2020
Les évangiles augmentés











L'évangile selon saint Jean augmenté par Noëmie Diégèse







1
Jean 1
30 septembre
Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu.
Elle était au commencement avec Dieu.
Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle.
En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes.
La lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont point reçue.
Il y eut un homme envoyé de Dieu : son nom était Jean.
Il vint pour servir de témoin, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui.
Il n’était pas la lumière, mais il parut pour rendre témoignage à la lumière.
Cette lumière était la véritable lumière, qui, en venant dans le monde, éclaire tout homme.
Elle était dans le monde, et le monde a été fait par elle, et le monde ne l'a point connue.
Elle est venue chez les siens, et les siens ne l'ont point reçue.
Mais à tous ceux qui l'ont reçue, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, lesquels sont nés,
non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu.

Ainsi, ceux qui croient au nom de la lumière croient aussi en Son nom  ;
et ceux qui croient au nom de la lumière croient en l'humanité  ;
car, la lumière est venue pour les hommes et les hommes ne l'ont point reçue.
Alors Dieu a envoyé son fils pour que les hommes croient en la lumière et les hommes n'ont pas cru.
Mais, certains ont porté témoignage et ce témoignage s'est transmis jusqu'à maintenant et continuera de se transmettre pour les siècles des siècles.
Et ceux qui croient en la lumière témoigneront de la parole et ceux qui témoigneront de la parole seront avec Dieu, pour le commencement et pour le jour du jugement.
Tout homme a reçu la lumière, mais certains ont tenté de l'éteindre en eux et aussi en leurs frères.
Mais, il n'y sont pas parvenus.
Et ils n'y parviendront pas, car la lumière est éternelle.
Car, la lumière est née de Dieu pour les hommes et Dieu est éternel.


2
1er octobre
Et la Parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité ; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père.
Jean lui a rendu témoignage, et s'est écrié : C'est celui dont j'ai dit : « Celui qui vient après moi m'a précédé, car il était avant moi.
Et nous avons tous reçu de sa plénitude, et grâce pour grâce ;
car la loi a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ.
Personne n'a jamais vu Dieu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, est celui qui l'a fait connaître. »
Voici le témoignage de Jean, lorsque les Juifs envoyèrent de Jérusalem des sacrificateurs et des Lévites, pour lui demander : « Toi, qui es-tu ? »
Il déclara, et ne le nia point, il déclara qu'il n'était pas le Christ.
Et ils lui demandèrent : « Quoi donc ? es-tu Élie ? » Et il dit : « Je ne le suis point. » « Es-tu le prophète ? » Et il répondit : «  Non. »
Ils lui dirent alors : « Qui es-tu ? afin que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés. Que dis-tu de toi-même ? »
« Moi, dit-il, je suis la voix de celui qui crie dans le désert :
Aplanissez le chemin du Seigneur,
comme a dit Ésaïe, le prophète. »
Ceux qui avaient été envoyés étaient des pharisiens.
Ils lui firent encore cette question : « Pourquoi donc baptises-tu, si tu n'es pas le Christ, ni Élie, ni le prophète ? »
Jean leur répondit : « Moi, je baptise d'eau, mais au milieu de vous il y a quelqu'un que vous ne connaissez pas, qui vient après moi ;
je ne suis pas digne de délier la courroie de ses souliers. »

Jean reprit la parole et leur dit : « Tout au long des temps, vous serez appelés à me suivre et à suivre aussi celui qui vient après moi et qui est plus grand que moi.
Vous aussi, tout au long des temps, acceptez que vienne après vous plus grand que vous, car c'est ainsi que le Seigneur l'a voulu et c'est ainsi qu'il le voudra pour les siècles des siècles.
Pourquoi voulez-vous toujours être le plus grand alors que vous êtes petits et qu'il y a autant de grandeur à être grand qu'à être petit ?
Celui qui vient après moi vous enseignera l'humilité plutôt que la morgue et l'arrogance.
Mais vous aimez et vous craignez la morgue et l'arrogance des puissants.
Et vous guettez leurs frasques avec gourmandise.
Celui qui vient après moi vous enseignera à craindre le regard courroucé d'un enfant et à craindre aussi ses larmes de tristesse ou de colère.
Car, sachez que les larmes d'un enfant sont dans le royaume du Seigneur plus fortes et plus puissantes que toutes les armées du monde.
Celui qui viendra après moi vous enseignera la douceur et la force de la douceur et vous enseignera la force de la faiblesse.
Il vous enseignera l'amour et vous donnera de nouveaux commandements qui viendront s'ajouter à ceux que vous connaissez déjà et qui vous ont été donnés par Moïse et les prophètes.
Moi, je ne vous donne aucun commandement, mais je vous baptise dans l'eau du Jourdain et ce baptême vous purifie et vous prépare à recevoir le baptême de feu de l'Esprit. »
Ne soyez pas craintifs et ne craignez point l'apocalypse.
Elle viendra sans que vous en connaissiez le jour ni l'heure et vous n'aurez pas de temps pour vous y préparer.
Mais craignez le temps présent, car, il est pour vous le temps de tous les dangers. »


3
2 octobre
Ces choses se passèrent à Béthanie, au delà du Jourdain, où Jean baptisait.
Le lendemain, il vit Jésus venant à lui, et il dit : « Voici l'Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde.
C'est celui dont j'ai dit : Après moi vient un homme qui m'a précédé, car il était avant moi.
Je ne le connaissais pas, mais c'est afin qu'il fût manifesté à Israël que je suis venu baptiser d'eau. »
Jean rendit ce témoignage : « J'ai vu l'Esprit descendre du ciel comme une colombe et s'arrêter sur lui.
Je ne le connaissais pas, mais celui qui m'a envoyé baptiser d'eau, celui-là m'a dit : Celui sur qui tu verras l'Esprit descendre et s'arrêter, c'est celui qui baptise du Saint-Esprit.
Et j'ai vu, et j'ai rendu témoignage qu'il est le Fils de Dieu. »

Ainsi, plaise à Dieu que vous soyez tel Jean et que dès le premier instant vous rendiez témoignage du sauveur.
Convertissez-vous au premier regard et vous verrez l'Esprit descendre comme une colombe.
Car, votre témoignage peut sauver comme le témoignage de Jean, par le baptême était un témoignage et un baptême qui conduisaient au Salut.
Vous aussi, faites-vous baptiser dans l'eau pour que l'Esprit descende du ciel sur vous et vous baptise comme Jésus Christ Fils de Dieu a baptisé les foules.
Et ne craignez pas ce que vous voyez, car ce que vous voyez est juste et bon.
Et ne craignez pas la foule et ses sarcasmes, car la foule, toujours, n'est faite que de sarcasmes.


4
3 octobre Le lendemain, Jean était encore là, avec deux de ses disciples ;
et, ayant regardé Jésus qui passait, il dit : «  Voilà l'Agneau de Dieu.  »
Les deux disciples l'entendirent prononcer ces paroles, et ils suivirent Jésus.
Jésus se retourna, et voyant qu'ils le suivaient, il leur dit : «  Que cherchez-vous ?  » Ils lui répondirent : «  Rabbi (ce qui signifie Maître), où demeures-tu ?  »
Venez, leur dit-il, et voyez. Ils allèrent, et ils virent où il demeurait ; et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. C'était environ la dixième heure.
André, frère de Simon Pierre, était l'un des deux qui avaient entendu les paroles de Jean, et qui avaient suivi Jésus.
Ce fut lui qui rencontra le premier son frère Simon, et il lui dit : «  Nous avons trouvé le Messie (ce qui signifie Christ).  »
Et il le conduisit vers Jésus. Jésus, l'ayant regardé, dit : «  Tu es Simon, fils de Jonas ; tu seras appelé Céphas (ce qui signifie Pierre).  »

Vous pouvez tous être appelés et il n'y a en cela aucune destinée.
Croyez-vous que Simon, dans le sein de sa mère, avait pour vocation de devenir Pierre.
Et croyez-vous qu'André, son frère, savait autre chose de Simon qu'il était son frère.
Et Jonas, leur père, savait qu'il avait des fils.
Il avait nommé l'un André et l'autre Simon et n'entendait pas qu'on changeât leur nom.
Mais Jésus est venu et il a appelé Simon Pierre.
Et Pierre était toujours le fils de Jonas et le frère d'André bien qu'il s'appelât Pierre désormais et non Simon comme sa mère l'appelait.
André, ce jour-là, ne savait pas où Jésus habitait et il l'a suivi.
Puis, il a mené son frère et Simon a rencontré Jésus et il a su comme son frère où Jésus habitait.
Vous aussi sur votre chemin, si vous rencontrez l'Agneau de Dieu, suivez-le jusque dans sa maison et menez vos frères jusqu'à lui et il vous sera rendu grâce.


