parmi les premiers, a cru en notre Seigneur le fils de Dieu et a annoncé sa venue pour les siècles des siècles.


9 janvier Alors Jésus fut emmené par l'Esprit dans le désert, pour être tenté par le diable.
Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim.
Le tentateur, s'étant approché, lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. »
Jésus répondit : « Il est écrit : l'homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. »
Le diable le transporta dans la ville sainte, le plaça sur le haut du temple,
et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit :
Il donnera des ordres à ses anges à ton sujet ;
et ils te porteront sur les mains,
de peur que ton pied ne heurte contre une pierre. »
Jésus lui dit : il est aussi écrit : « Tu ne tenteras point le Seigneur, ton Dieu. »
Le diable le transporta encore sur une montagne très élevée, lui montra tous les royaumes du monde et leur gloire,
et lui dit : « Je te donnerai toutes ces choses, si tu te prosternes et m'adores. »
Jésus lui dit : « Retire-toi, Satan ! Car il est écrit : tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul. »
Alors le diable le laissa. Et voici, des anges vinrent auprès de Jésus, et le servaient.

Et ne pensez pas qu'il était facile pour Jésus de jeûner pendant quarante jours et pendant quarante nuits.
Car, Jésus, connaissait vraiment la faim et connaissait vraiment la soif, car, c'est le sort de l'homme que de connaître la faim et de connaître la soif.

Et qui d'entre vous n'a jamais souhaité transformer les pierres en pains et les pains en or ?
Et qui d'entre vous n'a jamais prononcé ce genre de prières ?

Et qui d'entre vous n'a jamais rêvé de la toute-puissance et de pouvoirs immenses, et qui n'a jamais rêvé qu'il volait ?

Car vous aimez Dieu et vous aimez aussi la magie et les rêves et vous devrez laisser la magie pour aimer vraiment Dieu.

Je vous le dis, ne demandez jamais de preuves à Dieu.
Je vous le dis encore : ne vérifiez jamais si vos prières sont exaucées.
Et surtout, ne pensez jamais que vous êtes élu de Dieu.
Car, en vérité, je vous le dis, le dernier né de la rue est plus aimé de Dieu que vous ne pouvez l'être.

Quant à Satan, ne pensez pas qu'il faut lutter contre lui, il suffit de le délaisser et il vous laissera.


10 janvier Jésus, ayant appris que Jean avait été livré, se retira dans la Galilée.
Il quitta Nazareth, et vint demeurer à Capernaüm, située près de la mer, dans le territoire de Zabulon et de Nephthali,
afin que s'accomplît ce qui avait été annoncé par Ésaïe, le prophète :

Le peuple de Zabulon et de Nephthali,
de la contrée voisine de la mer, du pays au delà du Jourdain,
et de la Galilée des Gentils,
Ce peuple, assis dans les ténèbres,
a vu une grande lumière ;
et sur ceux qui étaient assis dans la région et l'ombre de la mort
la lumière s'est levée.

Car, vous pourriez penser qu'il faut naître ici ou là.
Car, vous pourriez croire qu'il faut grandir dans les villes capitales, dans les villes de pouvoir, dans les villes royales.
Car, vous pourriez penser qu'il faut se rapprocher des palais et arpenter leurs cours et attendre longtemps dans leurs corridors qu'on vous laisse la voie.
Mais, je vous le dis, la plus petite bourgade de Galilée a accueilli le seigneur baptisé.
Et, je vous le dis encore, une bourgade sans gloire a su accueillir le Seigneur, car, le Seigneur l'avait choisie.

Alors, pour vous établir, ne choisissez pas l'antre du pouvoir et n'allez pas vous brûler à l'inaccessible feu des richesses matérielles.
Mais, au contraire, allez où l'on ne vous attend point et vivez dans l'amour, la prière et la tranquillité.
Allez au bord de la rivière, s'il y a une rivière, et vous trouverez des amis.
Allez sur la montagne, s'il y a une montagne et vous trouverez des amis.
Car, c'est dans votre cœur qu'est votre demeure et c'est aussi dans votre cœur que réside le Seigneur et c'est enfin dans votre cœur que vous trouverez la vie.


11 janvier Dès ce moment Jésus commença à prêcher, et à dire : « Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche. »
Comme il marchait le long de la mer de Galilée, il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et André, son frère, qui jetaient un filet dans la mer ; car ils étaient pêcheurs.
Il leur dit : «  Suivez-moi, et je vous ferai pêcheurs d’hommes.  »
Aussitôt, ils laissèrent les filets, et le suivirent.
De là étant allé plus loin, il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et Jean, son frère, qui étaient dans une barque avec Zébédée, leur père, et qui réparaient leurs filets.
Il les appela, et aussitôt ils laissèrent la barque et leur père, et le suivirent.
Jésus parcourait toute la Galilée, enseignant dans les synagogues, prêchant la bonne nouvelle du royaume, et guérissant toute maladie et toute infirmité parmi le peuple.
Sa renommée se répandit dans toute la Syrie, et on lui amenait tous ceux qui souffraient de maladies et de douleurs de divers genres, des démoniaques, des lunatiques, des paralytiques ; et il les guérissait.
Une grande foule le suivit, de la Galilée, de la Décapole, de Jérusalem, de la Judée, et d’au delà du Jourdain.

