2020
Les évangiles augmentés











L'évangile selon saint Jean augmenté par Noëmie Diégèse







1
Jean 1
30 septembre
Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu.
Elle était au commencement avec Dieu.
Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle.
En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes.
La lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont point reçue.
Il y eut un homme envoyé de Dieu : son nom était Jean.
Il vint pour servir de témoin, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui.
Il n’était pas la lumière, mais il parut pour rendre témoignage à la lumière.
Cette lumière était la véritable lumière, qui, en venant dans le monde, éclaire tout homme.
Elle était dans le monde, et le monde a été fait par elle, et le monde ne l'a point connue.
Elle est venue chez les siens, et les siens ne l'ont point reçue.
Mais à tous ceux qui l'ont reçue, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, lesquels sont nés,
non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu.

Ainsi, ceux qui croient au nom de la lumière croient aussi en Son nom  ;
et ceux qui croient au nom de la lumière croient en l'humanité  ;
car, la lumière est venue pour les hommes et les hommes ne l'ont point reçue.
Alors Dieu a envoyé son fils pour que les hommes croient en la lumière et les hommes n'ont pas cru.
Mais, certains ont porté témoignage et ce témoignage s'est transmis jusqu'à maintenant et continuera de se transmettre pour les siècles des siècles.
Et ceux qui croient en la lumière témoigneront de la parole et ceux qui témoigneront de la parole seront avec Dieu, pour le commencement et pour le jour du jugement.
Tout homme a reçu la lumière, mais certains ont tenté de l'éteindre en eux et aussi en leurs frères.
Mais, il n'y sont pas parvenus.
Et ils n'y parviendront pas, car la lumière est éternelle.
Car, la lumière est née de Dieu pour les hommes et Dieu est éternel.


2
1er octobre
Et la Parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité ; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père.
Jean lui a rendu témoignage, et s'est écrié : C'est celui dont j'ai dit : « Celui qui vient après moi m'a précédé, car il était avant moi.
Et nous avons tous reçu de sa plénitude, et grâce pour grâce ;
car la loi a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ.
Personne n'a jamais vu Dieu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, est celui qui l'a fait connaître. »
Voici le témoignage de Jean, lorsque les Juifs envoyèrent de Jérusalem des sacrificateurs et des Lévites, pour lui demander : « Toi, qui es-tu ? »
Il déclara, et ne le nia point, il déclara qu'il n'était pas le Christ.
Et ils lui demandèrent : « Quoi donc ? es-tu Élie ? » Et il dit : « Je ne le suis point. » « Es-tu le prophète ? » Et il répondit : «  Non. »
Ils lui dirent alors : « Qui es-tu ? afin que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés. Que dis-tu de toi-même ? »
« Moi, dit-il, je suis la voix de celui qui crie dans le désert :
Aplanissez le chemin du Seigneur,
comme a dit Ésaïe, le prophète. »
Ceux qui avaient été envoyés étaient des pharisiens.
Ils lui firent encore cette question : « Pourquoi donc baptises-tu, si tu n'es pas le Christ, ni Élie, ni le prophète ? »
Jean leur répondit : « Moi, je baptise d'eau, mais au milieu de vous il y a quelqu'un que vous ne connaissez pas, qui vient après moi ;
je ne suis pas digne de délier la courroie de ses souliers. »

Jean reprit la parole et leur dit : « Tout au long des temps, vous serez appelés à me suivre et à suivre aussi celui qui vient après moi et qui est plus grand que moi.
Vous aussi, tout au long des temps, acceptez que vienne après vous plus grand que vous, car c'est ainsi que le Seigneur l'a voulu et c'est ainsi qu'il le voudra pour les siècles des siècles.
Pourquoi voulez-vous toujours être le plus grand alors que vous êtes petits et qu'il y a autant de grandeur à être grand qu'à être petit ?
Celui qui vient après moi vous enseignera l'humilité plutôt que la morgue et l'arrogance.
Mais vous aimez et vous craignez la morgue et l'arrogance des puissants.
Et vous guettez leurs frasques avec gourmandise.
Celui qui vient après moi vous enseignera à craindre le regard courroucé d'un enfant et à craindre aussi ses larmes de tristesse ou de colère.
Car, sachez que les larmes d'un enfant sont dans le royaume du Seigneur plus fortes et plus puissantes que toutes les armées du monde.
Celui qui viendra après moi vous enseignera la douceur et la force de la douceur et vous enseignera la force de la faiblesse.
Il vous enseignera l'amour et vous donnera de nouveaux commandements qui viendront s'ajouter à ceux que vous connaissez déjà et qui vous ont été donnés par Moïse et les prophètes.
Moi, je ne vous donne aucun commandement, mais je vous baptise dans l'eau du Jourdain et ce baptême vous purifie et vous prépare à recevoir le baptême de feu de l'Esprit. »
Ne soyez pas craintifs et ne craignez point l'apocalypse.
Elle viendra sans que vous en connaissiez le jour ni l'heure et vous n'aurez pas de temps pour vous y préparer.
Mais craignez le temps présent, car, il est pour vous le temps de tous les dangers. »


3
2 octobre
Ces choses se passèrent à Béthanie, au delà du Jourdain, où Jean baptisait.
Le lendemain, il vit Jésus venant à lui, et il dit : « Voici l'Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde.
C'est celui dont j'ai dit : Après moi vient un homme qui m'a précédé, car il était avant moi.
Je ne le connaissais pas, mais c'est afin qu'il fût manifesté à Israël que je suis venu baptiser d'eau. »
Jean rendit ce témoignage : « J'ai vu l'Esprit descendre du ciel comme une colombe et s'arrêter sur lui.
Je ne le connaissais pas, mais celui qui m'a envoyé baptiser d'eau, celui-là m'a dit : Celui sur qui tu verras l'Esprit descendre et s'arrêter, c'est celui qui baptise du Saint-Esprit.
Et j'ai vu, et j'ai rendu témoignage qu'il est le Fils de Dieu. »

Ainsi, plaise à Dieu que vous soyez tel Jean et que dès le premier instant vous rendiez témoignage du sauveur.
Convertissez-vous au premier regard et vous verrez l'Esprit descendre comme une colombe.
Car, votre témoignage peut sauver comme le témoignage de Jean, par le baptême était un témoignage et un baptême qui conduisaient au Salut.
Vous aussi, faites-vous baptiser dans l'eau pour que l'Esprit descende du ciel sur vous et vous baptise comme Jésus Christ Fils de Dieu a baptisé les foules.
Et ne craignez pas ce que vous voyez, car ce que vous voyez est juste et bon.
Et ne craignez pas la foule et ses sarcasmes, car la foule, toujours, n'est faite que de sarcasmes.


4
3 octobre Le lendemain, Jean était encore là, avec deux de ses disciples ;
et, ayant regardé Jésus qui passait, il dit : «  Voilà l'Agneau de Dieu.  »
Les deux disciples l'entendirent prononcer ces paroles, et ils suivirent Jésus.
Jésus se retourna, et voyant qu'ils le suivaient, il leur dit : «  Que cherchez-vous ?  » Ils lui répondirent : «  Rabbi (ce qui signifie Maître), où demeures-tu ?  »
Venez, leur dit-il, et voyez. Ils allèrent, et ils virent où il demeurait ; et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. C'était environ la dixième heure.
André, frère de Simon Pierre, était l'un des deux qui avaient entendu les paroles de Jean, et qui avaient suivi Jésus.
Ce fut lui qui rencontra le premier son frère Simon, et il lui dit : «  Nous avons trouvé le Messie (ce qui signifie Christ).  »
Et il le conduisit vers Jésus. Jésus, l'ayant regardé, dit : «  Tu es Simon, fils de Jonas ; tu seras appelé Céphas (ce qui signifie Pierre).  »

Vous pouvez tous être appelés et il n'y a en cela aucune destinée.
Croyez-vous que Simon, dans le sein de sa mère, avait pour vocation de devenir Pierre.
Et croyez-vous qu'André, son frère, savait autre chose de Simon qu'il était son frère.
Et Jonas, leur père, savait qu'il avait des fils.
Il avait nommé l'un André et l'autre Simon et n'entendait pas qu'on changeât leur nom.
Mais Jésus est venu et il a appelé Simon Pierre.
Et Pierre était toujours le fils de Jonas et le frère d'André bien qu'il s'appelât Pierre désormais et non Simon comme sa mère l'appelait.
André, ce jour-là, ne savait pas où Jésus habitait et il l'a suivi.
Puis, il a mené son frère et Simon a rencontré Jésus et il a su comme son frère où Jésus habitait.
Vous aussi sur votre chemin, si vous rencontrez l'Agneau de Dieu, suivez-le jusque dans sa maison et menez vos frères jusqu'à lui et il vous sera rendu grâce.


5
4 octobre Le lendemain, Jésus voulut se rendre en Galilée, et il rencontra Philippe. Il lui dit : « Suis-moi. »
Philippe était de Bethsaïda, de la ville d'André et de Pierre.
Philippe rencontra Nathanaël, et lui dit : « Nous avons trouvé celui de qui Moïse a écrit dans la loi et dont les prophètes ont parlé, Jésus de Nazareth, fils de Joseph. »
Nathanaël lui dit : « Peut-il venir de Nazareth quelque chose de bon ? » Philippe lui répondit : « Viens, et vois. »
Jésus, voyant venir à lui Nathanaël, dit de lui : « Voici vraiment un Israélite, dans lequel il n'y a point de fraude. »
« D'où me connais-tu ? » lui dit Nathanaël. Jésus lui répondit : « Avant que Philippe t'appelât, quand tu étais sous le figuier, je t'ai vu. »
Nathanaël répondit et lui dit : « Rabbi, tu es le Fils de Dieu, tu es le roi d'Israël. »
Jésus lui répondit : « Parce que je t'ai dit que je t'ai vu sous le figuier, tu crois ; tu verras de plus grandes choses que celles-ci. »
Et il lui dit : « En vérité, en vérité, vous verrez désormais le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre sur le Fils de l'homme. »

Et vous aussi Jésus vous a reconnu au premier regard et vous ne devez point vous en étonner, car, rien n'est impossible au Fils de l'homme.
Vous étiez assis sous le figuier ou bien au milieu de la cour de la synagogue et Jésus vous a reconnus.
Vous lui avez apporté vos péchés et votre repentance et il vous a donné la prière.
Et si vous reconnaissez Jésus, alors Jésus vous reconnaîtra.
Malheur à ceux que Jésus a reconnus et qu'ils ne l'ont pas reconnu, car ceux-ci demeureront dans le péché et périront dans le feu de la géhenne.
Et si vous êtes appelés, répondez à l'appel et soyez sans crainte.
Soyez comme Nathanaël et ne protestez pas et reconnaissez en Jésus le Fils de Dieu et le roi d'Israël.
Et, comme Nathanaël, vous verrez le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre sur le Fils de l'homme.
Plongez-vous dans la prière et ne cessez jamais de prier, car, seule la prière est bonne pour vous et pour vos sœurs et vos frères, car elle est don de Dieu.
Et laissez faire la prière, car elle est source de grâces infinies.


6
Jean 2 5 octobre Trois jours après, il y eut des noces à Cana en Galilée. La mère de Jésus était là,
et Jésus fut aussi invité aux noces avec ses disciples.
Le vin ayant manqué, la mère de Jésus lui dit : « Ils n'ont plus de vin. »
Jésus lui répondit : « Femme, qu'y a-t-il entre moi et toi ? Mon heure n'est pas encore venue. »
Sa mère dit aux serviteurs : « Faites ce qu'il vous dira. »
Or, il y avait là six vases de pierre, destinés aux purifications des Juifs, et contenant chacun deux ou trois mesures.
Jésus leur dit : « Remplissez d'eau ces vases. » Et ils les remplirent jusqu'au bord.
« Puisez maintenant, leur dit-il, et portez-en à l'ordonnateur du repas. » Et ils en portèrent.
Quand l'ordonnateur du repas eut goûté l'eau changée en vin, ne sachant d'où venait ce vin, tandis que les serviteurs, qui avaient puisé l'eau, le savaient bien, il appela l'époux,
et lui dit : « Tout homme sert d'abord le bon vin, puis le moins bon après qu'on s'est enivré ; toi, tu as gardé le bon vin jusqu'à présent. »
Tel fut, à Cana en Galilée, le premier des miracles que fit Jésus. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui.

Le soir, la mère de Jésus, ses frères et ses disciples rassemblés autour de lui lui demandèrent par qui il avait transformé l'eau en vin.
Jésus leur répondit : « Qu'ai-je fait qu'il faille qu'on s'y arrête et ne buvez-vous pas aussi bien du vin que de l'eau ?
Que sont les noces si l'on ne se réjouit pas et fallait-il laisser les convives manquer de vin quand ils devaient se réjouir ?
Et fallait-il encore laisser l'époux subir l'affront de voir ses invités manquer de vin ?
Mais, peu importe le vin et les noces, car ceci, pour vous, est une leçon que vous retiendrez : il faut se réjouir tant que les époux sont réunis et ne pas laisser s'attrister une noce.
Vous aurez le temps de vous lamenter quand l'époux sera parti et aura quitté ce monde, car, ces jours-là seront des jours de grande tristesse.
Lamentez-vous quand il faut se lamenter mais réjouissez-vous quand il faut se réjouir, car, la joie des noces est sacrée et rien ne doit venir la contrarier.
Ainsi, comme l'époux des noces de Cana, le Seigneur votre Père a gardé le meilleur vin pour la fin des épousailles et réjouissez-vous de cette grâce, car rien ne saurait venir la ternir. »


7
6 octobre Après cela, il descendit à Capernaüm, avec sa mère, ses frères et ses disciples, et ils n'y demeurèrent que peu de jours.
La Pâque des Juifs était proche, et Jésus monta à Jérusalem.
Il trouva dans le temple les vendeurs de bœufs, de brebis et de pigeons, et les changeurs assis.
Ayant fait un fouet avec des cordes, il les chassa tous du temple, ainsi que les brebis et les bœufs ; il dispersa la monnaie des changeurs, et renversa les tables ;
et il dit aux vendeurs de pigeons : « Otez cela d'ici, ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic. »
Ses disciples se souvinrent qu'il est écrit : « Le zèle de ta maison me dévore. »
Les Juifs, prenant la parole, lui dirent : « Quel miracle nous montres-tu, pour agir de la sorte ? »
Jésus leur répondit : « Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai. »
Les Juifs dirent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce temple, et toi, en trois jours tu le relèveras ! »
Mais il parlait du temple de son corps.
C'est pourquoi, lorsqu'il fut ressuscité des morts, ses disciples se souvinrent qu'il avait dit cela, et ils crurent à l'Écriture et à la parole que Jésus avait dite.
Pendant que Jésus était à Jérusalem, à la fête de Pâque, plusieurs crurent en son nom, voyant les miracles qu'il faisait.
Mais Jésus ne se fiait point à eux, parce qu'il les connaissait tous,
et parce qu'il n'avait pas besoin qu'on lui rendît témoignage d'aucun homme ; car il savait lui-même ce qui était dans l'homme.

Et il savait que les hommes aiment à faire commerce et qu'ils font commerce aussi de ce qui est sacré.
Ils confondent la maison de Dieu avec un champ de foire.
Mais si la maison de Dieu est un champ de foire, que vient y faire le prophète sinon des tours de magie pour amuser les foules et pour leur vendre encore des amusements ?
Ainsi, quand les sacrificateurs lui demandent des miracles et lui font la promesse de croire en lui, il s'agit d'un double mensonge devant Dieu et devant les hommes.
Car, aucun miracle ne précède la conversion, mais c'est la conversion qui précède le miracle.
Ne demandez pas de miracle pour croire, mais, bien au contraire, croyez et vous recevrez grâces et miracles en abondance.
Et ne faites pas assaut de prières, de génuflexions et de lamentations ;
et ne faites pas assaut d'offrandes et de sacrifices, car tout cela n'est que résurgence de pratiques païennes.
La conversion est d'abord la conversion du cœur pour que l'Esprit saint puisse y pénétrer et faire son ouvrage.
Et ne comparez pas votre foi avec celle de votre voisin comme s'il s'agissait de comparer la taille d'un bœuf ou le nombre de brebis au sein du troupeau.
La foi est incomparable et ne se compare donc à rien.
Car, Dieu agrée toute conversion, même de la dernière heure et elle lui est aussi chère que les conversions précoces.


8
Jean 3 7 octobre Mais il y eut un homme d'entre les pharisiens, nommé Nicodème, un chef des Juifs,
qui vint, lui, auprès de Jésus, de nuit, et lui dit : « Rabbi, nous savons que tu es un docteur venu de Dieu ; car personne ne peut faire ces miracles que tu fais, si Dieu n'est avec lui. »
Jésus lui répondit : « En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu. »
Nicodème lui dit : « Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il rentrer dans le sein de sa mère et naître ? »
Jésus répondit : « En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d'eau et d'Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu.
Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l'Esprit est esprit.
Ne t'étonne pas que je t'aie dit : Il faut que vous naissiez de nouveau.
Le vent souffle où il veut, et tu en entends le bruit ; mais tu ne sais d'où il vient, ni où il va. Il en est ainsi de tout homme qui est né de l'Esprit. »

Jésus lui dit encore : « Pourquoi m'appelles-tu Rabbi et prétends-tu que je suis un docteur venu de Dieu ?
Ne te présentes-tu pas toi aussi comme un docteur et parmi les plus savants s'agissant des Écritures ?
Mais, tu dis cela pour me flatter comme on flatte un animal pour les jeux afin qu'il accomplisse un tour.
Crois-tu que les miracles que je vous donne à voir sont pour vous divertir ?
Et tu vois, dès lors que je parle, tu ne comprends pas ce que je dis.
Je parle de naissance et tu comprends que je parle de naissance.
Et quand je dis de l'homme qu'il doit naître de nouveau, tu comprends qu'il doit naître de nouveau.
Mais quand Dieu vous parle par les prophètes, que comprenez-vous ?
Vous ne vous rappelez que quelques règles et quelques lois et ce que vous comprenez, vous ne le comprenez pas par le cœur.
Or, c'est par le cœur qu'il faut laisser entrer en soi l'Esprit. »


9
8 octobre Nicodème lui dit : « Comment cela peut-il se faire ? »
Jésus lui répondit : « Tu es le docteur d'Israël, et tu ne sais pas ces choses !
En vérité, en vérité, je te le dis, nous disons ce que nous savons, et nous rendons témoignage de ce que nous avons vu ; et vous ne recevez pas notre témoignage.
Si vous ne croyez pas quand je vous ai parlé des choses terrestres, comment croirez-vous quand je vous parlerai des choses célestes ?
Personne n'est monté au ciel, si ce n'est celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme qui est dans le ciel.
Et comme Moïse éleva le serpent dans le désert, il faut de même que le Fils de l'homme soit élevé,
afin que quiconque croit en lui ait la vie éternelle.
Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle.
Dieu, en effet, n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour qu'il juge le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui.
Celui qui croit en lui n'est point jugé ; mais celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu'il n'a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.
Et ce jugement c'est que, la lumière étant venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises.
Car quiconque fait le mal hait la lumière, et ne vient point à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient dévoilées ;
mais celui qui agit selon la vérité vient à la lumière, afin que ses œuvres soient manifestées, parce qu'elles sont faites en Dieu. »

Nicodème lui dit alors : « Quand je me lève le matin, je sais que c'est le matin quand je vois la lumière du soleil.
Et si je me réveille au milieu de la nuit, je sais que c'est la nuit parce que je ne vois pas la lumière du soleil.
Comment puis-je savoir aujourd'hui si celui qui est venu est venu pour la lumière ou pour les ténèbres ? »
Jésus répondit : « Quand tu vois le fruit d'un arbre que tu ne connais pas, comment fais-tu pour savoir si tu peux le manger ou non ?
Est-ce que tu goûtes le fruit ou bien le manges en entier pour en mesurer les effets au risque de mourir ? 
Ou appelles-tu à l'aide après avoir mangé le fruit mauvais quand il t'a rendu malade ?
Ou, demandes-tu plutôt autour de toi si quelqu'un a déjà mangé de ce fruit et peut te conseiller de le manger ou de ne pas le manger ?
N'est-ce pas ainsi que les parents procèdent avec les enfants en leur apprenant à distinguer ce qui est bon de ce qui est mauvais ?
Et les enfants apprennent promptement.
Alors, je vous le dis, soyez comme les enfants qui apprennent de leurs parents ce qui est bon et ce qui ne l'est pas.
Et ne goûtez pas les fruits mauvais, car, ceux-ci pourraient bien vous tuer.
Mais regardez autour de vous et mesurez les effets de la lumière sur le monde et considérez les bienfaits de Dieu pour sa création.
Croyez et agissez selon la vérité et la vérité éclatera dans la lumière du Seigneur. »


10
9 octobre Après cela, Jésus, accompagné de ses disciples, se rendit dans la terre de Judée ; et là il demeurait avec eux, et il baptisait.
Jean aussi baptisait à Énon, près de Salim, parce qu'il y avait là beaucoup d'eau ; et on y venait pour être baptisé.
Car Jean n'avait pas encore été mis en prison.
Or, il s'éleva de la part des disciples de Jean une dispute avec un Juif touchant la purification.
Ils vinrent trouver Jean, et lui dirent : « Rabbi, celui qui était avec toi au delà du Jourdain, et à qui tu as rendu témoignage, voici, il baptise, et tous vont à lui. »
Jean répondit : « Un homme ne peut recevoir que ce qui lui a été donné du ciel.
Vous-mêmes m'êtes témoins que j'ai dit : Je ne suis pas le Christ, mais j'ai été envoyé devant lui.
Celui à qui appartient l'épouse, c'est l'époux ; mais l'ami de l'époux, qui se tient là et qui l'entend, éprouve une grande joie à cause de la voix de l'époux : aussi cette joie, qui est la mienne, est parfaite.
Il faut qu'il croisse, et que je diminue.
Celui qui vient d'en haut est au-dessus de tous ; celui qui est de la terre est de la terre, et il parle comme étant de la terre. Celui qui vient du ciel est au-dessus de tous,
il rend témoignage de ce qu'il a vu et entendu, et personne ne reçoit son témoignage.
Celui qui a reçu son témoignage a certifié que Dieu est vrai ;
car celui que Dieu a envoyé dit les paroles de Dieu, parce que Dieu ne lui donne pas l'Esprit avec mesure.
Le Père aime le Fils, et il a remis toutes choses entre ses mains.
Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ; celui qui ne croit pas au Fils ne verra point la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui. »

Un des disciples de Jean reprit la parole et lui dit : « Seigneur, il était ton disciple et c'est toi qui l'as baptisé. Pendant longtemps il t'a suivi et c'est toi qui l'as choisi. Ne ressens-tu aucune peine qu'il s'arroge aujourd'hui le droit de baptiser, qu'il fasse grandir chaque jour le nombre de ses disciples et attire sur lui la gloire et les louanges de la foule de ses disciples ? »
Jean lui répondit : « Que dis-tu et pourquoi parles-tu de ce que tu ne connais pas ?
Ne sais-tu pas qu'il n'y a d'autre gloire que celle de Dieu et qu'aucune gloire ne peut venir des hommes ?
Penses-tu qu'il me revienne de la gloire parce que j'ai baptisé les foules dans le Jourdain et que je vous compte parmi mes disciples ?
Il ne me revient aucune gloire, car, la gloire est pour le maître et non pour le serviteur.
Penses-tu que celui dont tu parles, je l'ai choisi ? Je ne l'ai pas choisi mais c'est lui qui m'a choisi et je suis né pour le servir et pour qu'il m'appelle.
Regardez-moi. Vous me connaissez et je suis parmi vous depuis longtemps. Mais, jamais vous ne vous demandez si vous devez croire en moi et vous avez raison, car il ne faut croire qu'en Dieu.
Vous vous demandez si je suis un prophète et quel prophète des Écritures je suis. Avez-vous besoin de vous poser ces questions pour entendre que je vous annonce la venue de quelqu'un qui est plus grand que moi car il est envoyé par le Père et qu'il est le Fils.
Ainsi, il ne vous est pas demandé de croire en moi et ce serait païen de le faire.
Mais, celui qui a été envoyé par le Père, vous devez croire en Lui, car, il est le Fils et qu'avec le Saint-Esprit, il ne forme qu'un en Sainte Trinité. »
Ayant dit ces paroles, Jean recommença à baptiser dans l'eau du fleuve les foules qui demeuraient silencieuses.