5
4 octobre Le lendemain, Jésus voulut se rendre en Galilée, et il rencontra Philippe. Il lui dit : « Suis-moi. »
Philippe était de Bethsaïda, de la ville d'André et de Pierre.
Philippe rencontra Nathanaël, et lui dit : « Nous avons trouvé celui de qui Moïse a écrit dans la loi et dont les prophètes ont parlé, Jésus de Nazareth, fils de Joseph. »
Nathanaël lui dit : « Peut-il venir de Nazareth quelque chose de bon ? » Philippe lui répondit : « Viens, et vois. »
Jésus, voyant venir à lui Nathanaël, dit de lui : « Voici vraiment un Israélite, dans lequel il n'y a point de fraude. »
« D'où me connais-tu ? » lui dit Nathanaël. Jésus lui répondit : « Avant que Philippe t'appelât, quand tu étais sous le figuier, je t'ai vu. »
Nathanaël répondit et lui dit : « Rabbi, tu es le Fils de Dieu, tu es le roi d'Israël. »
Jésus lui répondit : « Parce que je t'ai dit que je t'ai vu sous le figuier, tu crois ; tu verras de plus grandes choses que celles-ci. »
Et il lui dit : « En vérité, en vérité, vous verrez désormais le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre sur le Fils de l'homme. »

Et vous aussi Jésus vous a reconnu au premier regard et vous ne devez point vous en étonner, car, rien n'est impossible au Fils de l'homme.
Vous étiez assis sous le figuier ou bien au milieu de la cour de la synagogue et Jésus vous a reconnus.
Vous lui avez apporté vos péchés et votre repentance et il vous a donné la prière.
Et si vous reconnaissez Jésus, alors Jésus vous reconnaîtra.
Malheur à ceux que Jésus a reconnus et qu'ils ne l'ont pas reconnu, car ceux-ci demeureront dans le péché et périront dans le feu de la géhenne.
Et si vous êtes appelés, répondez à l'appel et soyez sans crainte.
Soyez comme Nathanaël et ne protestez pas et reconnaissez en Jésus le Fils de Dieu et le roi d'Israël.
Et, comme Nathanaël, vous verrez le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre sur le Fils de l'homme.
Plongez-vous dans la prière et ne cessez jamais de prier, car, seule la prière est bonne pour vous et pour vos sœurs et vos frères, car elle est don de Dieu.
Et laissez faire la prière, car elle est source de grâces infinies.


6
Jean 2 5 octobre Trois jours après, il y eut des noces à Cana en Galilée. La mère de Jésus était là,
et Jésus fut aussi invité aux noces avec ses disciples.
Le vin ayant manqué, la mère de Jésus lui dit : « Ils n'ont plus de vin. »
Jésus lui répondit : « Femme, qu'y a-t-il entre moi et toi ? Mon heure n'est pas encore venue. »
Sa mère dit aux serviteurs : « Faites ce qu'il vous dira. »
Or, il y avait là six vases de pierre, destinés aux purifications des Juifs, et contenant chacun deux ou trois mesures.
Jésus leur dit : « Remplissez d'eau ces vases. » Et ils les remplirent jusqu'au bord.
« Puisez maintenant, leur dit-il, et portez-en à l'ordonnateur du repas. » Et ils en portèrent.
Quand l'ordonnateur du repas eut goûté l'eau changée en vin, ne sachant d'où venait ce vin, tandis que les serviteurs, qui avaient puisé l'eau, le savaient bien, il appela l'époux,
et lui dit : « Tout homme sert d'abord le bon vin, puis le moins bon après qu'on s'est enivré ; toi, tu as gardé le bon vin jusqu'à présent. »
Tel fut, à Cana en Galilée, le premier des miracles que fit Jésus. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui.

Le soir, la mère de Jésus, ses frères et ses disciples rassemblés autour de lui lui demandèrent par qui il avait transformé l'eau en vin.
Jésus leur répondit : « Qu'ai-je fait qu'il faille qu'on s'y arrête et ne buvez-vous pas aussi bien du vin que de l'eau ?
Que sont les noces si l'on ne se réjouit pas et fallait-il laisser les convives manquer de vin quand ils devaient se réjouir ?
Et fallait-il encore laisser l'époux subir l'affront de voir ses invités manquer de vin ?
Mais, peu importe le vin et les noces, car ceci, pour vous, est une leçon que vous retiendrez : il faut se réjouir tant que les époux sont réunis et ne pas laisser s'attrister une noce.
Vous aurez le temps de vous lamenter quand l'époux sera parti et aura quitté ce monde, car, ces jours-là seront des jours de grande tristesse.
Lamentez-vous quand il faut se lamenter mais réjouissez-vous quand il faut se réjouir, car, la joie des noces est sacrée et rien ne doit venir la contrarier.
Ainsi, comme l'époux des noces de Cana, le Seigneur votre Père a gardé le meilleur vin pour la fin des épousailles et réjouissez-vous de cette grâce, car rien ne saurait venir la ternir. »


7
6 octobre Après cela, il descendit à Capernaüm, avec sa mère, ses frères et ses disciples, et ils n'y demeurèrent que peu de jours.
La Pâque des Juifs était proche, et Jésus monta à Jérusalem.
Il trouva dans le temple les vendeurs de bœufs, de brebis et de pigeons, et les changeurs assis.
Ayant fait un fouet avec des cordes, il les chassa tous du temple, ainsi que les brebis et les bœufs ; il dispersa la monnaie des changeurs, et renversa les tables ;
et il dit aux vendeurs de pigeons : « Otez cela d'ici, ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic. »
Ses disciples se souvinrent qu'il est écrit : « Le zèle de ta maison me dévore. »
Les Juifs, prenant la parole, lui dirent : « Quel miracle nous montres-tu, pour agir de la sorte ? »
Jésus leur répondit : « Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai. »
Les Juifs dirent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce temple, et toi, en trois jours tu le relèveras ! »
Mais il parlait du temple de son corps.
C'est pourquoi, lorsqu'il fut ressuscité des morts, ses disciples se souvinrent qu'il avait dit cela, et ils crurent à l'Écriture et à la parole que Jésus avait dite.
Pendant que Jésus était à Jérusalem, à la fête de Pâque, plusieurs crurent en son nom, voyant les miracles qu'il faisait.
Mais Jésus ne se fiait point à eux, parce qu'il les connaissait tous,
et parce qu'il n'avait pas besoin qu'on lui rendît témoignage d'aucun homme ; car il savait lui-même ce qui était dans l'homme.

Et il savait que les hommes aiment à faire commerce et qu'ils font commerce aussi de ce qui est sacré.
Ils confondent la maison de Dieu avec un champ de foire.
Mais si la maison de Dieu est un champ de foire, que vient y faire le prophète sinon des tours de magie pour amuser les foules et pour leur vendre encore des amusements ?
Ainsi, quand les sacrificateurs lui demandent des miracles et lui font la promesse de croire en lui, il s'agit d'un double mensonge devant Dieu et devant les hommes.
Car, aucun miracle ne précède la conversion, mais c'est la conversion qui précède le miracle.
Ne demandez pas de miracle pour croire, mais, bien au contraire, croyez et vous recevrez grâces et miracles en abondance.
Et ne faites pas assaut de prières, de génuflexions et de lamentations ;
et ne faites pas assaut d'offrandes et de sacrifices, car tout cela n'est que résurgence de pratiques païennes.
La conversion est d'abord la conversion du cœur pour que l'Esprit saint puisse y pénétrer et faire son ouvrage.
Et ne comparez pas votre foi avec celle de votre voisin comme s'il s'agissait de comparer la taille d'un bœuf ou le nombre de brebis au sein du troupeau.
La foi est incomparable et ne se compare donc à rien.
Car, Dieu agrée toute conversion, même de la dernière heure et elle lui est aussi chère que les conversions précoces.