Et vous, souvenez-vous des noms des pêcheurs de Galilée qui ne demandèrent aucune explication, qui ne demandèrent aucune preuve, qui ne voulurent rien pour eux-mêmes et qui suivirent Jésus à son seul appel.
Et vous qui savez désormais que Simon, appelé Pierre, portera la parole dans tout l'empire romain ;
Et vous qui savez aussi qu'André avait assisté au baptême de Jésus et qu'il ne l'avait plus quitté depuis lors ;
Et vous qui savez que certains l'appelleront ainsi « Protoclet », ce qui signifie : le premier appelé ;
Et vous qui savez que Jacques de Zébédée, le frère de Jean, sera appelé Jacques le Majeur et qu'on lui désignera un chemin qui sera emprunté par des milliers d'hommes ;
Vous qui savez tout cela, vous ne savez rien si vous ne savez pas d'abord qu'ils étaient de pauvres pêcheurs de la Galilée.
Honneur pour les siècles des siècles à Zébédée, leur père, qui laissa partir ses fils, qui étaient aussi ses compagnons de travail, pour qu'ils suivent Jésus, qu'ils entendent et prêchent la bonne nouvelle.
Et la foule suivait Jésus.
Et il n'y avait plus sur les chemins pierre qui ne fût pas bousculée, poussière qui ne fût pas foulée.
Et les murs tremblaient du pas des convertis.
Et les villes et les villages raisonnaient du cri des femmes qui louaient le seigneur, car on leur avait rendu leur enfant guéri.


12 janvier Voyant la foule, Jésus monta sur la montagne ; et, après qu'il se fut assis, ses disciples s'approchèrent de lui.
Puis, ayant ouvert la bouche, il les enseigna, et dit :
Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux !
Heureux les affligés, car ils seront consolés !
Heureux les débonnaires, car ils hériteront la terre !
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés !
Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde !
Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu !
Heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés fils de Dieu !
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des cieux est à eux !
Heureux serez-vous, lorsqu'on vous outragera, qu'on vous persécutera et qu'on dira faussement de vous toute sorte de mal, à cause de moi.

Vous m'écoutez, mais vous ne m'entendez pas.
Car, vous pensez que ce sont de belles paroles qui ne valent que pour la vie de l'au-delà.
Car, vous pensez aussi que ce sont des paroles de consolation qui disent que les pauvres, les affamés, les persécutés et les proscrits gagnent par leur désarroi sur terre leur paradis dans les cieux.
Et vous pensez même que c'est une façon habile de les faire patienter pour qu'ils acceptent leur misère.
Hommes de peu de foi. Je vous le dis en vérité, il ne s'agit pas de l'au-delà mais bien de la vie d'ici-bas.
Regardez le riche : il ne peut pas se tenir droit. Il ploie sous ses biens, ne dort bientôt plus pour les surveiller pensant ainsi les sauvegarder.
Il ne sait pas que la seule manière de garder ses biens et de les faire fructifier, ce serait d'en faire offrande et de les partager.
Celui qui fait œuvre d'injustice ne peut pas être heureux. Il attend la punition de Dieu, pensant qu'elle viendra dans l'au-delà et il la craint.
Mais la punition est déjà là qui n'attend pas un jour pour agir. Je vous le dis : jusqu'à la mort, elle ne le laissera pas.
Et quand vous souffrirez à cause de moi, ne serez-vous cependant pas heureux d'avoir témoigné de la bonne nouvelle et d'avoir accueilli la parole du Seigneur ?
Et alors que sera votre douleur face à cette lumière ?

13 janvier Réjouissez-vous et soyez dans l'allégresse, parce que votre récompense sera grande dans les cieux ; car c'est ainsi qu'on a persécuté les prophètes qui ont été avant vous.
Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel perd sa saveur, avec quoi la lui rendra-t-on ? Il ne sert plus qu'à être jeté dehors, et foulé aux pieds par les hommes.
Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée ;
et on n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier, et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison.
Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu'ils voient vos bonnes œuvres, et qu'ils glorifient votre Père qui est dans les cieux.
Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes ; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir.

Et donc, vous qui me suivez, ne vous cachez pas pour me suivre.
Mais ne vous vantez pas de me suivre et n'espérez en tirer aucune sorte d'avantages, comme aucune sorte de fierté.
Car, je vous le dis, tout ce qui vous éloignera de l'humilité vous éloignera de moi et vous éloignera du salut.
Ainsi, vous qui me suivez, dites seulement à ceux qui vous le demanderont que vous me suivez et faites en sorte de ne pas me renier, ni en paroles, ni en actes.
Car, ce seront vos actes et vos paroles qui seront la preuve que vous me suivez vraiment. Vous ne recevrez aucun signe, aucune distinction et vous irez parmi les hommes comme tous les hommes.
Une seule chose vous distinguera jusqu'au dernier jour et ce sera que vous me suivez.
Vous serez justes avec le faible comme avec le fort et vous serez miséricordieux avec le misérable comme avec le riche et vous plaindrez le riche comme vous plaindrez le misérable.


