Diégèse jeudi 6 mai 2021



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samedi 13 juillet 1996
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C'est toujours l'été et en ce 13 juillet 1996, le journal télévisé rappelle que Nelson Mandela est en France en visite officielle. Mais, ce qui amuse Bruno Masure et qui semble l'intéresser davantage, c'est l'entraînement des policiers pour le défilé du 14 juillet, ce qui nous est assez indifférent. Tant pis, car, ce n'est pas par le héros de la lutte anti apartheid que l'on commencera ce JT mais bien par les considérations sur la militarisation de la police. On peut d'ailleurs penser que ce que l'on vit actuellement de difficultés avec la police française est aussi le fruit de ce quart de siècle de militarisation.
Vient ensuite un reportage embarrassant présentant des Kanaks et des Guadeloupéens (3'24") découvrant Paris parce qu'ils vont y défiler le lendemain. Pourquoi embarrassant ? Le reportage est à l'évidence d'essence coloniale. En effet, ces militaires sont basés à Noyon qui est à une centaine de kilomètres de la capitale. Il n'est donc pas besoin de les présenter comme de bons sauvages découvrant la Ville ! Et il faut bien terminer par un commentaire sexiste (4'36"). En fait, ce reportage n'est pas embarrassant, mais odieux. Il mesure aussi le chemin parcouru depuis 1996, car, on imagine mal le même reportage réalisé et diffusé en 2021. On vérifiera le 13 juillet 2021.
On va ensuite chez les pompiers d'Alsace (4'55"), à Mutzig exactement. Bien sûr, on se moque un peu, mais on se demande surtout pourquoi Bruno Masure nous annonce que les célébrations prennent une résonance particulière, qu'on cherchera en vain.
On finira place de la Bastille (6'40") et là aussi, c'est raté. Valérie Astruc est avec un accordéoniste hors d'âge qui aura juste le temps de jouer quelques mesures d'un air populaire. On a bien compris Valérie, rendez-nous l'antenne... Il ne s'agirait pas que le jeune importun qui veut dire bonjour à sa copine y parvienne.
Enfin, à 7'58", on arrive enfin à Nelson Mandela. On ne peut pas dire qu'on a ce soir là sur la télévision publique le sens de l'histoire. 1 minute 30 suffira... surtout à dire que l'accueil intime de Jacques Chirac est à l'opposé de celui, fastueux (comprenez ostentatoire) de François Mitterrand quelques années plus tôt. Les journaux télévisés de cette époque n'ont de cesse de tenter de prouver que Jacques Chirac a une stature présidentielle. Puis, en 2007, ils rejoueront les mêmes scènes pour Nicolas Sarkozy. Puis... La référence absolue est toujours le général De Gaulle, qui, pour les jeunes, est contemporain de Napoléon, Louis XIV et Vercingétorix.
Vient ensuite un avion franco-britannique. 25 ans ou presque après, on s'en moque un peu. Le Brexit est passé par là. Mais, il est cependant touchant de vérifier comment le pouvoir chiraquien, servi par l'ORTF (France Télévision), veut montrer en ce 14 juillet qu'il innove par de petits détails abondamment commentés avec complaisance. Pour autant, les reporters s'amusent. Ainsi, quand le capitaine anglais Rob Duncalf déclare qu'il a passé sa lune de miel à Paris (10'18"), les monteurs du reportage montrent un nez qui n'a rien à envier à Pinocchio, ni d'ailleurs à l'appendice d'un Anglais en lune de miel à Paris. Bref. Surtout que les Irlandais s'insurgent contre l'occupant anglais (11'31"). Bilan 1 mort.
Après l'Irlande, c'est la Bosnie. Que du bonheur ! Comme on peut s'en douter... (13'29") Mais les soldats italiens de la force d'interposition ont des plumets à leur casque, que l'on traque, évidemment.
On va ensuite à Jérusalem (15'42"). Qu'est-ce qu'on est bien en France avec nos policiers qui marchent au pas... ou presque. En plus, ce beau pays qui est le nôtre accueille des réfugiés (16'15") : la famille du général marocain Oufkir. Peu de chance de les retrouver à l'église Saint-Bernard. Et, en plus, on sauve les spéléologues (18'04").
Puis, ce sera un épisode sur les Témoins de Jéhovah, qui pourrait presque servir de publicité à la secte tellement le contraste est grand entre les milliers d'adeptes réunis dans un stade et la petite poignée de contestataires (20'10"). Après le sens de l'histoire, la chaîne publique a le sens de l'information.
Puis on ira de Corse (22'04") (que le Président Chirac a bien l'intention de pacifier) à l'île d'Yeu, surnommée « Petite Corse ». On a aussi le sens de la liaison.
Mais, ce qu'il est amusant surtout de repérer, c'est comment, plus que les autres, Bruno Masure change de tête en fonction de l'information qu'il annonce. Il est triste, attendri, amusé, voire même joyeux et parfois grave. Un montage accéléré des « têtes » de Bruno Masure serait du meilleur effet comique.
Sinon, le jeune Christophe Dagorne (22'34"), qui présente à Brest son projet d'enregistrement de chants de marins, a fait son chemin. Il a été l'un de ceux qui ont permis l'ouverture à Quimper du Novomax, dédié aux musiques actuelles, le 1er octobre 2015.
Bon, pour un 13 juillet, à l'actualité plate, ça commence à durer... Tour de France, et puis Parade de l'amour à Berlin (29'24"). En 1998, le concept allemand sera repris en France sous le nom de Technoparade. Qui se souvient qu'en septembre 1997, il n'y avait à Paris que 400 participants ?
C'était le 13 juillet 1996. Bon anniversaire Simone Veil.
Au dodo.






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