Diégèse mardi 25 mai 2021



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mercredi 17 janvier 1996
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Si l'on n'écoutait pas plus loin que les titres, sauf à connaître parfaitement la chronologie du tennis mondial, il serait difficile, sinon impossible de déterminer la date de ce journal télévisé. Pourtant, nous sommes le 17 janvier 1996, le gouvernement annonce la mise en œuvre de la Contribution pour le remboursement de la dette sociale, connue désormais par son sigle CRDS, qui sera officiellement créée une semaine plus tard par Ordonnance. Date à retenir où la redistribution solidaire est devenue de la dette, qu'il s'agit de résorber. Et pourtant, qui doit quoi à qui dans cette histoire ? En attendant, Bruno Masure précise que même les gains de jeu seront taxés... Devant les postes de télévision on fulmine : « Ils vont même nous piquer ça si on gagne au loto ». Et c'est d'ailleurs par cela que, quelque six minutes plus tard (6'32"), commence le reportage sur la CRDS encore appelée ici RDS : le PMU, les paris sur les courses de chevaux.
On ne s'arrêtera pas sur une séquence embarrassante à 7'31" pas plus que l'on commentera l'allusion graveleuse qui suit sur les plaisirs solitaires, ou du Solitaire, qui est aussi un jeu de la Française des Jeux. Puis, l'air navré, Bruno Masure égrène des mauvaises nouvelles avec l'air qu'ont les faux amis quand ils sont en fait ravis d'annoncer, justement, de mauvaises nouvelles. Puis, on finit par une supposée bonne nouvelle qui serait la Contribution sociale généralisée, qui ne sera officialisée qu'en septembre 1996, on le sait.
Ce qui est frappant, c'est que le traitement éditorial de ces annonces, qui n'est pas seulement critique, mais carrément populiste, diffère singulièrement de celui, quelques mois plus tard, d'annonces équivalentes pour lesquelles le journal de la 2 apparaît en service commandé. Entre les deux, il y aura eu le départ de Jean-Pierre Elkabbach en juin 1996, au profit de Xavier Gouyou-Beauchamps, qui a été Préfet de l'Ardèche, secrétaire général de la Présidence de la République sous Giscard. Il n'est pas moins un homme de droite que son prédécesseur, mais avec de meilleures manières.
Pour comprendre ce qui se passe au sein de la droite française en ce début de 1996, il faut aller (16'40") aux vœux d'Alain Juppé à la majorité et être attentif aux images. 16'44", le Premier Ministre, qui parle avec Philippe Séguin est bousculé par un homme qui semble se diriger vers le buffet. En fait, non, il semblerait plutôt qu'il le tire par la manche. On y voit Renaud Muselier (17'44"), jeune encore et Patrick Devedjian, mort de la COVID-19 en 2020, jeune lui aussi. Mais, il faut s'arrêter sur la scène avec Jean Tibéri (18'00"), où visiblement, Juppé dérange. Est-ce que le maire de Paris parle des faux électeurs du 3e arrondissement ? (18'18") L'affaire bat son plein... depuis 1989 et ne sera jugée qu'en 2006.
Tchétchénie (9'28"). Images terribles d'un village rasé par les forces russes où les rebelles détenaient des otages : perte de guerre. Prise d'otages aussi sur un ferry à Trébizonde en Turquie. L'histoire se terminera mieux puisque le commando libèrera les passagers sans violence deux jours plus tard.
Silvio Berlusconi est devant la justice (12'01"). On sait que le jugement n'entravera pas sa carrière politique. Il a quitté la Présidence du Conseil un an auparavant, il y reviendra en juin 2001 puis en mai 2008. Il aura été chef du gouvernement italien pendant près de dix ans.
L'effet de montage qui fait succéder à l'imbroglio italien la déprime des industries de l'armement est sans doute involontaire (14'04"). On ira à Salbris, qui est dans le Loiret et presque le Loir-et-Cher. Le jeune maire a 28 ans. On ne saura pas qu'il est professeur de piano. Et d'ailleurs, cela n'a rien à voir avec le reportage. On annonce un plan de sauvetage. Le site sera fermé en 2000. En 2020, après maintes tentatives, il était toujours fermé et les élus qui annoncent sa reprise portaient des masques de protection contre la COVID-19. Le jeune maire n'a fait qu'un mandat. Entre temps, Salbris a perdu environ 1000 habitants sur les 6000 qu'elle comptait en 1999. Sale temps pour Salbris aurait pu dire Bruno Masure.
Des Corses de Paris, on ira en Corse. C'est le calme avant la tempête, dit la journaliste. Elle avait raison (21'12").
22'57", l'abbé Pierre sort de l'Élysée.
Dans ce JT géographique et thématique, on traverse ensuite la Méditerranée pour aller à Marseille où l'on annonce un « plan Marshall » pour les banlieues. L'expression sera reprise par Nicolas Sarkozy en 2007 (23'51") et abandonnée en 1996 au profit d'un autre terme qui aboutira pourtant au même résultat. On va de centre ouvert appelé à se refermer en Zone d'éducation prioritaire appelée à perdurer. Rien de neuf en 25 ans.
Puis on célèbre l'anniversaire du terrible tremblement de terre de Kobé (29'46").
Sport. Football et tennis. Classique. Premières sélections d'Aimé Jacquet pour la Coupe du monde. Cinéma...
Pour autant, le journal s'était ouvert sur une information qui ne fait pas partie des titres : le livre du Docteur Gubler, médecin de François Mitterrand, qui veut à l'évidence se faire des sous sur le cadavre à peine refroidi de feu le Président de la République. Publicité gratuite pour l'ouvrage d'un parjure.
On l'avoue, on aime beaucoup Dominique Verdeilhan, le chroniqueur judiciaire. Son propos est clair, exempt de toute compromission avec le spectaculaire, c'est un travail didactique non complaisant. Et, ce soir là, il ne trahit pas sa réputation. Les avocats des deux parties sont entendus après un exposé dialectique. La conclusion est incisive, sans en faire trop. Du grand art.
Cela n'empêche pas d'aller traquer Danièle Mitterrand (3'24") jusqu'à Strasbourg, qui baisse la tête sous la question qui n'est pas seulement insolente mais indécente.
Sans transition, la BNP (4'03") veut faire payer les retraits aux distributeurs. Cela fera flop, car la banque ne sera pas suivie par ses consœurs. On passe. C'est comme Édouard Balladur qui veut repousser le paiement du tiers provisionnel... Exit (5'49").



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