Diégèse jeudi 3 juin 2021



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mercredi 22 novembre 1995
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C'est le 22 novembre 1995. On grogne dans les universités et François Bayrou, le ministre qui en est alors chargé, est sur le plateau. Mais, on commence par une séquence « tabloïd » sur des meurtres sordides, commis dans une maison sordide d'Angleterre, par des gens sordides. À part le fait que ce soit sordide, on ne voit pas bien l'intérêt de faire la une du JT avec cette information.
On continue avec la Bosnie (3'06"). Bruno Masure, avec un air compassé, compare l'accord de paix à une naissance prématurée. Rare élégance. Il n'en demeure pas moins que cette « paix de Dayton » est un succès au crédit d'un Bill Clinton dont les déboires avec les stagiaires de la Maison Blanche n'entachent pas encore la réputation. Ces accords, signés à Paris en décembre, n'empêcheront cependant pas la nécessité d'une intervention terrestre au Kosovo quelques années plus tard.
Il faudrait étudier plus précisément cette séquence sur la Bosnie et la présence des alliés dans différentes zones sous l'angle de l'imaginaire opératoire sur la constitution de l'opinion publique. Celui qui est mobilisé ici, c'est à l'évidence celui de la seconde guerre mondiale et du découpage en zones de l'Allemagne et surtout de Berlin. Reprendre pied en Europe centrale, dans l'imaginaire français, c'est réactiver l'imaginaire napoléonien, qui est lui-même une réactivation de l'imaginaire mythologique de Louis XIV. Etc. On développera un jour.
On passe ensuite (6'37") aux deux pilotes français dont l'avion a été abattu au-dessus de Palé en août 1995. Ce sont toujours les mêmes portraits en noir-et-blanc qui sont montrés, comme s'ils étaient déjà morts depuis 1940. On connaît l'issue et on reconnaît donc que l'Est-Républicain, en ce 22 novembre, est particulièrement bien informé.
C'est encore le temps où la France procède à des essais nucléaires dans l'océan Pacifique (8'36").
On arrive enfin aux universités (10'). On est au lendemain d'une journée d'action nationale. Une journaliste débite les éléments de langage sur des images d'étudiants. On en tirera une seule conclusion : soit le cameraman, soit le monteur, soient les deux aiment les garçons.
Les étudiants et les professeurs accueillent avec scepticisme les propositions du ministre. Il est là pour s'en expliquer (12'31"). (Au passage, Bruno Masure n'a vraiment pas eu le temps de passer chez le coiffeur !) Après la pandémie de la COVID-19, qui a révélé la précarisation des étudiantes et des étudiants en France en 2020 et 2021, il est intéressant d'écouter François Bayrou. Son propos demeure d'actualité. On l'avoue publiquement ici : on a toujours eu un faible pour François Bayrou, sans doute parce qu'au fond, on est démocrate-chrétien - avec ou sans tiret. Il faut « éviter de jeter la pierre », dit le ministre à propos de la « Fac Pasqua », révélant ses sources au passage. Pouria Amirshahi réplique (18'03"). Et c'est vrai que François Bayrou fait deux erreurs : une erreur méthodologique, ce qu'il propose va du haut vers le bas : des « missi dominici ». Il s'agirait en fait de faire le contraire, s'il s'écoutait lui-même ; une erreur plus grave encore : une erreur d'échelle. Ce qu'il propose n'est pas à l'échelle des problèmes des jeunes. Ce ne l'est toujours pas. Quant au Président d'université qui représente ses collègues ce soir-là, il décrit la politique qui sera tentée plus de quinze ans plus tard, ce qui fait qu'il est évidemment incompréhensible. Le ministre répond dans le même sens. Rendez-vous dans quinze ans. Ce sue l'on retiendra, c'est que la bureaucratie a réussi pendant quinze sinon vingt ans à retarder des réformes que tous les acteurs informés savaient inévitables dès la fin 1995. Bruno Masure interrompt -  grossièrement - la conversation. Pour une fois que l'on faisait de la politique à la télévision...
Ensuite c'est le tout-venant. On s'arrêtera cependant (30'03") sur les images du jeune Charb assassiné vingt ans plus tard. Prejlocaj quitte Toulon pour Aix-en-Provence. L'air y est tout aussi nauséabond, mais il n'y a pas d'étiquette. D'ailleurs, le chorégraphe, 25 ans plus tard, y est toujours. Coïncidence : après le Front National à Toulon on prend un temps long pour un fait divers qui a coûté la vie à un buraliste. Effet de montage bien repéré désormais.
Et juste après (33'50") un petit tour au Salon de la sécurité. On ne savait même pas que ça existait. Bien sûr, l'envahissement des trois séquences est fortuit. On ne commentera pas la séquence, on pourrait croire que l'on invente.
On s'achemine vers la fin du journal avec les mémoires de Dalida. Il faut que tout le monde vive et même son frère. Mais c'est un bel hommage à Dalida qui est donné ce soir-là. On en restera là.






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