11
Jean 4 10 octobre Le Seigneur sut que les pharisiens avaient appris qu'il faisait et baptisait plus de disciples que Jean.
Toutefois Jésus ne baptisait pas lui-même, mais c'étaient ses disciples.
Alors il quitta la Judée, et retourna en Galilée.
Comme il fallait qu'il passât par la Samarie,
il arriva dans une ville de Samarie, nommée Sychar, près du champ que Jacob avait donné à Joseph, son fils.
Là se trouvait le puits de Jacob. Jésus, fatigué du voyage, était assis au bord du puits. C'était environ la sixième heure.
Une femme de Samarie vint puiser de l'eau. Jésus lui dit : « Donne-moi à boire. »
Car ses disciples étaient allés à la ville pour acheter des vivres.
La femme samaritaine lui dit : « Comment toi, qui es Juif, me demandes-tu à boire, à moi qui suis une femme samaritaine ? » Les Juifs, en effet, n'ont pas de relations avec les Samaritains.
Jésus lui répondit : « Si tu connaissais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : Donne-moi à boire ! tu lui aurais toi-même demandé à boire, et il t'aurait donné de l'eau vive. »
« Seigneur, lui dit la femme, tu n'as rien pour puiser, et le puits est profond ; d'où aurais-tu donc cette eau vive ?
Es-tu plus grand que notre père Jacob, qui nous a donné ce puits, et qui en a bu lui-même, ainsi que ses fils et ses troupeaux ? »
Jésus lui répondit : « Quiconque boit de cette eau aura encore soif ;
mais celui qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura jamais soif, et l'eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d'eau qui jaillira jusque dans la vie éternelle. »

La femme samaritaine dit à Jésus : « Tu me parles sans gêne, toi qui es juif et moi qui suis une pauvre femme samaritaine. Et tu me sembles savant. Puis-je t'interroger ? »
Jésus lui répondit qu'elle pouvait l'interroger et la femme continua : « Nos pères disent que nous, les Samaritains, sommes les justes descendants des tribus d'Israël et vous, les Juifs, dites que nous sommes des païens. Dis-moi qui a raison. »
Jésus lui répondit : « Femme, que te soucies-tu des temps anciens ?
N'as-tu pas assez à faire avec les temps nouveaux ?
Vous, les Samaritains, connaissez-vous les Écritures et suivez-vous leurs enseignements ?
Voilà ce qu'il faut considérer pour le temps présent et les temps à venir.
Qui sont ceux qui se prévalent d'un privilège hérité de leur naissance ? Croient-ils que leur lignée les protège de la colère de Dieu ?
Ils s'en vont proclamant qu'ils sont les héritiers des douze tribus d'Israël, mais qu'importe au Seigneur s'ils ne font que rapine et iniquité ?
En vérité, je te le dis, mieux vaut croire en la parole du Seigneur et être issu d'une lignée de païens que d'être héritier de Moïse et se comporter en voleur et en païen.
Le jour venu, le Seigneur reconnaîtra les siens et ne leur demandera pas qui étaient leurs pères et leurs aïeux, mais leur demandera au contraire des comptes sur ce qu'ils ont accompli ici-bas.
Ainsi, comme tes aïeux ont pris soin et protégé le puits que leur avait donné Jacob, prends soin de la parole que tu vas recevoir et ne laisse pas tarir en toi cette source jaillissante, car elle est la source de la vie pour le commencement et pour la fin.
Voilà ce dont tu dois témoigner auprès des tiens quand tu leur rapporteras l'eau que tu es venue puiser. »


12
11 octobre La femme lui dit : « Seigneur, donne-moi cette eau, afin que je n'aie plus soif, et que je ne vienne plus puiser ici. »
« Va, lui dit Jésus, appelle ton mari, et viens ici. »
La femme répondit : « Je n'ai point de mari. » Jésus lui dit : « Tu as eu raison de dire : Je n'ai point de mari.
Car tu as eu cinq maris, et celui que tu as maintenant n'est pas ton mari. En cela tu as dit vrai. »
« Seigneur, lui dit la femme, je vois que tu es prophète.
Nos pères ont adoré sur cette montagne ; et vous dites, vous, que le lieu où il faut adorer est à Jérusalem. »
« Femme, lui dit Jésus, crois-moi, l'heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père.
Vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs.
Mais l'heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; car ce sont là les adorateurs que le Père demande.
Dieu est Esprit, et il faut que ceux qui l'adorent l'adorent en esprit et en vérité. »
La femme lui dit : « Je sais que le Messie doit venir (celui qu'on appelle Christ) ; quand il sera venu, il nous annoncera toutes choses. »
Jésus lui dit : « Je le suis, moi qui te parle. »

La femme continua : « Mais, si le Messie vient pour annoncer toutes choses et le Salut du monde, il n'apparaîtra pas pour annoncer la bonne nouvelle à une pauvre femme pécheresse que les Juifs considèrent comme païenne parce qu'elle est samaritaine. Il annoncera la bonne nouvelle dans le Temple, devant les hauts dignitaires, les docteurs de la Loi et les sacrificateurs. Pourquoi se soucierait-il de moi ? »
Jésus l'écoutait en dessinant dans le sable et demeura un temps silencieux.
Puis, relevant la tête, il lui dit : « Toi qui me parles, ne m'as-tu pas rencontré près du puits de tes ancêtres ?
Ne t'ai-je pas dit tout ce que tu avais fait ?
Et t'ai-je fait reproche de ce que tu as fait ?
Je t'ai demandé à boire et tu m'as donné à boire parce que j'avais soif.
Et je t'ai donné de l'eau vive dont tu n'avais jamais bu jusqu'à maintenant.
Crois maintenant et ne pèche plus, car le péché assèche tous les puits et tarirait l'eau vive que je t'ai donnée. »
La femme regarda Jésus et lui dit : « Se peut-il que j'ai été choisie pour annoncer à mon peuple la venue du Messie et se peut-il aussi que j'ai été pardonnée de tous mes péchés ?
Parce que tu m'as dit ce que j'ai fait, je crois que tu es le Messie.
Mais comment croire que je suis pardonnée de mes péchés ? »
Jésus lui répondit : « La bonne nouvelle que tu dois annoncer n'est pas seulement pour ton peuple mais pour la terre entière. Va, car tu es pardonnée. »


13
12 octobre Là-dessus arrivèrent ses disciples, qui furent étonnés de ce qu'il parlait avec une femme. Toutefois aucun ne dit : « Que demandes-tu ? » ou : « De quoi parles-tu avec elle ? »
Alors la femme, ayant laissé sa cruche, s'en alla dans la ville, et dit aux gens :
« Venez voir un homme qui m'a dit tout ce que j'ai fait ; ne serait-ce point le Christ ? »
Ils sortirent de la ville, et ils vinrent vers lui.
Pendant ce temps, les disciples le pressaient de manger, disant : « Rabbi, mange. »
Mais il leur dit : « J'ai à manger une nourriture que vous ne connaissez pas. »
Les disciples se disaient donc les uns aux autres : « Quelqu'un lui aurait-il apporté à manger ? »
Jésus leur dit : « Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m'a envoyé, et d'accomplir son œuvre.
Ne dites-vous pas qu'il y a encore quatre mois jusqu'à la moisson ? Voici, je vous le dis, levez les yeux, et regardez les champs qui déjà blanchissent pour la moisson.
Celui qui moissonne reçoit un salaire, et amasse des fruits pour la vie éternelle, afin que celui qui sème et celui qui moissonne se réjouissent ensemble.
Car en ceci ce qu'on dit est vrai : Autre est celui qui sème, et autre celui qui moissonne.
Je vous ai envoyés moissonner ce que vous n'avez pas travaillé ; d'autres ont travaillé, et vous êtes entrés dans leur travail. »

Un des disciples, celui que Jésus aimait, dit alors : « La femme avec qui tu parlais est partie annoncer la bonne nouvelle et elle croit. Pourquoi croit-elle alors que tant d'autres ne croient pas malgré les miracles que tu fais pour eux ? »
Jésus répondit : « Tu te trompes et je ne fais pour eux aucun miracle. Je suis celui par qui le miracle arrive et il n'arrive jamais sans la foi.
Quand l'un vient vers moi pour me dire que son fils est malade et que son fils guérit, qui a guéri son fils, est-ce son père ou est-ce moi ?
Considérez la Samaritaine. Cette femme pécheresse n'a pas craint qu'un homme seul près du puits lui adresse la parole et n'a pas craint non plus de lui répondre.
D'autres femmes de la ville se seraient enfui en apercevant au loin un homme près du puits. D'autres encore n'auraient pas répondu à son adresse et n'auraient pas donné d'eau à un étranger. D'autres enfin auraient appelé leur mari et leurs frères pour chasser un juif qui osait s'approcher du puits de Jacob.
Elle, n'a rien fait de tout cela. Elle s'est approchée sans crainte et a parlé sans crainte.
Et sans aucune crainte elle a avoué ses péchés.
Pensez-vous que le Seigneur qui vous a créés veut maintenir sa création dans la peur.
Et pensez-vous qu'il arrive quelque chose de bon par la crainte ?
Craignez le péché et aimez Dieu et vous connaîtrez la vie éternelle. »


14
13 octobre Plusieurs Samaritains de cette ville crurent en Jésus à cause de cette déclaration formelle de la femme : il m'a dit tout ce que j'ai fait.
Aussi, quand les Samaritains vinrent le trouver, ils le prièrent de rester auprès d'eux. Et il resta là deux jours.
Un beaucoup plus grand nombre crurent à cause de sa parole ;
et ils disaient à la femme : « Ce n'est plus à cause de ce que tu as dit que nous croyons ; car nous l'avons entendu nous-mêmes, et nous savons qu'il est vraiment le Sauveur du monde. »

La femme samaritaine qui avait donné de l'eau à Jésus dit à l'un des chefs de la ville : « vous m'avez crue parce que je vous ai dit que ne me connaissant pas, il me connaissait et savait ce que j'avais fait. Vous, à qui allez-vous annoncer la nouvelle de la venue du Messie ? »
Le chef samaritain répondit : « Nous allons annoncer le bonne nouvelle à notre peuple, et comme nous t'avons crue, le peuple nous croira, car nous sommes leurs chefs et nous avons sur eux toute autorité. »
Mais la femme dit alors : « Quelle autorité avez-vous sur eux pour qu'ils croient ? Car, quelle autorité avais-je sur vous, sinon celle de croire ? »


15
14 octobre Après ces deux jours, Jésus partit de là, pour se rendre en Galilée ;
car il avait déclaré lui-même qu'un prophète n'est pas honoré dans sa propre patrie.
Lorsqu'il arriva en Galilée, il fut bien reçu des Galiléens, qui avaient vu tout ce qu'il avait fait à Jérusalem pendant la fête ; car eux aussi étaient allés à la fête.
Il retourna donc à Cana en Galilée, où il avait changé l'eau en vin. Il y avait à Capernaüm un officier du roi, dont le fils était malade.
Ayant appris que Jésus était venu de Judée en Galilée, il alla vers lui, et le pria de descendre et de guérir son fils, qui était près de mourir.
Jésus lui dit : « Si vous ne voyez des miracles et des prodiges, vous ne croyez point. »
L'officier du roi lui dit : « Seigneur, descends avant que mon enfant meure. »
« Va, lui dit Jésus, ton fils vit. » Et cet homme crut à la parole que Jésus lui avait dite, et il s'en alla.
Comme déjà il descendait, ses serviteurs venant à sa rencontre, lui apportèrent cette nouvelle : « Ton enfant vit. »
Il leur demanda à quelle heure il s'était trouvé mieux ; et ils lui dirent : « Hier, à la septième heure, la fièvre l'a quitté. »
Le père reconnut que c'était à cette heure-là que Jésus lui avait dit : « Ton fils vit. » Et il crut, lui et toute sa maison.
Jésus fit encore ce second miracle lorsqu'il fut venu de Judée en Galilée.

Les disciples se demandaient par quelle volonté Jésus accomplissait ses miracles et ils l'interrogèrent pour savoir s'il était Dieu lui-même ou l'un de ses prophètes.
Jésus leur répondit : « N'êtes-vous pas mes compagnons depuis longtemps ?
N'ai-je pas mangé avec vous et bu avec vous chaque jour ?
N'ai-je pas cheminé avec vous sur les chemins et de Judée et de Galilée et n'avez-vous pas vu mes pieds recouverts de poussière ?
Ne m'avez-vous pas vu m'arrêter pour me reposer et m'endormir le soir pour me réveiller le matin ?
Ne m'avez-vous pas vu, avec vous, souffrir de la soif et de la faim ?
Que dois-je donc faire encore pour que vous croyez que je suis un homme comme vous ?
Et, je vous le dis aujourd'hui, vous me verrez souffrir et mourir avant que vous mêmes ne souffriez et ne mouriez. »
Le disciple que Jésus aimait dit alors : « Tu es un homme, mais tu es le Fils de Dieu, et tu es homme et tu es Dieu »
Jésus acquiesça et dit : « Vous me verrez mourir et vous me verrez ressuscité le troisième jour et vous me verrez aussi dans la gloire de Dieu le Père, pour les siècles des siècles.
Mais, c'est la foi de l'officier du roi qui a guéri son fils et Dieu a donné aux hommes la foi et la foi est humaine. »


16
Jean 5 15 octobre Après cela, il y eut une fête des Juifs, et Jésus monta à Jérusalem.
Or, à Jérusalem, près de la porte des brebis, il y a une piscine qui s'appelle en hébreu Béthesda, et qui a cinq portiques.
Sous ces portiques étaient couchés en grand nombre des malades, des aveugles, des boiteux, des paralytiques, qui attendaient le mouvement de l'eau ;
car un ange descendait de temps en temps dans la piscine, et agitait l'eau ; et celui qui y descendait le premier après que l'eau avait été agitée était guéri, quelle que fût sa maladie.
Là se trouvait un homme malade depuis trente-huit ans.
Jésus, l'ayant vu couché, et sachant qu'il était malade depuis longtemps, lui dit : « Veux-tu être guéri ? »
Le malade lui répondit : « Seigneur, je n'ai personne pour me jeter dans la piscine quand l'eau est agitée, et, pendant que j'y vais, un autre descend avant moi. »
« Lève-toi, lui dit Jésus, prends ton lit, et marche. »
Aussitôt cet homme fut guéri ; il prit son lit, et marcha.

Les autres le regardaient avec étonnement et envie mais n'osaient rien dire.
Jésus lui dit alors « Et toi, tu ne me demandes pas qui je suis pour t'avoir guéri alors que tu étais malade depuis trente-huit ans et que tu étais toujours précédé dans la piscine de Béthesda ? »
L'homme que Jésus avait guéri lui répondit : « Que m'importe qui tu es et que faut-il que je croie. Tu m'as donné l'ordre de me lever, de prendre mon lit et de marcher et je me suis levé, j'ai pris mon lit et j'ai marché. Que dois-je savoir de plus ? »
Jésus, se tournant vers ses disciples qui demeuraient étonnés de la scène leur dit alors : « Puissiez-vous être en toute circonstance de votre vie comme cet homme qui ne discute pas les commandements du Seigneur et les suit à la lettre.
Il ne m'a rien demandé. Il n'a pas supplié. Il ne s'est pas accroché à mon manteau. Mais, il m'a dit qu'il ne pouvait pas descendre dans la piscine et il m'a dit pourquoi.
Regardez-le désormais qui s'en va en portant son lit sans difficulté.
Je vous le dis : soyez comme lui. Prenez votre fardeau quand le Seigneur vous le demande. Et votre fardeau se fera léger. »


17
16 octobre C'était un jour de sabbat. Les Juifs dirent donc à celui qui avait été guéri : « C'est le sabbat ; il ne t'est pas permis d'emporter ton lit. »
Il leur répondit : « Celui qui m'a guéri m'a dit : Prends ton lit, et marche. »
Ils lui demandèrent : « Qui est l'homme qui t'a dit : Prends ton lit, et marche ? »
Mais celui qui avait été guéri ne savait pas qui c'était ; car Jésus avait disparu de la foule qui était en ce lieu.
Depuis, Jésus le trouva dans le temple, et lui dit : « Voici, tu as été guéri ; ne pèche plus, de peur qu'il ne t'arrive quelque chose de pire. »
Cet homme s'en alla, et annonça aux Juifs que c'était Jésus qui l'avait guéri.
C'est pourquoi les Juifs poursuivaient Jésus, parce qu'il faisait ces choses le jour du sabbat.
Mais Jésus leur répondit : « Mon Père agit jusqu'à présent ; moi aussi, j'agis. »

Les docteurs lui dirent que le Père s'est reposé le septième jour de sa Création et ordonné aux hommes de faire de même.
Jésus leur dit : « Le Père a ordonné aux hommes de se reposer le septième jour pour que les hommes se reposent, pas pour leur interdire de travailler.
Mais il a interdit qu'on les fasse travailler le septième jour, car, les hommes ont besoin de repos.
Ne retournez pas au désavantage des hommes les commandements qui ont été envoyés à l'avantage des hommes et par amour.
Vous faites de toute règle une contrainte et vous vous saisissez de tout écart à la règle pour punir et proférer des imprécations.
Sachez que le Père n'aime pas les imprécations et n'aime pas les punitions.
Car, le Père ne juge point, comme vous ne devez pas juger. »

18
17 octobre À cause de cela, les Juifs cherchaient encore plus à le faire mourir, non seulement parce qu'il violait le sabbat, mais parce qu'il appelait Dieu son propre Père, se faisant lui-même égal à Dieu.
Jésus reprit donc la parole, et leur dit : « En vérité, en vérité, je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui-même, il ne fait que ce qu'il voit faire au Père ; et tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait pareillement.
Car le Père aime le Fils, et lui montre tout ce qu'il fait ; et il lui montrera des œuvres plus grandes que celles-ci, afin que vous soyez dans l'étonnement.
Car, comme le Père ressuscite les morts et donne la vie, ainsi le Fils donne la vie à qui il veut.
Le Père ne juge personne, mais il a remis tout jugement au Fils,
afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Celui qui n'honore pas le Fils n'honore pas le Père qui l'a envoyé. »

Tous étaient étonnés des paroles de Jésus et alors que l'un des docteurs de la loi protestait en faisant grand bruit, Jésus reprit : « Parce que vous vivez dans le lucre et l'envie, vous voulez comparer la maison du Fils et la maison du Père.
Mais, je vous le dis, ne vous perdez pas en conjectures, car la maison du Fils est la maison du Père et la maison du Père est la Maison du Fils et cette maison est incomparable à toute autre.
Comme vous vivez dans la jalousie, vous cherchez toujours à savoir qui est le plus grand.
Mais, je vous le dis, rien n'est comparable au Père et rien n'est comparable au Fils et le Fils ne peut être comparé au Père et le Père ne peut être comparé au Fils, car séparés, ils ne font qu'un.
Comme vous vous êtes habitué à compter vos biens ainsi que l'or et l'argent que vous amassez, vous vous demandez quelle offrande permet de gagner la vie éternelle.
Mais, je vous le dis, aucune offrande ne permet de gagner la vie éternelle, que vous ne gagnerez que par votre conversion.


19
18 octobre « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m'a envoyé, a la vie éternelle et ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie.
En vérité, en vérité, je vous le dis, l'heure vient, et elle est déjà venue, où les morts entendront la voix du Fils de Dieu ; et ceux qui l'auront entendue vivront.
Car, comme le Père a la vie en lui-même, ainsi il a donné au Fils d'avoir la vie en lui-même.
Et il lui a donné le pouvoir de juger, parce qu'il est Fils de l'homme.
Ne vous étonnez pas de cela ; car l'heure vient où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix, et en sortiront.
Ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie, mais ceux qui auront fait le mal ressusciteront pour le jugement.
Je ne puis rien faire de moi-même : selon que j'entends, je juge ; et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé.
Si c'est moi qui rends témoignage de moi-même, mon témoignage n'est pas vrai.
Il y en a un autre qui rend témoignage de moi, et je sais que le témoignage qu'il rend de moi est vrai. »

Un homme dans la foule demanda à Jésus : « Pouvons-nous juger nous aussi ?
Le Seigneur nous a donné la capacité de jugement et de distinguer ce qui est bien et ce qui est mal et cette distinction est indispensable pour être juste et bon et plaire au Seigneur. Mais, comment être juste et bon sans juger ? »
Jésus répondit : « Si tu vois un homme faire le mal, reconnais qu'il fait le mal et si tu vois un homme faire le bien, reconnais que c'est le bien et c'est aux fruits que l'on reconnaît la qualité de l'arbre.
Si un jour tu te trompes et que tu manges le fruit d'un arbre sans savoir qu'il est amer et qu'il va t'empoisonner, est-ce que tu vas juger l'arbre et sur le champ le couper et en bruler les branches ?
Non, tu auras appris à ne pas t'approcher de cet arbre et à ne pas en cueillir les fruits et surtout à ne pas les manger.
Faites de même avec les hommes car, en jugeant, vous ne pouvez pas ne pas vous chercher vous mêmes dans vos jugements.
Qui que vous soyez, que vous soyez docteurs de la loi ou croyants, ne juges point vos sœurs et vos frères car aucun jugement ne peut agréer au Seigneur votre Père.
Et ne vous approchez pas de ceux qui jugent car leurs fruits sont mauvais. »


20
19 octobre « Vous avez envoyé vers Jean, et il a rendu témoignage à la vérité.
Pour moi ce n'est pas d'un homme que je reçois le témoignage ; mais je dis ceci, afin que vous soyez sauvés.
Jean était la lampe qui brûle et qui luit, et vous avez voulu vous réjouir une heure à sa lumière.
Moi, j'ai un témoignage plus grand que celui de Jean ; car les œuvres que le Père m'a donné d'accomplir, ces œuvres mêmes que je fais, témoignent de moi que c'est le Père qui m'a envoyé.
Et le Père qui m'a envoyé a rendu lui-même témoignage de moi. Vous n'avez jamais entendu sa voix, vous n'avez point vu sa face,
et sa parole ne demeure point en vous, parce que vous ne croyez pas à celui qu'il a envoyé. »

Et Jésus a dit encore : « Vous ne croyez pas au Père, au Fils et au Saint-Esprit comme étant un et indivisible, car vous voudriez croire en Dieu comme vous croyez dans les choses humaines.
Vous voyez trois arbres et vous pensez que ces trois arbres ne peuvent pas faire un seul arbre parce que vous ne pouvez pas faire de ces trois arbres un seul arbre.
Vous voudriez croire en Dieu comme vous croyez dans les choses humaines, mais le Seigneur, qui est la source de toute chose sur la terre comme au Ciel, n'est pas une part de sa Création, car il est tout autre et ne peut être confondu avec elle.
Ainsi, je vous le dis, si vous ne croyez pas en la Sainte Trinité, vous ne croyez pas en Dieu.
Et si vous ne croyez pas au Fils, vous ne croyez pas au Père, car vous ne pouvez diviser ce qui est indivisible. »


21
20 octobre « Vous sondez les Écritures, parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle : ce sont elles qui rendent témoignage de moi.
Et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie !
Je ne tire pas ma gloire des hommes.
Mais je sais que vous n'avez point en vous l'amour de Dieu.
Je suis venu au nom de mon Père, et vous ne me recevez pas ; si un autre vient en son propre nom, vous le recevrez.
Comment pouvez-vous croire, vous qui tirez votre gloire les uns des autres, et qui ne cherchez point la gloire qui vient de Dieu seul ?
Ne pensez pas que moi je vous accuserai devant le Père ; celui qui vous accuse, c'est Moïse, en qui vous avez mis votre espérance.
Car si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi, parce qu'il a écrit de moi.
Mais si vous ne croyez pas à ses écrits, comment croirez-vous à mes paroles ? »

Un homme de la foule demanda à Jésus : « Tu nous reproches de ne pas te reconnaître, mais quels sont les signes que tu nous donnes pour que nous te reconnaissions  ?
N'es-tu pas homme semblable à tous les hommes ?
Et ne connaissons-nous pas ta maison et ta mère ?
N'as-tu pas joué quand tu étais enfant avec les autres enfants dans les rues de Nazareth ?
Nous sommes ici plusieurs à t'avoir vu grandir. Et aujourd'hui que tu as atteint l'âge d'homme, tu nous demande de croire que tu es l'Envoyé de Dieu ! »
Jésus le considéra et lui dit : « Tu ne crois pas en moi, dis-tu, parce que tu me connais.
Tu connais aussi tes parents et ta famille et tu ne doutes cependant pas de leur existence.
Tu ne crois pas en moi, car, tu ne crois pas que le Seigneur a pu te faire la grâce, dans son infinie bonté, d'avoir envoyé son Fils jusqu'à toi pour le pardon des péchés et la vie éternelle.
Mais si tu ne crois pas, toi qui me vois, comment croiront ceux qui ne me verront pas ? »


22
Jean 6 21 octobre Après cela, Jésus s'en alla de l'autre côté de la mer de Galilée, de Tibériade.
Une grande foule le suivait, parce qu'elle voyait les miracles qu'il opérait sur les malades.
Jésus monta sur la montagne, et là il s'assit avec ses disciples.
Or, la Pâque était proche, la fête des Juifs.
Ayant levé les yeux, et voyant qu'une grande foule venait à lui, Jésus dit à Philippe : « Où achèterons-nous des pains, pour que ces gens aient à manger ? »
Il disait cela pour l'éprouver, car il savait ce qu'il allait faire.
Philippe lui répondit : « Les pains qu'on aurait pour deux cents deniers ne suffiraient pas pour que chacun en reçût un peu. »

Jésus regardait la foule devant lui qui s'étendait à perte de vue.
Il dit à Philippe : « Regarde devant toi. Que vois-tu  ? »
Philippe répondit : « Voici des hommes et des femmes et aussi des enfants qui viennent de partout, car ils vont à Jérusalem et on leur a dit qu'un prophète faisait des miracles. »
Jésus lui répondit alors : « Tu vois une foule, mais moi, je ne vois pas de foule.
Je regarde et je vois chaque homme, chaque femme et chaque enfant et chaque homme, chaque femme et chaque enfant est un enfant du Seigneur.
Quand le Seigneur nourrit une foule, ce n'est pas une foule qu'il nourrit, mais chacune et chacun dans la foule. »


23
22 octobre Un de ses disciples, André, frère de Simon Pierre, lui dit :
« Il y a ici un jeune garçon qui a cinq pains d'orge et deux poissons ; mais qu'est-ce que cela pour tant de gens ? »
Jésus dit : « Faites-les asseoir. » Il y avait dans ce lieu beaucoup d'herbe. Ils s'assirent donc, au nombre d'environ cinq mille hommes.
Jésus prit les pains, rendit grâces, et les distribua à ceux qui étaient assis ; il leur donna de même des poissons, autant qu'ils en voulurent.
Lorsqu'ils furent rassasiés, il dit à ses disciples : « Ramassez les morceaux qui restent, afin que rien ne se perde. »
Ils les ramassèrent donc, et ils remplirent douze paniers avec les morceaux qui restèrent des cinq pains d'orge, après que tous eurent mangé.
Ces gens, ayant vu le miracle que Jésus avait fait, disaient : « Celui-ci est vraiment le prophète qui doit venir dans le monde. »
Et Jésus, sachant qu'ils allaient venir l'enlever pour le faire roi, se retira de nouveau sur la montagne, lui seul.

Car, Jésus ne voulait pas être roi, car il fallait que la prophétie s'accomplisse.
À mesure qu'il s'éloignait de la foule et que les murmures tout autant d'étonnement que de contentement d'avoir mangé du pain et du poisson s'évanouissaient, les disciples se rapprochèrent pour interroger Jésus mais celui-ci, d'un geste, leur demanda de ne pas l'interroger. Et, prenant la parole, il leur dit : « Ne me demandez pas comment cette foule de cinq mille hommes a pu manger de cinq pains d'orge et de deux poissons.
Ne me demandez pas qui a fait cela, si c'est le Père, le Fils ou le Saint Esprit.
Ne me demandez pas qui a fait cela car, je ne vous répondrai pas.
Pourquoi vous répondrais-je alors que vous étiez là avec moi, que vous m'avez vu faire et que vous aussi vous avez mangé de ces pains et de ces poissons et c'est encore vois à qui j'ai demandé de ramasser les morceaux qui restaient et tous les douze, vous avez rempli chacun un panier.
Si vous, qui étiez avec moi et qui me suivez depuis longtemps maintenant demandez encore des explications, que feront ceux qui ne m'auront pas vu et qui cependant croiront.
Ne confondez pas ce qui est de l'ordre de la foi de ce qui est d'un autre ordre. Croyez et le Ciel vous sera ouvert et ne marchandez pas avec le Seigneur votre foi. »


24
23 octobre Quand le soir fut venu, ses disciples descendirent au bord de la mer.
Étant montés dans une barque, ils traversaient la mer pour se rendre à Capernaüm. Il faisait déjà nuit, et Jésus ne les avait pas encore rejoints.
Il soufflait un grand vent, et la mer était agitée.
Après avoir ramé environ vingt-cinq ou trente stades, ils virent Jésus marchant sur la mer et s'approchant de la barque. Et ils eurent peur.
Mais Jésus leur dit : « C'est moi ; n'ayez pas peur ! »
Ils voulaient donc le prendre dans la barque, et aussitôt la barque aborda au lieu où ils allaient.