8
Jean 3 7 octobre Mais il y eut un homme d'entre les pharisiens, nommé Nicodème, un chef des Juifs,
qui vint, lui, auprès de Jésus, de nuit, et lui dit : « Rabbi, nous savons que tu es un docteur venu de Dieu ; car personne ne peut faire ces miracles que tu fais, si Dieu n'est avec lui. »
Jésus lui répondit : « En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu. »
Nicodème lui dit : « Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il rentrer dans le sein de sa mère et naître ? »
Jésus répondit : « En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d'eau et d'Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu.
Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l'Esprit est esprit.
Ne t'étonne pas que je t'aie dit : Il faut que vous naissiez de nouveau.
Le vent souffle où il veut, et tu en entends le bruit ; mais tu ne sais d'où il vient, ni où il va. Il en est ainsi de tout homme qui est né de l'Esprit. »

Jésus lui dit encore : « Pourquoi m'appelles-tu Rabbi et prétends-tu que je suis un docteur venu de Dieu ?
Ne te présentes-tu pas toi aussi comme un docteur et parmi les plus savants s'agissant des Écritures ?
Mais, tu dis cela pour me flatter comme on flatte un animal pour les jeux afin qu'il accomplisse un tour.
Crois-tu que les miracles que je vous donne à voir sont pour vous divertir ?
Et tu vois, dès lors que je parle, tu ne comprends pas ce que je dis.
Je parle de naissance et tu comprends que je parle de naissance.
Et quand je dis de l'homme qu'il doit naître de nouveau, tu comprends qu'il doit naître de nouveau.
Mais quand Dieu vous parle par les prophètes, que comprenez-vous ?
Vous ne vous rappelez que quelques règles et quelques lois et ce que vous comprenez, vous ne le comprenez pas par le cœur.
Or, c'est par le cœur qu'il faut laisser entrer en soi l'Esprit. »


9
8 octobre Nicodème lui dit : « Comment cela peut-il se faire ? »
Jésus lui répondit : « Tu es le docteur d'Israël, et tu ne sais pas ces choses !
En vérité, en vérité, je te le dis, nous disons ce que nous savons, et nous rendons témoignage de ce que nous avons vu ; et vous ne recevez pas notre témoignage.
Si vous ne croyez pas quand je vous ai parlé des choses terrestres, comment croirez-vous quand je vous parlerai des choses célestes ?
Personne n'est monté au ciel, si ce n'est celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme qui est dans le ciel.
Et comme Moïse éleva le serpent dans le désert, il faut de même que le Fils de l'homme soit élevé,
afin que quiconque croit en lui ait la vie éternelle.
Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle.
Dieu, en effet, n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour qu'il juge le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui.
Celui qui croit en lui n'est point jugé ; mais celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu'il n'a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.
Et ce jugement c'est que, la lumière étant venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises.
Car quiconque fait le mal hait la lumière, et ne vient point à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient dévoilées ;
mais celui qui agit selon la vérité vient à la lumière, afin que ses œuvres soient manifestées, parce qu'elles sont faites en Dieu. »

Nicodème lui dit alors : « Quand je me lève le matin, je sais que c'est le matin quand je vois la lumière du soleil.
Et si je me réveille au milieu de la nuit, je sais que c'est la nuit parce que je ne vois pas la lumière du soleil.
Comment puis-je savoir aujourd'hui si celui qui est venu est venu pour la lumière ou pour les ténèbres ? »
Jésus répondit : « Quand tu vois le fruit d'un arbre que tu ne connais pas, comment fais-tu pour savoir si tu peux le manger ou non ?
Est-ce que tu goûtes le fruit ou bien le manges en entier pour en mesurer les effets au risque de mourir ? 
Ou appelles-tu à l'aide après avoir mangé le fruit mauvais quand il t'a rendu malade ?
Ou, demandes-tu plutôt autour de toi si quelqu'un a déjà mangé de ce fruit et peut te conseiller de le manger ou de ne pas le manger ?
N'est-ce pas ainsi que les parents procèdent avec les enfants en leur apprenant à distinguer ce qui est bon de ce qui est mauvais ?
Et les enfants apprennent promptement.
Alors, je vous le dis, soyez comme les enfants qui apprennent de leurs parents ce qui est bon et ce qui ne l'est pas.
Et ne goûtez pas les fruits mauvais, car, ceux-ci pourraient bien vous tuer.
Mais regardez autour de vous et mesurez les effets de la lumière sur le monde et considérez les bienfaits de Dieu pour sa création.
Croyez et agissez selon la vérité et la vérité éclatera dans la lumière du Seigneur. »


10
9 octobre Après cela, Jésus, accompagné de ses disciples, se rendit dans la terre de Judée ; et là il demeurait avec eux, et il baptisait.
Jean aussi baptisait à Énon, près de Salim, parce qu'il y avait là beaucoup d'eau ; et on y venait pour être baptisé.
Car Jean n'avait pas encore été mis en prison.
Or, il s'éleva de la part des disciples de Jean une dispute avec un Juif touchant la purification.
Ils vinrent trouver Jean, et lui dirent : « Rabbi, celui qui était avec toi au delà du Jourdain, et à qui tu as rendu témoignage, voici, il baptise, et tous vont à lui. »
Jean répondit : « Un homme ne peut recevoir que ce qui lui a été donné du ciel.
Vous-mêmes m'êtes témoins que j'ai dit : Je ne suis pas le Christ, mais j'ai été envoyé devant lui.
Celui à qui appartient l'épouse, c'est l'époux ; mais l'ami de l'époux, qui se tient là et qui l'entend, éprouve une grande joie à cause de la voix de l'époux : aussi cette joie, qui est la mienne, est parfaite.
Il faut qu'il croisse, et que je diminue.
Celui qui vient d'en haut est au-dessus de tous ; celui qui est de la terre est de la terre, et il parle comme étant de la terre. Celui qui vient du ciel est au-dessus de tous,
il rend témoignage de ce qu'il a vu et entendu, et personne ne reçoit son témoignage.
Celui qui a reçu son témoignage a certifié que Dieu est vrai ;
car celui que Dieu a envoyé dit les paroles de Dieu, parce que Dieu ne lui donne pas l'Esprit avec mesure.
Le Père aime le Fils, et il a remis toutes choses entre ses mains.
Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ; celui qui ne croit pas au Fils ne verra point la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui. »

Un des disciples de Jean reprit la parole et lui dit : « Seigneur, il était ton disciple et c'est toi qui l'as baptisé. Pendant longtemps il t'a suivi et c'est toi qui l'as choisi. Ne ressens-tu aucune peine qu'il s'arroge aujourd'hui le droit de baptiser, qu'il fasse grandir chaque jour le nombre de ses disciples et attire sur lui la gloire et les louanges de la foule de ses disciples ? »
Jean lui répondit : « Que dis-tu et pourquoi parles-tu de ce que tu ne connais pas ?
Ne sais-tu pas qu'il n'y a d'autre gloire que celle de Dieu et qu'aucune gloire ne peut venir des hommes ?
Penses-tu qu'il me revienne de la gloire parce que j'ai baptisé les foules dans le Jourdain et que je vous compte parmi mes disciples ?
Il ne me revient aucune gloire, car, la gloire est pour le maître et non pour le serviteur.
Penses-tu que celui dont tu parles, je l'ai choisi ? Je ne l'ai pas choisi mais c'est lui qui m'a choisi et je suis né pour le servir et pour qu'il m'appelle.
Regardez-moi. Vous me connaissez et je suis parmi vous depuis longtemps. Mais, jamais vous ne vous demandez si vous devez croire en moi et vous avez raison, car il ne faut croire qu'en Dieu.
Vous vous demandez si je suis un prophète et quel prophète des Écritures je suis. Avez-vous besoin de vous poser ces questions pour entendre que je vous annonce la venue de quelqu'un qui est plus grand que moi car il est envoyé par le Père et qu'il est le Fils.
Ainsi, il ne vous est pas demandé de croire en moi et ce serait païen de le faire.
Mais, celui qui a été envoyé par le Père, vous devez croire en Lui, car, il est le Fils et qu'avec le Saint-Esprit, il ne forme qu'un en Sainte Trinité. »
Ayant dit ces paroles, Jean recommença à baptiser dans l'eau du fleuve les foules qui demeuraient silencieuses.


