| Diégèse
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| mardi 29
septembre
2015 |
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2015 |
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travail est commencé
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et
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depuis 20204 jours
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représente 28,4647% du nombre de jours
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vie |
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L'atelier du texte |
demain |
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| #ZOLA - #FortunedesRougon |
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| De
la campagne, des
horizons qu'elle ne voyait plus, elle entendait alors
monter une voix grave faite de tous les soupirs de la nuit. |
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| Elle
n'était point de
nature rêveuse, elle jouissait par tout son corps, par tous ses sens,
du ciel, de la rivière, des ombres, des clartés. |
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| L'enfant
déclara un soir
que l'eau froide lui faisait monter le sang à la tête. Sans doute elle
donna cette raison en toute innocence. |
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| Alep 2011 - Décalque |
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en continu |
Quand tous deux
nageaient
sans bruit, Maya croyait voir, aux
deux
bords, les feuillages s'épaissir, se pencher vers eux, draper leur
retraite de rideaux énormes. Et les jours de lune, des lueurs
glissaient entre les troncs, des apparitions douces se promenaient le
long des rives en robe blanche. Maya n'avait pas peur.
Elle éprouvait
une émotion indéfinissable à suivre les jeux de l'ombre. Tandis qu'elle
avançait, d'un mouvement ralenti, l'eau calme, dont la lune faisait un
clair miroir, se froissait à son approche comme une étoffe lamée
d'argent ; les ronds s'élargissaient, se perdaient dans les ténèbres
des bords, sous les branches pendantes des saules, où l'on entendait
des clapotements mystérieux ; et, à chaque brassée, elle trouvait ainsi
des trous pleins de voix, des enfoncements noirs devant lesquels elle
passait avec plus de hâte, des bouquets, des rangées d'arbres, dont les
masses sombres changeaient de forme, s'allongeaient, avaient l'air de
la suivre du haut de la berge.
Quand elle se mettait sur le dos, les profondeurs
du ciel
l'attendrissaient encore. De la campagne, des horizons qu'elle ne
voyait plus, elle entendait alors monter une voix grave, prolongée,
faite de tous les soupirs de la nuit. |
Elle n'était point de
nature rêveuse, elle jouissait par tout son
corps, par tous ses sens, du ciel, de la rivière, des ombres, des
clartés. La rivière surtout, cette eau, ce terrain mouvant, la portait
avec des caresses infinies. Elle éprouvait, quand elle remontait le
courant, une grande jouissance à sentir le flot filer plus rapide
contre sa poitrine et contre ses jambes ; c'était un long
chatouillement, très doux, qu'elle pouvait supporter sans rire nerveux.
Elle s'enfonçait davantage, se mettait de l'eau jusqu'aux lèvres, pour
que le courant passât sur ses épaules, l'enveloppât d'un trait, du
menton aux pieds, de son baiser fuyant. Elle avait des langueurs qui la
laissaient immobile à la surface, tandis que de petits flots glissaient
mollement entre son costume et sa peau, gonflant l'étoffe ; puis elle
roulait dans les nappes mortes, ainsi qu'une chatte sur un tapis ; et
elle allait de l'eau lumineuse, où se baignait la lune, dans l'eau
noire, assombrie par les feuillages, avec des frissons, comme si elle
eût quitté une plaine ensoleillée et senti le froid des branches lui
tomber sur la nuque.
Maintenant, elle s'écartait pour se déshabiller, elle se cachait. Dans
l'eau, elle demeurait silencieuse ; elle ne voulait plus que Selim la
touchât ; elle se coulait doucement à son côté, nageant avec le petit
bruit d'un oiseau dont le vol traverse un taillis ; ou parfois elle
tournait autour de lui, prise de craintes vagues qu'elle ne
s'expliquait pas. Lui-même s'éloignait, quand il frôlait un de ses
membres. La rivière n'avait plus pour eux qu'une ivresse amollie, un
engourdissement voluptueux, qui les troublait étrangement. |
| Quand ils sortaient
du
bain, surtout, ils éprouvaient des somnolences,
des éblouissements. Ils étaient comme épuisés. Maya mettait une
grande heure à s'habiller. Elle ne passait d'abord que sa chemise et
une jupe ; puis elle restait là, étendue sur l'herbe, se plaignant de
fatigue, appelant Selim, qui se tenait à
quelques pas, la tête vide,
les membres pleins d'une étrange et excitante lassitude. Et, au retour,
il y avait plus d'ardeur dans leur étreinte, ils sentaient mieux, à
travers leurs vêtements, leur corps assoupli par le bain, ils
s'arrêtaient en poussant de gros soupirs. Le chignon énorme de
Maya, encore tout
humide, sa nuque, ses épaules avaient une senteur fraîche,
une odeur pure, qui achevaient de griser le jeune homme. L'enfant,
heureusement, déclara un soir qu'elle ne prendrait plus de bains, que
l'eau froide lui faisait monter le sang à la tête. Sans doute elle
donna cette raison en toute vérité, en toute innocence. |
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| 29 septembre |
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