Surpris d'être arrivés à bon port malgré le grand vent et l'agitation de la mer, ils demandèrent à Jésus ce qui s'était passé et s'il les avait endormis pour qu'ils cessent d'avoir peur.
Jésus leur dit : « Ne cesserez-vous jamais d'avoir peur au point de ne pas savoir choisir entre vos peurs ?
Vous étiez dans la barque et vous ramiez sans relâche mais le vent vous était contraire et vous aviez peur que la barque ne chavire ainsi que de périr.
Vous étiez encore dans la barque et vous m'avez vu venir à vous et vous avez eu peur que je sois un esprit. Mais vous me connaissez pourtant.
Et vous êtes désormais arrivés à bon port et vous avez peur encore de ne pas savoir comment la barque a rejoint le port.
Pensez-vous que les œuvres de Dieu obéissent aux chemins des hommes ? »


25
24 octobre La foule qui était restée de l'autre côté de la mer avait remarqué qu'il ne se trouvait là qu'une seule barque, et que Jésus n'était pas monté dans cette barque avec ses disciples, mais qu'ils étaient partis seuls.
Le lendemain, comme d'autres barques étaient arrivées de Tibériade près du lieu où ils avaient mangé le pain après que le Seigneur eut rendu grâces,
les gens de la foule, ayant vu que ni Jésus ni ses disciples n'étaient là, montèrent eux-mêmes dans ces barques et allèrent à Capernaüm à la recherche de Jésus.
Et l'ayant trouvé au delà de la mer, ils lui dirent : « Rabbi, quand es-tu venu ici ? »
Jésus leur répondit : « En vérité, en vérité, je vous le dis, vous me cherchez, non parce que vous avez vu des miracles, mais parce que vous avez mangé des pains et que vous avez été rassasiés.
Travaillez, non pour la nourriture qui périt, mais pour celle qui subsiste pour la vie éternelle, et que le Fils de l'homme vous donnera ; car c'est lui que le Père, que Dieu a marqué de son sceau. »

Et comme les hommes qui étaient venus en barque jusqu'à Capernaüm demeuraient silencieux comme s'ils ne comprenaient pas ses paroles, Jésus leur dit encore :
« Vous me cherchez. Mais, allez-vous continuer ainsi à traverser les mers pour me trouver ? Et si l'on vous dit que je suis à Rome, irez-vous jusqu'à Rome ?
Et quand vous serez arrivés à Rome, si l'on vous dit que je suis à Jérusalem, repartirez-vous à Jérusalem, Tibériade, Capernaüm ou Nazareth ?
En vérité, je vous le dis, celui qui me cherche et qui cherche Dieu avec ferveur me trouvera dans le secret de sa chambre. S'il part à Jérusalem, il me trouvera à Jérusalem. Et s'il part à Rome, je serai à Rome avec lui.
Car, viendra la temps, prochainement, où je serai avec mon Père, également présent pour tous les hommes, dans la lumière et dans l'amour de la création.
Et vous me chercherez dans votre cœur, car c'est dans votre cœur que je serai. »


26
25 octobre Ils lui dirent : « Que devons-nous faire, pour faire les œuvres de Dieu ? »
Jésus leur répondit : « L'œuvre de Dieu, c'est que vous croyiez en celui qu'il a envoyé. »
« Quel miracle fais-tu donc, lui dirent-ils, afin que nous le voyions, et que nous croyions en toi ? Que fais-tu ?
Nos pères ont mangé la manne dans le désert, selon ce qui est écrit :
Il leur donna le pain du ciel à manger. »
Jésus leur dit : « En vérité, en vérité, je vous le dis, Moïse ne vous a pas donné le pain du ciel, mais mon Père vous donne le vrai pain du ciel ;
car le pain de Dieu, c'est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. »
Ils lui dirent : « Seigneur, donne-nous toujours ce pain. »
Jésus leur dit : « Je suis le pain de vie. Celui qui vient à moi n'aura jamais faim, et celui qui croit en moi n'aura jamais soif.
Mais, je vous l'ai dit, vous m'avez vu, et vous ne croyez point.
Tous ceux que le Père me donne viendront à moi, et je ne mettrai pas dehors celui qui vient à moi ;
car je suis descendu du ciel pour faire, non ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé.
Or, la volonté de celui qui m'a envoyé, c'est que je ne perde rien de tout ce qu'il m'a donné, mais que je le ressuscite au dernier jour.
La volonté de mon Père, c'est que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle ; et je le ressusciterai au dernier jour. »

Alors que Jésus allait partir et commençait à s'éloigner, ils lui dirent encore  : « Pourquoi pars-tu et pourquoi nous quittes-tu ?
Si tu veux que nous croyions en toi, il faut que tu restes avec nous, car, tu es notre pasteur et tu dois nous accompagner dans la foi. »
Jésus leur dit alors : « Je ne suis pas votre bon pasteur et vous aurez à travers les siècles de nombreux pasteurs. Vous choisirez ces pasteurs et certains d'entre eux seront aussi des femmes. Car, il n'y a pas de différence entre les hommes et les femmes quand il s'agit de conduire le peuple de Dieu à bon port.
Je vous le dis, les femmes sont plus proches du Seigneur que ne le seront jamais les hommes et vous devez les écouter et les suivre.
Vos père vous ont appris à maintenir les femmes sous votre domination. Mais le Seigneur n'agrée pas la domination des hommes sur les femmes.
Et le Seigneur exècre la domination des hommes sur les femmes, car les femmes sont les enfants de Dieu au même titre que les hommes.
En vérité, je vous le dis, ceux qui touchent à un cheveu d'une femme n'entrera pas au royaume de Dieu, car les hommes doivent chérir les femmes comme leur mère les chérit. »
Les hommes écoutaient avec surprise ce que Jésus leur disait, car, personne n'avait jamais parlé ainsi, ni même aucun prophète avant lui.
Jésus leur dit alors : « Vous vous étonnez de ce que je dis, mais je ne suis pas venu jusqu'à vous pour répéter ce que d'autres ont dit avant moi. »


27
26 octobre Les Juifs murmuraient à son sujet, parce qu'il avait dit : « Je suis le pain qui est descendu du ciel. »
Et ils disaient : « N'est-ce pas là Jésus, le fils de Joseph, celui dont nous connaissons le père et la mère ? Comment donc dit-il : Je suis descendu du ciel ? »
Jésus leur répondit : « Ne murmurez pas entre vous.
Nul ne peut venir à moi, si le Père qui m'a envoyé ne l'attire ; et je le ressusciterai au dernier jour.
Il est écrit dans les prophètes : Ils seront tous enseignés de Dieu. Ainsi quiconque a entendu le Père et a reçu son enseignement vient à moi.
C'est que nul n'a vu le Père, sinon celui qui vient de Dieu ; celui-là a vu le Père.
En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi a la vie éternelle.
Je suis le pain de vie.
Vos pères ont mangé la manne dans le désert, et ils sont morts.
C'est ici le pain qui descend du ciel, afin que celui qui en mange ne meure point.
Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement ; et le pain que je donnerai, c'est ma chair, que je donnerai pour la vie du monde. »

Un de ceux qui étaient là et qui écoutaient Jésus pour le contredire lui dit alors : « Nos pères ont mangé la manne dans le désert parce qu'ils avaient faim et qu'ils allaient mourir de faim s'ils ne trouvaient pas de nourriture. Et le Seigneur leur a envoyé la manne dans le désert.
Chaque jour, nous prions pour que nous trouvions notre pain quotidien et nous louons le Seigneur si nous sommes exaucés.
Devons-nous cesser de prier le Seigneur et le louer pour lui préférer tes paroles et si tes paroles sont sources de vie éternelle sont-elles sources de vie temporelle ? »
Jésus le regarda et lui dit : « Tous les jours, et plusieurs fois par jour, priez le Seigneur et louez-le pour les grâces dont il vous comble.
Car, je vous le dis, chaque bouchée de pain que vous prenez vient de lui.
Le Seigneur a créé le blé et les champs, l'eau et les sources pour que tous les hommes puissent manger à leur faim et boire à leur soif. Et ce n'est que la méchanceté des hommes qui a fait que certains accumulent les richesses quand d'autres n'ont pas pas une bouchée de pain pour leurs enfants.
Mais, l'homme ne vit pas que de pain.
Le pain que je vous donne vous rassasiera autrement que celui de votre table. »


28
27 octobre Là-dessus, les Juifs disputaient entre eux, disant : « Comment peut-il nous donner sa chair à manger ? »
Jésus leur dit : « En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme, et si vous ne buvez son sang, vous n'avez point la vie en vous-mêmes.
Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle ; et je le ressusciterai au dernier jour.
Car ma chair est vraiment une nourriture, et mon sang est vraiment un breuvage.
Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang demeure en moi, et je demeure en lui.
Comme le Père qui est vivant m'a envoyé, et que je vis par le Père, ainsi celui qui me mange vivra par moi.
C'est ici le pain qui est descendu du ciel. Il n'en est pas comme de vos pères qui ont mangé la manne et qui sont morts : celui qui mange ce pain vivra éternellement. »

Mais les détracteurs de Jésus insistaient auprès de lui pour qu'il explique comment il pouvait donner sa chair et son sang, car, ils voyaient bien que la foule se demandait comment une telle chose était possible et que cela ressemblait à un rite païen.
Jésus leur dit alors : « Ne savez-vous pas de vos pères que le Seigneur a demandé à Abraham de sacrifier son fils Isaac et que celui-ci a accepté.
Et ne vous rappelez-vous pas aussi que Le Seigneur a sauvé le fils d'Abraham ?
Mais, en vérité je vous le dis, ce que le Seigneur a fait pour le fils d'Abraham, il ne le fera pas pour son propre fils, qui doit mourir pour vous et ressusciter le troisième jour.
Le pain que je vous donnerai, ce sera ma chair. Et le vin que je vous donnerai, ce sera mon sang.
Et ce sera le pain de la vie éternelle. Et ce sera le vin de la vie éternelle.
Priez pour votre Salut et le Salut du monde. »


29
28 octobre Jésus dit ces choses dans la synagogue, enseignant à Capernaüm.
Plusieurs de ses disciples, après l'avoir entendu, dirent : « Cette parole est dure ; qui peut l'écouter ? »
Jésus, sachant en lui-même que ses disciples murmuraient à ce sujet, leur dit : « Cela vous scandalise-t-il ?
Et si vous voyez le Fils de l'homme monter où il était auparavant ?...
C'est l'esprit qui vivifie ; la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie.
Mais il en est parmi vous quelques-uns qui ne croient point. » Car Jésus savait dès le commencement qui étaient ceux qui ne croyaient point, et qui était celui qui le livrerait.
Et il ajouta : « C'est pourquoi je vous ai dit que nul ne peut venir à moi, si cela ne lui a été donné par le Père. »

Mais les disciples murmuraient encore, car ce que leur demandait Jésus leur semblait ardu.
Alors, Jésus leur dit : « Vous me regardez et vous m'écoutez et vous pensez me connaître et vous pensez m'entendre.
Et de même, vous vous regardez les uns les autres et vous pensez vous connaître les uns les autres et vous pensez aussi vous entendre les uns les autres.
Mais, vous ne me connaissez pas et vous ne m'entendez pas.
Et vous ne vous connaissez pas les uns les autres et vous ne vous entendez pas les uns les autres.
Mais, moi, je vous connais et je vous entends et je vous entends même quand vous n'entendez pas vous-mêmes ce que vous dites.
Et je vous comprends même quand vous ne comprenez pas vous-mêmes ce que vous faites, car je viens du Père et retournerai au Père. »

30
29 octobre Dès ce moment, plusieurs de ses disciples se retirèrent, et ils n'allaient plus avec lui.
Jésus donc dit aux douze : « Et vous, ne voulez-vous pas aussi vous en aller ? »
Simon Pierre lui répondit : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle.
Et nous avons cru et nous avons connu que tu es le Christ, le Saint de Dieu. »
Jésus leur répondit : « N'est-ce pas moi qui vous ai choisis, vous les douze ? Et l'un de vous est un démon ! »
Il parlait de Judas Iscariot, fils de Simon ; car c'était lui qui devait le livrer, lui, l'un des douze.

L'un des douze, le frère de Simon Pierre, lui dit alors : « Seigneur, tu nous a choisis et nous t'avons suivis. En te suivant, nous t'avons aussi choisi comme nous choisissons de demeurer avec toi.
Tu dis que l'une des douze est un démon. Mais, tu as aussi choisi ce démon-là et lui aussi a choisi de demeurer avec toi.
Pourquoi as-tu choisis celui-là parmi les douze ? »
Jésus lui répondit : « Rien ne m'est dissimulé de vos cœurs et rien ne m'est dissimulé de ce qui doit arriver. Car, je vous ai choisis, mais je n'ai pas choisi ce qui doit arriver, qui est la volonté du Père. »


31
Jean 7 30 octobre Après cela, Jésus parcourait la Galilée, car il ne voulait pas séjourner en Judée, parce que les Juifs cherchaient à le faire mourir.
Or, la fête des Juifs, la fête des Tabernacles, était proche.
Et ses frères lui dirent : « Pars d'ici, et va en Judée, afin que tes disciples voient aussi les œuvres que tu fais.
Personne n'agit en secret, lorsqu'il désire paraître : si tu fais ces choses, montre-toi toi-même au monde. »
Car ses frères non plus ne croyaient pas en lui.
Jésus leur dit : « Mon temps n'est pas encore venu, mais votre temps est toujours prêt.
Le monde ne peut vous haïr ; moi, il me hait, parce que je rends de lui le témoignage que ses œuvres sont mauvaises.
Montez, vous, à cette fête ; pour moi, je n'y monte point, parce que mon temps n'est pas encore accompli. »
Après leur avoir dit cela, il resta en Galilée.

Quand ils furent de retour de Jérusalem, ses frères lui dirent : « Pourquoi n'es-tu pas venu avec nous à Jérusalem pour la fête des Tabernacles ?
Nous avons vu beaucoup de malades, d'aveugles et de paralytiques qui t'attendaient dans le temple afin que pour eux tu accomplisses des miracles.
Beaucoup de Juifs parlaient de toi et jusqu'aux prêtres et aux sacrificateurs qui attendaient ta venue.
Nous avons même rencontré un centenier qui espérait te voir pour son fils qui est malade et va bientôt mourir et une femme qui ne demandait qu'à toucher ton manteau. »
Jésus leur répondit : « Qui attendaient ceux dont vous me parlez ? Ils espéraient un guérisseur, un mage ou un magicien ou bien encore un médecin pour leur corps ou pour leur âme.
Je ne suis pas un guérisseur, ni un faiseur de miracles et rien de ma gloire ne pourrait rejaillir sur vous, car elle vient du Seigneur et ne rejaillira que sur le Seigneur. »
Et ses frères étaient déçus car ils voulaient que Jésus soit roi.


32
31 octobre Lorsque ses frères furent montés à la fête, il y monta aussi lui-même, non publiquement, mais comme en secret.
Les Juifs le cherchaient pendant la fête, et disaient : « Où est-il ? »
Il y avait dans la foule grande rumeur à son sujet. Les uns disaient : « C'est un homme de bien. » D'autres disaient : « Non, il égare la multitude. »
Personne, toutefois, ne parlait librement de lui, par crainte des Juifs.
Vers le milieu de la fête, Jésus monta au temple. Et il enseignait.
Les Juifs s'étonnaient, disant : « Comment connaît-il les Écritures, lui qui n'a point étudié ? »
Jésus leur répondit : « Ma doctrine n'est pas de moi, mais de celui qui m'a envoyé.
Si quelqu'un veut faire sa volonté, il connaîtra si ma doctrine est de Dieu, ou si je parle de mon chef.
Celui qui parle de son chef cherche sa propre gloire ; mais celui qui cherche la gloire de celui qui l'a envoyé, celui-là est vrai, et il n'y a point d'injustice en lui.
Moïse ne vous a-t-il pas donné la loi ? Et nul de vous n'observe la loi. Pourquoi cherchez-vous à me faire mourir ? »
La foule répondit : « Tu as un démon. Qui est-ce qui cherche à te faire mourir ? »
Jésus leur répondit : « J'ai fait une œuvre, et vous en êtes tous étonnés.
Moïse vous a donné la circoncision, non qu'elle vienne de Moïse, car elle vient des patriarches, et vous circoncisez un homme le jour du sabbat.
Si un homme reçoit la circoncision le jour du sabbat, afin que la loi de Moïse ne soit pas violée, pourquoi vous irritez-vous contre moi de ce que j'ai guéri un homme tout entier le jour du sabbat ?
Ne jugez pas selon l'apparence, mais jugez selon la justice. »

Un vieil homme dit à Jésus : « Je te connais. Tu es de Nazareth et je suis l'un de tes voisins. Je connais aussi tes frères, qui sont là-bas dans le temple. Et je connais ton père et ta mère.
Quand tu étais enfant, tu jouais avec mes enfants et jamais je ne t'ai vu étudier les Saintes Écritures. Qui es-tu donc devenu que tu enseignes maintenant dans le Temple de Jérusalem ?
Qui es-tu donc devenu que tu laisses tes frères à l'écart ?
Et qui sont ceux-ci qui t'écoutent ?
Et qui sont ces femmes qui te suivent ? »
Jésus lui répondit : « Tu dis que tu me connais et je te connais aussi. Et je te connais mieux que tu le crois, car je connais aussi ton cœur.
Tu es un brave homme qui a élevé ses enfants et qui traite sa femme avec douceur.
Mais, tu ne crois pas. Pourquoi penses-tu qu'il ne peut rien arriver pour toi qui vienne de Dieu. N'es-tu pas un enfant du Seigneur ?
Écoute comme ceux-ci écoutent et entends comme ceux-ci entendent.
Oublie que tu m'as vu enfant jouer avec mes frères et avec tes fils.
Ne fallait-il pas que je sois enfant pour devenir un homme ?
Mais je ne suis plus un enfant.
Qui étais-je quand j'étais enfant ? J'étais celui que je suis et que j'ai toujours été.
Tu peux croire ou ne pas croire et là est ton libre choix, comme c'est le libre choix de chaque homme sur cette terre. »
L'homme l'écoutait et la foule demeurait silencieuse. Il s'approcha et s'inclina devant Jésus et lui dit : « Je crois que tu es le Fils de Dieu. »
Jésus dit alors : « En vérité, ceci est le plus grand miracle qui se soit jamais produit. »

33
1er novembre
Quelques habitants de Jérusalem disaient : « N'est-ce pas là celui qu'ils cherchent à faire mourir ?
Et voici, il parle librement, et ils ne lui disent rien ! Est-ce que vraiment les chefs auraient reconnu qu'il est le Christ ?
Cependant celui-ci, nous savons d'où il est ; mais le Christ, quand il viendra, personne ne saura d'où il est. »
Et Jésus, enseignant dans le temple, s'écria : « Vous me connaissez, et vous savez d'où je suis ! Je ne suis pas venu de moi-même : mais celui qui m'a envoyé est vrai, et vous ne le connaissez pas.
Moi, je le connais ; car je viens de lui, et c'est lui qui m'a envoyé. »

Jésus dit encore : « Et vous, vous croyez que vous savez d'où vous venez parce que vous connaissez votre père et que vous connaissez votre mère et vos frères et vos sœurs.
Vous croyez connaître votre maison et quand vous allez dans le temple, vous croyez connaître le temple.
Et quand vous récitez les prières, vous croyez connaître les prières que vous récitez.
Mais, en vérité je vous le dis, rien de ce que vous croyez connaître, vous ne le connaissez, car, vous êtes des enfants de Dieu et vous ne connaissez pas le mystère de Dieu.
C'est Dieu qui donne la vie, et seulement Dieu et cela vous ne pouvez pas le connaître, car, vous ne croyez pas. »


34
2 novembre Ils cherchaient donc à se saisir de lui, et personne ne mit la main sur lui, parce que son heure n'était pas encore venue.
Plusieurs parmi la foule crurent en lui, et ils disaient : « Le Christ, quand il viendra, fera-t-il plus de miracles que n'en a fait celui-ci ? »
Les pharisiens entendirent la foule murmurant de lui ces choses. Alors les principaux sacrificateurs et les pharisiens envoyèrent des huissiers pour le saisir.
Jésus dit : « Je suis encore avec vous pour un peu de temps, puis je m'en vais vers celui qui m'a envoyé.
Vous me chercherez et vous ne me trouverez pas, et vous ne pouvez venir où je serai. »
Sur quoi les Juifs dirent entre eux : « Où ira-t-il, que nous ne le trouvions pas ? Ira-t-il parmi ceux qui sont dispersés chez les Grecs, et enseignera-t-il les Grecs ?
Que signifie cette parole qu'il a dite : Vous me chercherez et vous ne me trouverez pas, et vous ne pouvez venir où je serai ? »

Jésus, sachant ce qu'ils murmuraient et sachant aussi qu'ils ne croyaient pas en lui, s'approcha et leur dit : « Pourquoi vous étonnez-vous de ce que je dis que vous me chercherez et que vous ne me trouverez pas ?
N'est-ce pas déjà le cas ?
Tous les textes que vous avez étudiés délivrent la même prophétie de l'avènement du Messie et vous croyez en ces textes et vous croyez en cette prophétie.
Ainsi, vous cherchez le Messie, mais vous ne le trouvez pas. Et vous êtes certains que jamais pendant votre vie sur cette terre viendra le temps du Messie.
En cela, vous êtes comme beaucoup d'hommes avant vous et vous êtes comme beaucoup d'hommes après vous.
Vous cherchez Dieu là où il n'est pas et vous ne le trouvez pas là où il est.
Alors, pourquoi me trouveriez-vous et pourquoi trouveriez-vous celui qui m'a envoyé ?
Vous demeurerez dans votre incroyance pour les siècles des siècles et rejetterez le Salut. »


35
3 novembre Le dernier jour, le grand jour de la fête, Jésus, se tenant debout, s'écria : « Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi, et qu'il boive.
Celui qui croit en moi, des fleuves d'eau vive couleront de son sein, comme dit l'Écriture. »
Il dit cela de l'Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui ; car l'Esprit n'était pas encore, parce que Jésus n'avait pas encore été glorifié.
Des gens de la foule, ayant entendu ces paroles, disaient : « Celui-ci est vraiment le prophète. »
D'autres disaient : « C'est le Christ. » Et d'autres disaient : « Est-ce bien de la Galilée que doit venir le Christ ?
L'Écriture ne dit-elle pas que c'est de la postérité de David, et du village de Bethléhem, où était David, que le Christ doit venir ? »
Il y eut donc, à cause de lui, division parmi la foule.
Quelques-uns d'entre eux voulaient le saisir, mais personne ne mit la main sur lui.

Les disciples demandèrent à Jésus : « Ils voulaient se saisir de toi et ils ne l'ont pas fait.
Ils complotaient pour te faire mourir, mais, ils ne t'ont pas fait mourir.
Ils ont demandé si tu étais de la postérité de David, mais tu ne leur as pas répondu.
Ils ont demandé si tu étais né à Bethléhem, mais ils n'en ont rien su.
Et ils sont partis divisés. »
Jésus leur dit alors : « Pourquoi se soucier de ces questions ?
Ils s'attachent à la lettre et négligent le sens. Mais c'est dans le sens des Écritures que réside la volonté de Dieu et non dans la lettre.
Quiconque préfère la lettre des Écritures au sens des Écritures fait fausse route et ne rencontrera pas le Seigneur et ne sera pas sauvé.
Vous, vous me connaissez. Qu'importe que je sois né ici où là et qu'importe qui sont ma mère et mes frères, car, j'appartiens à celui qui m'a envoyé et je retournerai à celui qui m'a envoyé après avoir témoigné de la bonne nouvelle du Salut des hommes pour les siècles des siècles. »


36
4 novembre Ainsi les huissiers retournèrent vers les principaux sacrificateurs et les pharisiens. Et ceux-ci leur dirent : « Pourquoi ne l'avez-vous pas amené ? »
Les huissiers répondirent : « Jamais homme n'a parlé comme cet homme. »
Les pharisiens leur répliquèrent : « Est-ce que vous aussi, vous avez été séduits ?
Y a-t-il quelqu'un des chefs ou des pharisiens qui ait cru en lui ?
Mais cette foule qui ne connaît pas la loi, ce sont des maudits ! »
Nicodème, qui était venu de nuit vers Jésus, et qui était l'un d'entre eux, leur dit :
« Notre loi condamne-t-elle un homme avant qu'on l'entende et qu'on sache ce qu'il a fait ? »
Ils lui répondirent : « Es-tu aussi Galiléen ? Examine, et tu verras que de la Galilée il ne sort point de prophète. »
Et chacun s'en retourna dans sa maison.

Car, c'est ainsi que les pharisiens veulent que l'on fasse et que les Juifs demeurent avec les Juifs et les Galiléens avec les Galiléens. Car, ils accordent plus de prix à la naissance qu'à la grâce de Dieu, comme ils accordent plus de prix à la lettre qu'au sens.
Nicodème resté seul, se demandait pourquoi de la Galilée ne sortirait aucun prophète.
Il retourna vers l'entourage de Jésus et s'approcha du disciple que Jésus aimait et lui dit : « Les prêtres et les sacrificateurs disent qu'aucun prophète ne vient de Galilée, or, vous venez de Galilée et votre maître vient aussi de Galilée. Comment pouvez-vous prétendre alors qu'il est un prophète ? »
Le disciple que Jésus aimait répondit : « Tu parles sans savoir et sans réfléchir, car, celui dont tu parles n'est pas un prophète mais le Christ rédempteur.
Il ne vient ni de Judée, ni de Galilée, ni du pays où les Juifs sont dispersés, mais il vient du Père et retournera au Père. »


37
Jean 8 5 novembre Jésus se rendit à la montagne des oliviers.
Mais, dès le matin, il alla de nouveau dans le temple, et tout le peuple vint à lui. S'étant assis, il les enseignait.
Alors les scribes et les pharisiens amenèrent une femme surprise en adultère ;
et, la plaçant au milieu du peuple, ils dirent à Jésus : « Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d'adultère.
Moïse, dans la loi, nous a ordonné de lapider de telles femmes : toi donc, que dis-tu ? »
Ils disaient cela pour l'éprouver, afin de pouvoir l'accuser. Mais Jésus, s'étant baissé, écrivait avec le doigt sur la terre.
Comme ils continuaient à l'interroger, il se releva et leur dit : « Que celui de vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle. »
Et s'étant de nouveau baissé, il écrivait sur la terre.
Quand ils entendirent cela, accusés par leur conscience, ils se retirèrent un à un, depuis les plus âgés jusqu'aux derniers ; et Jésus resta seul avec la femme qui était là au milieu.
Alors s'étant relevé, et ne voyant plus que la femme, Jésus lui dit : « Femme, où sont ceux qui t'accusaient ? Personne ne t'a-t-il condamnée ? »
Elle répondit : « Non, Seigneur. » Et Jésus lui dit : « Je ne te condamne pas non plus : va, et ne pèche plus. »

Quand la femme fut sortie du temple, Jésus resta seul, continuant d'écrire avec le doigt sur la terre.
Les hommes qui avaient assisté à la scène commencèrent à revenir dans le temple, mécontents que leur péché soit dévoilé. Ils s'approchèrent de Jésus et lui dirent : « Maître, tu as laissé partir cette femme sans la condamner et en cela tu as contrevenu à la loi. »
Jésus, sans relever la tête et continuant d'écrire, leur dit : « Qui n'a pas condamné cette femme ? Est-ce vous ou bien est-ce moi ? Si vous étiez certains de votre bon droit, l'auriez-vous laissée partir ?
En vérité, je vous le dis, personne sur cette terre n'est sans péché et personne sur cette terre ne peut juger du péché de ses frères.
Pourquoi le péché d'adultère vaudrait lapidation pour les femmes et ne vaudrait pas la même peine pour les hommes ?
Le Seigneur n'agrée pas la lapidation, ni pour les femmes, ni pour les hommes et le Seigneur n'agrée aucun supplice et je vous le dis, quiconque mettra au supplice son prochain sera perdu à jamais pour le Royaume du Ciel.
Cessez de vous juger les uns les autres et faites œuvre de pardon, car le Seigneur agrée le pardon et la miséricorde. »


38
6 novembre Jésus leur parla de nouveau, et dit : « Je suis la lumière du monde ; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie. »
Là-dessus, les pharisiens lui dirent : « Tu rends témoignage de toi-même ; ton témoignage n'est pas vrai. »
Jésus leur répondit : « Quoique je rende témoignage de moi-même, mon témoignage est vrai, car je sais d'où je suis venu et où je vais ; mais vous, vous ne savez d'où je viens ni où je vais.
Vous jugez selon la chair ; moi, je ne juge personne.
Et si je juge, mon jugement est vrai, car je ne suis pas seul ; mais le Père qui m'a envoyé est avec moi.
Il est écrit dans votre loi que le témoignage de deux hommes est vrai ;
je rends témoignage de moi-même, et le Père qui m'a envoyé rend témoignage de moi. »
Ils lui dirent donc : « Où est ton Père ? » Jésus répondit : « Vous ne connaissez ni moi, ni mon Père. Si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père. »
Jésus dit ces paroles, enseignant dans le temple, au lieu où était le trésor ; et personne ne le saisit, parce que son heure n'était pas encore venue.

