Diégèse dimanche 4 avril 2021



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samedi 14 juin 1997
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Les archivistes de l'INA se sont trompés et il s'agit bien du journal télévisé du 14 juin 1997 et non, comme indiqué, celui du 14 mai de la même année. Il suffit pour s'en convaincre de vérifier les dates de la course des 24 heures du Mans cette année-là pour finir de s'en convaincre, qui s'est bien déroulée, pour sa 65e édition, les 14 et 15 juin 1997 et qui a été gagnée par Porsche, suivie de Mc Laren et BMW. On précisera que Michele Alboreto, en tête après quatre heures de courses seulement, fera partie de l'équipe gagnante après 361 tours. Il se tuera en Allemagne le 25 avril 2001 au cours d'une séance d'essais sur une Audi R8. Le journal télévisé n'en parlera pas.
Mais, ce qui est intéressant, dans ce journal, c'est moins la course automobile que la manière dont le gouvernement Jospin reprend la main sur la position qui sera celle de la France au Sommet européen d'Amsterdam (2'47"). On est assez critique ici pour ne pas louer l'effort de pédagogie de la chaîne publique pour nous faire participer au ballet diplomatique et politique qui ne se terminera pas moins par un satisfecit de Charles Pasqua, farouche anti-européen, à Lionel Jospin. On n'en attendait pas autant. Ce qu'on comprend, avec le recul, c'est que l'épisode a été décisif, à la fois pour asseoir les bases d'une saine cohabitation entre le gouvernement de la gauche plurielle et Jacques Chirac, mais aussi pour affermir l'autorité de Lionel Jospin sur son gouvernement et notamment sur Dominique Strauss-Kahn.
Cependant, pendant ce temps-là, on manifeste contre le chômage à Amsterdam. On y retrouve les salariés de Renault Vilvorde qui, on le remarquera, de manière prophétique, portent des gilets jaunes.
Au PS, François Hollande court sous la pluie, déjà, préfigurant sa sortie qui restera dans les mémoires : gouverner c'est pleuvoir. Il pleut déjà, même s'il ne gouverne pas encore. Au premier rang, à côté de DSK, le jeune Valls (8'58"), qui s'invente un destin avec la constance qu'on lui connaît.
Mais, la véritable affaire du jour n'est pas celle-ci. Il y a plus important que le Sommet d'Amsterdam et la succession de Lionel Jospin au Parti socialiste : est-ce que le gouvernement de gauche va ou non remettre en question les privatisations annoncées par les gouvernements Balladur puis Juppé, et notamment dans le domaine de l'aéronautique. Alors, il s'agit de faire passer un message au gouvernement et comme le Groupe Dassault a bien sûr une excellente agence de presse, Serge Dassault, le patron, est invité au JT pour expliquer qu'il faut le laisser avaler Aérospatiale pour le bien de la France. On aura juste une pensée pour Olivier Dassault, que l'on voit embrasser son père à sa sortie d'avion, qui s'est tué le 7 mars 2021 dans un accident d'hélicoptère Aérospatiale Écureuil dans le Calvados. Ironie du sort. Le message ne sera pas entendu et l'opération qui devait porter Serge Dassault à la tête du Conseil de surveillance de la nouvelle entreprise avortera. Ce long passage au 20 heures n'aura pas suffi. Mais on comprend mieux pourquoi, par deux fois, les journalistes prennent soin de préciser que Lionel Jospin n'a pas encore annoncé sa politique en la matière. On imagine bien aussi les grandes manœuvres, mais celles-ci, on ne les montrera pas à la télévision.
Le reste du journal ne sert à rien. On y voit (14'49") le sulfureux Capitaine Barril embarqué dans une des affaires bizarres dont il a le secret. Les États-Unis vont condamner à mort le principal auteur de l'attentat d'Oklahoma, Timothy McVeigh. Il sera exécuté le 11 juin 2001, quelques mois avant que cet attentat soit détrôné par celui du World Trade Center.
À Brazzaville (18'20"), les exécutions sont plus sommaires et on frémit devant la brutalité des images et l'on se demande comment la courageuse Dorothée Olliéric a fait pour, depuis des années, surmonter l'horreur des scènes dont elle a rendu compte.
Il reste 10 minutes environ de journal : c'est la fin, c'est à dire la partie magazine. Ce soir-là, ce sera la reine Élisabeth II (20'), impeccable, dans son carrosse. On ne verra pas Lady Diana. Un reportage sur les nains de jardin (21'10"), puis le sport (22'51"). Bruno Masure écorche le nom de Michael Jordan (24'42"), qu'il appelle Jordon et un petit tour dans les cités avec des associations qui initient au basket-ball. On terminera ce JT avec Pina Bausch, par un très beau reportage servi par un commentaire très juste et très sensible de Bruno Albin et on ne se souvient plus pourquoi on ne s'était pas alors précipité pour aller voir ce spectacle. La vie n'est qu'occasions manquées : « Pina Bausch montre des êtres qui ne savent pas s'étreindre. » Ce sera la conclusion de ce billet.





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