11
Jean 4 10 octobre Le Seigneur sut que les pharisiens avaient appris qu'il faisait et baptisait plus de disciples que Jean.
Toutefois Jésus ne baptisait pas lui-même, mais c'étaient ses disciples.
Alors il quitta la Judée, et retourna en Galilée.
Comme il fallait qu'il passât par la Samarie,
il arriva dans une ville de Samarie, nommée Sychar, près du champ que Jacob avait donné à Joseph, son fils.
Là se trouvait le puits de Jacob. Jésus, fatigué du voyage, était assis au bord du puits. C'était environ la sixième heure.
Une femme de Samarie vint puiser de l'eau. Jésus lui dit : « Donne-moi à boire. »
Car ses disciples étaient allés à la ville pour acheter des vivres.
La femme samaritaine lui dit : « Comment toi, qui es Juif, me demandes-tu à boire, à moi qui suis une femme samaritaine ? » Les Juifs, en effet, n'ont pas de relations avec les Samaritains.
Jésus lui répondit : « Si tu connaissais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : Donne-moi à boire ! tu lui aurais toi-même demandé à boire, et il t'aurait donné de l'eau vive. »
« Seigneur, lui dit la femme, tu n'as rien pour puiser, et le puits est profond ; d'où aurais-tu donc cette eau vive ?
Es-tu plus grand que notre père Jacob, qui nous a donné ce puits, et qui en a bu lui-même, ainsi que ses fils et ses troupeaux ? »
Jésus lui répondit : « Quiconque boit de cette eau aura encore soif ;
mais celui qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura jamais soif, et l'eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d'eau qui jaillira jusque dans la vie éternelle. »

La femme samaritaine dit à Jésus : « Tu me parles sans gêne, toi qui es juif et moi qui suis une pauvre femme samaritaine. Et tu me sembles savant. Puis-je t'interroger ? »
Jésus lui répondit qu'elle pouvait l'interroger et la femme continua : « Nos pères disent que nous, les Samaritains, sommes les justes descendants des tribus d'Israël et vous, les Juifs, dites que nous sommes des païens. Dis-moi qui a raison. »
Jésus lui répondit : « Femme, que te soucies-tu des temps anciens ?
N'as-tu pas assez à faire avec les temps nouveaux ?
Vous, les Samaritains, connaissez-vous les Écritures et suivez-vous leurs enseignements ?
Voilà ce qu'il faut considérer pour le temps présent et les temps à venir.
Qui sont ceux qui se prévalent d'un privilège hérité de leur naissance ? Croient-ils que leur lignée les protège de la colère de Dieu ?
Ils s'en vont proclamant qu'ils sont les héritiers des douze tribus d'Israël, mais qu'importe au Seigneur s'ils ne font que rapine et iniquité ?
En vérité, je te le dis, mieux vaut croire en la parole du Seigneur et être issu d'une lignée de païens que d'être héritier de Moïse et se comporter en voleur et en païen.
Le jour venu, le Seigneur reconnaîtra les siens et ne leur demandera pas qui étaient leurs pères et leurs aïeux, mais leur demandera au contraire des comptes sur ce qu'ils ont accompli ici-bas.
Ainsi, comme tes aïeux ont pris soin et protégé le puits que leur avait donné Jacob, prends soin de la parole que tu vas recevoir et ne laisse pas tarir en toi cette source jaillissante, car elle est la source de la vie pour le commencement et pour la fin.
Voilà ce dont tu dois témoigner auprès des tiens quand tu leur rapporteras l'eau que tu es venue puiser. »


12
11 octobre La femme lui dit : « Seigneur, donne-moi cette eau, afin que je n'aie plus soif, et que je ne vienne plus puiser ici. »
« Va, lui dit Jésus, appelle ton mari, et viens ici. »
La femme répondit : « Je n'ai point de mari. » Jésus lui dit : « Tu as eu raison de dire : Je n'ai point de mari.
Car tu as eu cinq maris, et celui que tu as maintenant n'est pas ton mari. En cela tu as dit vrai. »
« Seigneur, lui dit la femme, je vois que tu es prophète.
Nos pères ont adoré sur cette montagne ; et vous dites, vous, que le lieu où il faut adorer est à Jérusalem. »
« Femme, lui dit Jésus, crois-moi, l'heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père.
Vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs.
Mais l'heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; car ce sont là les adorateurs que le Père demande.
Dieu est Esprit, et il faut que ceux qui l'adorent l'adorent en esprit et en vérité. »
La femme lui dit : « Je sais que le Messie doit venir (celui qu'on appelle Christ) ; quand il sera venu, il nous annoncera toutes choses. »
Jésus lui dit : « Je le suis, moi qui te parle. »

La femme continua : « Mais, si le Messie vient pour annoncer toutes choses et le Salut du monde, il n'apparaîtra pas pour annoncer la bonne nouvelle à une pauvre femme pécheresse que les Juifs considèrent comme païenne parce qu'elle est samaritaine. Il annoncera la bonne nouvelle dans le Temple, devant les hauts dignitaires, les docteurs de la Loi et les sacrificateurs. Pourquoi se soucierait-il de moi ? »
Jésus l'écoutait en dessinant dans le sable et demeura un temps silencieux.
Puis, relevant la tête, il lui dit : « Toi qui me parles, ne m'as-tu pas rencontré près du puits de tes ancêtres ?
Ne t'ai-je pas dit tout ce que tu avais fait ?
Et t'ai-je fait reproche de ce que tu as fait ?
Je t'ai demandé à boire et tu m'as donné à boire parce que j'avais soif.
Et je t'ai donné de l'eau vive dont tu n'avais jamais bu jusqu'à maintenant.
Crois maintenant et ne pèche plus, car le péché assèche tous les puits et tarirait l'eau vive que je t'ai donnée. »
La femme regarda Jésus et lui dit : « Se peut-il que j'ai été choisie pour annoncer à mon peuple la venue du Messie et se peut-il aussi que j'ai été pardonnée de tous mes péchés ?
Parce que tu m'as dit ce que j'ai fait, je crois que tu es le Messie.
Mais comment croire que je suis pardonnée de mes péchés ? »
Jésus lui répondit : « La bonne nouvelle que tu dois annoncer n'est pas seulement pour ton peuple mais pour la terre entière. Va, car tu es pardonnée. »


13
12 octobre Là-dessus arrivèrent ses disciples, qui furent étonnés de ce qu'il parlait avec une femme. Toutefois aucun ne dit : « Que demandes-tu ? » ou : « De quoi parles-tu avec elle ? »
Alors la femme, ayant laissé sa cruche, s'en alla dans la ville, et dit aux gens :
« Venez voir un homme qui m'a dit tout ce que j'ai fait ; ne serait-ce point le Christ ? »
Ils sortirent de la ville, et ils vinrent vers lui.
Pendant ce temps, les disciples le pressaient de manger, disant : « Rabbi, mange. »
Mais il leur dit : « J'ai à manger une nourriture que vous ne connaissez pas. »
Les disciples se disaient donc les uns aux autres : « Quelqu'un lui aurait-il apporté à manger ? »
Jésus leur dit : « Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m'a envoyé, et d'accomplir son œuvre.
Ne dites-vous pas qu'il y a encore quatre mois jusqu'à la moisson ? Voici, je vous le dis, levez les yeux, et regardez les champs qui déjà blanchissent pour la moisson.
Celui qui moissonne reçoit un salaire, et amasse des fruits pour la vie éternelle, afin que celui qui sème et celui qui moissonne se réjouissent ensemble.
Car en ceci ce qu'on dit est vrai : Autre est celui qui sème, et autre celui qui moissonne.
Je vous ai envoyés moissonner ce que vous n'avez pas travaillé ; d'autres ont travaillé, et vous êtes entrés dans leur travail. »

Un des disciples, celui que Jésus aimait, dit alors : « La femme avec qui tu parlais est partie annoncer la bonne nouvelle et elle croit. Pourquoi croit-elle alors que tant d'autres ne croient pas malgré les miracles que tu fais pour eux ? »
Jésus répondit : « Tu te trompes et je ne fais pour eux aucun miracle. Je suis celui par qui le miracle arrive et il n'arrive jamais sans la foi.
Quand l'un vient vers moi pour me dire que son fils est malade et que son fils guérit, qui a guéri son fils, est-ce son père ou est-ce moi ?
Considérez la Samaritaine. Cette femme pécheresse n'a pas craint qu'un homme seul près du puits lui adresse la parole et n'a pas craint non plus de lui répondre.
D'autres femmes de la ville se seraient enfui en apercevant au loin un homme près du puits. D'autres encore n'auraient pas répondu à son adresse et n'auraient pas donné d'eau à un étranger. D'autres enfin auraient appelé leur mari et leurs frères pour chasser un juif qui osait s'approcher du puits de Jacob.
Elle, n'a rien fait de tout cela. Elle s'est approchée sans crainte et a parlé sans crainte.
Et sans aucune crainte elle a avoué ses péchés.
Pensez-vous que le Seigneur qui vous a créés veut maintenir sa création dans la peur.
Et pensez-vous qu'il arrive quelque chose de bon par la crainte ?
Craignez le péché et aimez Dieu et vous connaîtrez la vie éternelle. »