Un autre jour, alors que Jésus était dans le temple, les pharisiens lui dirent : « Tu nous dis de ne point juger parce que nous jugeons selon la chair. Mais si nous ne jugeons point, comment allons nous dire ce qu'est le bien et ce qu'est le mal ? »
Jésus leur répondit : « Demandez l'aide du Père pour connaître pour vous même ce qu'est le bien et ce qu'est le mal et demandez pardon pour vos péchés, car, souvent vous vous tromperez et souvent vous errerez dans les ténèbres.
Suivez-moi et vous marcherez dans la lumière. Ceux qui marchent dans la lumière ne connaissent point les ténèbres et aucune ténèbre ne peut les atteindre.
En vérité, je vous le dis, demandez le secours du Seigneur et le Seigneur vous aidera. »
Les pharisiens dirent alors : « Mais si un homme blasphème, il nous faudra bien le juger et le punir. » Ils disaient cela car ils voulaient se saisir de Jésus pour blasphème contre la loi de Moïse.
Jésus répondit : « Le Seigneur ne connaît que la louange et ne sait rien de ce que vous appelez le blasphème. En vérité, je vous le dis, ceci est une invention du malin pour vous tromper, car, comment le Seigneur dans sa toute puissance pourrait craindre de sa création. »

39
7 novembre Jésus leur dit encore : « Je m'en vais, et vous me chercherez, et vous mourrez dans votre péché ; vous ne pouvez venir où je vais. »
Sur quoi les Juifs dirent : « Se tuera-t-il lui-même, puisqu'il dit : Vous ne pouvez venir où je vais ? »
Et il leur dit : « Vous êtes d'en bas ; moi, je suis d'en haut. Vous êtes de ce monde ; moi, je ne suis pas de ce monde.
C'est pourquoi je vous ai dit que vous mourrez dans vos péchés ; car si vous ne croyez pas ce que je suis, vous mourrez dans vos péchés. »
« Qui es-tu ? » lui dirent-ils. Jésus leur répondit : « Ce que je vous dis dès le commencement.
J'ai beaucoup de choses à dire de vous et à juger en vous ; mais celui qui m'a envoyé est vrai, et ce que j'ai entendu de lui, je le dis au monde. »
Ils ne comprirent point qu'il leur parlait du Père.
Jésus donc leur dit : « Quand vous aurez élevé le Fils de l'homme, alors vous connaîtrez ce que je suis, et que je ne fais rien de moi-même, mais que je parle selon ce que le Père m'a enseigné.
Celui qui m'a envoyé est avec moi ; il ne m'a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui est agréable. »

Mais les Juifs continuaient à demander à Jésus qui il était parce qu'ils voulaient l'entendre dire qu'il était le Christ pour se saisir de lui et le faire mourir.
Alors, Jésus leur dit : « Vous me demandez sans cesse qui je suis, je vous réponds et vous n'écoutez pas la réponse que je vous donne.
Moi aussi, je peux demander qui vous êtes, vous qui avez reçu la loi de Moïse et qui vous contentez d'en marmonner les versets sans les appliquer.
Pensez-vous qu'il soit suffisant de craindre Dieu ? D'autres viendront après moi et après vous qui diront qu'ils craignent Dieu et qui, au motif de cette crainte commettront des abominations.
Je vous le dis encore, le Seigneur n'a pas besoin qu'on le craigne et n'a rien à faire de votre crainte.
Le Seigneur veut que vous l'aimiez et il vous aimera en retour.
Il veut que vous aimiez votre prochain comme vous-même et il vous aimera en retour.
Ainsi, celui qui dit craindre Dieu mais n'aime pas son prochain n'a rien accompli de sa vie.
Et n'aimez pas seulement ceux qui vous aiment, car, vous n'aurez aucun mérite. Aimez vos ennemis comme vous-même car, qui dit qu'ils ne valent pas mieux que vous.
Je vous le dis, pour le Seigneur, tous se valent dans son amour. »


40
8 novembre Comme Jésus parlait ainsi, plusieurs crurent en lui.
Et il dit aux Juifs qui avaient cru en lui : « Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ;
vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira. »
Ils lui répondirent : « Nous sommes la postérité d'Abraham, et nous ne fûmes jamais esclaves de personne ; comment dis-tu : Vous deviendrez libres ? »
« En vérité, en vérité, je vous le dis, leur répliqua Jésus, quiconque se livre au péché est esclave du péché.
Or, l'esclave ne demeure pas toujours dans la maison ; le fils y demeure toujours.
Si donc le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres.
Je sais que vous êtes la postérité d'Abraham ; mais vous cherchez à me faire mourir, parce que ma parole ne pénètre pas en vous.
Je dis ce que j'ai vu chez mon Père ; et vous, vous faites ce que vous avez entendu de la part de votre père. »
Ils lui répondirent : « Notre père, c'est Abraham. » Jésus leur dit : « Si vous étiez enfants d'Abraham, vous feriez les œuvres d'Abraham.
Mais maintenant vous cherchez à me faire mourir, moi qui vous ai dit la vérité que j'ai entendue de Dieu. Cela, Abraham ne l'a point fait.
Vous faites les œuvres de votre père. » Ils lui dirent : « Nous ne sommes pas des enfants illégitimes ; nous avons un seul Père, Dieu. »
Jésus leur dit : « Si Dieu était votre Père, vous m'aimeriez, car c'est de Dieu que je suis sorti et que je viens ; je ne suis pas venu de moi-même, mais c'est lui qui m'a envoyé.
Pourquoi ne comprenez-vous pas mon langage ? Parce que vous ne pouvez écouter ma parole.
Vous avez pour père le diable, et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été meurtrier dès le commencement, et il ne se tient pas dans la vérité, parce qu'il n'y a pas de vérité en lui. Lorsqu'il profère le mensonge, il parle de son propre fonds ; car il est menteur et le père du mensonge.
Et moi, parce que je dis la vérité, vous ne me croyez pas.
Qui de vous me convaincra de péché ? Si je dis la vérité, pourquoi ne me croyez-vous pas ?
Celui qui est de Dieu, écoute les paroles de Dieu ; vous n'écoutez pas, parce que vous n'êtes pas de Dieu. »

Ils dirent encore à Jésus : « Tu dis que nous ne sommes pas de Dieu, et pourtant, nous sommes les fils d'Abraham et nos pères nous ont appris que les fils d'Abraham étaient les fils de Dieu. »
Jésus leur dit : « Si vous avez appris cela, vous savez aussi qu'Abraham avait deux fils. Vous dites que vous êtes les fils d'Abraham parce que vous descendez d'Isaac, mais, les fils d'Ismaël aussi sont les fils d'Abraham.
Croyez-vous que dans son amour pour la création, le Seigneur distingue les fils légitimes des fils illégitimes ?
Je vous le dis : il y a des fils illégitimes qui sont plus légitimes que les fils légitimes et qui viennent de Dieu quand des fils légitimes viennent de leur père. »
Ils répondirent encore : « Comment peux-tu dire cela  ? Ne connais-tu point le caractère sacré des liens du mariage ? Est-ce que tu promeus l'adultère ? »
Jésus répondit : « Je ne méconnais point les liens du mariage et je professe que les liens du mariage sont sacrés.
Mais, je vous le dis : tous les enfants se valent et ne sont pas comptables des actes de leurs parents. Si vous allez dans une autre ville et si vous regardez les enfants jouer sur la place, saurez-vous distinguer les enfants légitimes des enfants illégitimes ?
Et croyez-vous que le Seigneur va distinguer ceux-ci de ceux-là ?
En vérité, je vous le dis, l'amour du Seigneur pour sa création est plus grand que le mariage et plus sacré encore que les liens du mariage. Et le Seigneur aime également les enfants légitimes et les enfants illégitimes. »
Alors ils répliquèrent : « Tu bafoues la loi et tu blasphèmes. »
Mais Jésus répondit : « Vous êtes ceux qui bafouez la loi et qui blasphémez, car vous vous arrêtez à la lettre de la loi sans chercher le sens de la loi. Or, Dieu n'a pas donné la lettre de la loi à Moïse, mais il lui a donné le sens de la loi.
Ainsi, tous ceux qui se réclament de la lettre de la loi plutôt que du sens de la loi ne sont pas agréés par Dieu. Ni vous, ni ceux qui viendront après vous et vous ne serez pas sauvés, non plus que ceux qui viendront après vous. »
Alors, ils le quittèrent en grommelant et en maugréant, le maudissant ainsi que maudissant ses aïeux. Jésus qui savait ce qu'ils disaient leur dit enfin : « Si vous me maudissez et si vous maudissez mes aïeux, vous vous maudissez vous-mêmes, car nous avons les mêmes aïeux et nous adorons le même Dieu.
Ainsi, laissez vos malédictions pour écouter la parole et pour croire, et vous serez sauvés. »


41
9 novembre Les Juifs lui répondirent : « N'avons-nous pas raison de dire que tu es un Samaritain, et que tu as un démon ? »
Jésus répliqua : « Je n'ai point de démon ; mais j'honore mon Père, et vous m'outragez.
Je ne cherche point ma gloire ; il en est un qui la cherche et qui juge.
En vérité, en vérité, je vous le dis, si quelqu'un garde ma parole, il ne verra jamais la mort. »
« Maintenant, lui dirent les Juifs, nous connaissons que tu as un démon. Abraham est mort, les prophètes aussi, et tu dis : Si quelqu'un garde ma parole, il ne verra jamais la mort.
Es-tu plus grand que notre père Abraham, qui est mort ? Les prophètes aussi sont morts. Qui prétends-tu être ? »
Jésus répondit : « Si je me glorifie moi-même, ma gloire n'est rien. C'est mon Père qui me glorifie, lui que vous dites être votre Dieu,
et que vous ne connaissez pas. Pour moi, je le connais ; et, si je disais que je ne le connais pas, je serais semblable à vous, un menteur. Mais je le connais, et je garde sa parole.
Abraham, votre père, a tressailli de joie de ce qu'il verrait mon jour : il l'a vu, et il s'est réjoui. »
Les Juifs lui dirent : « Tu n'as pas encore cinquante ans, et tu as vu Abraham ! »
Jésus leur dit : « En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu'Abraham fût, je suis. »
Là-dessus, ils prirent des pierres pour les jeter contre lui ; mais Jésus se cacha, et il sortit du temple.

Quand ils furent revenus sur la montagne des oliviers, un des disciples de Jésus, celui que Jésus aimait, lui demanda pourquoi les Juifs avaient voulu le lapider.
Jésus répondit : « Qui ont-ils voulu lapider ? Ils ne le savent pas et ne le sauront jamais. Ils me disent que je n'ai pas pu voir Abraham car je n'ai pas encore cinquante ans, mais ils savent bien qu'il est impossible pour un homme vivant d'avoir vu Abraham vivant, eût il atteint cent ans.
Ainsi, ils me dénient le droit d'avoir vu Abraham et me dénient aussi le droit d'avoir été avant lui et pourtant, Dieu le Père notre Seigneur était avant Abraham et avant tous les prophètes et demeure après eux. Et le Fils de l'homme demeurera après eux et était avec le Père, un, avant Abraham.
Mais, ils jugent avec les yeux des hommes et avec la pensée des hommes, qui croient que ce qui a été hier ne pourra être demain et que ce qui aura été le lendemain n'aura pas été la veille. Ce sont là choses commodes pour parler entre les hommes, mais cela n'a pas cours pour parler avec le Père.
Ils pensent aussi qu'une chose est vraie ou fausse et qu'elle ne peut pas être fausse et vraie à la fois. Mais, ils se trompent, car la vérité appartient à Dieu et à lui seul et seul Dieu confère aux choses humaines une parcelle de vérité.
Ils croient que le temple est vrai, mais c'est le Seigneur qui est vrai et le temple n'est qu'apparence.
Ils croient que Jérusalem est vraie, mais seule la Jérusalem céleste est véritable.
Ils pensent aimer Dieu mais ils adorent encore des idoles. »


42
Jean 9
10 novembre Jésus vit, en passant, un homme aveugle de naissance.
Ses disciples lui firent cette question : « Rabbi, qui a péché, cet homme ou ses parents, pour qu'il soit né aveugle ? »
Jésus répondit : « Ce n'est pas que lui ou ses parents aient péché ; mais c'est afin que les œuvres de Dieu soient manifestées en lui.
Il faut que je fasse, tandis qu'il est jour, les œuvres de celui qui m'a envoyé ; la nuit vient, où personne ne peut travailler.
Pendant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. »
Après avoir dit cela, il cracha à terre, et fit de la boue avec sa salive. Puis il appliqua cette boue sur les yeux de l'aveugle,
et lui dit : « Va, et lave-toi au réservoir de Siloé (nom qui signifie envoyé). » Il y alla, se lava, et s'en retourna voyant clair.
Ses voisins et ceux qui auparavant l'avaient connu comme un mendiant disaient : « N'est-ce pas là celui qui se tenait assis et qui mendiait ? »
Les uns disaient : « C'est lui. » D'autres disaient : « Non, mais il lui ressemble. » Et lui-même disait : « C'est moi. »
Ils lui dirent donc : « Comment tes yeux ont-ils été ouverts ? »
Il répondit : « L'homme qu'on appelle Jésus a fait de la boue, a oint mes yeux, et m'a dit : Va au réservoir de Siloé, et lave-toi. J'y suis allé, je me suis lavé, et j'ai recouvré la vue. »
Ils lui dirent : « Où est cet homme ? » Il répondit : « Je ne sais. »

Les disciples de Jésus dirent à Jésus : « Tu as fait un grand miracle en guérissant cet aveugle de naissance de sa cécité. Dis-nous de toi ce qui est miraculeux, de la salive ou de la terre ? »
Jésus les regarda et leur dit : « Vous qui voyez, vous êtes pires aveugles que l'aveugle avant qu'il soit guéri.
N'étiez-vous pas présents et n'avez vous pas vu comment j'ai procéder pour le guérir ?
Et pourquoi ne me demandez-vous pas si c'est l'eau du réservoir de Siloé qui est miraculeuse ou bien encore le soleil qui a séché cette eau ?
En vérité, si vous ne croyez pas en moi, vous ne pourrez croire que l'aveugle voit de nouveau.
Que pensez-vous ? Que la terre du chemin est miraculeuse ? Que ma salive possède des qualités que votre salive ne possède pas ? Que l'eau du réservoir de Siloé est une eau qui diffère de l'eau des autres réservoirs ?
Non, je vous le dis en vérité, ce qui diffère, c'est que cet aveugle a cru ce que je lui ai ordonné et que vous, vous ne croyez pas. »
Les disciples lui dirent alors : « Seigneur nous te croyons et nous croyons que tu es le Fils de Dieu, mais nous voulons savoir comment tu as procédé pour le dire à ceux qui viendront après nous. »
Jésus répondit : « Si vous croyez dans le Seigneur notre Père, vous croyez que rien n'est impossible à ses œuvres et si vous croyez que je suis son Fils, qu'est-ce qui serait impossible au Fils du Père ? Croyez donc que l'aveugle voit et dites cela seulement. »


43
11 novembre Ils menèrent vers les pharisiens celui qui avait été aveugle.
Or, c'était un jour de sabbat que Jésus avait fait de la boue, et lui avait ouvert les yeux.
De nouveau, les pharisiens aussi lui demandèrent comment il avait recouvré la vue. Et il leur dit : « Il a appliqué de la boue sur mes yeux, je me suis lavé, et je vois. »
Sur quoi quelques-uns des pharisiens dirent : « Cet homme ne vient pas de Dieu, car il n'observe pas le sabbat. » D'autres dirent : « Comment un homme pécheur peut-il faire de tels miracles ? »
Et il y eut division parmi eux. Ils dirent encore à l'aveugle : « Toi, que dis-tu de lui, sur ce qu'il t'a ouvert les yeux ? » Il répondit : « C'est un prophète. »
Les Juifs ne crurent point qu'il eût été aveugle et qu'il eût recouvré la vue jusqu'à ce qu'ils eussent fait venir ses parents.
Et ils les interrogèrent, disant : « Est-ce là votre fils, que vous dites être né aveugle ? Comment donc voit-il maintenant ? »
Ses parents répondirent : « Nous savons que c'est notre fils, et qu'il est né aveugle ;
mais comment il voit maintenant, ou qui lui a ouvert les yeux, c'est ce que nous ne savons. Interrogez-le lui-même, il a de l'âge, il parlera de ce qui le concerne. »
Ses parents dirent cela parce qu'ils craignaient les Juifs ; car les Juifs étaient déjà convenus que, si quelqu'un reconnaissait Jésus pour le Christ, il serait exclu de la synagogue.
C'est pourquoi ses parents dirent : il a de l'âge, interrogez-le lui-même.

Alors, les pharisiens demandèrent aux parents de celui qui avait été aveugle s'ils avaient péché pour que leur fils naisse aveugle. Ils lui répondirent qu'ils avaient eu d'autres fils avant lui et d'autres fils après lui et que seul celui-ci était né aveugle et qu'ils ne savaient pas avoir péché pour un seul fils.
Alors, ils interrogèrent leur fils pour savoir s'il avait péché. Il leur répondit : « Quel lien faites-vous entre la cécité et le péché ?
N'avez-vous jamais péché dans votre vie et vos parents n'ont-ils jamais péché ? Pourtant, vous n'êtes pas nés aveugles et vous ne l'êtes pas devenus. Si tous les enfants dont les parents ont péché devaient naître aveugles, personne ne verrait sur cette terre. »
Les pharisiens furent frappés de la sagesse de cet homme et se dirent entre eux : celui qui lui a ouvert les yeux ne lui a pas ouvert que les yeux, il lui a aussi ouvert l'esprit.
Mais l'homme, entendant ce qu'ils disaient, leur dit encore : « Parce que j'étais aveugle et que je mendiais tous les jours dans le temple, vous ne m'avez pas considéré et vous ne m'avez pas regardé. Mais moi, qui ne vous voyais pas, je vous entendais et j'ai écouté tous les enseignements qui sont dispensés dans le temple. Comme je ne voyais pas, j'entendais et vous vous placeriez à l'autre bout du temple que j'entendrais encore ce que vous dites entre vous. »
Alors, les pharisiens prirent peur car ils disaient entre eux beaucoup de choses qu'ils ne souhaitaient pas que le peuple entende et ils dirent : « Voici bien la preuve que celui qui se nomme Jésus a un démon puisqu'il fait des démons. »


44
12 novembre Les pharisiens appelèrent une seconde fois l'homme qui avait été aveugle, et ils lui dirent : « Donne gloire à Dieu ; nous savons que cet homme est un pécheur. »
Il répondit : « S'il est un pécheur, je ne sais ; je sais une chose, c'est que j'étais aveugle et que maintenant je vois. »
Ils lui dirent : « Que t'a-t-il fait ? Comment t'a-t-il ouvert les yeux ? »
Il leur répondit : « Je vous l'ai déjà dit, et vous n'avez pas écouté ; pourquoi voulez-vous l'entendre encore ? Voulez-vous aussi devenir ses disciples ? »
Ils l'injurièrent et dirent : « C'est toi qui es son disciple ; nous, nous sommes disciples de Moïse ».
« Nous savons que Dieu a parlé à Moïse ; mais celui-ci, nous ne savons d'où il est. »
Cet homme leur répondit : « Il est étonnant que vous ne sachiez d'où il est ; et cependant il m'a ouvert les yeux.
Nous savons que Dieu n'exauce point les pécheurs ; mais, si quelqu'un l'honore et fait sa volonté, c'est celui là qu'il exauce.
Jamais on n'a entendu dire que quelqu'un ait ouvert les yeux d'un aveugle-né.
Si cet homme ne venait pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. »
Ils lui répondirent : « Tu es né tout entier dans le péché, et tu nous enseignes ! Et ils le chassèrent. »
Jésus apprit qu'ils l'avaient chassé ; et, l'ayant rencontré, il lui dit : « Crois-tu au Fils de Dieu ? »
Il répondit : « Et qui est-il, Seigneur, afin que je croie en lui ? »
« Tu l'as vu, lui dit Jésus, et celui qui te parle, c'est lui. »
Et il dit : « Je crois, Seigneur. Et il se prosterna devant lui. »
Puis Jésus dit : « Je suis venu dans ce monde pour un jugement, pour que ceux qui ne voient point voient, et que ceux qui voient deviennent aveugles. »
Quelques pharisiens qui étaient avec lui, ayant entendu ces paroles, lui dirent : « Nous aussi, sommes-nous aveugles ? »
Jésus leur répondit : « Si vous étiez aveugles, vous n'auriez pas de péché. Mais maintenant vous dites : Nous voyons. C'est pour cela que votre péché subsiste. »

Ainsi prenez garde dans vos vies, car, on ne reprochera pas à un aveugle de ne pas voir, mais à celui qui voit, on reprochera d'être aveugle.
Ainsi, si vous avez vu la lumière, témoignez de la lumière, mais si vous avez vu la lumière et que vous témoigniez des ténèbres, alors, les ténèbres vous engloutiront.
Malheureux sont ceux qui n'ont pas été baptisés par l'Esprit saint.
Mais plus malheureux encore ceux qui, ayant été baptisés par l'Esprit saint, refusent le baptême et le renient.
Ainsi, souvenez-vous toujours de votre baptême, car on ne reprochera pas à ceux qui n'ont pas été baptisés de vivre dans l'ignorance de la grâce, mais on reprochera à ceux qui ont été baptisés de renier la grâce qui leur a été donnée.
Rendez grâce au Seigneur à chaque instant de votre vie pour rendre grâce à votre baptême par l'Esprit.
Car, par le baptême, le Seigneur vous a ouvert les yeux et vous voyez maintenant et vous vivez dans sa lumière.
Ainsi, abandonnez les ténèbres qui vous habitent et rejoignez la lumière, qui est le Père, le Fils et le Saint Esprit.
Ne soyez pas comme les pharisiens qui appellent deux fois l'aveugle guéri de la cécité par le Christ.
Et peut-être l'ont-ils appelé trois fois ou dix fois et celui-ci, trois fois ou dix fois a témoigné de la même manière : il ne voyait pas auparavant et maintenant il voyait.
Soyez donc aussi patients et tenaces que l'aveugle-né et si l'on vous demande de témoigner de la lumière, témoignez de la lumière et si l'on vous demande de témoigner trois fois, témoignez trois fois et si l'on vous demande encore de témoigner dix fois ou cent fois, témoignez dix fois ou cent fois et encore davantage.
Qui allume la lumière pour la mettre sous le boisseau ?
Qui, lorsqu'il est sur le chemin dans la nuit pour rejoindre sa maison et qu'il voit la lumière allumée à la fenêtre, ferme les yeux pour se perdre dans les ténèbres ?
Ne soyez pas comme ces insensés qui préfèrent les ténèbres au jour et ne fermez pas les yeux face à la lumière du monde.

45
Jean 10 13 novembre « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui n'entre pas par la porte dans la bergerie, mais qui y monte par ailleurs, est un voleur et un brigand.
Mais celui qui entre par la porte est le berger des brebis.
Le portier lui ouvre, et les brebis entendent sa voix ; il appelle par leur nom les brebis qui lui appartiennent, et il les conduit dehors.
Lorsqu'il a fait sortir toutes ses propres brebis, il marche devant elles ; et les brebis le suivent, parce qu'elles connaissent sa voix.
Elles ne suivront point un étranger ; mais elles fuiront loin de lui, parce qu'elles ne connaissent pas la voix des étrangers. »
Jésus leur dit cette parabole, mais ils ne comprirent pas de quoi il leur parlait.
Jésus leur dit encore : « En vérité, en vérité, je vous le dis, je suis la porte des brebis.
Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des brigands ; mais les brebis ne les ont point écoutés.
Je suis la porte. Si quelqu'un entre par moi, il sera sauvé ; il entrera et il sortira, et il trouvera des pâturages.
Le voleur ne vient que pour dérober, égorger et détruire ; moi, je suis venu afin que les brebis aient la vie, et qu'elles soient dans l'abondance.
Je suis le bon berger. Le bon berger donne sa vie pour ses brebis.
Mais le mercenaire, qui n'est pas le berger, et à qui n'appartiennent pas les brebis, voit venir le loup, abandonne les brebis, et prend la fuite ; et le loup les ravit et les disperse.
Le mercenaire s'enfuit, parce qu'il est mercenaire, et qu'il ne se met point en peine des brebis. Je suis le bon berger.
Je connais mes brebis, et elles me connaissent,
comme le Père me connaît et comme je connais le Père ; et je donne ma vie pour mes brebis.
J'ai encore d'autres brebis, qui ne sont pas de cette bergerie ; celles-là, il faut que je les amène ; elles entendront ma voix, et il y aura un seul troupeau, un seul berger. »

Le soir, en particulier, les disciples demandèrent à Jésus quelles étaient ses brebis et si, eux-mêmes étaient son troupeau.
Jésus leur dit : « Mes brebis sont innombrables mais beaucoup d'entre elles se sont égarées.
Beaucoup pensent suivre le berger et suivent un chacal qui les conduira à l'abime.
D'autres aussi pensent qu'elles n'ont pas de berger, car, elles ne l'ont jamais rencontrées.
D'autres étaient dans le troupeau et s'en sont échappées, car elles trouvaient que le chemin que prenait le berger était trop ardu pour elles.
Et puis, il y a aussi toutes les brebis des temps passés et celles des temps à venir.
Voici mon troupeau. Il est composé de toutes ces brebis sans exception.
Et le bon berger ne fait pas de distinction entre elles, ce sont elles qui se distinguent les unes des autres.
Est-ce que le berger qui aime une brebis ne l'aime plus dès lors que celle-ci s'échappe ?
Au contraire, il prend sa lampe et la cherche pour la ramener dans le troupeau.
Mais parfois, une fois revenue, la brebis s'échappe de nouveau. Alors le bon berger, sans se décourager, reprend sa lampe et quel que soit le temps repart à la recherche de la brebis égarée pour la retrouver et la ramener.
Ainsi, je vous le dis en vérité, ce que le berger peut faire pour ses brebis, ne croyez-vous pas que le Fils de Dieu peut le faire pour les hommes ?
Vous vous rassemblez autour de moi et vous dites que vous êtes les brebis adorées du Seigneur. Et je vous reconnais proches de moi et je vous enverrai à travers le monde prendre soin de mon troupeau.
Mais toutes les brebis qui sont au dehors me soucient davantage, car elles sont à la merci de tous les périls. »
Les disciples ne comprenaient toujours pas la parabole, car, ils voulaient garder pour eux l'annonce de la bonne nouvelle.


46
14 novembre « Le Père m'aime, parce que je donne ma vie, afin de la reprendre.
Personne ne me l'ôte, mais je la donne de moi-même ; j'ai le pouvoir de la donner, et j'ai le pouvoir de la reprendre : tel est l'ordre que j'ai reçu de mon Père. »
Il y eut de nouveau, à cause de ces paroles, division parmi les Juifs.
Plusieurs d'entre eux disaient : « Il a un démon, il est fou ; pourquoi l'écoutez-vous ? »
D'autres disaient : « Ce ne sont pas les paroles d'un démoniaque ; un démon peut-il ouvrir les yeux des aveugles ? »

Mais lui, disait aussi : « Qui est fou et qui a un démon ? Celui qui croit ou celui qui ne croit pas ?
En vérité, je vous le dis : de celui qui croit à la mort, vous ne dites pas qu'il a un démon, ni qu'il est fou.
Mais de celui qui croit à la vie éternelle dans le Seigneur, de celui-là vous dites qu'il est fou et qu'il a un démon.
Mais moi, je vous donne la vie éternelle et c'est pour cela que vous voulez me faire mourir. »


47
15 novembre On célébrait à Jérusalem la fête de la Dédicace. C'était l'hiver.
Et Jésus se promenait dans le temple, sous le portique de Salomon.
Les Juifs l'entourèrent, et lui dirent : « Jusques à quand tiendras-tu notre esprit en suspens ? Si tu es le Christ, dis-le nous franchement. »
Jésus leur répondit : « Je vous l'ai dit, et vous ne croyez pas. Les œuvres que je fais au nom de mon Père rendent témoignage de moi.
Mais vous ne croyez pas, parce que vous n'êtes pas de mes brebis.
Mes brebis entendent ma voix ; je les connais, et elles me suivent.
Je leur donne la vie éternelle ; et elles ne périront jamais, et personne ne les ravira de ma main.
Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tous ; et personne ne peut les ravir de la main de mon Père.
Moi et le Père nous sommes un. »
Alors les Juifs prirent de nouveau des pierres pour le lapider.

