Diégèse lundi 24 mai 2021



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samedi 10 février 1996
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Ce journal du 10 février 1996 est émaillé d'incidents techniques. Est-ce dû à l'attentat de l'I.R.A-provisoire (son nom officiel) à Londres, qui fait la une de l'actualité.
Du traitement de cet attentat par la télévision française, on retiendra, outre la nervosité certaine du correspondant à Londres, que le journal Le Daily Mirror titre (4'45") : « The IRA Bombs London », ce qui compare à l'évidence les terroristes irlandais, partie intégrante du Royaume-Uni à l'Allemagne nazie, ce que ne fera pas le journaliste, préférant comparer les processus de paix à ceux de la Bosnie ou du conflit israélo-palestinien.
On le sait, comparaison n'est pas raison.
On ira ensuite directement à Belfort (6'30") où l'affaire dite GigaStorage, supposée mettre en difficulté les édiles chevènementistes locaux bat son plein. Christian Proust, alors Président du Conseil général de Belfort, sera blanchi en 2004. Étonnant que Bruno Masure n'utilise pas pour cette entreprise qui a séduit les pouvoirs publics belfortains une expression idiomatique du type de celles qu'il affectionne comme : « La mariée était trop belle ». Il y aurait d'ailleurs une étude à faire sur les enfumages. Souvent, arrive un investisseur qui reprend à son compte des fables servies par des personnalités réputées. Des personnages comme Alain Minc ou Jacques Attali en font profession depuis des décennies. Quand l'affaire tourne mal ou qu'il y a escroquerie, ou faillite, comme dans les années 2000, celui de la supposée « Nouvelle économie », ils sont déjà loin ayant toujours un enfumage d'avance. Bruno Masure, déjà troublé, ce soir là, parvient à utiliser deux fois dans la même annonce l'expression « pas mal », qui est pourtant familière : « les enquêteurs se posent pas mal de questions » (6'41") ; « À Belfort, en tout cas, on s'inquiète pas mal... » (6'52"). Bel effort. On pourrait même ajouter : pas mal.
Dans l'affolement, la procureure de la République Christiane Corey est devenue Christian Corey. Il est vrai qu'alors les procureures étaient encore des procureurs.
Pendant ce temps-là, Jacques Toubon, qui est alors ministre de la Justice, est en Corse. Que retenir sinon que Jacques Toubon n'a pas eu le temps, apparemment, d'aller chez le coiffeur ou bien que la « nuque longue » ne lui va pas du tout (10'07") ?
Puis, c'est ensuite une histoire de secte, liée au funeste Temple  Solaire. Bruno Masure prend un air tristement dégoûté (10'33"). Pour autant, de quoi s'agit-il ? Ce soir-là, d'une rumeur. Il n'y a aucune enquête en cours affirme la télé. C'est faux. C'est juste une course au scoop entre médias. Il faudra en effet attendre une semaine environ pour que les éléments qui fondent le soupçon sur autre chose que la rumeur soient connus. Depuis les massacres de 1994 et de 1995, la police surveille particulièrement cette région frontalière de la Suisse et l'institutrice et fondatrice de l'école avait bien eu des relations avec la secte. La procureure déplorera cependant que les médias se soient emballés trop tôt, empêchant ainsi de saisir les commanditaires et notamment le donateur anonyme qui avait donné 500 000 Francs de l'époque pour créer l'école. Pour en savoir davantage on se réfèrera utilement aux éditions du journal La Croix du 15 et du 17 février 1996.
Mais, le clou inattendu de ce JT, c'est, sans nul doute, l'information selon laquelle le maire de Jarnac a rencontré le maire de Colombey-lès-deux-Églises (12'19"), pour lui demander conseil. Une nouvelle fois, le titreur s'emmêle les colifichets en attribuant à un commerçant les fonctions de maire du bourg gaullien.
Politiquement, c'est pourtant plus intéressant de savoir que le leader et fondateur du Front National, Jean-Marie Le Pen, est en Russie pour rencontrer un autre leader d'extrême droite, qui a joué pendant des années les idiots utiles pour faciliter l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine. Peut-être qu'il y a ici aussi demande de conseils (14'14"). Patatras, le reportage sera interrompu avant la fin pour des raisons techniques. On sait aujourd'hui que la visite prépare en fait l'organisation d'une rencontre en Russie des partis néo-fascistes européens, projet qui sera ensuite abandonné... au moins pour un temps.
Le pape est à Caracas (15'57") dans le Venezuela de Rafael Caldera, meilleur catholique que son successeur Hugo Chávez qui, contrairement à Caldera, n'a jamais rencontré Jacques Maritain.
Entre temps on a réparé Le Pen, ou tout du moins le reportage qui lui est consacré et l'on est contraint de le visionner une nouvelle fois depuis le début, y compris l'ignominieuse saillie de Jirinovski annonçant qu'en cas de guerre mondiale, on enverrait se battre les uns contre les autres les immigrés des deux pays, ce qui pour être sordide, relève d'une analyse marxienne acceptable si l'on veut bien la considérer sous l'angle de la lutte des classes et de l'exploitation du prolétariat, ce que son auteur ne fait à l'évidence pas. On se serait bien passé de la fin du reportage qui ne fait qu'accroître la nausée.
Même problème technique pour les habitantes et habitants de La Mure en Isère, qui disent leur désarroi. On parie qu'on ne verra pas la fin de ce reportage-là (19'38") ? Pari gagné.
On poursuit ce JT calamiteux en allant à Cannes au Festival du multimédia (22'15"), mais c'est alors pour faire la publicité de France Télévision. On parle de supports numériques alors que ce qui est en jeu, dès 1996, c'est l'internet. Puis on va à Monte-Carlo (24'20") où le Prince Albert a rejoint Geraldine Chaplin entr'aperçue au début du journal. Entre temps, on aura droit à un visionnage d'un long extrait de Gulliver en version originale sans sous-titres, sans doute une première au « 20 heures », au simple prétexte que la série passera prochainement sur la chaîne. Bruno Masure ne sait plus où il en est : il prétend que c'est la 29e édition du festival et se fait reprendre instantanément, sinon vertement, par le prince qui l'informe que c'est la 36e édition (26'40"). Mais quand ça veut pas, ça veut pas... voilà Larsen qui s'en mêle... Mais en fait, comme il s'agit de faire la publicité d'un spectacle de Robert Hossein commandité par les Grimaldi, ce n'est pas grave. On voit subrepticement apparaître une jeune femme (28'57") dont l'identité n'est pas connue. Mais, ce qui est étrange, c'est qu'elle ressemble beaucoup à l'actrice quand elle était jeune. Se pourrait-il que ce fût Shane, la fille qu'elle a eue avec Carlos Saura ?
Bon, ça traîne en longueur. Si l'on calcule bien, les séquences diverses de publireportage auront duré plus de 10 minutes, soit environ un tiers du journal télévisé.
Retour à Belfast et l'on s'aperçoit que la fille présumée de Geraldine Chaplin et de Carlos Saura est en fait Dorothée Ollieric (31'58"), valeureuse correspondante de guerre de la télévision publique française. On aura au moins appris quelque chose ce soir-là.
Au dodo ! (après la météo et le programme de la chaîne, Bruno Masure se transformant en « speakerine »).






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