Diégèse mardi 7 décembre 2021



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vendredi 11 janvier 1991
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Ce 11 janvier 1991, le Secrétaire général de l'ONU, Javier Pérez de Cuéllar, se rend à Bagdad pour tenter de trouver une solution pacifique au conflit qui oppose Bagdad et le Koweït envahi. On s'amusera comme un enfant que le nom complet du Secrétaire général soit Javier Pérez de Cuéllar y de la Guerra. Cela ne s'invente pas.
Sinon, l'Union soviétique attaque la Lituanie. Quelle drôle d'idée ! Enfin, le coureur américain convaincu de dopage Ben Johnson reprend la course au Canada.
Dans cette version du « Soir 3 », les titres sont présentés avec des cartels sur le générique. On verra les jours suivants à rebours si c'était une ancienne livrée du journal.
Paul Amar revient du ski ou des Antilles. On ne sait, mais il est très bronzé. Il annonce que Pérez de Cuéllar emporte avec lui à Bagdad des propositions concrètes, approuvées par la communauté internationale, selon lesquelles, si Saddam Hussein se retirait du Koweït, l'Irak et donc le régime ne connaîtraient aucune agression de la part des pays occidentaux. On connaît la suite : non seulement Saddam refusera cette main tendue, mais ne tardera pas à agresser l'Arabie Saoudite. C'est à croire qu'il était payé par quelqu'un... Cela dit, l'Irak connaîtra la ruine et Saddam Hussein une mort ignominieuse. Quant à Javier Pérez de Cuéllar, il mourra en mars 2020 à plus de 100 ans en ayant travaillé jusqu'au dernier jour ou presque.
3'47" : les Palestiniens de l'OLP, qui avaient soutenu Saddam Hussein par la voix de Yasser Arafat commencent à comprendre qu'ils risquent d'être les grands perdants de toute cette histoire. Cela ne sera pas immédiat, mais à terme, l'affaiblissement définitif de l'Irak a permis d'affaiblir considérablement le monde arabe. Il est intéressant de constater en ce début de conflit que les Palestiniens réclament une conférence internationale sur le Proche Orient et que l'ONU souscrit à cette idée que le Secrétaire général va présenter au dictateur irakien. Israël, cependant, n'accèdera à cette idée qu'après le conflit et la destruction de l'armée irakienne. On ne peut pas l'en blâmer au moment où Saddam menace directement l'État hébreu avec ses SCUD et laisse entendre qu'ils pourraient être chargé de gaz chimique, ceux-là même qu'il a expérimenté contre les Kurdes à Halabja en 1988.
On suit les hélicoptères de l'armée de terre (4'50") dans leur survol de l'Arabie saoudite vers la frontière irakienne. Les images sont encore tournées par la télévision française. Dès le début de l'offensive terrestre, elles ne seront plus qu'américaines. Pendant ce temps-là, on joue à se faire peur en France comme si l'on se préparait à une troisième guerre mondiale. On se demande bien contre qui. L'URSS est à genoux. L'armée irakienne est celle d'un petit pays exsangue après dix ans d'une guerre meurtrière contre son voisin iranien, la suprématie militaire américaine est incontestable. Tout commentateur sensé pourrait prédire dès ce 11 janvier 1991 ce qui va se passer, à savoir l'écrasement inconditionnel de l'Irak, bouté hors de Koweït, puis, aplati en 2003 sur la foi ce que l'on sait être aujourd'hui des preuves mensongères et frauduleuses. Et l'on apprend au détour d'une phrase qu'il y a des manifestations en France en faveur de la paix. La télévision française n'en dit rien. La propagande militaire a remplacé toute velléité d'information au nom du sacro-saint patriotisme. Dans le même temps, les cités des quartiers pauvres où vivent beaucoup de musulmans arabes sont en ébullition. Que l'on ne s'y trompe pas, c'est dans la colère des jeunes de 1991 que s'est forgée le terrorisme islamique à son apogée quelque 25 ans plus tard.
8'06" : on entend l'envoyé spécial en Arabie saoudite, qui ne sait rien et ne dit donc rien, sinon que la population déserte les zones d'un possible conflit. Il est frappant comment le présentateur et le journaliste sur place dramatisent leur ton. Il faut préparer la population française à toute éventualité.
10'10" : on part ensuite à Jérusalem, que la télévision française croit toujours être la capitale d'Israël. Document d'archive, on entend le décompte affolant des unités de facturation de la communication téléphonique. Pour autant, en Israël aussi, concède l'envoyé spécial, il y a un mouvement pacifiste, comme il y en a un aussi, et virulent, aux États-Unis (11'45"). Qui est pour la guerre aux États-Unis ? Il y a fort à parier que ce sont les suprématistes blancs. En tout cas, si l'on en croit les images.
13'03" : et à Paris ? Il y a un front anti-guerre qui allie le Parti Communiste et les Verts ainsi que 70 associations qui appellent à une manifestation le lendemain, samedi 12 janvier. 30 ans après, à qui donne-t-on plutôt raison ? Aux va-t-en-guerre ou aux pacifistes ? Cela dépend que l'on se place du côté des intérêts capitalistiques occidentaux ou du côté de l'intérêt des peuples arabes et notamment des Palestiniens.
15'18" : Jean-Marie Le Pen aussi est contre la guerre, mais pas pour les mêmes raisons. Il ne souhaite pas que la France se mêle des affaires des Arabes et il est curieux d'entendre à chaque fois que le leader d'extrême droite prononce le mot « arabe », cet autre terme à bannir de « bougnoule ».
16'23" : on arrive au nerf et à la raison de la guerre, à savoir le pétrole.
18'03" : on quitte l'Irak et le Koweït pour aller en URSS. Gorbatchev profite du fait qu'on ne le regarde pas trop pour attaquer Vilnius. Mais on sait que ça ne marchera pas vraiment. Les Lituaniens se voyaient libres par la grâce d'un musicien. Ils devront encore attendre, mais ça ne saurait tarder. Le reportage (19'44") qui donne la chronologie de la libération de la Lituanie n'est pas sans intérêt.
21'35" : on passe aux brèves, avec des incidents entre étudiants et policiers en Grèce ; 4 attentats au pays basque ; démission de Walid Joumblatt au Liban ; les proches de Jacques Médecin, ancien maire de Nice, tombent les uns après les autres pour corruption.
22'38" : un pilote du rallye du Paris-Dakar a été tué par balle.
On passe au sport : natation ; Ben Johnson revient après avoir été convaincu de dopage ; tiercé.
On peut passer à table.


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