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Combien
de jours, combien d'heures sont ainsi mortes d'attentes déçues ? Ces innombrables instants
fracassés. Ces universels instants de
l'attente déçue.
Car, ne serait pas déçu, celui ; ne serait
pas déçue, celle qui, sans rêve, à jamais, qui, sans rêve et sans avoir
jamais rêvé, celui qui ; celle qui, n'aurait jamais attendu.
Rien.
Personne.
Car, l'autre, c'est attendre l'autre, et attendre l'autre c'est donner
vie à l'autre.
Et même davantage.
Car, attendre l'autre, c'est lui donner corps ; c'est lui donner
corps et âme.
Et même davantage. Et même davantage.
Et qui n'aurait jamais été attendu aurait peut-être, à jamais, perdu
son âme.
Et qui n'est plus jamais attendu dérive alors dans le silence d'âmes
mortes, ces âmes mortes qui furent éperdues. |