Diégèse mardi 8 juin 2021



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mercredi 11 octobre 1995
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Il ne se passe pas grand chose d'important en ce 11 octobre 1995 si l'on en croit la télévision française, qui commence le journal télévisé par la victoire de l'équipe de France de football contre la Roumanie.
Puis, ce sera la « sortie de secours », comme l'annonce l'amateur de métaphores Bruno Masure citant un député communiste, pour Alain Juppé dans une affaire d'appartements à Paris qui lui collera cependant comme un sparadrap pendant toute sa vie politique.
On ne gardera que cette image d'un Arnaud Montebourg (4'22") tout jeune qui agit alors pour la Défense des contribuables parisiens. On ne peut plus douter aujourd'hui que l'association en question fût un faux nez, certes vertueux, du Parti Socialiste. C'est d'ailleurs, ce que dira Renaud Muselier (5'34"), tout jeune lui aussi. Et on voit aussi d'autres personnalités, dont Ségolène Royal et ce parangon de vertu de Claude Bartolone (6'07").
On comprend cependant que l'affaire avait suffisamment fragilisé le gouvernement pour atteindre la monnaie.
Heureusement, Arlette Chabot débite la feuille de route gouvernementale. C'est toujours ça de fait (6'40").
On passe ensuite, sans transition inutile, à la pollution à Paris (8'17"). On a commencé par le football, autant avancer aussi sur la météo. Ce qui est intéressant, c'est que dès 1996, la télévision semble préconiser pour Paris une lutte contre la pollution par l'automobile que l'on reproche encore à Anne Hidalgo vingt-cinq ans plus tard. La séquence, pédagogique, permet de voir Corinne Lepage sur un vélo, entourée de ses collaborateurs. Elle a, à l'époque, des ambitions parisiennes, qui ne seront jamais réalisées. Ces séquences concoctées par les services de presse des personnalités politiques sur des vélos mériteraient un montage en boucle. Elle avait pourtant pris soin de porter une jupe-culotte. On ne voit pas ce qui est écrit sur l'étiquette qui orne son vélo (12'11"). Dommage !
Et comme on est dans Le Temps retrouvé, c'est ensuite (12'36") Michel Barnier dans un reportage datant du 26 septembre 1994 (12'32"). Le négociateur du Brexit a peut-être, lui, encore un avenir politique national. Il faut quand même s'arrêter un instant sur la teneur des propos de la journaliste qui commente les déclarations successives des ministres de l'environnement : Michel Barnier, donc ; Brice Lalonde ; Ségolène Royale, disqualifiant ces propos alors que, dans la durée, ce sont bien ces mesures qui ont été appliquées... lentement, du fait de l'action en opposition des lobbys industriels dont la voix est portée par des personnages aussi peu sympathiques que M. Delarue.
13'34", en action de réparation en propagande, le journal annonce un plan d'urgence pour les sans-abri. Arlette Chabot l'a dit : les promesses de campagne de M. Chirac seront tenues. Le montage est donc logique.
Pendant ce temps-là, Nicolas Sarkozy, encore considéré comme balladurien, rétablit des avantages fiscaux. On ne se refait pas. On nous annonce une mesure fiscale visant à établir une égalité fiscale entre couples mariés et couples non mariés... uniquement si ses membres sont de genre différent... Rassurons-nous. D'ailleurs, en octobre 1995, l'éventualité d'une égalité des droits pour les couples homosexuels évoquée au journal de vingt heures, n'est pas d'actualité. En tout cas, mariés ou concubins, les enfants sont blonds et on pousse les balançoires en tailleur et talons (17'38").
Mais, ce qu'on aime le plus ici, chez Diégèse 2021, ce sont les lapsus des présentateurs et quand (17'49") la langue qui fourche de Bruno Masure annonce que la Commission des Finances va supprimer progressivement les appartements au lieu des abattements... On rigole franchement.
On passe sur l'affaire de l'assassinat d'une collégienne par sa meilleure amie, bien que l'on ne puisse pas ne pas remarquer que la jeune meurtrière s'appelle Leïla et que la victime s'appelle Sabrina. La mère de Leïla arrive voilée à l'audience. On en saura davantage en lisant un article de l'Est Républicain de 2013 sur les conditions familiales de la coupable, née dans une famille kurde originaire de Turquie à la frontière irakienne. Tout cela se passe à Charmes, en Lorraine, qui est, on le sait, la ville natale de Maurice Barrès. Ce dernier n'aurait pas manqué de gloser sur le déracinement.
Petit passage par Antibes où des touristes se font photographier devant le bateau Phocéa (20'25"), objet de discorde entre Bernard Tapie et le Crédit Lyonnais. On ne laissera pas les lectrices et les lecteurs dans l'expectative et l'on prédira le passé, assez récent, en annonçant que le Phocéa coulera en Malaisie en février 2021. Comme quoi le bateau était plus submersible que son illustre ancien propriétaire, qui, à l'occasion, a déclaré en avoir « chialé ». On peut lire dans La Tribune le parcours sulfureux de ce bateau.
Mais, ce qui est derrière ce bateau invendable, c'est le Crédit lyonnais et ses frasques (22'27"). Il serait intéressant de savoir qui a bénéficié du dépeçage du Crédit lyonnais. Les nouveaux et successifs propriétaires du Phocéa ?
Bosnie, Palestine-Israël, Tunisie... On passe au clou de ce journal, qui avait été introduit par la présence du général américain Colin Powell, qui a acquis une notoriété mondiale pendant la guerre du golfe et qui pourrait se présenter à la Présidence des États-Unis. Il ne se présentera pas, frôlera le déshonneur en 2003 en présentant un dossier trafiqué contre Saddam Hussein à l'ONU. Républicain, il finira par soutenir Barack Obama, puis, quelques années plus tard, Joe Biden contre Donald Trump. C'est donc un homme qui aura un destin contrarié qui est ce soir sur le plateau de la deuxième chaîne de télévision française et c'est un homme qui, visiblement fait campagne, pour être là ce soir, mais qui hésite à jouer le rôle du premier Noir présidentiable qui sera finalement jouée par Obama. On retiendra que Powell était sans doute très honnête, trop honnête. En tout cas, ce soir-là, sa prestation télévisuelle est sans faute.
Après un encart sur le joueur d'échecs russe Kasparov qui a gagné 1 million de dollars, on finira le journal avec un phoque en baie de Somme (31'32"), et même toute une colonie que Bruno Masure qualifie de gaie (Hu Hu Hu). Mais, le plus intéressant dans ce reportage, c'est cet homme qui les observe, qui a le regard si doux.
Cinéma (publicité) et retour vers le football avec Aimé Jacquet qui doit toujours se justifier... Encore trois ans à attendre... Il faut écouter en cet automne 1995 Aimé Jacquet qui est déjà celui de 1998. On gagne par qui on est...
Dans un instant, la météo... Au dodo !


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