Diégèse lundi 3 mai 2021



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samedi 24 août 1996
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C'est la une du journal télévisé de ce 24 août 1996 : on expulse les premières personnes sans papiers qui ont occupé l'église Saint-Bernard et ce, depuis la base militaire d'Évreux, par avion spécialement affrété. On ne peut se demander combien de mois, sinon d'années, le coût d'un tel rapatriement aurait permis de subvenir aux besoins de sa funeste « cargaison ». Même avec toute la bienveillante compréhension pour l'action gouvernementale que peut avoir la journaliste, elle peine à expliquer pourquoi les policiers ont reçu l'ordre de disperser violemment une manifestation inoffensive de cinquante personnes alors que les réfugiés étaient déjà dans la base. Elle n'est pas à la fête Marie-Pierre sur la base d'Évreux. Le gouvernement joue des muscles en muselant les avocats et les juges, en frappant les manifestants. La politique « pour l'exemple », qu'on se le dise, est toujours une politique perdante. La République ne peut agir « pour l'exemple ». C'est contraire à ses valeurs et c'est au demeurant contraire à l'État de droit. La journaliste annone que les femmes et les enfants ont été relâchés devant une station de métro. 25 ans après, on a toujours envie de pleurer, surtout que cela continue de se passer.
Si l'on m'autorise ce commentaire, ce retour progressif dans le passé qui précède la dissolution de l'Assemblée nationale de 1997 explique celle-ci chaque jour un peu plus. Celui qui s'était fait élire sur la réduction de la fracture sociale et qui mène une politique libéralo-répressive, Jacques Chirac, est à la tête d'un pays ingouvernable. Dissoudre était dès lors la situation la plus sage.
L'histoire retiendra peut-être que c'est en ce 24 août 1996 que la majorité a perdu sa majorité en perdant sa dignité et son éthique. C'est une femme noire, mondialement connue qui, tranquillement le dira : Barbara Hendricks (7'05").
Pendant ce temps-là, Alain Juppé et Jacques Chirac sont à Brégançon, dans le Var (7'41"). Ce qu'on peut retenir de ce reportage 25 ans après ? Alain Juppé arrive dans une vieille voiture (qui à l'époque était neuve) et les impôts vont baisser ou comment transformer une non-information en propagande.
Attentats en Corse. Pré-rentrée pour quelques écoliers (9'12"). Puis (11'17"), ce sont les courses de la rentrée, sorte de marronnier des JT de la fin de l'été, mais cette fois, qu'avec des enfants blonds, sans doute pour trancher avec ceux qui ont été expulsés.
Ensuite, ce sont les bouchons sur les routes du retour (13'01"). Eh oui ! Il n'y a pas que des autocars avec des Africains sur les routes de ce 24 août.
Après les embouteillages, c'est le déroulé habituel de l'époque : (14'32") affaire Dutroux. On admirera les incroyables moustaches du Délégué général aux droits de l'enfant du gouvernement francophone de Belgique (15'18"). Puis on ira à Prague, à la recherche, nous dit le cartel, d'une « filière de l'Est » de la traite d'enfants (16'45"). S'en suit un long reportage qui ne prouve qu'une chose : on n'en sait rien. Tchétchénie (18'41")... Il y a toujours un massacre en cours en Tchétchénie. Cela en fait une bonne cliente pour les JT du soir. Les patrouilles mixtes entre combattants tchétchènes islamistes et soldats russes ont peu d'avenir. Il suffit de regarder les images pour s'en convaincre (19'52").
Claudie Haigneré, qui ne s'appelle pas encore comme ça, nous fait visiter la station Mir. Elle a affiché une photo de celui qui deviendra son mari. Elle est bien jolie, Claudie. Même quand elle gobe des gouttes en apesanteur (21'37"). En plus, c'est une bonne Française : elle a même apporté du fromage.
Les restaurants étoilés sont en faillite. Tout fout le camp (22'10"), sauf dans l'Espace. Ce JT traîne en longueur. Qu'on se rassure pour Marc Veyrat... Il s'en est sorti. Il continuait, du moins avant la COVID-19, ses actions de communication, malgré des accidents cruels qu'on laissera détailler à sa notice biographique.
Un homme courageux, paralysé des jambes, demeure un virtuose de l'équitation (28'01"). La transition est étrange quand on sait que dix ans plus tard Marc Veyrat sera un temps sur une chaise roulante. Mais personne ne peut le savoir et il s'agit seulement d'une collision temporelle que celles et ceux qui sont attentifs aux choses du temps connaissent bien. Des enfants l'entourent pour obtenir un autographe. Ils sont tous blonds. Tout va bien.
Conclusion « magazine » sur la persistance de la carte postale (29'). Adolescentes (blondes), cheveux au vent comme dans un film de David Hamilton. On n'ose imaginer que c'est une vague réminiscence de l'affaire Dutroux... Au passage, on se moque des gens. Aucune occasion n'est bonne à perdre.
Au dodo.


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