14
13 octobre Plusieurs Samaritains de cette ville crurent en Jésus à cause de cette déclaration formelle de la femme : il m'a dit tout ce que j'ai fait.
Aussi, quand les Samaritains vinrent le trouver, ils le prièrent de rester auprès d'eux. Et il resta là deux jours.
Un beaucoup plus grand nombre crurent à cause de sa parole ;
et ils disaient à la femme : « Ce n'est plus à cause de ce que tu as dit que nous croyons ; car nous l'avons entendu nous-mêmes, et nous savons qu'il est vraiment le Sauveur du monde. »

La femme samaritaine qui avait donné de l'eau à Jésus dit à l'un des chefs de la ville : « vous m'avez crue parce que je vous ai dit que ne me connaissant pas, il me connaissait et savait ce que j'avais fait. Vous, à qui allez-vous annoncer la nouvelle de la venue du Messie ? »
Le chef samaritain répondit : « Nous allons annoncer le bonne nouvelle à notre peuple, et comme nous t'avons crue, le peuple nous croira, car nous sommes leurs chefs et nous avons sur eux toute autorité. »
Mais la femme dit alors : « Quelle autorité avez-vous sur eux pour qu'ils croient ? Car, quelle autorité avais-je sur vous, sinon celle de croire ? »


15
14 octobre Après ces deux jours, Jésus partit de là, pour se rendre en Galilée ;
car il avait déclaré lui-même qu'un prophète n'est pas honoré dans sa propre patrie.
Lorsqu'il arriva en Galilée, il fut bien reçu des Galiléens, qui avaient vu tout ce qu'il avait fait à Jérusalem pendant la fête ; car eux aussi étaient allés à la fête.
Il retourna donc à Cana en Galilée, où il avait changé l'eau en vin. Il y avait à Capernaüm un officier du roi, dont le fils était malade.
Ayant appris que Jésus était venu de Judée en Galilée, il alla vers lui, et le pria de descendre et de guérir son fils, qui était près de mourir.
Jésus lui dit : « Si vous ne voyez des miracles et des prodiges, vous ne croyez point. »
L'officier du roi lui dit : « Seigneur, descends avant que mon enfant meure. »
« Va, lui dit Jésus, ton fils vit. » Et cet homme crut à la parole que Jésus lui avait dite, et il s'en alla.
Comme déjà il descendait, ses serviteurs venant à sa rencontre, lui apportèrent cette nouvelle : « Ton enfant vit. »
Il leur demanda à quelle heure il s'était trouvé mieux ; et ils lui dirent : « Hier, à la septième heure, la fièvre l'a quitté. »
Le père reconnut que c'était à cette heure-là que Jésus lui avait dit : « Ton fils vit. » Et il crut, lui et toute sa maison.
Jésus fit encore ce second miracle lorsqu'il fut venu de Judée en Galilée.

Les disciples se demandaient par quelle volonté Jésus accomplissait ses miracles et ils l'interrogèrent pour savoir s'il était Dieu lui-même ou l'un de ses prophètes.
Jésus leur répondit : « N'êtes-vous pas mes compagnons depuis longtemps ?
N'ai-je pas mangé avec vous et bu avec vous chaque jour ?
N'ai-je pas cheminé avec vous sur les chemins et de Judée et de Galilée et n'avez-vous pas vu mes pieds recouverts de poussière ?
Ne m'avez-vous pas vu m'arrêter pour me reposer et m'endormir le soir pour me réveiller le matin ?
Ne m'avez-vous pas vu, avec vous, souffrir de la soif et de la faim ?
Que dois-je donc faire encore pour que vous croyez que je suis un homme comme vous ?
Et, je vous le dis aujourd'hui, vous me verrez souffrir et mourir avant que vous mêmes ne souffriez et ne mouriez. »
Le disciple que Jésus aimait dit alors : « Tu es un homme, mais tu es le Fils de Dieu, et tu es homme et tu es Dieu »
Jésus acquiesça et dit : « Vous me verrez mourir et vous me verrez ressuscité le troisième jour et vous me verrez aussi dans la gloire de Dieu le Père, pour les siècles des siècles.
Mais, c'est la foi de l'officier du roi qui a guéri son fils et Dieu a donné aux hommes la foi et la foi est humaine. »


16
Jean 5 15 octobre Après cela, il y eut une fête des Juifs, et Jésus monta à Jérusalem.
Or, à Jérusalem, près de la porte des brebis, il y a une piscine qui s'appelle en hébreu Béthesda, et qui a cinq portiques.
Sous ces portiques étaient couchés en grand nombre des malades, des aveugles, des boiteux, des paralytiques, qui attendaient le mouvement de l'eau ;
car un ange descendait de temps en temps dans la piscine, et agitait l'eau ; et celui qui y descendait le premier après que l'eau avait été agitée était guéri, quelle que fût sa maladie.
Là se trouvait un homme malade depuis trente-huit ans.
Jésus, l'ayant vu couché, et sachant qu'il était malade depuis longtemps, lui dit : « Veux-tu être guéri ? »
Le malade lui répondit : « Seigneur, je n'ai personne pour me jeter dans la piscine quand l'eau est agitée, et, pendant que j'y vais, un autre descend avant moi. »
« Lève-toi, lui dit Jésus, prends ton lit, et marche. »
Aussitôt cet homme fut guéri ; il prit son lit, et marcha.

Les autres le regardaient avec étonnement et envie mais n'osaient rien dire.
Jésus lui dit alors « Et toi, tu ne me demandes pas qui je suis pour t'avoir guéri alors que tu étais malade depuis trente-huit ans et que tu étais toujours précédé dans la piscine de Béthesda ? »
L'homme que Jésus avait guéri lui répondit : « Que m'importe qui tu es et que faut-il que je croie. Tu m'as donné l'ordre de me lever, de prendre mon lit et de marcher et je me suis levé, j'ai pris mon lit et j'ai marché. Que dois-je savoir de plus ? »
Jésus, se tournant vers ses disciples qui demeuraient étonnés de la scène leur dit alors : « Puissiez-vous être en toute circonstance de votre vie comme cet homme qui ne discute pas les commandements du Seigneur et les suit à la lettre.
Il ne m'a rien demandé. Il n'a pas supplié. Il ne s'est pas accroché à mon manteau. Mais, il m'a dit qu'il ne pouvait pas descendre dans la piscine et il m'a dit pourquoi.
Regardez-le désormais qui s'en va en portant son lit sans difficulté.
Je vous le dis : soyez comme lui. Prenez votre fardeau quand le Seigneur vous le demande. Et votre fardeau se fera léger. »


17
16 octobre C'était un jour de sabbat. Les Juifs dirent donc à celui qui avait été guéri : « C'est le sabbat ; il ne t'est pas permis d'emporter ton lit. »
Il leur répondit : « Celui qui m'a guéri m'a dit : Prends ton lit, et marche. »
Ils lui demandèrent : « Qui est l'homme qui t'a dit : Prends ton lit, et marche ? »
Mais celui qui avait été guéri ne savait pas qui c'était ; car Jésus avait disparu de la foule qui était en ce lieu.
Depuis, Jésus le trouva dans le temple, et lui dit : « Voici, tu as été guéri ; ne pèche plus, de peur qu'il ne t'arrive quelque chose de pire. »
Cet homme s'en alla, et annonça aux Juifs que c'était Jésus qui l'avait guéri.
C'est pourquoi les Juifs poursuivaient Jésus, parce qu'il faisait ces choses le jour du sabbat.
Mais Jésus leur répondit : « Mon Père agit jusqu'à présent ; moi aussi, j'agis. »

Les docteurs lui dirent que le Père s'est reposé le septième jour de sa Création et ordonné aux hommes de faire de même.
Jésus leur dit : « Le Père a ordonné aux hommes de se reposer le septième jour pour que les hommes se reposent, pas pour leur interdire de travailler.
Mais il a interdit qu'on les fasse travailler le septième jour, car, les hommes ont besoin de repos.
Ne retournez pas au désavantage des hommes les commandements qui ont été envoyés à l'avantage des hommes et par amour.
Vous faites de toute règle une contrainte et vous vous saisissez de tout écart à la règle pour punir et proférer des imprécations.
Sachez que le Père n'aime pas les imprécations et n'aime pas les punitions.
Car, le Père ne juge point, comme vous ne devez pas juger. »