Mais Jésus se retira avec ses disciples sur la montagne des oliviers et les juifs ne purent le lapider car ce n'était pas encore son heure et ce n'était pas ainsi qu'il devait mourir.
Le soir, les disciples demandèrent à Jésus si les juifs pouvaient être sauvés. Jésus répondit : « Pourquoi ne le pourraient-ils pas ? Ils ont reçu la parole de Dieu avant tous les autres peuples et la conservent dans la foi. Mais, nous vivons une époque mauvaise et ceux-ci son confits dans le passé et ne veulent rien entendre. Mais ce sont ceux-ci seulement et aucune opprobre ne pèse sur le peuple de Dieu.
Ainsi, laissez les juifs se convertir s'ils le souhaitent et laissez les en paix s'ils ne le souhaitent pas, car ils sont aimés de Dieu avant tous les autres peuples. »
Mais Pierre répliqua : « Mais ils veulent te faire mourir et nous ne voulons pas ta mort. »
Jésus répondit : « Pierre, tu ne sais pas ce que tu dis, car, quand ils m'auront fait mourir, auront-ils fait autre chose que d'accomplir la volonté du Seigneur, car, je te le dis en vérité, ils ne me feront pas mourir avant que mon temps soit venu. »

48
16 novembre Jésus leur dit : « Je vous ai fait voir plusieurs bonnes œuvres venant de mon Père : pour laquelle me lapidez-vous ? »
Les Juifs lui répondirent : « Ce n'est point pour une bonne œuvre que nous te lapidons, mais pour un blasphème, et parce que toi, qui es un homme, tu te fais Dieu. »
Jésus leur répondit : « N'est-il pas écrit dans votre loi :
J'ai dit : Vous êtes des dieux ?
Si elle a appelé dieux ceux à qui la parole de Dieu a été adressée, et si l'Écriture ne peut être anéantie,
celui que le Père a sanctifié et envoyé dans le monde, vous lui dites : Tu blasphèmes ! Et cela parce que j'ai dit : Je suis le Fils de Dieu.
Si je ne fais pas les œuvres de mon Père, ne me croyez pas.
Mais si je les fais, quand même vous ne me croyez point, croyez à ces œuvres, afin que vous sachiez et reconnaissiez que le Père est en moi et que je suis dans le Père. »
Là-dessus, ils cherchèrent encore à le saisir, mais il s'échappa de leurs mains.
Jésus s'en alla de nouveau au delà du Jourdain, dans le lieu où Jean avait d'abord baptisé. Et il y demeura.
Beaucoup de gens vinrent à lui, et ils disaient : « Jean n'a fait aucun miracle ; mais tout ce que Jean a dit de cet homme était vrai. »
Et, dans ce lieu-là, plusieurs crurent en lui.

Alors qu'il était au-delà du Jourdain, un enfant qui avait à peine sept années de vie, s'approcha de Jésus pour lui parler. Les disciples tentèrent de l'en empêcher mais Jésus les rabroua en leur dont l'ordre de laisser l'enfant l'interroger comme il le souhaiterait.
L'enfant demanda à Jésus : « Mon père dit que les prêtres et les sacrificateurs ont voulu te lapider à Jérusalem comme un criminel, mais il n'a pas voulu me dire pour quelle raison ils ont voulu faire cela. »
Jésus lui demanda : « Viens-tu de toi-même pour me poser cette question ou bien est-ce ton père qui t'a envoyé ? »
L'enfant répondit qu'il était venu de lui-même, mais que son père l'avait laissé venir, car il ne craignait rien.
Alors Jésus lui dit : « Moi, c'est mon père qui m'a envoyé, mais il m'a envoyé sachant qu'ils voudraient me faire mourir par lapidation ou par un autre supplice. Et mon père m'a envoyé pour le salut des hommes pour les siècles des siècles et pour le salut du monde. »
L'enfant lui dit alors qu'il ne voyait en cela aucune raison pour qu'on le lapidât.
Alors Jésus lui dit : « Retiens qu'aucune raison n'est valable pour qu'un homme tue un autre homme et retiens que le blasphème n'existe que dans le cœur des méchants. Car le Seigneur est tout puissant et ne craint aucunement les hommes, ni en actes, ni en paroles. »


49
Jean 11 17 novembre Il y avait un homme malade, Lazare, de Béthanie, village de Marie et de Marthe, sa sœur.
C'était cette Marie qui oignit de parfum le Seigneur et qui lui essuya les pieds avec ses cheveux, et c'était son frère Lazare qui était malade.
Les sœurs envoyèrent dire à Jésus : « Seigneur, voici, celui que tu aimes est malade. »
Après avoir entendu cela, Jésus dit : « Cette maladie n'est point à la mort ; mais elle est pour la gloire de Dieu, afin que le Fils de Dieu soit glorifié par elle. »
Or, Jésus aimait Marthe, et sa sœur, et Lazare.
Lors donc qu'il eut appris que Lazare était malade, il resta deux jours encore dans le lieu où il était,
et il dit ensuite aux disciples : « Retournons en Judée. »
Les disciples lui dirent : « Rabbi, les Juifs tout récemment cherchaient à te lapider, et tu retournes en Judée ! »
Jésus répondit : « N'y a-t-il pas douze heures au jour ? Si quelqu'un marche pendant le jour, il ne bronche point, parce qu'il voit la lumière de ce monde ;
mais, si quelqu'un marche pendant la nuit, il bronche, parce que la lumière n'est pas en lui. »

Jésus leur dit encore : « Vous me dites souvent : tu as fait ceci hier et tu fais cela aujourd'hui. Et vous me demandez ce qui est juste de ce que j'ai fait hier ou de ce que j'ai fait aujourd'hui.
Vous me dites également : tu as dit ceci hier et tu dis cela aujourd'hui. Dis-nous quelle parole est juste de celle d'hier ou de celle d'aujourd'hui.
Mais, vous commettez en cela l'erreur que commettent beaucoup d'hommes, qui est de juger aujourd'hui ce qui est d'hier et de vouloir juger demain avec ce qui est aujourd'hui ou ce qui était hier.
En vérité je vous le dis, je suis d'hier et je suis d'aujourd'hui et je suis aussi de demain, car seul le Seigneur ne connaît pas le temps qui passe, car, il n'est pas le serviteur du temps et le temps n'est pas de son Royaume.
Et vous, ne vous laissez pas abuser par le temps ni par ceux qui vous affirment qu'une chose ne peut pas être vraie et fausse, car elle peut l'être en même temps.
Ainsi, vous craignez pour moi que je retourne en Judée, et vous avez raison. Vous voudriez m'en dissuader et vous avez raison, mais vous avez tort, car, vous jugez selon les hommes et j'accomplis moi les œuvres du Père.
Et voyez, Jean est resté ici et cela l'a-t-il empêché de mourir ?
Ainsi, je vous le dis, ne craignez pas la contradiction, car de la contradiction peut naître la vérité et faites aujourd'hui ce qui vous semble juste aujourd'hui et faites demain ce qui vous semblera juste demain. »


50
18 novembre Après ces paroles, il leur dit : « Lazare, notre ami, dort ; mais je vais le réveiller. »
Les disciples lui dirent : « Seigneur, s'il dort, il sera guéri. »
Jésus avait parlé de sa mort, mais ils crurent qu'il parlait de l'assoupissement du sommeil.
Alors Jésus leur dit ouvertement : « Lazare est mort.
Et, à cause de vous, afin que vous croyiez, je me réjouis de ce que je n'étais pas là. Mais allons vers lui. »
Sur quoi Thomas, appelé Didyme, dit aux autres disciples : « Allons aussi, afin de mourir avec lui. »

Car, il savait que si Jésus retournait en Judée, il serait mis à mort.
Alors, Jésus se tourna vers lui et lui dit : « Pourquoi dis-tu que vous allez mourir avec moi alors que je vais en Judée pour combattre la mort ?
Qui mourra, si je ne meurs ?
Car, je vous le dis en vérité, la mort n'entre pas dans le Royaume de mon Père et c'est vivant de la vie éternelle que je retournerai vers lui.
Mais auparavant, il faut que je fasse l'expérience de la mort pour que vous croyiez et pour le Salut du monde, maintenant et pour les siècles des siècles. »
Alors Thomas prit ses affaires pour le suivre et se tint silencieux, attristé à l'annonce de la mort de Jésus.


51
19 novembre Jésus, étant arrivé, trouva que Lazare était déjà depuis quatre jours dans le sépulcre.
Et, comme Béthanie était près de Jérusalem, à quinze stades environ,
beaucoup de Juifs étaient venus vers Marthe et Marie, pour les consoler de la mort de leur frère.
Lorsque Marthe apprit que Jésus arrivait, elle alla au-devant de lui, tandis que Marie se tenait assise à la maison.
Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu eusses été ici, mon frère ne serait pas mort.
Mais, maintenant même, je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l'accordera. »
Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. »
« Je sais, lui répondit Marthe, qu'il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. »
Jésus lui dit : « Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort ;
et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? »
Elle lui dit : « Oui, Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, qui devait venir dans le monde. »

Jésus regarda Marthe et ceux qui était autour d'elle, venus à sa rencontre sur le chemin qui menait au sépulcre.
Il leur dit : « Aujourd'hui vous êtes ici pour accompagner Marthe et Marie et vous êtes venus à ma rencontre, non pour me faire mourir, mais pour voir de vous-mêmes si Lazare peut ressusciter.
Soyez comme Marthe qui croit que le Fils de Dieu est venu pour sauver le monde et croyez que le Fils de Dieu est la résurrection et la vie et vous verrez les morts ressusciter avant le dernier jour.
Mais vous ne croyez pas et pour cela vous demandez des miracles et si vous n'avez pas de miracles, vous continuez de ne pas croire.
Regardez autour de vous la splendeur de la création et dites-vous que cela est le premier miracle de Dieu et qu'il vous faut pour cela chérir la Création.
Et considérez vous vous-mêmes, pensez à votre naissance, à votre père et à votre mère et à toute la maisonnée. Ne trouvez-vous pas que vous êtes aussi un miracle de Dieu ?
Car, vous êtes la vie et vous témoignez de sa grandeur et vous devez chérir la vie et la préserver en toutes circonstances. »


52
20 novembre Ayant ainsi parlé, elle s'en alla. Puis elle appela secrètement Marie, sa sœur, et lui dit : « Le maître est ici, et il te demande. »
Dès que Marie eut entendu, elle se leva promptement, et alla vers lui.
Car Jésus n'était pas encore entré dans le village, mais il était dans le lieu où Marthe l'avait rencontré.
Les Juifs qui étaient avec Marie dans la maison et qui la consolaient, l'ayant vue se lever promptement et sortir, la suivirent, disant : « Elle va au sépulcre, pour y pleurer. »
Lorsque Marie fut arrivée là où était Jésus, et qu'elle le vit, elle tomba à ses pieds, et lui dit : « Seigneur, si tu eusses été ici, mon frère ne serait pas mort. »
Jésus, la voyant pleurer, elle et les Juifs qui étaient venus avec elle, frémit en son esprit, et fut tout ému.
Et il dit : « Où l'avez-vous mis ? » « Seigneur, lui répondirent-ils, viens et vois. »
Jésus pleura.
Sur quoi les Juifs dirent : « Voyez comme il l'aimait. »
Et quelques-uns d'entre eux dirent : « Lui qui a ouvert les yeux de l'aveugle, ne pouvait-il pas faire aussi que cet homme ne mourût point ? »

Jésus, entendant ce qu'ils disaient entre eux, se tourna vers eux et leur dit : « J'ai ouvert les yeux de l'aveugle et vous n'avez pas cru. Pourquoi croiriez-vous davantage si Lazare sort de son tombeau ? »
L'un d'entre eux lui répondit : « On a déjà vu des aveugles guérir de leur cécité et recouvrer la vue, comme on a vu des malades à l'article de la mort revenir à la vie et se porter mieux. Mais, on n'a jamais vu un mort sortir de son tombeau, revenant à la vie, parlant, mangeant et se mouvant de nouveau comme un vivant. Assurément, celui qui permettrait un tel miracle serait le Fils de Dieu. »
Jésus considéra la foule avec tristesse et leur dit : « Faut-il que Lazare ressuscite pour que vous croyiez ? Il y en a parmi vous qui croiront et d'autres qui penseront avoir vu un grand prodige et d'autres encore qui penseront que Lazare n'était pas mort et que lui-même et ses sœurs ont arrangé cela. Et quand je ne serai plus parmi vous, comment ferez-vous pour croire ? Vous faudra-t-il des miracles tout au long des siècles ?
Je vous le dis, si Lazare revient aujourd'hui à la vie, je l'appellerai pour lui et non pour vous et parce que Marthe et Marie ses sœurs ont assez de foi. Car, c'est la foi de Marthe et de Marie qui va accomplir le miracle dont je ne suis que le messager. Car, mon œuvre est celle de mon Père, qui est la vie éternelle et qui n'a rien à voir avec la mort. »


53
21 novembre Jésus frémissant de nouveau en lui-même, se rendit au sépulcre. C'était une grotte, et une pierre était placée devant.
Jésus dit : « Otez la pierre. » Marthe, la sœur du mort, lui dit : « Seigneur, il sent déjà, car il y a quatre jours qu'il est là. »
Jésus lui dit : « Ne t'ai-je pas dit que, si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ? »
Ils ôtèrent donc la pierre. Et Jésus leva les yeux en haut, et dit : « Père, je te rends grâces de ce que tu m'as exaucé.
Pour moi, je savais que tu m'exauces toujours ; mais j'ai parlé à cause de la foule qui m'entoure, afin qu'ils croient que c'est toi qui m'as envoyé. »
Ayant dit cela, il cria d'une voix forte : « Lazare, sors ! »
Et le mort sortit, les pieds et les mains liés de bandes, et le visage enveloppé d'un linge. Jésus leur dit : « Déliez-le, et laissez-le aller. »

Beaucoup attendaient que Lazare se précipitât vers Jésus pour le glorifier et aussi parce qu'ils étaient amis et que cela faisait longtemps qu'ils ne s'étaient pas vus.
Cependant, Lazare se dirigea vers ses sœurs et leur dit : « Rentrons maintenant. Cet endroit n'est pas pour les vivants. »
Ainsi, il voulait dire qu'il était revenu de la mort et qu'il était vivant et qu'il n'était pas un spectre ou un démon.
Lazare dit encore : « Préparez la table, car il faut nourrir ceux qui sont venus pour ma mort et moi aussi j'ai faim. »
Marthe lui dit : « Tu as faim. C'est donc que non seulement tu es revenu de la mort, mais tu n'es plus malade, car avant les jours avant ta mort, tu ne pouvais rien avaler. »
Lazare lui répondit : « Je ne sais pas si je suis guéri, mais je sais que j'ai faim et que nos parents et nos amis ont faim aussi. »
Alors, Marthe et Marie se dirigèrent vers la maison pour préparer la table pendant que Lazare saluait les invités. Jésus s'était éloigné avec ses disciples, car, il ne voulait pas qu'on se saisît de lui.

54
22 novembre Plusieurs des Juifs qui étaient venus vers Marie, et qui virent ce que fit Jésus, crurent en lui.
Mais quelques-uns d'entre eux allèrent trouver les pharisiens, et leur dirent ce que Jésus avait fait.
Alors les principaux sacrificateurs et les pharisiens assemblèrent le sanhédrin, et dirent : «  Que ferons-nous ? Car cet homme fait beaucoup de miracles.
Si nous le laissons faire, tous croiront en lui, et les Romains viendront détruire et notre ville et notre nation. »
L'un d'eux, Caïphe, qui était souverain sacrificateur cette année-là, leur dit : « Vous n'y entendez rien ;
vous ne réfléchissez pas qu'il est dans votre intérêt qu'un seul homme meure pour le peuple, et que la nation entière ne périsse pas. »
Or, il ne dit pas cela de lui-même ; mais étant souverain sacrificateur cette année-là, il prophétisa que Jésus devait mourir pour la nation.
Et ce n'était pas pour la nation seulement ; c'était aussi afin de réunir en un seul corps les enfants de Dieu dispersés.
Dès ce jour, ils résolurent de le faire mourir.
C'est pourquoi Jésus ne se montra plus ouvertement parmi les Juifs ; mais il se retira dans la contrée voisine du désert, dans une ville appelée Éphraïm ; et là il demeurait avec ses disciples.
La Pâque des Juifs était proche. Et beaucoup de gens du pays montèrent à Jérusalem avant la Pâque, pour se purifier.
Ils cherchaient Jésus, et ils se disaient les uns aux autres dans le temple : « Que vous en semble ? Ne viendra-t-il pas à la fête ? »
Or, les principaux sacrificateurs et les pharisiens avaient donné l'ordre que, si quelqu'un savait où il était, il le déclarât, afin qu'on se saisît de lui.

Éphraïm, tu es bénie entre toutes les villes et tu seras bénie pour les siècles des siècles.
Jésus ne délivrait à Éphraïm aucun enseignement, mais demeurait en prière tout le jour et longtemps dans la soirée.
Il prenait chaque repas avec ses disciples et les interrogeaient pour s'assurer qu'ils avaient bien reçu la parole et les commandements.
Un jour Jésus leur demanda : « Selon vous, celui qui n'accomplit pas les sacrifices peut-il être sauvé ? »
Un des disciples répondit : « Tu nous as appris que le Salut ne venait pas par le rite et que le rite n'apportait pas le Salut. »
Jésus répondit : « Je vous ai enseigné que le rite ne garantit pas le Salut. Ainsi, seront sauvés aussi certains qui n'accomplissent pas le rite et ne seront pas sauvés d'autres qui accomplissent scrupuleusement le rite.
Mais, je vous le dis, le rite ne nuit pas au Salut et il ne sera pas reproché d'avoir accompli le rite. »
Un autre des disciples lui demanda : « Si un croyant est empêché d'accomplir le rite parce qu'il est malade, faut-il le porter jusqu'au temple pour qu'il s'acquitte de ses obligations rituelles ? »
Jésus répondit encore : « Si l'un d'entre vous est malade, réunissez-vous pour prier pour son salut et votre prière sera plus forte que tous les rites. »
Les disciples se disaient entre eux qu'ils n'auraient jamais assez de sagesse pour transmettre la parole et les commandements.
Jésus connaissant en lui-même ce qui les tourmentait leur dit : « Vous craignez que je vous laisse seuls et de ne pouvoir accompagner le peuple dans la recherche de Dieu ? C'est que vous jugez de ce que vous ferez demain comme si demain était aujourd'hui. Demain est demain et aujourd'hui est aujourd'hui. N'avez-vous jamais vu quelqu'un pouvant à peine marcher courir face à un danger qui le menace ?
En vérité, je vous le dis, le Seigneur est capable de prodiges que vous ne pouvez imaginer. »


55
Jean 12 23 novembre Six jours avant la Pâque, Jésus arriva à Béthanie, où était Lazare, qu'il avait ressuscité des morts.
Là, on lui fit un souper ; Marthe servait, et Lazare était un de ceux qui se trouvaient à table avec lui.
Marie, ayant pris une livre d'un parfum de nard pur de grand prix, oignit les pieds de Jésus, et elle lui essuya les pieds avec ses cheveux ; et la maison fut remplie de l'odeur du parfum.
Un de ses disciples, Judas Iscariot, fils de Simon, celui qui devait le livrer, dit :
« Pourquoi n'a-t-on pas vendu ce parfum trois cents deniers, pour les donner aux pauvres ? »
Il disait cela, non qu'il se mît en peine des pauvres, mais parce qu'il était voleur, et que, tenant la bourse, il prenait ce qu'on y mettait.
Mais Jésus dit : « Laisse-la garder ce parfum pour le jour de ma sépulture.
Vous avez toujours les pauvres avec vous, mais vous ne m'avez pas toujours. »

Jésus dit encore : « Quelle est la famille qui ne se réjouit pas des épousailles ? Et quelle est la famille qui ne dépensera pas ce qu'elle a économisé pour fêter des retrouvailles ? Faut-il lui demander alors de cesser les réjouissances pour donner l'argent aux pauvres ?
La charité n'est pas seulement affaire d'argent et de don. Elle est aussi un mouvement du cœur. Si vous vous attristez de ce que vos voisins soient tristes, réjouissez de ce que vos voisins se réjouissent et éloignez de vous la jalousie et la rancœur, car, cela ne vient pas de Dieu.
Ainsi, je vous le dis, les jaloux n'ont pas leur place dans le Royaume et aucune place ne leur sera faite. »
Dès ce jour-là, Judas Iscariot, qui était jaloux de Marie et du disciple que Jésus aimait résolut de le trahir et de provoquer sa mort. Car, c'était un homme cupide et la cupidité est un démon qu'il faut extirper de vos vies.
Le doux est charitable et le charitable est doux.


56
24 novembre Une grande multitude de Juifs apprirent que Jésus était à Béthanie ; et ils y vinrent, non pas seulement à cause de lui, mais aussi pour voir Lazare, qu'il avait ressuscité des morts.
Les principaux sacrificateurs délibérèrent de faire mourir aussi Lazare,
parce que beaucoup de Juifs se retiraient d'eux à cause de lui, et croyaient en Jésus.
Le lendemain, une foule nombreuse de gens venus à la fête ayant entendu dire que Jésus se rendait à Jérusalem,
prirent des branches de palmiers, et allèrent au-devant de lui, en criant : « Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, le roi d'Israël ! »
Jésus trouva un ânon, et s'assit dessus, selon ce qui est écrit :
Ne crains point, fille de Sion ;
voici, ton roi vient,
assis sur le petit d'une ânesse.
Ses disciples ne comprirent pas d'abord ces choses ; mais, lorsque Jésus eut été glorifié, ils se souvinrent qu'elles étaient écrites de lui, et qu'ils les avaient accomplies à son égard.

Comme Éphraïm, Béthanie est bénie, car le Christ y a été révélé en gloire et qu'il y a été baptisée par Jean.
Et Capernaüm aussi est bénie, comme est bénie Nazareth, car le Christ y a grandi et que pour la première fois il y a enseigné dans la synagogue.
Bethléem, tu es bénie, toi qui as accueilli la naissance du Seigneur, pauvre et nu.
Cana, tu es bénie, car tu es ville de réjouissances de la venue du Seigneur.
Bethsaïda, tu es bénie, car, tu es la ville de Philippe, d'André et de Pierre, les disciples du Seigneur.
Sychar, tu es bénie, car du puits de Jacob la pécheresse samaritaine a donné de l'eau au Seigneur et a reçu de lui l'eau vive de la vie éternelle en rémission de ses péchés.
Et Jérusalem, entre toutes les villes est bénie, car elle est la ville de Dieu, ville de tous les péchés et toutes les résurrections, ville détruite sans cesse et sans cesse reconstruite, ville pillée, ville souillée, mais ville sacrée entre toutes les villes.
Jérusalem, toi qui gardes la mémoire de toutes les prédications et de tous les prophètes, tu es la mémoire vivante de la venue du Christ, de sa mort et de sa résurrection d'entre les morts.


57
25 novembre Tous ceux qui étaient avec Jésus, quand il appela Lazare du sépulcre et le ressuscita des morts, lui rendaient témoignage ;
et la foule vint au-devant de lui, parce qu'elle avait appris qu'il avait fait ce miracle.
Les pharisiens se dirent donc les uns aux autres : « Vous voyez que vous ne gagnez rien ; voici, le monde est allé après lui. »
Quelques Grecs, du nombre de ceux qui étaient montés pour adorer pendant la fête,
s'adressèrent à Philippe, de Bethsaïda en Galilée, et lui dirent avec instance : « Seigneur, nous voudrions voir Jésus. »
Philippe alla le dire à André, puis André et Philippe le dirent à Jésus.
Jésus leur répondit : « L'heure est venue où le Fils de l'homme doit être glorifié.
En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul ; mais, s'il meurt, il porte beaucoup de fruit.
Celui qui aime sa vie la perdra, et celui qui hait sa vie dans ce monde la conservera pour la vie éternelle.
Si quelqu'un me sert, qu'il me suive ; et là où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu'un me sert, le Père l'honorera.
Maintenant mon âme est troublée. Et que dirai-je ?... Père, délivre-moi de cette heure ?... Mais c'est pour cela que je suis venu jusqu'à cette heure.
Père, glorifie ton nom ! » Et une voix vint du ciel : « Je l'ai glorifié, et je le glorifierai encore. »
La foule qui était là, et qui avait entendu, disait que c'était un tonnerre. D'autres disaient : « Un ange lui a parlé. »
Jésus dit : « Ce n'est pas à cause de moi que cette voix s'est fait entendre ; c'est à cause de vous.
Maintenant a lieu le jugement de ce monde ; maintenant le prince de ce monde sera jeté dehors.
Et moi, quand j'aurai été élevé de la terre, j'attirerai tous les hommes à moi. »
En parlant ainsi, il indiquait de quelle mort il devait mourir.

