Diégèse mardi 24 août 2021



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mercredi 10 novembre 1993
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Tout le début de ce journal télévisé du 10 novembre 1993 est consacré à ce qui est appelé : « la rafle dans les milieux islamistes » ou encore « la rafle des islamistes en France ». C'est directement lié à la situation de quasi guerre civile en Algérie. C'est aussi lié avec les affaires de « voile » comme on sait les monter en épingle régulièrement. On sait depuis qu'une partie des documents supposés saisis par la police avaient sans doute été apportés... par la police. On ne se refait pas. On sait aussi que la méthode n'empêchera pas les attentats de 1995 sans aller jusqu'à penser qu'elle les a suscités. L'imam turc de Nantua, qui arrivait d'Allemagne et peu au fait de l'hystérisation du port du voile dans cette même ville s'en trouvera expulsé sur l'heure. 28 ans plus tard ou presque, l'association cultuelle qui gère la mosquée de cette ville et qui comprend beaucoup de personnes turques existe toujours, s'est développée et se voit reprocher d'être trop proche du Président Erdogan. Bref, il y a toujours quelque chose qui ne va pas. Thomas Deltombe*, en 2007, dans L'Islam imaginaire, montre bien comment s'est fabriquée l'opinion islamophobe par vagues successives.  À propos de cette période, il évoque l'importation de « la seconde guerre d'Algérie ».
On appelle à la rescousse (7'39") un spécialiste de l'islam, algérien et présenté comme un opposant. Les moteurs de recherche montrent qu'il a connu pendant cette période une surexposition médiatique qui a commencé avec l'affaire des foulards de Nantua, qui n'avait donc rien à voir avec le terrorisme en Algérie et qui a continué ensuite jusqu'en 1994. Il s'était fait le théologien de l'islam compatible avec la République. On perd ensuite sa trace. Pour autant, ce qu'il décrit sur l'endoctrinement des banlieues par ce qu'il ne nomme pas encore les Salafistes n'est pas faux et l'affaire Merah puis les départs vers la Syrie de Daech l'ont depuis amplement montré.
Mais, ce JT est un exemple flagrant des amalgames que désigne Deltombe. En effet, après la séquence algérienne, on va en Arabie Saoudite rencontrer un décorateur à qui on a retiré son passeport sur fond de désaccord commercial. Si la pratique est détestable, elle n'en est pas moins courante. Quel lien avec le sujet précédent ? On le laisse deviner. Mais, ce que l'on ne peut pas nécessairement deviner, c'est que la séquence du journal télévisé reprend strictement la séance du même jour à l'Assemblée nationale où après une question sur l'activisme islamiste posée par Jean-Claude Mignon à Charles Pasqua, on passe sans transition à une question d'Alain Marsaud, ancien chef du service central de lutte antiterroriste au Parquet de Paris dans les années 1980, qui interpelle Alain Juppé sur cette même affaire. Ce dernier répondra fort diplomatiquement. On ne va quand même pas se fâcher avec l'Arabie Saoudite pour de la décoration d'intérieur. D'ailleurs, il semble que le décorateur se porte depuis comme un charme et que ses affaires en France dans l'aménagement de luxe soient florissantes. Il est intéressant de constater que le journal télévisé se fait le petit éditorialiste de la communication des députés de la majorité au Parlement.
Comme il se doit, on passe au feuilleton du moment (11'45") : le procès de Jean-Marie Villemin, l'un des épisodes phare de l'affaire Grégory. Si on avait le temps, on mettrait bout à bout les comptes-rendus de Dominique Verdeilhan et on aurait un texte magnifique sur cette malheureuse affaire sordide.
Ensuite, « business as usual » ! Grève à Air Inter (13'45"). Au JT, le gréviste est une sorte de brute hurlante volontiers violente, quand c'est un homme. Quand c'est une femme, elle a l'air pauvre. On nous explique que c'est la faute de la libéralisation du trafic aérien. On prend comme exemple la ligne Nice-Paris où la compagnie AOM concurrence la compagnie encore publique. Aujourd'hui, la principale concurrence, c'est le train et sur le haut-de-gamme, le jet privé, qui, depuis la pandémie, a connu un envol de 20% de croissance.
On passe ensuite à Thomson (17'45"), autre entreprise publique, qui met en œuvre un plan social. Quelque temps plus tard, elle sera proposée sur le marché à l'euro symbolique. Nicolas Sarkozy débite ses éléments de langage. Peut-être que Gabriel Attal sera un jour Président de la République. La CFDT signe le plan social. La CGT affirme que l'on pouvait diversifier l'activité quand elle était bénéficiaire. Encore aurait-il fallu que les gestionnaires polytechnicien eussent du flair et le goût du risque.
Alain Carignon (19'47"), qui n'est pas encore en prison mais secrétaire d'État à la Communication présente une loi sur la télévision. C'est une loi de libéralisation présentée comme une loi de sauvegarde de l'audiovisuel français. On en connaît les résultats.
L'Agence française de lutte contre le Sida est sous les feux de la Cour des Comptes (21'30"). Ce n'est que le premier stade de la charge qui conduira à sa suppression dès février 1994. C'est pourtant cette agence qui, avec l'association Aides, avait créé la ligne téléphonique SIDA INFO SERVICE.
On passe ensuite à un fait divers (23'39) aux États-Unis où une femme a sectionné le pénis de son mari qui la violait. Il y aura encore du chemin avant que le viol conjugal soit reconnu comme tel aux États-Unis et surtout en France. Qu'on ne se leurre pas, ce qui semble motiver alors la télévision française, c'est le côté spectaculaire de toute cette affaire.
Accident meurtrier d'un car de tourisme (25') : il y en a toujours les veilles de pont, comme si cela incitait à la prudence.
Milan Kundera (26'13") reçoit un prix littéraire. Reportage (26'37") sur une locomotive de la guerre 14-18. On, s'attarde. Bruno Masure est tout fier des documents d'époque qui émaillent le reportage.
Cela nous conduit à la fin du journal. Météo ! Au dodo !



Calendrier de vie de l'auteur en spirale d'Ulam
*Deltombe Thomas. L'Islam imaginaire, la construction médiatique de l'islamophobie en France, 1975-2005. La Découverte, 2007


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