18
17 octobre À cause de cela, les Juifs cherchaient encore plus à le faire mourir, non seulement parce qu'il violait le sabbat, mais parce qu'il appelait Dieu son propre Père, se faisant lui-même égal à Dieu.
Jésus reprit donc la parole, et leur dit : « En vérité, en vérité, je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui-même, il ne fait que ce qu'il voit faire au Père ; et tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait pareillement.
Car le Père aime le Fils, et lui montre tout ce qu'il fait ; et il lui montrera des œuvres plus grandes que celles-ci, afin que vous soyez dans l'étonnement.
Car, comme le Père ressuscite les morts et donne la vie, ainsi le Fils donne la vie à qui il veut.
Le Père ne juge personne, mais il a remis tout jugement au Fils,
afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Celui qui n'honore pas le Fils n'honore pas le Père qui l'a envoyé. »

Tous étaient étonnés des paroles de Jésus et alors que l'un des docteurs de la loi protestait en faisant grand bruit, Jésus reprit : « Parce que vous vivez dans le lucre et l'envie, vous voulez comparer la maison du Fils et la maison du Père.
Mais, je vous le dis, ne vous perdez pas en conjectures, car la maison du Fils est la maison du Père et la maison du Père est la Maison du Fils et cette maison est incomparable à toute autre.
Comme vous vivez dans la jalousie, vous cherchez toujours à savoir qui est le plus grand.
Mais, je vous le dis, rien n'est comparable au Père et rien n'est comparable au Fils et le Fils ne peut être comparé au Père et le Père ne peut être comparé au Fils, car séparés, ils ne font qu'un.
Comme vous vous êtes habitué à compter vos biens ainsi que l'or et l'argent que vous amassez, vous vous demandez quelle offrande permet de gagner la vie éternelle.
Mais, je vous le dis, aucune offrande ne permet de gagner la vie éternelle, que vous ne gagnerez que par votre conversion.


19
18 octobre « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m'a envoyé, a la vie éternelle et ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie.
En vérité, en vérité, je vous le dis, l'heure vient, et elle est déjà venue, où les morts entendront la voix du Fils de Dieu ; et ceux qui l'auront entendue vivront.
Car, comme le Père a la vie en lui-même, ainsi il a donné au Fils d'avoir la vie en lui-même.
Et il lui a donné le pouvoir de juger, parce qu'il est Fils de l'homme.
Ne vous étonnez pas de cela ; car l'heure vient où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix, et en sortiront.
Ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie, mais ceux qui auront fait le mal ressusciteront pour le jugement.
Je ne puis rien faire de moi-même : selon que j'entends, je juge ; et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé.
Si c'est moi qui rends témoignage de moi-même, mon témoignage n'est pas vrai.
Il y en a un autre qui rend témoignage de moi, et je sais que le témoignage qu'il rend de moi est vrai. »

Un homme dans la foule demanda à Jésus : « Pouvons-nous juger nous aussi ?
Le Seigneur nous a donné la capacité de jugement et de distinguer ce qui est bien et ce qui est mal et cette distinction est indispensable pour être juste et bon et plaire au Seigneur. Mais, comment être juste et bon sans juger ? »
Jésus répondit : « Si tu vois un homme faire le mal, reconnais qu'il fait le mal et si tu vois un homme faire le bien, reconnais que c'est le bien et c'est aux fruits que l'on reconnaît la qualité de l'arbre.
Si un jour tu te trompes et que tu manges le fruit d'un arbre sans savoir qu'il est amer et qu'il va t'empoisonner, est-ce que tu vas juger l'arbre et sur le champ le couper et en bruler les branches ?
Non, tu auras appris à ne pas t'approcher de cet arbre et à ne pas en cueillir les fruits et surtout à ne pas les manger.
Faites de même avec les hommes car, en jugeant, vous ne pouvez pas ne pas vous chercher vous mêmes dans vos jugements.
Qui que vous soyez, que vous soyez docteurs de la loi ou croyants, ne juges point vos sœurs et vos frères car aucun jugement ne peut agréer au Seigneur votre Père.
Et ne vous approchez pas de ceux qui jugent car leurs fruits sont mauvais. »


20
19 octobre « Vous avez envoyé vers Jean, et il a rendu témoignage à la vérité.
Pour moi ce n'est pas d'un homme que je reçois le témoignage ; mais je dis ceci, afin que vous soyez sauvés.
Jean était la lampe qui brûle et qui luit, et vous avez voulu vous réjouir une heure à sa lumière.
Moi, j'ai un témoignage plus grand que celui de Jean ; car les œuvres que le Père m'a donné d'accomplir, ces œuvres mêmes que je fais, témoignent de moi que c'est le Père qui m'a envoyé.
Et le Père qui m'a envoyé a rendu lui-même témoignage de moi. Vous n'avez jamais entendu sa voix, vous n'avez point vu sa face,
et sa parole ne demeure point en vous, parce que vous ne croyez pas à celui qu'il a envoyé. »

Et Jésus a dit encore : « Vous ne croyez pas au Père, au Fils et au Saint-Esprit comme étant un et indivisible, car vous voudriez croire en Dieu comme vous croyez dans les choses humaines.
Vous voyez trois arbres et vous pensez que ces trois arbres ne peuvent pas faire un seul arbre parce que vous ne pouvez pas faire de ces trois arbres un seul arbre.
Vous voudriez croire en Dieu comme vous croyez dans les choses humaines, mais le Seigneur, qui est la source de toute chose sur la terre comme au Ciel, n'est pas une part de sa Création, car il est tout autre et ne peut être confondu avec elle.
Ainsi, je vous le dis, si vous ne croyez pas en la Sainte Trinité, vous ne croyez pas en Dieu.
Et si vous ne croyez pas au Fils, vous ne croyez pas au Père, car vous ne pouvez diviser ce qui est indivisible. »


21
20 octobre « Vous sondez les Écritures, parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle : ce sont elles qui rendent témoignage de moi.
Et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie !
Je ne tire pas ma gloire des hommes.
Mais je sais que vous n'avez point en vous l'amour de Dieu.
Je suis venu au nom de mon Père, et vous ne me recevez pas ; si un autre vient en son propre nom, vous le recevrez.
Comment pouvez-vous croire, vous qui tirez votre gloire les uns des autres, et qui ne cherchez point la gloire qui vient de Dieu seul ?
Ne pensez pas que moi je vous accuserai devant le Père ; celui qui vous accuse, c'est Moïse, en qui vous avez mis votre espérance.
Car si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi, parce qu'il a écrit de moi.
Mais si vous ne croyez pas à ses écrits, comment croirez-vous à mes paroles ? »

Un homme de la foule demanda à Jésus : « Tu nous reproches de ne pas te reconnaître, mais quels sont les signes que tu nous donnes pour que nous te reconnaissions  ?
N'es-tu pas homme semblable à tous les hommes ?
Et ne connaissons-nous pas ta maison et ta mère ?
N'as-tu pas joué quand tu étais enfant avec les autres enfants dans les rues de Nazareth ?
Nous sommes ici plusieurs à t'avoir vu grandir. Et aujourd'hui que tu as atteint l'âge d'homme, tu nous demande de croire que tu es l'Envoyé de Dieu ! »
Jésus le considéra et lui dit : « Tu ne crois pas en moi, dis-tu, parce que tu me connais.
Tu connais aussi tes parents et ta famille et tu ne doutes cependant pas de leur existence.
Tu ne crois pas en moi, car, tu ne crois pas que le Seigneur a pu te faire la grâce, dans son infinie bonté, d'avoir envoyé son Fils jusqu'à toi pour le pardon des péchés et la vie éternelle.
Mais si tu ne crois pas, toi qui me vois, comment croiront ceux qui ne me verront pas ? »


22
Jean 6 21 octobre Après cela, Jésus s'en alla de l'autre côté de la mer de Galilée, de Tibériade.
Une grande foule le suivait, parce qu'elle voyait les miracles qu'il opérait sur les malades.
Jésus monta sur la montagne, et là il s'assit avec ses disciples.
Or, la Pâque était proche, la fête des Juifs.
Ayant levé les yeux, et voyant qu'une grande foule venait à lui, Jésus dit à Philippe : « Où achèterons-nous des pains, pour que ces gens aient à manger ? »
Il disait cela pour l'éprouver, car il savait ce qu'il allait faire.
Philippe lui répondit : « Les pains qu'on aurait pour deux cents deniers ne suffiraient pas pour que chacun en reçût un peu. »