Un des Grecs qui étaient là osa s'approcher et dit à Jésus : « Tu dis que tu ne crains pas la mort, car elle est source de vie et nous, nous avons beaucoup de dieux qui sont immortels et qui ne craignent pas la mort. Pourquoi devrions-nous croire en toi ? »
Jésus répondit : « Vous adorez beaucoup que vous nommez des dieux et vous avez des temples en abondance. Ceux que vous nommez des dieux interviennent dans vos vies pour les petites et les grandes choses. Vous les croyez immortels et en adorez la manifestation mais vous ne les avez jamais vus ou entendus.
Moi, vous me voyez et vous m'entendez et je ne suis pas immortel, comme Lazare n'est pas immortel.
Vos dieux sont heureux ou offensés et quand ils sont offensés provoquent des destructions et des malheurs.
Les Samaritains et les Juifs croient aussi que le Seigneur peut se venger de sa création et entrer en conflit avec elle.
Je suis venu corriger cela et révéler aux hommes la véritable nature du Seigneur, qui est amour et qui est seulement amour pour les siècles des siècles.
Ce n'est pas Dieu qui a détruit Sodome mais leur manque de foi. Abraham a-t-il trouvé dix justes pour sauver la ville, lui qui était prêt à sacrifier son fils en témoignage de la gloire du Seigneur.
Ce n'est pas Dieu qui apporte les maladies et les inondations, mais c'est le sort des hommes que de subir les maladies et les inondations et aussi les tremblements de terre qui détruisent les villes et les villages.
Ne soyez pas ceux dont la foi vacille à la moindre contrariété. Le Seigneur n'intervient pas directement dans vos vies, mais c'est votre foi et votre prière qui intervient.
Ne pensez pas que vous êtes en dialogue avec le Seigneur et qu'il vous donne comme à un enfant punitions ou récompenses. Le Seigneur ni ne récompense ni ne punit.
Viendront après moi d'autres qui vous tromperont et enseigneront que le Seigneur veut ceci et ne veut pas cela. Le Seigneur, qui est amour, veut que vous vous aimiez les uns les autres comme vous vous aimez vous-mêmes et qu'en m'aimant, vous accomplissiez cet acte d'amour qu'est le Salut. »


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26 novembre La foule lui répondit : « Nous avons appris par la loi que le Christ demeure éternellement ; comment donc dis-tu : Il faut que le Fils de l'homme soit élevé ? Qui est ce Fils de l'homme ? »
Jésus leur dit : « La lumière est encore pour un peu de temps au milieu de vous. Marchez, pendant que vous avez la lumière, afin que les ténèbres ne vous surprennent point : celui qui marche dans les ténèbres ne sait où il va.
Pendant que vous avez la lumière, croyez en la lumière, afin que vous soyez des enfants de lumière.  » Jésus dit ces choses, puis il s'en alla, et se cacha loin d'eux.
Malgré tant de miracles qu'il avait faits en leur présence, ils ne croyaient pas en lui,
afin que s'accomplît la parole qu'Ésaïe, le prophète, a prononcée :
Seigneur,
qui a cru à notre prédication ?
Et à qui le bras du Seigneur a-t-il été révélé ?
Aussi ne pouvaient-ils croire, parce qu'Ésaïe a dit encore :
Il a aveuglé leurs yeux ; et il a endurci leur cœur,
de peur qu'ils ne voient des yeux,
qu'ils ne comprennent du cœur,
qu'ils ne se convertissent, et que je ne les guérisse.
Ésaïe dit ces choses, lorsqu'il vit sa gloire, et qu'il parla de lui. »

Jésus continua : « Vous pensez marcher dans la lumière et vous regardez le soleil et le soleil vous éblouit et quand vient la nuit, vous regardez la lune et la lune vous éblouit.
Mais moi, je ne suis pas venu vous parler de la lumière du soleil, ni de la lumière de la lune.
Je vous le dis, il y a des aveugles nés qui marchent dans une plus grande lumière que vous, car leur cœur n'est pas endurci.
Vous pensez que la lumière réside dans les yeux. Elle ne réside pas dans les yeux, mais elle réside dans le cœur.
Comprenne qui pourra. »
Un des disciples lui dit : « Comment pouvons-nous être certains que nos yeux sont ouverts et que notre cœur est ouvert ? »
Jésus répondit : « Que vous importent vos yeux si votre cœur est plein d'aigreur et de méchanceté ?
Si votre œil est pour vous une occasion de chute, prenez-le et jetez loin de vous, car il vaut mieux pour vous vivre aveugle que de vivre avec le cœur fermé.
Car, celui qui se présentera devant le Seigneur avec le cœur fermé sera rejeté quand celui qui se présentera avec le cœur grand ouvert sera accueilli avec les bras grands ouverts.
N'écoutez pas les méchants et ne rendez pas leurs coups, car ils vous ferment les bras du Seigneur. »


59
27 novembre Cependant, même parmi les chefs, plusieurs crurent en lui ; mais, à cause des pharisiens, ils n'en faisaient pas l'aveu, dans la crainte d'être exclus de la synagogue.
Car ils aimèrent la gloire des hommes plus que la gloire de Dieu.
Or, Jésus s'était écrié : « Celui qui croit en moi croit, non pas en moi, mais en celui qui m'a envoyé ;
et celui qui me voit voit celui qui m'a envoyé.
Je suis venu comme une lumière dans le monde, afin que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres.
Si quelqu'un entend mes paroles et ne les garde point, ce n'est pas moi qui le juge ; car je suis venu non pour juger le monde, mais pour sauver le monde.
Celui qui me rejette et qui ne reçoit pas mes paroles a son juge ; la parole que j'ai annoncée, c'est elle qui le jugera au dernier jour.
Car je n'ai point parlé de moi-même ; mais le Père, qui m'a envoyé, m'a prescrit lui-même ce que je dois dire et annoncer.
Et je sais que son commandement est la vie éternelle. C'est pourquoi les choses que je dis, je les dis comme le Père me les a dites. »

Un jour où Jésus était dans la synagogue, un pharisien s'approcha de lui et lui dit : « Pourquoi ne cesses-tu de blasphémer en disant que tu es le Fils de Dieu, car Dieu est unique et indivisible et ne peut avoir de Fils. Et, si tu étais son fils, tu serais alors Dieu lui-même, ce qui est impossible et que est un blasphème.
Tu fais des miracles et ta parole t'amène une foule importante. Pourquoi ne dis-tu pas que tu es un prophète et que tu es Élie. Peut-être pourrions-nous accepter que tu sois Élie et nous te pourchasserons plus. »
Jésus répondit : « Pourquoi voulez-vous que je vous dise que je suis Élie, puisque je ne suis pas Élie. Élie est déjà venu. Il a prophétisé et il a baptisé dans l'eau du Jourdain et vous ne l'avez pas reconnu et vous l'avez fait périr.
Pourquoi dites-vous que si je suis le Fils de Dieu, Dieu est divisé ? Vous avez raison et Dieu est indivisible et je ne suis ni Dieu, ni une part de Dieu. Mais, nous ne faisons qu'un avec le Saint-Esprit. Vous ne comprenez pas comment trois peuvent faire un parce que vous jugez en comparaison avec les choses de ce monde, mais le Seigneur n'obéit pas aux règles apparentes de sa Création et de ses créatures.
Ainsi, je ne suis pas prophète, je suis le Fils de Dieu, qui est un et indivisible. »


60
Jean 13 28 novembre Avant la fête de Pâque, Jésus, sachant que son heure était venue de passer de ce monde au Père, et ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, mit le comble à son amour pour eux.
Pendant le souper, lorsque le diable avait déjà inspiré au cœur de Judas Iscariot, fils de Simon, le dessein de le livrer,
Jésus, qui savait que le Père avait remis toutes choses entre ses mains, qu'il était venu de Dieu, et qu'il s'en allait à Dieu,
se leva de table, ôta ses vêtements, et prit un linge, dont il se ceignit.
Ensuite il versa de l'eau dans un bassin, et il se mit à laver les pieds des disciples, et à les essuyer avec le linge dont il était ceint.
Il vint donc à Simon Pierre ; et Pierre lui dit : « Toi, Seigneur, tu me laves les pieds ! »
Jésus lui répondit : « Ce que je fais, tu ne le comprends pas maintenant, mais tu le comprendras bientôt. »
Pierre lui dit : « Non, jamais tu ne me laveras les pieds. » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave, tu n'auras point de part avec moi. »
Simon Pierre lui dit : « Seigneur, non seulement les pieds, mais encore les mains et la tête. »
Jésus lui dit : « Celui qui est lavé n'a besoin que de se laver les pieds pour être entièrement pur ; et vous êtes purs, mais non pas tous. »
Car il connaissait celui qui le livrait ; c'est pourquoi il dit : « Vous n'êtes pas tous purs. »

Et pourtant, Jésus lava aussi les pieds de Judas Iscariot.
Pierre dit à Jésus : « Sommes nous tous également purs ? Et les femmes sont-elles pures elles aussi, quel que soit le moment ? »
Jésus répondit : « Pensez-vous que le Seigneur fait une différence entre l'homme et la femme ? En vérité, je vous le dis, pour Lui, il n'y a ni homme, ni femme et hommes et femmes sont ses enfants.
Regardez les mères avec leur enfant nouveau-né. Ne donnent-elles pas le sein indifféremment au petit garçon et à la petite fille. Et, si le lait de la voisine vient à manquer, ne nourrissent-elles pas aussi l'enfant nouveau-né de la voisine ?
Si les mères font cela, comment pouvez-vous penser que Notre Père qui est aux Cieux agira différemment ? »
Tous se taisaient car ce que Jésus disait était contraire aux enseignements des pharisiens et des sacrificateurs qui disaient que la femme était impure.
Jésus, après être resté silencieux, le visage soudain traversé par la peine, dit encore : « Aujourd'hui, je vous ai lavé les pieds à tous et pourtant, vous n'êtes pas tous également purs.
En vérité, je vous le dis, la purification n'est pas faite pour celui qui est pur mais pour celui qui est impur. Et quand vous priez, priez pour les justes, mais aussi priez pour les réprouvés, les prisonniers et ceux qui sont condamnés. Qu'aucun de ceux-là, quels que soient ses crimes, ne soit exclu de votre prière. Au contraire, le jour de la fête de Pâque, visitez-le et lavez lui les pieds, car, la justice des hommes n'est pas celle de Dieu. »


61
29 novembre Après qu'il leur eut lavé les pieds, et qu'il eut pris ses vêtements, il se remit à table, et leur dit : « Comprenez-vous ce que je vous ai fait ?
Vous m'appelez Maître et Seigneur ; et vous dites bien, car je le suis.
Si donc je vous ai lavé les pieds, moi, le Seigneur et le Maître, vous devez aussi vous laver les pieds les uns aux autres ;
car je vous ai donné un exemple, afin que vous fassiez comme je vous ai fait.
En vérité, en vérité, je vous le dis, le serviteur n'est pas plus grand que son seigneur, ni l'apôtre plus grand que celui qui l'a envoyé.
Si vous savez ces choses, vous êtes heureux, pourvu que vous les pratiquiez.
Ce n'est pas de vous tous que je parle ; je connais ceux que j'ai choisis. Mais il faut que l'Écriture s'accomplisse :
Celui qui mange avec moi le pain
a levé son talon contre moi.
Dès à présent je vous le dis, avant que la chose arrive, afin que, lorsqu'elle arrivera, vous croyiez à ce que je suis.
En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui reçoit celui que j'aurai envoyé me reçoit, et celui qui me reçoit, reçoit celui qui m'a envoyé. »

Tous se taisaient. Seul Judas Iscariot osa prendre la parole et lui demanda : « Tu nous as lavé les pieds et tu nous as purifiés, mais pourquoi faut-il que tu t'abaisses, car, si le Seigneur en sa gloire s'abaisse, jusqu'où faudra-t-il que nous nous abaissions ? »
Jésus le regarda et, après être un temps demeuré silencieux, il lui répondit : « Celui qui se sera abaissé en mon nom sera relevé et celui qui se sera glorifié en mon nom sera abaissé.
Car, je vous le dis, je ne vous envoie pas pour connaître les honneurs et la gloire, mais pour servir vos frères.
Et je ne vous envoie pas pour les bien-portants, mais je vous envoie pour que vous veniez en aide aux malades et que vous les guérissiez en mon nom.
Ne servez pas d'abord les riches comme si vous espériez une récompense, car votre récompense n'est pas de ce monde. Mais, servez d'abord les pauvres et rendez-leur grâce, car, ils sont pour vous les auxiliaires du Salut.
Et si vous aidez quelqu'un qui ensuite vous maltraite, pardonnez-lui et s'il vous maltraite cent fois, pardonnez-lui cent fois et encore davantage.
Sachez que l'amour de Dieu est son amour et le surplus de son amour et la coupe déborde. Et c'est pour témoigner de son amour que vous êtes venus et que vous êtes envoyés. Mais, pas tous, car, il en est un qui tombera en chemin. »


62
30 novembre Ayant ainsi parlé, Jésus fut troublé en son esprit, et il dit expressément : « En vérité, en vérité, je vous le dis, l'un de vous me livrera. »
Les disciples se regardaient les uns les autres, ne sachant de qui il parlait.
Un des disciples, celui que Jésus aimait, était couché sur le sein de Jésus.
Simon Pierre lui fit signe de demander qui était celui dont parlait Jésus.
Et ce disciple, s'étant penché sur la poitrine de Jésus, lui dit : « Seigneur, qui est-ce ? »
Jésus répondit : « C'est celui à qui je donnerai le morceau trempé. » Et, ayant trempé le morceau, il le donna à Judas, fils de Simon, l'Iscariot.
Dès que le morceau fut donné, Satan entra dans Judas. Jésus lui dit : « Ce que tu fais, fais-le promptement. »
Mais aucun de ceux qui étaient à table ne comprit pourquoi il lui disait cela ;
car quelques-uns pensaient que, comme Judas avait la bourse, Jésus voulait lui dire : Achète ce dont nous avons besoin pour la fête, ou qu'il lui commandait de donner quelque chose aux pauvres.
Judas, ayant pris le morceau, se hâta de sortir. Il était nuit.

Voyant sortir Judas après que Jésus lui a donné le pain trempé et qu'il lui a parlé, Pierre se tourna vers lui et lui dit : « Ainsi, celui qui était avec nous depuis le commencement, celui à qui tu as confié la bourse, c'est lui qui va te trahir et partant nous trahir tous. Pourquoi, puisque tu le sais et que rien ne t'est caché, l'as-tu laissé faire et laissé sortir pour qu'il puisse te livrer ? »
Jésus lui répondit : « Qui peut dire qu'il ne trahira jamais ? Je vous le dis, il est plus facile de trahir que de rester fidèle et la trahison est au cœur de l'homme.
Aujourd'hui, un me trahit et demain, d'autres me trahiront et il en sera ainsi jusqu'au dernier jour.
Aujourd'hui, un me trahit volontairement et se rend auprès des pharisiens et des sacrificateurs pour me livrer. Mais, pour un qui me trahit volontairement, combien me trahiront et me renieront sans même le vouloir.
Ainsi, je vous ai demandé de ne pas juger et de vous aimer les uns les autres comme vous-même. Ainsi, vous ne devez pas juger celui qui me trahit. Car, il n'y a pas d'homme qui mérite d'être jugé si ce n'est par le Seigneur. Et moi, je ne juge pas. Je ne suis pas venu pour juger mais pour témoigner de l'amour de Dieu pour sa création et sa créature. »


63
1er décembre Lorsque Judas fut sorti, Jésus dit : « Maintenant, le Fils de l'homme a été glorifié, et Dieu a été glorifié en lui.
Si Dieu a été glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera en lui-même, et il le glorifiera bientôt.
Mes petits enfants, je suis pour peu de temps encore avec vous. Vous me chercherez ; et, comme j'ai dit aux Juifs : Vous ne pouvez venir où je vais, je vous le dis aussi maintenant.
Je vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres ; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres.
À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l'amour les uns pour les autres. »
Simon Pierre lui dit : « Seigneur, où vas-tu ? » Jésus répondit : « Tu ne peux pas maintenant me suivre où je vais, mais tu me suivras plus tard. »
« Seigneur, lui dit Pierre, pourquoi ne puis-je pas te suivre maintenant ? Je donnerai ma vie pour toi. »
Jésus répondit : « Tu donneras ta vie pour moi ! En vérité, en vérité, je te le dis, le coq ne chantera pas que tu ne m'aies renié trois fois. »

Pierre se tint silencieux, puis dit à Jésus : « Tu dis que l'un de nous te livrera pour qu'on se saisisse de toi et que l'on te fasse mourir. Est-ce moi qui ferai cela ? »
Jésus lui dit : « Tu ne me livreras point et celui qui me livrera n'est plus ici. Mais tu me trahiras trois fois par ton reniement et cent fois trois fois et encore davantage.
Car, vous tous, comme tous les hommes, tous les jours, vous refusez les grâces du Seigneur.
Si vous étiez dans l'émerveillement permanent du petit enfant, vous seriez comble de joie et de grâces et rien ne pourrait vous arriver.
Mais, au contraire, tout est pour vous une occasion de chute et souvent, vous ne résistez pas.
Vous êtes ainsi la proie du mauvais et le mauvais vous fait agir contre le Seigneur et quand vous agissez contre le Seigneur, vous agissez contre moi et quand vous agissez contre moi, vous agissez contre le Seigneur.
Mais, ne craignez pas la colère du Seigneur, car le Seigneur n'est pas comme vous qui vous mettez en colère pour chaque chose.
Car, le Seigneur est amour et il est aussi pardon, car l'amour n'est rien s'il n'est pas pardon. »


64
Jean 14 2 décembre « Que votre cœur ne se trouble point. Croyez en Dieu, et croyez en moi.
Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père. Si cela n'était pas, je vous l'aurais dit. Je vais vous préparer une place.
Et, lorsque je m'en serai allé, et que je vous aurai préparé une place, je reviendrai, et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis vous y soyez aussi.
Vous savez où je vais, et vous en savez le chemin. »
Thomas lui dit : « Seigneur, nous ne savons où tu vas ; comment pouvons-nous en savoir le chemin ? »
Jésus lui dit : « Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi.
Si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père. Et dès maintenant vous le connaissez, et vous l'avez vu. »
Philippe lui dit : « Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit. »
Jésus lui dit : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne m'as pas connu, Philippe ! Celui qui m'a vu a vu le Père ; comment dis-tu : Montre-nous le Père ?
Ne crois-tu pas que je suis dans le Père, et que le Père est en moi ? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; et le Père qui demeure en moi, c'est lui qui fait les œuvres.
Croyez-moi, je suis dans le Père, et le Père est en moi ; croyez du moins à cause de ces œuvres.
En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera aussi les œuvres que je fais, et il en fera de plus grandes, parce que je m'en vais au Père ;
et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils.
Si vous demandez quelque chose en mon nom, je le ferai.
Si vous m'aimez, gardez mes commandements.
Et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre consolateur, afin qu'il demeure éternellement avec vous,
l'Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir, parce qu'il ne le voit point et ne le connaît point ; mais vous, vous le connaissez, car il demeure avec vous, et il sera en vous.
Je ne vous laisserai pas orphelins, je viendrai à vous.
Encore un peu de temps, et le monde ne me verra plus ; mais vous, vous me verrez, car je vis, et vous vivrez aussi.
En ce jour-là, vous connaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et que je suis en vous.
Celui qui a mes commandements et qui les garde, c'est celui qui m'aime ; et celui qui m'aime sera aimé de mon Père, je l'aimerai, et je me ferai connaître à lui. »

Les disciples regardaient Jésus et ne comprenaient pas ce qu'il leur disait ou ne voulaient pas comprendre ce qu'il leur disait.
Face à leur silence, Jésus leur dit : « Vous m'interrogez et vous m'interrogez encore sur ce que je vous dis. D'autres viendront après vous qui s'interrogeront les uns les autres sur le sens de mes paroles et de mes actes ; et d'autres encore, pour les siècles de siècles.
Ne soyez pas dans l'erreur. Comment pouvez-vous comprendre si vous n'écoutez pas ?
Allez chercher un enfant de sept ans et son père. Si son père lui dit qu'il va sortir pour faire ce qu'il a à faire et qu'il reviendra dans trois jours, l'enfant va être inquiet de rester seul, mais il croira son père et attendra dans sa maison pendant les trois jours que son père revienne. Et si se présentent des visiteurs qui veulent rencontrer son père, l'enfant leur dira que son père est parti et qu'il reviendra après trois jours et qu'ils pourront alors le rencontrer.
Ce que sait faire un enfant de sept ans pour son père, ne pouvez-vous, vous aussi, le faire pour le Père ?
Mais, me direz-vous, le père n'est pas le fils et le fils n'est pas le père.
Mais moi, je suis le Fils et je suis le Père, car le Père est en moi et je suis le Fils.
Quand je serai parti, je vous le dis, vous ne resterez pas seul. N'arrive-t-il pas au père de l'enfant de sept ans d'appeler à lui son frère, qui est l'oncle de l'enfant, pour rester avec l'enfant pendant l'absence du père.
Le Père vous a envoyé l'Esprit saint, qui ne vous quittera pas si vous croyez en lui et si vous croyez en lui, vous croyez au Père et au Fils.
Mais pour l'enfant de sept ans, l'oncle n'est pas le père et l'oncle n'est pas le fils. Mais l'Esprit saint est le Père et il est le Fils.
Je vous dis cela pour que vous compreniez, car votre tête est dure et qu'il vous faut des miracles et des paraboles. Mais, si vous ne croyez pas, aucun miracle et aucune parabole ne pourra vous venir en secours et vous passerez les siècles des siècles à disputer sur le Père, le Fils et l'Esprit saint, car vous ne voulez pas laisser de côté vos habitudes de pensée et vos habitudes de jugement.
Pourtant, vous devez vous abandonner au Seigneur pour croire et croire pour vous abandonner au Seigneur et alors vous comprendrez que le Père, le Fils et l'Esprit saint ne font qu'un et que vous ne faites qu'un avec le Père, le Fils et l'Esprit saint, par la foi. »
Pierre demanda à Jésus : « Ne nous donnes-tu pas un livre pour étudier toutes ces choses afin que nous croyions et que nous comprenions ? »
Jésus répondit : « C'est vous que je laisse aux hommes pour qu'ils croient et après vous ceux qui viendront pour que vous témoigniez et qu'ils témoignent de la gloire de Dieu. »


65
3 décembre Jude, non pas l'Iscariot, lui dit : « Seigneur, d'où vient que tu te feras connaître à nous, et non au monde ? »
Jésus lui répondit : « Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera ; nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui.
Celui qui ne m'aime pas ne garde point mes paroles. Et la parole que vous entendez n'est pas de moi, mais du Père qui m'a envoyé.
Je vous ai dit ces choses pendant que je demeure avec vous.
Mais le consolateur, l'Esprit-Saint, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit.
Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous donne pas comme le monde donne. Que votre cœur ne se trouble point, et ne s'alarme point.
Vous avez entendu que je vous ai dit : Je m'en vais, et je reviens vers vous. Si vous m'aimiez, vous vous réjouiriez de ce que je vais au Père ; car le Père est plus grand que moi.
Et maintenant je vous ai dit ces choses avant qu'elles arrivent, afin que, lorsqu'elles arriveront, vous croyiez.
Je ne parlerai plus guère avec vous ; car le prince du monde vient. Il n'a rien en moi ;
mais afin que le monde sache que j'aime le Père, et que j'agis selon l'ordre que le Père m'a donné, levez-vous, partons d'ici. »

Quittant le lieu où ils avaient pris le repas de la fête de la Pâque, Jésus se mit de côté et les laissa passer un à un devant lui. Quand ils furent tous dehors, dans le froid de la nuit, il leur demanda s'ils savaient où ils allaient aller.
Thomas lui dit : « Nous irons où tu voudras que nous allions. Guide-nous jusqu'au but et nous te suivrons. »
Jésus répondit : « N'avez-vous pas entendu ce que je vous ai dit ? Je vais vers le Père et vous ne pouvez pas me suivre là où je vais. »
Mais, Thomas reprit : « Avant de partir vers le Père, guide-nous jusque là où nous devons aller maintenant, car nous sommes perdus dans la nuit et nous ne savons pas le lieu. »
Jésus leur dit alors : « Vous avez peu de foi, car, si vous croyiez en moi, vous laisseriez l'Esprit saint vous guider et vous sauriez où aller. Demain, je ne serai plus parmi vous. Serez-vous comme un troupeau sans berger qui habité par Satan se jette du haut de la montagne ?
Ou bien serez-vous comme ce troupeau sage qui, connaissant les habitudes du berger et ayant fait souvent le chemin avec lui, retrouve ses traces et rentre seul à la bergerie en évitant les embuches ? »
Pierre, prenant une des lampes de la maison qui était restée allumée dit alors : « Je vais vous guider. Suivez-moi. »
Et les douze partirent avec Jésus qui marchait en dernier.


66
Jean 15 4 décembre « Je suis le vrai cep, et mon Père est le vigneron.
Tout sarment qui est en moi et qui ne porte pas de fruit, il le retranche ; et tout sarment qui porte du fruit, il l'émonde, afin qu'il porte encore plus de fruit.
Déjà vous êtes purs, à cause de la parole que je vous ai annoncée.
Demeurez en moi, et je demeurerai en vous. Comme le sarment ne peut de lui-même porter du fruit, s'il ne demeure attaché au cep, ainsi vous ne le pouvez non plus, si vous ne demeurez en moi.
Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire.
Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors, comme le sarment, et il sèche ; puis on ramasse les sarments, on les jette au feu, et ils brûlent.
Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé.
Si vous portez beaucoup de fruit, c'est ainsi que mon Père sera glorifié, et que vous serez mes disciples.
Comme le Père m'a aimé, je vous ai aussi aimés. Demeurez dans mon amour.
Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, de même que j'ai gardé les commandements de mon Père, et que je demeure dans son amour.
Je vous ai dit ces choses, afin que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite.
C'est ici mon commandement : Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés.
Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. »

Thomas prit la parole et dit : « Nous ne voulons pas que tu perdes la vie, car nous t'aimons et nous ne voulons pas que tu perdes la vie pour nous, car nous serons pris d'une immense tristesse dont jamais nous ne nous relèverons.
Puisque le Père accomplit tous tes souhaits et qu'il te suffit de demander pour être exaucé, demande à ne pas mourir pour rester toujours avec nous. »
Jésus répondit : « Pourquoi demander au Père ce qu'il a déjà donné ?
Si quelqu'un a soif et que se trouve devant lui une cruche remplie à ras-bord, va-t-il appeler pour qu'on lui apporte à boire ?
Si quelqu'un a faim et qu'il est assis à une table recouverte de victuailles, va-t-il appeler pour qu'on lui apporte à manger ?
En vérité, je vous le dis, la cruche est pleine de l'eau de la vie éternelle et la table est recouverte des nourritures spirituelles et il y en a assez pour vous désaltérer et vous nourrir jusqu'à la fin des temps.
Vous êtes tourmentés par la mort et vous êtes tourmentés par la souffrance qui précède la mort et en vérité, vous avez raison, car la souffrance est grande et la mort est terrible. Mais la vie éternelle est plus forte que la souffrance et plus forte que la mort.
Et pour que vous croyiez, je ferai pour vous le chemin amer de la souffrance et de la mort.
Et je reviendrai vers vous. »
Les disciples écoutaient et certains se demandaient comment faire pour que Jésus ne souffre pas et ne meure pas, car quel est l'ami qui accepte que son ami souffre et meure ?


