Diégèse mardi 9 février 2021



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vendredi 6 novembre 1998
14033 jours de vie (14033 est un nombre premier)



On laissera les tristes images des dégâts causés par l'ouragan Mitch à la frontière entre le Honduras et le Nicaragua et ce fleuve de boue qui a emporté familles et biens. Et l'on ira directement à (14'58") écouter le Premier ministre Lionel Jospin qui suggère que les soldats fusillés pour l'exemple pendant la première guerre mondiale soient réintégrés dans la mémoire de la Nation. Bien qu'il ait pris soin de ne pas parler de réhabilitation, la riposte du Président de la République, Jacques Chirac, en cette période de cohabitation, ne se fait pas attendre, sous la forme d'un communiqué jugeant « inopportune » la déclaration de Lionel Jospin.
Fort heureusement, d'autres l'auront trouvée opportune, mais il faudra encore près de vingt ans et les travaux engagés à l'occasion du centenaire de la Grande Guerre, pour que les dossiers des fusillés soient systématiquement numérisés et rendus accessibles. Chacun peut donc aujourd'hui les consulter. Il faudrait pouvoir étudier précisément les trajectoires de chacune et de chacun, car, bien sûr, il y avait aussi des femmes.
Un certain Dominique Leroy a extrait de la base établie par la Direction des patrimoines, de la mémoire et des archives du Ministère des Armées la liste de tous les fusillés, par ordre chronologique. Le premier est Alfred Charles Boigegrain, fusillé le 5 août 1914 à Neufchâteau dans le département des Vosges, deux jours après la déclaration de guerre. On fusillera, en Algérie, jusqu'en 1922.
Et c'est cela qui frappe à la première lecture, le nombre de fusillés nés en Algérie, au Maroc, en Tunisie ou en Afrique subsaharienne colonisée. Ils sont ainsi 68 fusillés nés en Algérie, 18, nés au Maroc, 17 nés en Tunisie, 6 nés au Sénégal, 3 en côte d'Ivoire, 3 encore au Niger. On en a certainement oublié, mais cela fait déjà 115 fusillés, ce qui est beaucoup, à comparer avec les 683 fusillés nés en France.
Tous ces dossiers portent la mention « non mort pour la France ». On aurait tout aussi bien pu, sur tous les dossiers, faire porter la mention : « mort pour rien »
Les femmes sont moins nombreuses et tombent pour espionnage ou intelligence avec l'ennemi. On aimerait tout savoir d'elles et l'on reproduira ici les noms de celles que l'on a trouvés dans la liste de M. Leroy :
  • VOSS Ottilie fusillée à Bourges le 16 mai 1915
  • LIEBENDALL (épouse GIMENO DE SANCHIS) Maria, fusillée à Marseille le 16 janvier 1917
  • DUFAY Jeannette Antoinette, fusillée à Vincennes, le 5 mars 1917
  • ZELLE Marguerite Gertrude (alias Mata-Hari), fusillée à Vincennes le 15 octobre 1917
  • AWICO (alias RÉGINA DIANA) Marie-Antoinette, fusillée à Marseille le 5 janvier 1918
  • ALVAREZ (alias DITE BEAUMONT, DITE COLOMBINE, DITE SIMON) Joséphine Augustine Manuela fusillée à Nantes le 6 mai 1918
  • FAUCHER (alias DITE BEAUMONT, DITE LOLOTTE, DITE LUCIENNE ALVAREZ) Victorine, fusillée aussi à Nantes le même jour.
On laissera pour finir, grâce au journal L'Humanité daté du 11 novembre 2018, la parole à Roland Dorgelès dans « Les Croix de bois » : « c'est dans la salle de bal du café de la Poste qu'on l'a jugé hier soir. Un petit caporal nommé d'office l'a défendu, gêné, piteux… Tu sais ce qu'il avait fait ? L'autre nuit, après l'attaque, on l'a désigné de patrouille. Comme il avait déjà marché la veille, il a refusé. Voilà… »
Et si l'on veut en savoir davantage sur Colombine et Lolotte, surnommées aussi les Mata-Hari du Pays de Loire, on se reportera avec bonheur au blog de l'angevin M. Jean-Luc Pasquier.






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