Jésus regardait la foule devant lui qui s'étendait à perte de vue.
Il dit à Philippe : « Regarde devant toi. Que vois-tu  ? »
Philippe répondit : « Voici des hommes et des femmes et aussi des enfants qui viennent de partout, car ils vont à Jérusalem et on leur a dit qu'un prophète faisait des miracles. »
Jésus lui répondit alors : « Tu vois une foule, mais moi, je ne vois pas de foule.
Je regarde et je vois chaque homme, chaque femme et chaque enfant et chaque homme, chaque femme et chaque enfant est un enfant du Seigneur.
Quand le Seigneur nourrit une foule, ce n'est pas une foule qu'il nourrit, mais chacune et chacun dans la foule. »


23
22 octobre Un de ses disciples, André, frère de Simon Pierre, lui dit :
« Il y a ici un jeune garçon qui a cinq pains d'orge et deux poissons ; mais qu'est-ce que cela pour tant de gens ? »
Jésus dit : « Faites-les asseoir. » Il y avait dans ce lieu beaucoup d'herbe. Ils s'assirent donc, au nombre d'environ cinq mille hommes.
Jésus prit les pains, rendit grâces, et les distribua à ceux qui étaient assis ; il leur donna de même des poissons, autant qu'ils en voulurent.
Lorsqu'ils furent rassasiés, il dit à ses disciples : « Ramassez les morceaux qui restent, afin que rien ne se perde. »
Ils les ramassèrent donc, et ils remplirent douze paniers avec les morceaux qui restèrent des cinq pains d'orge, après que tous eurent mangé.
Ces gens, ayant vu le miracle que Jésus avait fait, disaient : « Celui-ci est vraiment le prophète qui doit venir dans le monde. »
Et Jésus, sachant qu'ils allaient venir l'enlever pour le faire roi, se retira de nouveau sur la montagne, lui seul.

Car, Jésus ne voulait pas être roi, car il fallait que la prophétie s'accomplisse.
À mesure qu'il s'éloignait de la foule et que les murmures tout autant d'étonnement que de contentement d'avoir mangé du pain et du poisson s'évanouissaient, les disciples se rapprochèrent pour interroger Jésus mais celui-ci, d'un geste, leur demanda de ne pas l'interroger. Et, prenant la parole, il leur dit : « Ne me demandez pas comment cette foule de cinq mille hommes a pu manger de cinq pains d'orge et de deux poissons.
Ne me demandez pas qui a fait cela, si c'est le Père, le Fils ou le Saint Esprit.
Ne me demandez pas qui a fait cela car, je ne vous répondrai pas.
Pourquoi vous répondrais-je alors que vous étiez là avec moi, que vous m'avez vu faire et que vous aussi vous avez mangé de ces pains et de ces poissons et c'est encore vois à qui j'ai demandé de ramasser les morceaux qui restaient et tous les douze, vous avez rempli chacun un panier.
Si vous, qui étiez avec moi et qui me suivez depuis longtemps maintenant demandez encore des explications, que feront ceux qui ne m'auront pas vu et qui cependant croiront.
Ne confondez pas ce qui est de l'ordre de la foi de ce qui est d'un autre ordre. Croyez et le Ciel vous sera ouvert et ne marchandez pas avec le Seigneur votre foi. »


24
23 octobre Quand le soir fut venu, ses disciples descendirent au bord de la mer.
Étant montés dans une barque, ils traversaient la mer pour se rendre à Capernaüm. Il faisait déjà nuit, et Jésus ne les avait pas encore rejoints.
Il soufflait un grand vent, et la mer était agitée.
Après avoir ramé environ vingt-cinq ou trente stades, ils virent Jésus marchant sur la mer et s'approchant de la barque. Et ils eurent peur.
Mais Jésus leur dit : « C'est moi ; n'ayez pas peur ! »
Ils voulaient donc le prendre dans la barque, et aussitôt la barque aborda au lieu où ils allaient.

Surpris d'être arrivés à bon port malgré le grand vent et l'agitation de la mer, ils demandèrent à Jésus ce qui s'était passé et s'il les avait endormis pour qu'ils cessent d'avoir peur.
Jésus leur dit : « Ne cesserez-vous jamais d'avoir peur au point de ne pas savoir choisir entre vos peurs ?
Vous étiez dans la barque et vous ramiez sans relâche mais le vent vous était contraire et vous aviez peur que la barque ne chavire ainsi que de périr.
Vous étiez encore dans la barque et vous m'avez vu venir à vous et vous avez eu peur que je sois un esprit. Mais vous me connaissez pourtant.
Et vous êtes désormais arrivés à bon port et vous avez peur encore de ne pas savoir comment la barque a rejoint le port.
Pensez-vous que les œuvres de Dieu obéissent aux chemins des hommes ? »


25
24 octobre La foule qui était restée de l'autre côté de la mer avait remarqué qu'il ne se trouvait là qu'une seule barque, et que Jésus n'était pas monté dans cette barque avec ses disciples, mais qu'ils étaient partis seuls.
Le lendemain, comme d'autres barques étaient arrivées de Tibériade près du lieu où ils avaient mangé le pain après que le Seigneur eut rendu grâces,
les gens de la foule, ayant vu que ni Jésus ni ses disciples n'étaient là, montèrent eux-mêmes dans ces barques et allèrent à Capernaüm à la recherche de Jésus.
Et l'ayant trouvé au delà de la mer, ils lui dirent : « Rabbi, quand es-tu venu ici ? »
Jésus leur répondit : « En vérité, en vérité, je vous le dis, vous me cherchez, non parce que vous avez vu des miracles, mais parce que vous avez mangé des pains et que vous avez été rassasiés.
Travaillez, non pour la nourriture qui périt, mais pour celle qui subsiste pour la vie éternelle, et que le Fils de l'homme vous donnera ; car c'est lui que le Père, que Dieu a marqué de son sceau. »

Et comme les hommes qui étaient venus en barque jusqu'à Capernaüm demeuraient silencieux comme s'ils ne comprenaient pas ses paroles, Jésus leur dit encore :
« Vous me cherchez. Mais, allez-vous continuer ainsi à traverser les mers pour me trouver ? Et si l'on vous dit que je suis à Rome, irez-vous jusqu'à Rome ?
Et quand vous serez arrivés à Rome, si l'on vous dit que je suis à Jérusalem, repartirez-vous à Jérusalem, Tibériade, Capernaüm ou Nazareth ?
En vérité, je vous le dis, celui qui me cherche et qui cherche Dieu avec ferveur me trouvera dans le secret de sa chambre. S'il part à Jérusalem, il me trouvera à Jérusalem. Et s'il part à Rome, je serai à Rome avec lui.
Car, viendra la temps, prochainement, où je serai avec mon Père, également présent pour tous les hommes, dans la lumière et dans l'amour de la création.
Et vous me chercherez dans votre cœur, car c'est dans votre cœur que je serai. »


26
25 octobre Ils lui dirent : « Que devons-nous faire, pour faire les œuvres de Dieu ? »
Jésus leur répondit : « L'œuvre de Dieu, c'est que vous croyiez en celui qu'il a envoyé. »
« Quel miracle fais-tu donc, lui dirent-ils, afin que nous le voyions, et que nous croyions en toi ? Que fais-tu ?
Nos pères ont mangé la manne dans le désert, selon ce qui est écrit :
Il leur donna le pain du ciel à manger. »
Jésus leur dit : « En vérité, en vérité, je vous le dis, Moïse ne vous a pas donné le pain du ciel, mais mon Père vous donne le vrai pain du ciel ;
car le pain de Dieu, c'est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. »
Ils lui dirent : « Seigneur, donne-nous toujours ce pain. »
Jésus leur dit : « Je suis le pain de vie. Celui qui vient à moi n'aura jamais faim, et celui qui croit en moi n'aura jamais soif.
Mais, je vous l'ai dit, vous m'avez vu, et vous ne croyez point.
Tous ceux que le Père me donne viendront à moi, et je ne mettrai pas dehors celui qui vient à moi ;
car je suis descendu du ciel pour faire, non ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé.
Or, la volonté de celui qui m'a envoyé, c'est que je ne perde rien de tout ce qu'il m'a donné, mais que je le ressuscite au dernier jour.
La volonté de mon Père, c'est que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle ; et je le ressusciterai au dernier jour. »