67
5 décembre «  Vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous commande.
Je ne vous appelle plus serviteurs, parce que le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; mais je vous ai appelés amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j'ai appris de mon Père.
Ce n'est pas vous qui m'avez choisi ; mais moi, je vous ai choisis, et je vous ai établis, afin que vous alliez, et que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure, afin que ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donne.
Ce que je vous commande, c'est de vous aimer les uns les autres.
Si le monde vous hait, sachez qu'il m'a haï avant vous.
Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui est à lui ; mais parce que vous n'êtes pas du monde, et que je vous ai choisis du milieu du monde, à cause de cela le monde vous hait.
Souvenez-vous de la parole que je vous ai dite : le serviteur n'est pas plus grand que son maître. S'ils m'ont persécuté, ils vous persécuteront aussi ; s'ils ont gardé ma parole, ils garderont aussi la vôtre.
Mais ils vous feront toutes ces choses à cause de mon nom, parce qu'ils ne connaissent pas celui qui m'a envoyé.
Si je n'étais pas venu et que je ne leur eusse point parlé, ils n'auraient pas de péché ; mais maintenant ils n'ont aucune excuse de leur péché.
Celui qui me hait, hait aussi mon Père.
Si je n'avais pas fait parmi eux des œuvres que nul autre n'a faites, ils n'auraient pas de péché ; mais maintenant ils les ont vues, et ils ont haï et moi et mon Père.
Mais cela est arrivé afin que s'accomplît la parole qui est écrite dans leur loi : Ils m'ont haï sans cause.
Quand sera venu le consolateur, que je vous enverrai de la part du Père, l'Esprit de vérité, qui vient du Père, il rendra témoignage de moi ;
et vous aussi, vous rendrez témoignage, parce que vous êtes avec moi dès le commencement. »

Un des disciples, celui que Jésus aimait, lui demanda : « Qu'as-tu fait pour qu'ils te haïssent et qu'avons-nous fait pour qu'ils nous haïssent ?
Avons-nous volé leur bien ?
Avons-nous convoité leurs filles et leurs femmes ?
Avons-nous insulté leurs pères et leurs ancêtres ?
Avons-nous profané leurs tombes ?
Avons-nous souillé l'eau de leurs puits ?
Nous n'avons rien fait de tout cela et rien d'autre qui puisse les offenser et cependant ils nous pourchassent et veulent se saisir de nous pour nous faire périr.
Dieu ne les a pas créés mauvais et pourtant ils se comportent en fils de Satan. »
Jésus répondit : « Ils n'ont pas besoin d'avoir un démon pour se comporter en méchants, car leur cœur est plein de colère et d'envie.
Parce qu'ils volent le bien de leurs frères, ils nous reprochent d'être honnêtes.
Parce qu'ils convoitent les filles et les femmes de leurs voisins, il nous reprochent de ne pas les regarder avec concupiscence.
Ils gardent jalousement l'eau de leurs puits pour ne pas la partager avec l'étranger qui a soif et ils profanent les tombes de leurs ennemis.
C'est parce que nous n'avons rien fait de tout cela, mais parce qu'ils ont fait tout cela qu'ils nous haïssent, veulent nous faire périr, y parviendront en ce monde mais nous garderons l'eau vive de la vie éternelle. »
Pierre dit alors : « Pourquoi le Seigneur dans sa toute puissance a-t-il créé l'homme mauvais et capable de haine ? »
Jésus répondit : « Il a créé l'homme capable d'aimer et capable de donner sa vie par amour. Ainsi, il l'a créé libre, car que vaut l'amour de celui qui n'est pas libre d'aimer ?
Le créant libre, il n'a aussi créé libre d'être méchant, car la liberté ne souffre aucune contrainte.
Mais il n'y a pas d'homme méchant qui ne sache dans son cœur qu'il contrevient à la nature d'amour de l'homme.
Quant à vous, priez d'abord pour les méchants et ensuite pour les justes, car, ce sont les méchants qui ont besoin de votre prière. »


68
Jean 16 6 décembre « Je vous ai dit ces choses, afin qu'elles ne soient pas pour vous une occasion de chute.
Ils vous excluront des synagogues ; et même l'heure vient où quiconque vous fera mourir croira rendre un culte à Dieu.
Et ils agiront ainsi, parce qu'ils n'ont connu ni le Père ni moi.
Je vous ai dit ces choses, afin que, lorsque l'heure sera venue, vous vous souveniez que je vous les ai dites. Je ne vous en ai pas parlé dès le commencement, parce que j'étais avec vous.
Maintenant je m'en vais vers celui qui m'a envoyé, et aucun de vous ne me demande : Où vas-tu ?
Mais, parce que je vous ai dit ces choses, la tristesse a rempli votre cœur.
Cependant je vous dis la vérité : il vous est avantageux que je m'en aille, car si je ne m'en vais pas, le consolateur ne viendra pas vers vous ; mais, si je m'en vais, je vous l'enverrai.
Et quand il sera venu, il convaincra le monde en ce qui concerne le péché, la justice, et le jugement :
en ce qui concerne le péché, parce qu'ils ne croient pas en moi ;
la justice, parce que je vais au Père, et que vous ne me verrez plus ;
le jugement, parce que le prince de ce monde est jugé. »

Thomas lui dit alors : « Nous avons vu Lazare revenir de la mort, le visage encore entouré de bandelettes, de celles que l'on place pour tenir les mâchoires des morts.
Devrons-nous pour toi aussi placer ces bandelettes et placer ton corps dans un linceul et quel sera ton tombeau ?
Comment croire que toi, qui as ressuscité Lazare, tu puisses mourir à ton tour ?
Mais si tu meurs, qui, te ressusciteras ?
Mais, tu ne mourras pas. Car, comment le Fils de dieu pourrait-il mourir ? »
Jésus resta silencieux un instant, puis il lui répondit : « Je vais mourir, Thomas et je vais mourir comme tu vas mourir et comme sont morts avant toi tes ancêtres.
Et Lazare qui est revenu d'entre les morts va mourir aussi, bien qu'il fût déjà mort.
Ne considérez pas la vie éternelle comme vous considérez la vie ici-bas.
Et ne jugez pas de la vie éternelle comme vous jugez des choses ici-bas.
Certains diront que je ne suis pas mort.
D'autres diront que je n'ai pas vécu, que je suis un songe ou que je suis une légende.
Mais vous, vous me voyez et vous témoignerez. Vous m'avez vu boire et manger à la même table où vous buviez et manger. Et quel est le spectre que mange et qui boit ?
De la même façon, vous me verrez souffrir jusqu'au trépas et vous pourrez toucher mes plaies. Vous ensevelirez mon corps dans un linceul et vous le porterez dans le tombeau qui aura été préparé.
Mais bien que mort, je serai vivant avec vous. »

69
7 décembre « J'ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les porter maintenant.
Quand le consolateur sera venu, l'Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité ; car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu'il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir.
Il me glorifiera, parce qu'il prendra de ce qui est à moi, et vous l'annoncera.
Tout ce que le Père a est à moi ; c'est pourquoi j'ai dit qu'il prend de ce qui est à moi, et qu'il vous l'annoncera.
Encore un peu de temps, et vous ne me verrez plus ; et puis encore un peu de temps, et vous me verrez, parce que je vais au Père. »
Là-dessus, quelques-uns de ses disciples dirent entre eux : « Que signifie ce qu'il nous dit : encore un peu de temps, et vous ne me verrez plus ; et puis encore un peu de temps, et vous me verrez ? et : parce que je vais au Père ? »
Ils disaient donc : « Que signifie ce qu'il dit : encore un peu de temps ? Nous ne savons de quoi il parle. »
Jésus, connut qu'ils voulaient l'interroger, leur dit : « Vous vous questionnez les uns les autres sur ce que j'ai dit : encore un peu de temps, et vous ne me verrez plus ; et puis encore un peu de temps, et vous me verrez.
En vérité, en vérité, je vous le dis, vous pleurerez et vous vous lamenterez, et le monde se réjouira : vous serez dans la tristesse, mais votre tristesse se changera en joie.
La femme, lorsqu'elle enfante, éprouve de la tristesse, parce que son heure est venue ; mais, lorsqu'elle a donné le jour à l'enfant, elle ne se souvient plus de la souffrance, à cause de la joie qu'elle a de ce qu'un homme est né dans le monde.
Vous donc aussi, vous êtes maintenant dans la tristesse ; mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira, et nul ne vous ravira votre joie.
En ce jour-là, vous ne m'interrogerez plus sur rien. En vérité, en vérité, je vous le dis, ce que vous demanderez au Père, il vous le donnera en mon nom.
Jusqu'à présent vous n'avez rien demandé en mon nom. Demandez, et vous recevrez, afin que votre joie soit parfaite.
Je vous ai dit ces choses en paraboles. L'heure vient où je ne vous parlerai plus en paraboles, mais où je vous parlerai ouvertement du Père.
En ce jour, vous demanderez en mon nom, et je ne vous dis pas que je prierai le Père pour vous ;
car le Père lui-même vous aime, parce que vous m'avez aimé, et que vous avez cru que je suis sorti de Dieu.
Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde ; maintenant je quitte le monde, et je vais au Père. »

Les mêmes disciples, après en avoir délibéré, se tournèrent vers Jésus et lui dirent : « Tu nous dis : vous pleurerez et vous vous lamenterez. Et tu nous dis aussi : votre cœur se réjouira et nul ne vous ravira votre joie. Pourquoi devons-nous donc nous lamenter pour nous réjouir ensuite ? Ne pouvons-nous donc éviter de nous lamenter et de pleurer pour rendre grâces et nous réjouir dès à présent et jusqu'à notre mort ? »
Jésus resta silencieux un instant et leur dit : « Si le Père le voulait, je pourrais dès maintenant le rejoindre et veiller sur vous avec lui.
Mais, il m'a envoyé parmi vous pour vivre parmi vous et aussi pour mourir parmi vous.
Si l'on vous demande si vous craignez la mort, vous répondrez que vous ne craignez pas la mort car vous croyez au Père.
Mais quand la mort se présentera, vous craindrez la mort car, vous craignez l'inconnu.
Et si l'on vous demande si vous préférez une mort douce ou une mort cruelle, vous répondrez que vous préférez une mort douce. Et pourtant, quelle différence faits-vous entre une mort douce et une mort cruelle ? L'une et l'autre sont la mort et ne diffèrent en rien.
Mon Père m'a envoyé pour que je fasse tout le chemin avec vous, depuis la naissance jusqu'à la mort. Il enverra mes ennemis se saisir de moi et je serai trahi par un de mes amis.
Il fera cela pour vous convaincre et pour que vous croyiez que la mort n'est pas à craindre et que l'espérance de la vie éternelle est plus forte que la mort.
En vérité je vous le dis : ne vous désespérez pas parce que vous allez mourir, car, même le Fils de Dieu va mourir.
Ne désespérez pas et croyez en la résurrection de la chair, car le Fils de Dieu reviendra parmi vous, ressuscité en chair. »
Les disciples cependant s'attristaient car l'amour qu'ils avaient pour Jésus surpassaient leur foi dans les saintes Écritures et dans la prophétie et ils se mirent à pleurer et à se lamenter.
Jésus leur dit encore : « Pourquoi vous lamenter dès à présent ? Voulez-vous épuiser vos larmes et vos plaintes avant que le moment soit venu ?
Pourquoi craindre ce qui n'est pas encore, quand vous pouvez vous réjouir de m'avoir auprès de vous ?
Ne suis-je pas ici et ne pouvez-vous pas m'entendre et me parler  ? Ne pouvez-vous pas me toucher ?
En vérité, je vous le dis, comme je suis là avec vous, je serai toujours avec vous pour les siècles des siècles et rien ne pourra m'éloigner du peuple de Dieu ses enfants. »
Mais, disant cela, Jésus aussi pleurait.


70
8 décembre Ses disciples lui dirent : « Voici, maintenant tu parles ouvertement, et tu n'emploies aucune parabole.
Maintenant nous savons que tu sais toutes choses, et que tu n'as pas besoin que personne t'interroge ; c'est pourquoi nous croyons que tu es sorti de Dieu. »
Jésus leur répondit : « Vous croyez maintenant.
Voici, l'heure vient, et elle est déjà venue, où vous serez dispersés chacun de son côté, et où vous me laisserez seul ; mais je ne suis pas seul, car le Père est avec moi.
Je vous ai dit ces choses, afin que vous ayez la paix en moi. Vous aurez des tribulations dans le monde ; mais prenez courage, j'ai vaincu le monde. »

Jésus leur dit encore : « Quand vous irez dans le monde, quelles que soient les tribulations que vous aurez, ne désespérez pas et souvenez-vous que j'ai vaincu le monde.
Ne pensez pas que j'ai vaincu le mal, car le bien, qui vient de Dieu et le mal ne sont pas de même nature et ne peuvent donc pas combattre. Pouvez-vous combattre les nuages et le vent ? Vous ne le pouvez pas, parce que vous n'êtes pas de la même nature que les nuages et vous n'êtes pas de la même nature que le vent.
Mais vous pouvez porter la bonne nouvelle et faire le bien.
Vous pouvez croire en l'Esprit saint que je vous enverrai pour vous accompagner partout où vous serez. »


71
Jean 17 9 décembre Après avoir ainsi parlé, Jésus leva les yeux au ciel, et dit : « Père, l'heure est venue ! Glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie,
selon que tu lui as donné pouvoir sur toute chair, afin qu'il accorde la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés.
Or, la vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ.
Je t'ai glorifié sur la terre, j'ai achevé l'œuvre que tu m'as donnée à faire.
Et maintenant toi, Père, glorifie-moi auprès de toi-même de la gloire que j'avais auprès de toi avant que le monde fût.
J'ai fait connaître ton nom aux hommes que tu m'as donnés du milieu du monde. Ils étaient à toi, et tu me les as donnés ; et ils ont gardé ta parole.
Maintenant ils ont connu que tout ce que tu m'as donné vient de toi.
Car je leur ai donné les paroles que tu m'as données ; et ils les ont reçues, et ils ont vraiment connu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m'as envoyé.
C'est pour eux que je prie. Je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m'as donnés, parce qu'ils sont à toi ;
et tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi ; et je suis glorifié en eux.
Je ne suis plus dans le monde, et ils sont dans le monde, et je vais à toi. Père saint, garde en ton nom ceux que tu m'as donnés, afin qu'ils soient un comme nous.
Lorsque j'étais avec eux dans le monde, je les gardais en ton nom. J'ai gardé ceux que tu m'as donnés, et aucun d'eux ne s'est perdu, sinon le fils de perdition, afin que l'Écriture fût accomplie.
Et maintenant je vais à toi, et je dis ces choses dans le monde, afin qu'ils aient en eux ma joie parfaite.
Je leur ai donné ta parole ; et le monde les a haïs, parce qu'ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde.
Je ne te prie pas de les ôter du monde, mais de les préserver du mal.
Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde.
Sanctifie-les par ta vérité : ta parole est la vérité.
Comme tu m'as envoyé dans le monde, je les ai aussi envoyés dans le monde.
Et je me sanctifie moi-même pour eux, afin qu'eux aussi soient sanctifiés par la vérité.
Ce n'est pas pour eux seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole,
afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu'eux aussi soient un en nous, pour que le monde croie que tu m'as envoyé.
Je leur ai donné la gloire que tu m'as donnée, afin qu'ils soient un comme nous sommes un,
moi en eux, et toi en moi, afin qu'ils soient parfaitement un, et que le monde connaisse que tu m'as envoyé et que tu les as aimés comme tu m'as aimé.
Père, je veux que là où je suis ceux que tu m'as donnés soient aussi avec moi, afin qu'ils voient ma gloire, la gloire que tu m'as donnée, parce que tu m'as aimé avant la fondation du monde.
Père juste, le monde ne t'a point connu ; mais moi je t'ai connu, et ceux-ci ont connu que tu m'as envoyé.
Je leur ai fait connaître ton nom, et je le leur ferai connaître, afin que l'amour dont tu m'as aimé soit en eux, et que je sois en eux. »

Les disciples écoutaient voyant Jésus dans sa gloire s'adresser au Père, mais tous ne comprenaient pas.
Ils se demandaient aussi si le Père allait lui répondre et comment il allait se manifester en lui pour qu'ils croient.
Ils entendaient une prière nouvelle qu'ils ne connaissaient pas et ils se demandaient si eux aussi pouvaient prier le Père de cette façon.
Mais ils n'étaient ni le Fils, ni le Père et ils pensaient qu'ils ne pouvaient pas avoir partie dans les choses divines.
Jésus savait ce qu'ils pensaient et comprenait leurs doutes et leur tristesse.
Après s'être tu un long instant, il reprit en s'adressant au Père :
« Vois tes enfants, ceux qui sont ici et ceux qui sont plus loin. Écoute leurs plaintes et leurs angoisses, ici et maintenant, et pour les siècles des siècles.
Car, ils veulent croire en toi mais ils sont fragiles et ils sont faibles.
Tu m'as envoyé vers eux pour qu'il leur soit plus facile de croire en toi et qu'en croyant en moi ils croient en toi et que nous soyons un avec eux.
J'ai aplani leur route pendant tous ces jours et je leur ai enseigné la prière.
Je leur ai laissé un commandement nouveau, qui est le commandement premier, qui est qu'ils doivent s'aimer les uns les autres comme ils doivent s'aimer eux-mêmes.
Et ils m'ont écouté et ils ont acquiescé et certains ont  trouvé que c'était de tous les commandements le commandement le plus facile à suivre et auquel ils auraient plaisir à obéir.
Pardonne-leur, car, ils ne savent pas que ce commandement est le plus exigeant que tu leur aies donné et qu'il allume dans le monde un feu qui ne s'éteindra pas.
Le monde les haïra à cause de ce commandement et eux-mêmes parfois l'oublieront et courront à la guerre, à la vengeance, à la violence et ils se tromperont et ils se repentiront.
Car, ils auront oublié qu'il n'y a pas de guerre juste et que rien ne justifie la violence et qu'aucune forme de violence ne pourra entrer dans le Royaume.
Car, la guerre et la douleur sont l'œuvre du mal et n'ont rien à faire avec Toi.
Pardonne-leur, car certains croiront te suivre alors qu'ils te trahiront comme j'ai été trahi par le fils de perdition. Et ils seront nombreux après lui qui seront des occasions de chute et certains se présenteront en leurs plus beaux atours et certains se réclameront de Toi et même de Ton Église.
Certains chercheront comment échapper à l'injustice et à l'iniquité et nourriront leur colère.
Mais la colère se nourrit de la colère et la colère ne peut rien.
Je leur ai parlé par paraboles pour qu'ils comprennent que l'olivier qui connaît le gel de l'hiver ne connaît pas la colère. Et aussi que l'olivier dont le vent casse les branches ne connaît pas non plus la colère, ni le ruisseau qui s'assèche, ni le champ inondé.
Ils verront le monde comme une source d'injustices et d'iniquités, alors qu'ils sont dans le monde la source de l'injustice et de l'iniquité.
Enseigne-leur la justice.
Tu m'as aimé et je vais quitter ce monde pour ton amour et par ton amour.
Et le monde en gardera le témoignage pour les siècles des siècles.
Car ma mort sera ma glorification et à travers moi ta gloire. »


72
Jean 18 10 décembre Lorsqu'il eut dit ces choses, Jésus alla avec ses disciples de l'autre côté du torrent du Cédron, où se trouvait un jardin, dans lequel il entra, lui et ses disciples.
Judas, qui le livrait, connaissait ce lieu, parce que Jésus et ses disciples s'y étaient souvent réunis.
Judas donc, ayant pris la cohorte, et des huissiers qu'envoyèrent les principaux sacrificateurs et les pharisiens, vint là avec des lanternes, des flambeaux et des armes.
Jésus, sachant tout ce qui devait lui arriver, s'avança, et leur dit : « Qui cherchez-vous ? »
Ils lui répondirent : « Jésus de Nazareth. » Jésus leur dit : « C'est moi. » Et Judas, qui le livrait, était avec eux.
Lorsque Jésus leur eut dit : « C'est moi », ils reculèrent et tombèrent par terre.
Il leur demanda de nouveau : « Qui cherchez-vous ? » Et ils dirent : « Jésus de Nazareth. »
Jésus répondit : « Je vous ai dit que c'est moi. Si donc c'est moi que vous cherchez, laissez aller ceux-ci. »
Il dit cela, afin que s'accomplît la parole qu'il avait dite : « Je n'ai perdu aucun de ceux que tu m'as donnés. »

Jésus regarda la cohorte et les huissiers au milieu desquels se tenait Judas.
Jésus leur dit : « N'avez-vous pas parmi vous quelqu'un qui me connaît bien et qui peut me désigner sans crainte de se tromper ?
Et celui-là n'est-il pas celui qui vous a conduits jusqu'ici, dans ce lieu qu'il connaît, car il y était avec moi de nombreuses fois ?
Judas, pourquoi te caches-tu derrière ceux que tu as conduits pour qu'ils se saisissent de moi ? Viens dans la lumière que tous te voient. Et viens m'embrasser puisque tu es mon ami. »
Judas sortit en tremblant de la cohorte et s'approcha de Jésus et des disciples. Ceux-ci s'étaient mis en garde, craignant que Judas ne porte la main sur Jésus. Mais, Jésus les repoussa et s'avança vers Judas et l'embrassa.
Jésus dit alors : « Cet homme m'a trahi pour quelques deniers comme prix de sa colère. Il a pris l'argent et a conduit la cohorte et les huissiers jusqu'ici. Plût à Dieu qu'il ne fût jamais né, non parce qu'il m'a trahi, mais parce qu'il s'est trahi lui-même et que de toutes les trahisons, celle-ci est la plus amère.
Judas, tu ne seras point pardonné et ton nom même sera source de malheur et de scandale, car tu as trompé l'hospitalité sacrée. »


73
11 décembre Simon Pierre, qui avait une épée, la tira, frappa le serviteur du souverain sacrificateur, et lui coupa l'oreille droite. Ce serviteur s'appelait Malchus.
Jésus dit à Pierre : « Remets ton épée dans le fourreau. Ne boirai-je pas la coupe que le Père m'a donnée à boire ? »
La cohorte, le tribun, et les huissiers des Juifs, se saisirent alors de Jésus, et le lièrent.
Ils l'emmenèrent d'abord chez Anne ; car il était le beau-père de Caïphe, qui était souverain sacrificateur cette année-là.
Et Caïphe était celui qui avait donné ce conseil aux Juifs : « Il est avantageux qu'un seul homme meure pour le peuple. »
Simon Pierre, avec un autre disciple, suivait Jésus. Ce disciple était connu du souverain sacrificateur, et il entra avec Jésus dans la cour du souverain sacrificateur ;
mais Pierre resta dehors près de la porte. L'autre disciple, qui était connu du souverain sacrificateur, sortit, parla à la portière, et fit entrer Pierre.
Alors la servante, la portière, dit à Pierre : « Toi aussi, n'es-tu pas des disciples de cet homme ? » Il dit : « Je n'en suis point. »
Les serviteurs et les huissiers, qui étaient là, avaient allumé un brasier, car il faisait froid, et ils se chauffaient. Pierre se tenait avec eux, et se chauffait.

Tout en se chauffant, Pierre réfléchissait à ce qu'il venait de dire à la servante. Il se demandait s'il était lâche pour ne point oser lui dire qu'il était un des disciples de Jésus.
Il se demandait aussi pourquoi elle ne l'avait pas contredit, car, n'était-ce point cet autre disciple qui l'avait fait entrer et pourquoi l'aurait-il fait entrer s'il n'était pas lui aussi un des disciples de Jésus ?
Pierre ne craignait pas de se battre et était dur à la tâche. Une telle lâcheté lui paraissait à lui-même contraire à sa nature.
N'avait-il point tiré son épée et frappé Malchus, le serviteur du souverain sacrificateur, lui coupant l'oreille ?
Pierre se dit alors qu'il obéissait à Jésus et qu'en niant être l'un de ses disciples, il accomplissait la volonté de Jésus qui lui avait ordonné de remettre son épée dans le fourreau. Ainsi, il ne risquait pas d'être provoqué et de devoir encore une fois se battre, ce que Jésus lui avait interdit de faire.
Certainement était-ce aussi pour lui la coupe que le Père lui avait donné à boire.
Combien de fois Jésus leur avait-il dit de se méfier de la colère, qui vient du mal, et de réprouver la violence, qui vient aussi du mal  ?
Pendant ce temps, les serviteurs et les huissiers, qui l'avaient reconnu, riaient de lui affirmant qu'il était lâche.


74
12 décembre Le souverain sacrificateur interrogea Jésus sur ses disciples et sur sa doctrine.
Jésus lui répondit : « J'ai parlé ouvertement au monde ; j'ai toujours enseigné dans la synagogue et dans le temple, où tous les Juifs s'assemblent, et je n'ai rien dit en secret.
Pourquoi m'interroges-tu ? Interroge sur ce que je leur ai dit ceux qui m'ont entendu ; voici, ceux-là savent ce que j'ai dit. »
À ces mots, un des huissiers, qui se trouvait là, donna un soufflet à Jésus, en disant : « Est-ce ainsi que tu réponds au souverain sacrificateur ? »
Jésus lui dit : « Si j'ai mal parlé, fais voir ce que j'ai dit de mal ; et si j'ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? »
Anne l'envoya lié à Caïphe, le souverain sacrificateur.
Simon Pierre était là, et se chauffait. On lui dit : « Toi aussi, n'es-tu pas de ses disciples ? » Il le nia, et dit : « Je n'en suis point. »
Un des serviteurs du souverain sacrificateur, parent de celui à qui Pierre avait coupé l'oreille, dit : « Ne t'ai-je pas vu avec lui dans le jardin ? »
Pierre le nia de nouveau. Et aussitôt le coq chanta.

Ainsi, ce que Jésus avait dit à Pierre s'était accompli et Pierre avait renié Jésus trois fois avant que le coq chantât.
Pierre pleura amèrement et voulait aller se pendre, ne trouvant plus de goût à la vie après son reniement. Mais, un des disciples qui les avait rejoints dit à Pierre : « Si tu avais dit à la portière ou au serviteur du souverain sacrificateur que tu étais l'un des disciples de Jésus, ne se seraient-ils pas saisi de toi pour t'emmener avec lui et peut-être te faire mourir ?
Ton heure n'est pas venue de mourir et Jésus t'a donné mission d'aller dans le monde pour annoncer la bonne nouvelle.
Mais ton heure viendra comme elle viendra pour chacun d'entre nous.
Pourquoi veux-tu mourir maintenant si ce n'est par orgueil ? Jésus ne nous a-t-il pas enseigné que l'orgueil, comme la colère, sont à bannir du cœur, car ils ne conduisent pas vers l'amour du Seigneur. »
Pierre, séchant ses larmes, se leva de nouveau et lui dit : « Allons maintenant. Ce qui doit s'accomplir va s'accomplir. »
Il se souvenait de ce que Jésus avait dit.


75
13 décembre Ils conduisirent Jésus de chez Caïphe au prétoire : c'était le matin. Ils n'entrèrent point eux-mêmes dans le prétoire, afin de ne pas se souiller, et de pouvoir manger la Pâque.
Pilate sortit donc pour aller à eux, et il dit : « Quelle accusation portez-vous contre cet homme ? »
Ils lui répondirent : « Si ce n'était pas un malfaiteur, nous ne te l'aurions pas livré. »
Sur quoi Pilate leur dit : « Prenez-le vous-mêmes, et jugez-le selon votre loi. » Les Juifs lui dirent : « Il ne nous est pas permis de mettre personne à mort. »
C'était afin que s'accomplît la parole que Jésus avait dite, lorsqu'il indiqua de quelle mort il devait mourir.
Pilate rentra dans le prétoire, appela Jésus, et lui dit : « Es-tu le roi des Juifs ? »
Jésus répondit : « Est-ce de toi-même que tu dis cela, ou d'autres te l'ont-ils dit de moi ? »
Pilate répondit : « Moi, suis-je Juif ? Ta nation et les principaux sacrificateurs t'ont livré à moi : qu'as-tu fait ? »
« Mon royaume n'est pas de ce monde, répondit Jésus. Si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs auraient combattu pour moi afin que je ne fusse pas livré aux Juifs ; mais maintenant mon royaume n'est point d'ici-bas. »
Pilate lui dit : « Tu es donc roi ? » Jésus répondit : « Tu le dis, je suis roi. Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix. »
Pilate lui dit : « Qu'est-ce que la vérité ? » Après avoir dit cela, il sortit de nouveau pour aller vers les Juifs, et il leur dit : « Je ne trouve aucun crime en lui.
Mais, comme c'est parmi vous une coutume que je vous relâche quelqu'un à la fête de Pâque, voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs ? »
Alors de nouveau tous s'écrièrent : « Non pas lui, mais Barabbas. » Or, Barabbas était un brigand.

