Diégèse


vendredi 26 mai 2000




2000
ce travail est commencé depuis 147 jours (3 x 72 jours)
et son auteur est en vie depuis 14600 jours (23 x 52 x 73 jours)
ce qui représente 1,0068% de la vie de l'auteur
vingt-et-une semaines d'écriture
hier

L'atelier du texte
demain










à venir et déjà passé

Je suis parti tôt. Je pensais à notre déjeuner dans le jardin. Tu m'as fait attendre une heure pour me dire ensuite que tu n'avais plus le temps, juste un café, et encore, cela t'énerve.
Si tu savais comme je me moque de toi et de la façon dont tu bouffis tes yeux. Tu sais que tu ne dors pas assez.
Je ne t'ai fait aucun reproche.
Le soir, c'est la finesse de tes bras qui m'a étonné. Les nervures bleuies comme de petites torsades à peine rosies. Je les ai touchées, en essayant de la délicatesse.
Je vais dormir maintenant dans l'oubli de ces jours. Si tu me demandes, non, je ne sais pas qui tu es. Ne me demande rien. Ne me demande pas.
Je me suis rappelé la maison de Beyrouth.
















déjà passé et à venir





Quand j'ai quitté tard l'immeuble où je travaille, tu étais au coin de la rue avec une silhouette que je n'ai pas reconnue dans l'instant. Je ne me suis pas approché, pressentant confusément qu'il ne pourrait pas venir de bien d'une rencontre aussi fortuite.
Avant, tour Maine Montparnasse, tu entres dans l'ascenseur, celui qui dessert tous les étages du 2e au 17e. Tu t'arrêtes au 11e, je suis allé jusqu'au bout.
Mais je sais que tu commets maintenant des crimes rouges et bleus. Tu m'as envoyé des morceaux de corps. Tu veux me faire croire que ce sont des morceaux de mon corps. Avant. Je ne te crois pas, je ne te les aurais pas donnés.
Mais c'est l'intrusion ainsi du corps, mien ou non, qui étonne. Je ne sais quoi faire. Les jeter ?