14 janvier
Car, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre, jusqu'à ce que tout soit arrivé.
Celui donc qui supprimera l'un de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux ; mais celui qui les observera, et qui enseignera à les observer, celui-là sera appelé grand dans le royaume des cieux.

Car, dans ces commandements, on ne pioche pas au gré de ses envies comme on choisit dans une corbeille de fruits celui que l'on préfère.
Et ces commandements ne sont pas non plus comme une corbeille de fruits que l'on garde dans l'armoire pour un invité de marque. Car, il se pourrait bien que les fruits soient séchés et moisis quand l'invité viendra.
Non, en vérité je vous le dis encore, ce sont des commandements qui doivent ensemble être enseignés.
Ce sont des commandements de vie.
De cette corbeille de fruits, sortez rassasier les enfants et les vieillards, les femmes et les hommes et toutes celles et ceux que vous rencontrerez sur le chemin.


15 janvier Car, je vous le dis, si votre justice ne surpasse celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez point dans le royaume des cieux.
Vous avez entendu qu'il a été dit aux anciens : « Tu ne tueras point ; celui qui tuera mérite d'être puni par les juges. »
Mais moi, je vous dis que quiconque se met en colère contre son frère mérite d'être puni par les juges ; que celui qui dira à son frère : « Raca ! » mérite d'être puni par le sanhédrin ; et que celui qui lui dira : « Insensé ! » mérite d'être puni par le feu de la géhenne.

Écoutez bien ces commandements, car ils pourront sauver votre vie et sauver celle de vos frères, de vos pères, de vos sœurs, de vos épouses et même de vos mères.
Ils sauveront aussi la vie de vos voisins, de vos connaissances et des connaissance de vos parents.
Ils pourraient à eux seuls être la source du Salut.
Car, d'où vient le mal sinon de la colère et de la discorde ? D'où viennent les meurtres et d'où viennent les guerres ? D'où viennent les pleurs et les grincements de dents ?
Tout cela vient de votre colère et votre colère doit retourner à la poussière pour que vous soyez sauvés.


16 janvier Si donc tu présentes ton offrande à l'autel, et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi,
laisse là ton offrande devant l'autel, et va d'abord te réconcilier avec ton frère ; puis, viens présenter ton offrande.
Accorde-toi promptement avec ton adversaire, pendant que tu es en chemin avec lui, de peur qu'il ne te livre au juge, que le juge ne te livre à l'officier de justice, et que tu ne sois mis en prison.
Je te le dis en vérité, tu ne sortiras pas de là que tu n'aies payé le dernier quadrant.

Ne pensez pas qu'il n'est pas plus facile de te réconcilier avec ton frère qu'avec le premier venu.
Et sachez qu'il est parfois plus difficile de se réconcilier avec son fils qu'avec le voleur qui a dérobé tous vos biens.
Ne préjugez pas de la force du pardon ni de la difficulté du pardon.
Mais, vous ne pouvez pas vous soustraire à ce commandement.
Car, je vous le dis en vérité, évitez les juges et les jugements car votre cause y sera toujours incertaine.


17 janvier Vous avez appris qu'il a été dit : « Tu ne commettras point d'adultère. »
Mais moi, je vous dis que quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans son cœur.

Alors, vous les hommes, cessez de regarder les femmes comme si vous étiez des animaux lubriques et en chaleur.
Car, ce sont vos sœurs et vous êtes leurs frères.
Et quand vous les regardez sans respect, vous pensez les salir quand vous vous salissez pour l'éternité.


18 janvier Si ton œil droit est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi ; car il est avantageux pour toi qu'un seul de tes membres périsse, et que ton corps entier ne soit pas jeté dans la géhenne.
Et si ta main droite est pour toi une occasion de chute, coupe-la et jette-la loin de toi ; car il est avantageux pour toi qu'un seul de tes membres périsse, et que ton corps entier n'aille pas dans la géhenne.

Cependant, prenez garde à la manière dont vous pourriez comprendre ces commandements. Car, vous savez que ce n'est pas l'œil qui voit, mais que c'est vous qui voyez grâce à lui. Car, votre main ne peut rien seule, si vous ne la conduisez pas.
Et si votre œil diverge ou si votre main tremble, c'est encore vous et non cet organe qui sans vous n'est rien.
Mais, s'agissant de vos passions funestes, mettez-les de vous-même au rebut afin qu'elles ne puissent vous y entraîner.


19 janvier Il a été dit : Que celui qui répudie sa femme lui donne une lettre de divorce.
Mais moi, je vous dis que celui qui répudie sa femme, sauf pour cause d’infidélité, l'expose à devenir adultère, et que celui qui épouse une femme répudiée commet un adultère.

Et je vous dis cela, car vous êtes une engeance qui maltraitez les femmes, qui en usez et qui en abusez.
Et vous pensez que vous avez plus de prix aux yeux du Seigneur que vos épouses, vos sœurs et que vos filles.
Vous leur devez le même respect qu'à votre père et qu'à votre mère.
Car, celui qui offensera une femme, c'est moi qu'il offensera.