Vous aussi, ne soyez pas obstinés à vouloir faire juger vos ennemis et si l'on vous propose la clémence, choisissez la clémence.
Et si l'on vous propose la conciliation, choisissez la conciliation.
Et si l'on vous propose la clémence, choisissez la clémence.
À quoi vous sert de pourchasser vos ennemis et de les mettre à mort ?
Aurez-vous moins d'ennemis quand vous les aurez fait emprisonner et tuer ?
Vous en aurez davantage et davantage encore et vos enfants auront comme ennemis les enfants de vos ennemis.
Ne savez-vous pas que le Seigneur veut la paix sur la terre pour les siècles des siècles et qu'il abhorre la guerre et la violence ?
Jésus demanda à Pilate : « Qu'a-t-il donc fait pour être emprisonné ? »
Pilate répondit : « Qu'en sais-je ? S'il est emprisonné, c'est donc qu'il est un brigand et qu'il a commis un crime. S'il est libéré, ce sera en raison de la coutume et non parce qu'il est innocent. »
Jésus dit alors : « Libérez Barabbas plutôt que moi, car, je ne suis pas innocent de ce que l'on me reproche bien que je n'aie commis aucun crime. Mais il est préférable de libérer les coupables dont les crimes ont été clairement établis.
Vous aimez enfermer vos frères, vous aimez mettre à mort, vous aimez lapider les femmes et certains hommes aussi et faire souffrir les animaux.
Mais, en vérité je vous le dis, celui qui condamne, celui qui frappe, celui qui lapide, celui qui met à mort, c'est celui-là le coupable, qui rendra compte de ce qu'il a fait devant Dieu.
Car, je vous le dis, la justice divine n'est pas ce que vous appelez justice et ce que vous appelez justice n'est qu'iniquité.
De quel droit condamnez-vous vos frères et les mettez à mort ?
C'est parce qu'il est coupable qu'il faut libérer Barabbas et parce que je suis innocent de tout péché qu'il faut me sacrifier. »

76
Jean 19 14 décembre Alors Pilate prit Jésus, et le fit battre de verges.
Les soldats tressèrent une couronne d'épines qu'ils posèrent sur sa tête, et ils le revêtirent d'un manteau de pourpre ; puis, s'approchant de lui,
ils disaient : « Salut, roi des Juifs ! » Et ils lui donnaient des soufflets.
Pilate sortit de nouveau, et dit aux Juifs : « Voici, je vous l'amène dehors, afin que vous sachiez que je ne trouve en lui aucun crime. »
Jésus sortit donc, portant la couronne d'épines et le manteau de pourpre. Et Pilate leur dit : « Voici l'homme. »
Lorsque les principaux sacrificateurs et les huissiers le virent, ils s'écrièrent : « Crucifie ! crucifie ! » Pilate leur dit : « Prenez-le vous-mêmes, et crucifiez-le ; car moi, je ne trouve point de crime en lui. »
Les Juifs lui répondirent : « Nous avons une loi ; et, selon notre loi, il doit mourir, parce qu'il s'est fait Fils de Dieu. »
Quand Pilate entendit cette parole, sa frayeur augmenta.
Il rentra dans le prétoire, et il dit à Jésus : « D'où es-tu ? » Mais Jésus ne lui donna point de réponse.
Pilate lui dit : « Est-ce à moi que tu ne parles pas ? Ne sais-tu pas que j'ai le pouvoir de te crucifier, et que j'ai le pouvoir de te relâcher ? »
Jésus répondit : « Tu n'aurais sur moi aucun pouvoir, s'il ne t'avait été donné d'en haut. C'est pourquoi celui qui me livre à toi commet un plus grand péché. »

Jésus dit encore : « Il en ira de même de vos témoignages pour les siècles des siècles.
Ne témoignez pas à charge, car, vous ne savez pas ce que vous faites.
Témoignez pour sauver et pour atténuer la peine, mais ne témoignez pas pour condamner ni pour punir.
Je ne juge point, ni Pilate, ni les sacrificateurs, ni leurs serviteurs, ni les soldats qui ont tressé cette couronne d'épines et qui m'ont revêtu d'un manteau de pourpre pour se moquer de moi.
Je ne juge point ceux qui m'ont donné des soufflets.
Je ne juge point Pilate qui me livre à la mort alors qu'il a avoué ne point trouver de crime en moi.
Je ne juge point sa colère ni sa frayeur.
Je ne juge point son pouvoir qui me livre parce que je ne lui ai pas répondu.
Ainsi, les uns veulent me faire périr parce que je leur ai répondu qui j'étais et les autres veulent me faire périr parce que je ne le leur ai pas dit.
Et il en ira ainsi pour les siècles des siècles, certains tuant pour que les autres abjurent leur foi et d'autres tuant parce que les autres ne croient pas ou pas de la manière dont ils voudraient qu'ils croient.
C'est pourquoi, tous, vous êtes pécheurs et c'est pourquoi il vous faudra vous repentir pour entrer dans le Royaume.
Allez et ne jugez point si vous voulez vous approcher de Dieu. »


77
15 décembre Dès ce moment, Pilate cherchait à le relâcher. Mais les Juifs criaient : « Si tu le relâches, tu n'es pas ami de César. Quiconque se fait roi se déclare contre César. »
Pilate, ayant entendu ces paroles, amena Jésus dehors ; et il s'assit sur le tribunal, au lieu appelé le Pavé, et en hébreu Gabbatha.
C'était la préparation de la Pâque, et environ la sixième heure. Pilate dit aux Juifs : « Voici votre roi. »
Mais ils s'écrièrent : « Ôte, ôte, crucifie-le ! » Pilate leur dit : « Crucifierai-je votre roi ? » Les principaux sacrificateurs répondirent : « Nous n'avons de roi que César. »
Alors il le leur livra pour être crucifié. Ils prirent donc Jésus, et l'emmenèrent.
Jésus, portant sa croix, arriva au lieu du crâne, qui se nomme en hébreu Golgotha.
C'est là qu'il fut crucifié, et deux autres avec lui, un de chaque côté, et Jésus au milieu.
Pilate fit une inscription, qu'il plaça sur la croix, et qui était ainsi conçue : Jésus de Nazareth, roi des Juifs.
Beaucoup de Juifs lurent cette inscription, parce que le lieu où Jésus fut crucifié était près de la ville : elle était en hébreu, en grec et en latin.
Les principaux sacrificateurs des Juifs dirent à Pilate : « N'écris pas : Roi des Juifs. Mais écris qu'il a dit : Je suis roi des Juifs. »
Pilate répondit : « Ce que j'ai écrit, je l'ai écrit. »
Les soldats, après avoir crucifié Jésus, prirent ses vêtements, et ils en firent quatre parts, une part pour chaque soldat. Ils prirent aussi sa tunique, qui était sans couture, d'un seul tissu depuis le haut jusqu'en bas. Et ils dirent entre eux :
« Ne la déchirons pas, mais tirons au sort à qui elle sera. » Cela arriva afin que s'accomplît cette parole de l'Écriture :
Ils se sont partagé mes vêtements,
et ils ont tiré au sort ma tunique.
Voilà ce que firent les soldats.

Et vous, ne soyez pas comme Pilate.
Ne cédez pas par lassitude et ne commettez pas l'iniquité pour plaire ou pour ne pas déplaire.
Ne croyez pas ceux qui vous flattent et flattent à travers vous ceux qui ont le pouvoir, car, ils vous trahiront comme ils se sont eux-mêmes trahis.
Ne vous partagez pas le bien des pauvres, mais partagez votre bien avec eux.
Le soldat qui avait gagné la tunique de Jésus par tirage au sort la pliait pour l'emporter avec lui quand un homme appelé Joseph vint jusqu'à lui. Il lui dit : « Le sort t'a donné cette tunique sans couture, d'un seul tissu depuis le haut jusqu'en bas.
Mais, tu es un soldat de Rome et tu ne portes pas de tunique.
Vends-la moi et je l'emporterai avec moi. »
Le soldat réfléchit et dit à Joseph : « Quel est le prix que tu m'en donneras ? »
Joseph répondit : « Je t'en donnerai trente pièces d'argent, car c'est à ce prix que cet homme sur la croix dont tu as la tunique a été vendu. »
Le soldat accepta de vendre la tunique pour trente pièces d'argent, ce qui était beaucoup plus que son prix et même beaucoup que cent tuniques.
Joseph prit la tunique, la plia et l'emporta avec lui. Mais, il restait près de la croix, là où se tenaient Marie, la mère de Jésus, le disciple que Jésus aimait et d'autres femmes qui suivaient Jésus. Se tenaient en prière et en supplications Marthe et Marie les sœurs de Lazare.
Les autres disciples s'étaient éloignés davantage craignant qu'on les prît et qu'on les crucifiât aussi. Ils avaient vu Joseph acheter la tunique au soldat romain et ils se demandaient pourquoi il avait payé un tel prix pour une tunique.
L'ombre des croix grandissait sur le sol et le peuple venu là pour assister au supplice prenait soin de ne pas se tenir dans cette ombre, croyant par superstition que cela portait malheur, quand le Fils de Dieu expirait sur la Croix.

78
16 décembre Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala.
Jésus, voyant sa mère, et auprès d'elle le disciple qu'il aimait, dit à sa mère : « Femme, voilà ton fils.
Puis il dit au disciple : « Voilà ta mère. » Et, dès ce moment, le disciple la prit chez lui.
Après cela, Jésus, qui savait que tout était déjà consommé, dit, afin que l'Écriture fût accomplie : « J'ai soif. »
Il y avait là un vase plein de vinaigre. Les soldats en remplirent une éponge, et, l'ayant fixée à une branche d'hysope, ils l'approchèrent de sa bouche.
Quand Jésus eut pris le vinaigre, il dit : « Tout est accompli. » Et, baissant la tête, il rendit l'esprit.
Dans la crainte que les corps ne restassent sur la croix pendant le sabbat, car c'était la préparation, et ce jour de sabbat était un grand jour, les Juifs demandèrent à Pilate qu'on rompît les jambes aux crucifiés, et qu'on les enlevât.
Les soldats vinrent donc, et ils rompirent les jambes au premier, puis à l'autre qui avait été crucifié avec lui.
S'étant approchés de Jésus, et le voyant déjà mort, ils ne lui rompirent pas les jambes ;
mais un des soldats lui perça le côté avec une lance, et aussitôt il sortit du sang et de l'eau.
Celui qui l'a vu en a rendu témoignage, et son témoignage est vrai ; et il sait qu'il dit vrai, afin que vous croyiez aussi.
Ces choses sont arrivées, afin que l'Écriture fût accomplie :
Aucun de ses os ne sera brisé.
Et ailleurs l'Écriture dit encore :
Ils verront celui qu'ils ont percé.
Après cela, Joseph d'Arimathée, qui était disciple de Jésus, mais en secret par crainte des Juifs, demanda à Pilate la permission de prendre le corps de Jésus. Et Pilate le permit. Il vint donc, et prit le corps de Jésus.
Nicodème, qui auparavant était allé de nuit vers Jésus, vint aussi, apportant un mélange d'environ cent livres de myrrhe et d'aloès.
Ils prirent donc le corps de Jésus, et l'enveloppèrent de bandes, avec les aromates, comme c'est la coutume d'ensevelir chez les Juifs.
Or, il y avait un jardin dans le lieu où Jésus avait été crucifié, et dans le jardin un sépulcre neuf, où personne encore n'avait été mis.
Ce fut là qu'ils déposèrent Jésus, à cause de la préparation des Juifs, parce que le sépulcre était proche.

Les hommes roulèrent la pierre devant le tombeau. La pierre était lourde et roulait difficilement parce que le tombeau était neuf.
Les disciples se tenaient devant le tombeau, délibérant sur ce qu'ils devaient faire.
Ils décidèrent de retourner dans la maison où ils avaient pris le dernier repas avec Jésus pour se reposer avant de partir le lendemain pour la Galilée, car, la plupart d'entre eux était galiléens.
La mère de Jésus et la sœur de sa mère, Marthe et Marie de Magdala que Jésus avait guérie de plusieurs démons, décidèrent de retourner dans le jardin des oliviers où Jésus avait passé sa dernière nuit et là où il avait été livré.
Les disciples les y accompagnèrent, car la nuit était tombée et c'était le jour de la Pâque et les portes de la ville étaient fermées.
Ils passèrent en chemin par le champ du Potier et ils virent un homme qui y entrait en se dissimulant. Malgré cela, ils reconnurent Judas l'Iscariot et ils se demandèrent ce qu'il pouvait faire à cette heure de la nuit dans le champ du Potier.
Ils s'approchèrent et ils virent que celui-ci creusait un trou dans le sol au pied d'un olivier et ils entendirent de loin le bruit que font des pièces de monnaie qui sont jetées les unes contre les autres. C'est ainsi qu'ils surent que Judas enterrait les trente pièces d'argent qu'il avait reçues pour livrer Jésus.
Certains des disciples, dont Simon Pierre voulaient se saisir de lui pour le faire périr, mais le disciple que Jésus aimait leur rappela que Jésus leur avait enseigné que la vengeance et la colère n'avaient aucune part dans le Salut du monde.
Il leur dit : « Pourquoi voulez-vous vous saisir de lui ? Et si vous vous saisissez de lui, que lui ferez-vous  ? Ne vous a-t-il pas été enseigné de ne point tuer. Et il vous a aussi été enseigner de vous aimer les uns les autres. Est-ce que votre amour pour votre prochain s'arrêtera à chaque crime commis ? »
Ils passèrent leur chemin et laissèrent Judas dans le champ du Potier.
Du mont des oliviers, ils voyaient les murs de la ville de Jérusalem, car la nuit était claire et la lune brillait.
Ils voulaient prier, mais, ils étaient si tristes et leur cœur était si serré qu'ils n'y parvenaient pas.
Les femmes se rassemblèrent et commencèrent à prier, car, en toute circonstance, ce sont les femmes qui guident la prière.
Ainsi, laissez les femmes guider votre prière, car, elles prient le Seigneur avec plus de ferveur et de soin que les hommes et le Seigneur les écoute davantage que les hommes.
Alors, les hommes rejoignirent les femmes et prièrent avec elles.


79
Jean 20 17 décembre Le premier jour de la semaine, Marie de Magdala se rendit au sépulcre dès le matin, comme il faisait encore obscur ; et elle vit que la pierre était ôtée du sépulcre.
Elle courut vers Simon Pierre et vers l'autre disciple que Jésus aimait, et leur dit : « Ils ont enlevé du sépulcre le Seigneur, et nous ne savons où ils l'ont mis. »
Pierre et l'autre disciple sortirent, et allèrent au sépulcre.
Ils couraient tous deux ensemble. Mais l'autre disciple courut plus vite que Pierre, et arriva le premier au sépulcre ;
s'étant baissé, il vit les bandes qui étaient à terre, cependant il n'entra pas.
Simon Pierre, qui le suivait, arriva et entra dans le sépulcre ; il vit les bandes qui étaient à terre,
et le linge qu'on avait mis sur la tête de Jésus, non pas avec les bandes, mais plié dans un lieu à part.
Alors l'autre disciple, qui était arrivé le premier au sépulcre, entra aussi ; et il vit, et il crut.
Car ils ne comprenaient pas encore que, selon l'Écriture, Jésus devait ressusciter des morts.
Et les disciples s'en retournèrent chez eux.

Sur le chemin du retour, Simon Pierre dit au disciple que Jésus aimait : « Tu es jeune et tu cours vite. Tu es arrivé le premier au sépulcre de notre ami et notre seigneur. Tu as vu comme moi, comme nous l'avait dit Marie de Magdala, que la pierre du sépulcre avait été ôtée. Pourquoi n'es-tu pas entré sans m'attendre ? »
Le disciple que Jésus aimait répondit : « Qui veut voir mort ce qu'il a connu vivant ?
Le Seigneur ne nous a-t-il pas appris qu'il faut laisser les morts avec les morts et les vivants avec les vivants ?
Mais toi tu es entré, et tu as vu le sépulcre vide et le linge qu'on avait mis sur la tête de Jésus plié dans un lieu à part et j'ai vu cela avec toi et tous les deux, nous témoignerons de ce que nous avons vu. »
Marie de Magdala, qui cheminait avec eux leur dit alors : « Ce que vous avez vu dans le sépulcre, vous l'avez vu, mais est-ce cela qu'il fallait voir et est-ce cela dont vous devrez témoigner ?
Nous avons vu ensemble que le sépulcre était vide et nous avons vu ensemble que le linge était plié et que les bandes étaient à terre.
Mais, est-ce cela qu'il fallait voir ? »
Elle les laissa et rebroussa chemin.


80
18 décembre Cependant Marie se tenait dehors près du sépulcre, et pleurait. Comme elle pleurait, elle se baissa pour regarder dans le sépulcre ;
et elle vit deux anges vêtus de blanc, assis à la place où avait été couché le corps de Jésus, l'un à la tête, l'autre aux pieds.
Ils lui dirent : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Elle leur répondit : « Parce qu'ils ont enlevé mon Seigneur, et je ne sais où ils l'ont mis. »
En disant cela, elle se retourna, et elle vit Jésus debout ; mais elle ne savait pas que c'était Jésus.
Jésus lui dit : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Elle, pensant que c'était le jardinier, lui dit : « Seigneur, si c'est toi qui l'as emporté, dis-moi où tu l'as mis, et je le prendrai. »
Jésus lui dit : « Marie ! » Elle se retourna, et lui dit en hébreu : « Rabbouni ! » c'est-à-dire, Maître !
Jésus lui dit : « Ne me touche pas ; car je ne suis pas encore monté vers mon Père. Mais va trouver mes frères, et dis-leur que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. »
Marie de Magdala alla annoncer aux disciples qu'elle avait vu le Seigneur, et qu'il lui avait dit ces choses.

Mais, avant de partir, elle regarda dans le sépulcre pour voir si les anges y étaient toujours, mais, le sépulcre était vide. Il ne restait que les bandes, car, les disciples avaient pris avec eux le linge que l'on avait posé sur la tête de Jésus.
Marie s'assit à proximité, espérant que Jésus reviendrait et se montrerait à elle. Mais, il ne vint pas.
Elle vit les jardiniers qui, voyant que la pierre avait été poussée, la remirent devant le sépulcre pour le fermer, en la poussant avec difficulté.
Marie les interrogea : « Est-ce vous qui aviez poussé la pierre et pris le corps de mon Seigneur ? »
Les jardiniers répondirent : « Pourquoi aurions-nous ouvert le sépulcre ? Sommes-nous des pilleurs de tombeaux ? Et serions-nous des pilleurs de tombeau que nous n'aurions pas pris le corps mais les vêtements et les bijoux qui auraient été déposés avec le mort. Mais, celui-ci a été crucifié hier et il a été mis là avec un linge sur son visage et quelques bandes comme on met aux morts. »
Marie leur répondit : « Mais alors, qui a poussé la pierre du tombeau ? »
Les jardiniers répondirent qu'ils ne savaient pas et commencèrent le travail qu'ils avaient à faire.
Marie, regardant une dernière fois le sépulcre maintenant refermé, quitta les lieux pour rejoindre les disciples et les autres femmes qui suivaient Jésus.


81 19 décembre Le soir de ce jour, qui était le premier de la semaine, les portes du lieu où se trouvaient les disciples étant fermées, à cause de la crainte qu'ils avaient des Juifs, Jésus vint, se présenta au milieu d'eux, et leur dit : « La paix soit avec vous ! »
Et quand il eut dit cela, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent dans la joie en voyant le Seigneur.
Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! Comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie. »
Après ces paroles, il souffla sur eux, et leur dit : « Recevez le Saint-Esprit.
Ceux à qui vous pardonnerez les péchés, ils leur seront pardonnés ; et ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. »
Thomas, appelé Didyme, l'un des douze, n'était pas avec eux lorsque Jésus vint.
Les autres disciples lui dirent donc : « Nous avons vu le Seigneur. » Mais il leur dit : « Si je ne vois dans ses mains la marque des clous, et si je ne mets mon doigt dans la marque des clous, et si je ne mets ma main dans son côté, je ne croirai point. »
Huit jours après, les disciples de Jésus étaient de nouveau dans la maison, et Thomas se trouvait avec eux. Jésus vint, les portes étant fermées, se présenta au milieu d'eux, et dit : « La paix soit avec vous ! »
Puis il dit à Thomas : « Avance ici ton doigt, et regarde mes mains ; avance aussi ta main, et mets-la dans mon côté ; et ne sois pas incrédule, mais crois. »
Thomas lui répondit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m'as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n'ont pas vu, et qui ont cru ! »
Jésus a fait encore, en présence de ses disciples, beaucoup d'autres miracles, qui ne sont pas écrits dans ce livre.
Mais ces choses ont été écrites afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu'en croyant vous ayez la vie en son nom.

Heureux ceux qui croient sans avoir vu.
Heureux celui qui doute, car sa foi sera plus forte.
Heureux ceux qui croient dans le malheur et dans la détresse.
Heureux celui qui demande pour autrui et ne demande pas pour lui-même.
Heureux celui qui aime.
Heureux celui qui accepte d'être aimé et qui rend grâces de cet amour.
Heureux celui considère chaque être comme chaque être dans l'amour du Seigneur.
Croyez que Jésus peut venir à vous toutes portes fermées et qu'il vous donnera la paix.
Croyez que vous avez reçu le Saint-Esprit, qui est le souffle de Dieu et qui vous anime.
Heureux celui qui a reçu l'eau du baptême, car, il a reçu le baptême de grâce.
Heureux celui qui a mangé le pain de la pâque, car il a mangé le corps du Christ ressuscité.
Heureux celui qui a bu le sang de la Pâque, car il a bu le sang du Christ ressuscité.
Avant de quitter ses disciples, il les bénit.
Marthe, Marie et Marie de Magdala et Marie la mère de Jésus, mais aussi plusieurs disciples, dont celui que Jésus aimait, commencèrent à pleurer car ils se disaient qu'ils ne le reverraient plus vivant en chair et en os.
Jésus les regarda et leur dit  : « Je suis heureux, parce que je retourne au Père, qui est mon Père et qui est votre Père, mais je suis triste de vous quitter, parce que vous êtes ma famille et mes amis. »
Et Jésus se mit à pleurer et ses larmes baignaient son visage.
Jésus leur dit encore  : « Vous le voyez, je suis heureux et je pleure et vous aussi vous pleurerez de joie quand vous recevrez la grâce de notre Seigneur. »
Les disciples regardaient  Jésus et commencèrent eux aussi à pleurer et leurs larmes roulaient sur le sol.
Mais, Jésus avait quitté la maison.


82
Jean 21 20 décembre Après cela, Jésus se montra encore aux disciples, sur les bords de la mer de Tibériade. Et voici de quelle manière il se montra.
Simon Pierre, Thomas, appelé Didyme, Nathanaël, de Cana en Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres disciples de Jésus, étaient ensemble.
Simon Pierre leur dit : « Je vais pêcher. » Ils lui dirent : « Nous allons aussi avec toi. » Ils sortirent et montèrent dans une barque, et cette nuit-là ils ne prirent rien.

Thomas dit aux autres qui étaient avec lui dans la barque : « Voyez, quand nous étions avec notre Seigneur, Jamais nous ne revenions de la pêche sans poisson.
Mais aujourd'hui, nous avons pêché toute la nuit dans tous les endroits que nous savons poissonneux et nous n'avons rien pris. Le Seigneur nous a-t-il abandonné ? »
Le disciple que Jésus aimait répondit : « Faut-il que tu te désespères pour une seule nuit de pêche sans poisson ? Il y aura d'autres nuits de pêches et ta foi ne doit pas en dépendre. »

83
21 décembre Le matin étant venu, Jésus se trouva sur le rivage ; mais les disciples ne savaient pas que c'était Jésus.
Jésus leur dit : « Enfants, n'avez-vous rien à manger ? » Ils lui répondirent : « Non. »
Il leur dit : « Jetez le filet du côté droit de la barque, et vous trouverez. » Ils le jetèrent donc, et ils ne pouvaient plus le retirer, à cause de la grande quantité de poissons.
Alors le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C'est le Seigneur ! » Et Simon Pierre, dès qu'il eut entendu que c'était le Seigneur, mit son vêtement et sa ceinture, car il était nu, et se jeta dans la mer.

Jésus lui dit : « Pourquoi mets-tu ton vêtement pour te jeter dans l'eau au risque de périr de noyade ? Penses-tu que le Seigneur te demande de risquer ta vie sans raison ? »
Simon Pierre répondit : « Mais j'étais nu et Tu es le Seigneur, ainsi par respect et par crainte j'ai mis mon vêtement. »
Jésus lui dit alors : « Crois-tu que le vêtement est signe de respect ? La foule que Jean baptisait dans le fleuve était nue et elle le respectait et elle honorait le baptême.
En vérité, je vous le dis, l'amour de Dieu ne s'arrête pas aux apparences d'un vêtement. »


84
22 décembre Les autres disciples vinrent avec la barque, tirant le filet plein de poissons, car ils n'étaient éloignés de terre que d'environ deux cents coudées.
Lorsqu'ils furent descendus à terre, ils virent là des charbons allumés, du poisson dessus, et du pain.
Jésus leur dit : « Apportez des poissons que vous venez de prendre. »
Simon Pierre monta dans la barque, et tira à terre le filet plein de cent cinquante-trois grands poissons ; et quoiqu'il y en eût tant, le filet ne se rompit point.

Le disciple que Jésus aimait demanda : « Pierre a tiré à terre cent cinquante-trois poissons et nous les avons mangés. Quel signe faut-il voir dans ce nombre ? »
Jésus répondit : « Êtes-vous des païens que vous devez voir des signes dans le ciel et dans l'eau.
Pensez-vous que le Seigneur votre Dieu aime jouer avec vous et vous envoyer des signes ?
Croyez toujours que vous êtes le signe le plus glorieux de sa création et que rien ne peut le surpasser. »


85
23 décembre Jésus leur dit : Venez, mangez. Et aucun des disciples n'osait lui demander : « Qui es-tu ? » sachant que c'était le Seigneur.
Jésus s'approcha, prit le pain, et leur en donna ; il fit de même du poisson.
C'était déjà la troisième fois que Jésus se montrait à ses disciples depuis qu'il était ressuscité des morts.

Jésus leur dit : « Suis-je un étranger parmi vous ? Pourquoi avez-vous peur ? Ne vous avais-je pas dit que j'allais vers le Père et que je reviendrais ? Vous me voyez maintenant et vous pouvez croire. Vous ne me reconnaissez pas parce que vous ne croyez pas et quand vous croyez, vous me reconnaissez. »
Thomas se leva et dit : « Tu es ressuscité et tu manges le pain et le poisson avec nous. Louons le Seigneur. »


86
24 décembre Après qu'ils eurent mangé, Jésus dit à Simon Pierre : « Simon, fils de Jonas, m'aimes-tu plus que ne m'aiment ceux-ci ? » Il lui répondit : « Oui, Seigneur, tu sais que je t'aime. » Jésus lui dit : « Pais mes agneaux. »

Ainsi Pierre fut choisi, non pour commander, non pour être le chef, mais parce qu'il aimait et parce qu'il aimait davantage.
Jésus lui dit cela parce qu'il savait qu'il l'avait renié le soir où il avait été livré.


87
25 décembre Il lui dit une seconde fois : « Simon, fils de Jonas, m'aimes-tu ? » Pierre lui répondit : « Oui, Seigneur, tu sais que je t'aime. » Jésus lui dit : « Pais mes brebis. »

Alors, Pierre demanda à Jésus : « Pourquoi me demandes-tu une nouvelle fois si je t'aime ? Est-ce que tu doutes de ma réponse et de mon amour ? Et que puis-je faire pour que tu croies à ma sincérité ? »
Jésus ne lui répondit pas.


88
26 décembre Il lui dit pour la troisième fois : « Simon, fils de Jonas, m'aimes-tu ? » Pierre fut attristé de ce qu'il lui avait dit pour la troisième fois : « M'aimes-tu ? » Et il lui répondit : « Seigneur, tu sais toutes choses, tu sais que je t'aime. » Jésus lui dit : « Pais mes brebis.
En vérité, en vérité, je te le dis, quand tu étais plus jeune, tu te ceignais toi-même, et tu allais où tu voulais ; mais quand tu seras vieux, tu étendras tes mains, et un autre te ceindra, et te mènera où tu ne voudras pas. »
Il dit cela pour indiquer par quelle mort Pierre glorifierait Dieu. Et ayant ainsi parlé, il lui dit : « Suis-moi. »

Pierre comprit pourquoi Jésus lui avait demandé trois fois s'il l'aimait. Car, ne l'avait-il pas lui renié trois fois quand il avait été livré ? Ainsi, ses trois professions de foi se substituaient à ses trois reniements.
Car, Jésus avait désigné Simon Pierre pour paître ses brebis, mais, il fallait pour cela qu'il soit pardonné et qu'il soit pardonné à lui même.
Une fois pardonné, il pourrait paître les brebis du Seigneur et il s'y engagea jusqu'à la fin de ses jours.
Quant au disciple que Jésus aimait, il avait d'autres missions à accomplir et il attendait auprès de Jésus que celui-ci les lui révèle.


89
27 décembre Pierre, s'étant retourné, vit venir après eux le disciple que Jésus aimait, celui qui, pendant le souper, s'était penché sur la poitrine de Jésus, et avait dit : « Seigneur, qui est celui qui te livre ? »
En le voyant, Pierre dit à Jésus : « Et celui-ci, Seigneur, que lui arrivera-t-il ? »
Jésus lui dit : « Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne, que t'importe ? Toi, suis-moi. »

Jésus ajouta encore : « Je suis la vie et ma parole est la vie.
Gardez la vie pour suivre ma parole et suivez ma parole en gardant la vie aussi longtemps que vous le pouvez.
Faites vivre ma parole pour les siècles des siècles et gardez-la vivante.
Ne la laissez pas accaparée par quelques-uns qui s'en déclareront propriétaire et qui diront comment il faut la comprendre, car il n'y a rien d'autre à comprendre que l'amour et la vie. »


90
28 décembre Là-dessus, le bruit courut parmi les frères que ce disciple ne mourrait point. Cependant Jésus n'avait pas dit à Pierre qu'il ne mourrait point ; mais : « Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne, que t'importe ? »
C'est ce disciple qui rend témoignage de ces choses, et qui les a écrites. Et nous savons que son témoignage est vrai.

Et la vérité de ce témoignage éclatera pour les siècles des siècles.
Beaucoup mettront en doute la véracité de ce qui est ici raconté, mais, beaucoup croiront et leur foi abattra l'incroyance.
Beaucoup combattront le message que le Christ nous a apporté et beaucoup le travestiront, mais la vérité demeurera vivante et première.


91
29 décembre Jésus a fait encore beaucoup d'autres choses ; si on les écrivait en détail, je ne pense pas que le monde même pût contenir les livres qu'on écrirait.

Mais, en cherchant bien en son cœur et de son esprit, le croyant peut découvrir et raconter encore d'autres paroles que Jésus a dites et d'autres actes qu'il a accomplis.