Alors que Jésus allait partir et commençait à s'éloigner, ils lui dirent encore  : « Pourquoi pars-tu et pourquoi nous quittes-tu ?
Si tu veux que nous croyions en toi, il faut que tu restes avec nous, car, tu es notre pasteur et tu dois nous accompagner dans la foi. »
Jésus leur dit alors : « Je ne suis pas votre bon pasteur et vous aurez à travers les siècles de nombreux pasteurs. Vous choisirez ces pasteurs et certains d'entre eux seront aussi des femmes. Car, il n'y a pas de différence entre les hommes et les femmes quand il s'agit de conduire le peuple de Dieu à bon port.
Je vous le dis, les femmes sont plus proches du Seigneur que ne le seront jamais les hommes et vous devez les écouter et les suivre.
Vos père vous ont appris à maintenir les femmes sous votre domination. Mais le Seigneur n'agrée pas la domination des hommes sur les femmes.
Et le Seigneur exècre la domination des hommes sur les femmes, car les femmes sont les enfants de Dieu au même titre que les hommes.
En vérité, je vous le dis, ceux qui touchent à un cheveu d'une femme n'entrera pas au royaume de Dieu, car les hommes doivent chérir les femmes comme leur mère les chérit. »
Les hommes écoutaient avec surprise ce que Jésus leur disait, car, personne n'avait jamais parlé ainsi, ni même aucun prophète avant lui.
Jésus leur dit alors : « Vous vous étonnez de ce que je dis, mais je ne suis pas venu jusqu'à vous pour répéter ce que d'autres ont dit avant moi. »


27
26 octobre Les Juifs murmuraient à son sujet, parce qu'il avait dit : « Je suis le pain qui est descendu du ciel. »
Et ils disaient : « N'est-ce pas là Jésus, le fils de Joseph, celui dont nous connaissons le père et la mère ? Comment donc dit-il : Je suis descendu du ciel ? »
Jésus leur répondit : « Ne murmurez pas entre vous.
Nul ne peut venir à moi, si le Père qui m'a envoyé ne l'attire ; et je le ressusciterai au dernier jour.
Il est écrit dans les prophètes : Ils seront tous enseignés de Dieu. Ainsi quiconque a entendu le Père et a reçu son enseignement vient à moi.
C'est que nul n'a vu le Père, sinon celui qui vient de Dieu ; celui-là a vu le Père.
En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi a la vie éternelle.
Je suis le pain de vie.
Vos pères ont mangé la manne dans le désert, et ils sont morts.
C'est ici le pain qui descend du ciel, afin que celui qui en mange ne meure point.
Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement ; et le pain que je donnerai, c'est ma chair, que je donnerai pour la vie du monde. »

Un de ceux qui étaient là et qui écoutaient Jésus pour le contredire lui dit alors : « Nos pères ont mangé la manne dans le désert parce qu'ils avaient faim et qu'ils allaient mourir de faim s'ils ne trouvaient pas de nourriture. Et le Seigneur leur a envoyé la manne dans le désert.
Chaque jour, nous prions pour que nous trouvions notre pain quotidien et nous louons le Seigneur si nous sommes exaucés.
Devons-nous cesser de prier le Seigneur et le louer pour lui préférer tes paroles et si tes paroles sont sources de vie éternelle sont-elles sources de vie temporelle ? »
Jésus le regarda et lui dit : « Tous les jours, et plusieurs fois par jour, priez le Seigneur et louez-le pour les grâces dont il vous comble.
Car, je vous le dis, chaque bouchée de pain que vous prenez vient de lui.
Le Seigneur a créé le blé et les champs, l'eau et les sources pour que tous les hommes puissent manger à leur faim et boire à leur soif. Et ce n'est que la méchanceté des hommes qui a fait que certains accumulent les richesses quand d'autres n'ont pas pas une bouchée de pain pour leurs enfants.
Mais, l'homme ne vit pas que de pain.
Le pain que je vous donne vous rassasiera autrement que celui de votre table. »


28
27 octobre Là-dessus, les Juifs disputaient entre eux, disant : « Comment peut-il nous donner sa chair à manger ? »
Jésus leur dit : « En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme, et si vous ne buvez son sang, vous n'avez point la vie en vous-mêmes.
Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle ; et je le ressusciterai au dernier jour.
Car ma chair est vraiment une nourriture, et mon sang est vraiment un breuvage.
Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang demeure en moi, et je demeure en lui.
Comme le Père qui est vivant m'a envoyé, et que je vis par le Père, ainsi celui qui me mange vivra par moi.
C'est ici le pain qui est descendu du ciel. Il n'en est pas comme de vos pères qui ont mangé la manne et qui sont morts : celui qui mange ce pain vivra éternellement. »

Mais les détracteurs de Jésus insistaient auprès de lui pour qu'il explique comment il pouvait donner sa chair et son sang, car, ils voyaient bien que la foule se demandait comment une telle chose était possible et que cela ressemblait à un rite païen.
Jésus leur dit alors : « Ne savez-vous pas de vos pères que le Seigneur a demandé à Abraham de sacrifier son fils Isaac et que celui-ci a accepté.
Et ne vous rappelez-vous pas aussi que Le Seigneur a sauvé le fils d'Abraham ?
Mais, en vérité je vous le dis, ce que le Seigneur a fait pour le fils d'Abraham, il ne le fera pas pour son propre fils, qui doit mourir pour vous et ressusciter le troisième jour.
Le pain que je vous donnerai, ce sera ma chair. Et le vin que je vous donnerai, ce sera mon sang.
Et ce sera le pain de la vie éternelle. Et ce sera le vin de la vie éternelle.
Priez pour votre Salut et le Salut du monde. »


29
28 octobre Jésus dit ces choses dans la synagogue, enseignant à Capernaüm.
Plusieurs de ses disciples, après l'avoir entendu, dirent : « Cette parole est dure ; qui peut l'écouter ? »
Jésus, sachant en lui-même que ses disciples murmuraient à ce sujet, leur dit : « Cela vous scandalise-t-il ?
Et si vous voyez le Fils de l'homme monter où il était auparavant ?...
C'est l'esprit qui vivifie ; la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie.
Mais il en est parmi vous quelques-uns qui ne croient point. » Car Jésus savait dès le commencement qui étaient ceux qui ne croyaient point, et qui était celui qui le livrerait.
Et il ajouta : « C'est pourquoi je vous ai dit que nul ne peut venir à moi, si cela ne lui a été donné par le Père. »

Mais les disciples murmuraient encore, car ce que leur demandait Jésus leur semblait ardu.
Alors, Jésus leur dit : « Vous me regardez et vous m'écoutez et vous pensez me connaître et vous pensez m'entendre.
Et de même, vous vous regardez les uns les autres et vous pensez vous connaître les uns les autres et vous pensez aussi vous entendre les uns les autres.
Mais, vous ne me connaissez pas et vous ne m'entendez pas.
Et vous ne vous connaissez pas les uns les autres et vous ne vous entendez pas les uns les autres.
Mais, moi, je vous connais et je vous entends et je vous entends même quand vous n'entendez pas vous-mêmes ce que vous dites.
Et je vous comprends même quand vous ne comprenez pas vous-mêmes ce que vous faites, car je viens du Père et retournerai au Père. »

30
29 octobre Dès ce moment, plusieurs de ses disciples se retirèrent, et ils n'allaient plus avec lui.
Jésus donc dit aux douze : « Et vous, ne voulez-vous pas aussi vous en aller ? »
Simon Pierre lui répondit : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle.
Et nous avons cru et nous avons connu que tu es le Christ, le Saint de Dieu. »
Jésus leur répondit : « N'est-ce pas moi qui vous ai choisis, vous les douze ? Et l'un de vous est un démon ! »
Il parlait de Judas Iscariot, fils de Simon ; car c'était lui qui devait le livrer, lui, l'un des douze.

L'un des douze, le frère de Simon Pierre, lui dit alors : « Seigneur, tu nous a choisis et nous t'avons suivis. En te suivant, nous t'avons aussi choisi comme nous choisissons de demeurer avec toi.
Tu dis que l'une des douze est un démon. Mais, tu as aussi choisi ce démon-là et lui aussi a choisi de demeurer avec toi.
Pourquoi as-tu choisis celui-là parmi les douze ? »
Jésus lui répondit : « Rien ne m'est dissimulé de vos cœurs et rien ne m'est dissimulé de ce qui doit arriver. Car, je vous ai choisis, mais je n'ai pas choisi ce qui doit arriver, qui est la volonté du Père. »


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