Diégèse lundi 30 août 2021



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jeudi 9 septembre 1993
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En ce 9 septembre 1993, Paul Amar entame le journal par un « C'est la paix ! » Il s'agit des accords de paix entre les Palestiniens et les Israéliens, sous l'égide des États-Unis présidés alors par Bill Clinton. Pour l'occasion, ce journal durera plus d'une heure et 20 minutes avec, en direct, François Mitterrand en personne, sur le plateau, Shimon Peres, depuis Jérusalem et Yasser Arafat, depuis Tunis, par téléphone. Le présentateur est visiblement ému. Le vieux Président fait une déclaration dans la langue superbe qui est la sienne, celle de Michelet, comme aurait dit Roland Barthes. C'est ensuite Shimon Peres, qui s'exprime en français. Il remercie le Président Mitterrand et à travers lui la France, pour le rôle joué dans ces négociations. Dans un premier temps, la liaison téléphonique avec Yasser Arafat n'est pas établie. Sa voix parvient difficilement, un peu comme s'il s'agissait soudainement d'une retransmission depuis la lune. Le leader palestinien ne veut parler qu'au Président Mitterrand. Yasser Arafat s'exprime en anglais. Alors, le vieux Président s'exécute, sans se départir de son élégance linguistique, et, tout à la joie d'être lui, se lance dans une leçon, magistrale, d'histoire, dans laquelle il joue le premier rôle. Sa dernière leçon peut être méditée : « Quand on veut avoir raison, il faut avoir raison au bon moment... » Shimon Peres est parti à l'aéroport... Charles Enderlin qui a ce soir-là la même coiffure que Bruno Masure explique qu'il s'agit de contingences d'emploi du temps et Paul Amar ne le croit pas. Ce n'est sans doute pas ce qui s'est dit hors antenne. Ce que l'on retiendra, à distance, c'est que les difficultés techniques de tous ordres à cette mise en scène préfigurent aussi les difficultés du dialogue israélo-palestinien lui-même. Comme il manque un protagoniste, tout cela traîne un peu en longueur. Peu importe, l'heure est à l'espoir et même à l'espérance. Et, il faut l'admettre, François Mitterrand est à la hauteur du moment. Interrogé sur la Bosnie, il livre une parole sage. Il n'a pas besoin d'éléments de langage. Il a toute liberté, surtout en temps de cohabitation. On le verrait presque sous un chêne.
Tout cela a duré plus d'une vingtaine de minutes. On termine en s'assurant qu'il n'y a aucune divergence de vue entre le Président et le gouvernement.
Mais « breaking news », comme diraient les médias anglo-saxons, la justice suisse a cassé la décision de la Fédération internationale de football bannissant l'OM de la Coupe des champions. Alors, après François Mitterrand, Shimon Peres, Yasser Arafat, on a Bernard Tapie... et aussi son avocat depuis Berne, par téléphone, comme Yasser Arafat. Le Secrétaire général de la FIFA, Sepp Blatter, est plus que dubitatif et par téléphone, comme les deux autres. Il donne des leçons d'éthique, lui qui sombrera dans des affaires de corruptions multiples plus de 20 ans plus tard. Tout cette histoire dure depuis plus de 10 minutes, soit plus de la moitié du temps consacré aux accords israélo-palestiniens portés par des dirigeants de haut niveau. Pour autant, la joie des supporters marseillais est particulièrement touchante. S'il y avait un livre à écrire, son titre pourrait être : « Quand la France a failli avoir un Président populiste : Bernard Tapie ». Ceci dit, non seulement l'OM ne jouera pas le championnat de l'UEFA 1993-1994, mais le club sera rétrogradé en deuxième division.
En quelque sorte, que ce soit pour la paix au Proche-Orient ou le football, les espoirs de ce jour feront long feu.
35'10", on retrouve Noëlle Bellone, la fidèle Secrétaire générale du groupe Bernard Tapie. On l'avait vue le jeudi 15 décembre 1994 (le vendredi 9 juillet 2021).
35'45" : on revient à la paix au Proche-Orient, avec une émission spéciale au sein même du journal, non sans avoir promis un scoop concernant l'OM, qui, décidément, concurrence ce soir-là le confit israélo-palestinien.
La rédaction de la chaîne publique a réuni un panel qu'elle veut équilibré. Il l'est et, du coup, c'est très ennuyeux. On passe.
53'22" : révélations sur les négociations secrètes. Il n'y a rien de plus ennuyeux qu'un journal télévisé qui veut écrire en direct l'histoire. Charles Enderlin est allé chercher des amis colons israéliens. Ce sont eux, malheureusement, qui, peu à peu, on écrit l'histoire au détriment de la paix, alliés objectifs du Hamas. Il faut écouter le développement d' Èlias Sambar, de la revue des études palestiniennes. C'est brillant.
Comme le présentateur ne peut pas inviter à revisionner les propos du chef de l'État sur le site internet de la chaîne, on revoit un extrait de l'intervention de François Mitterrand qui n'a eu lieu que quelques minutes auparavant. Du coup, on s'ennuie.
C'est aussi que c'est la fin du journal. Mais on continue avant cela à s'entretuer à Gaza.
On n'aura même pas de météo. Au dodo !


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