Diégèse dimanche 7 novembre 2021



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mardi 19 novembre 1991
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Ce 19 novembre 1991, le journal télévisé commence, nous prévient Paul Amar, par les images de la population de Vukovar, en Croatie. On sait que la ville sera quasiment rasée, des centaines de personnes seront massacrées et vingt mille habitants expulsés. Le siège dure depuis le mois d'août 1991. Il faut se souvenir de cette sauvagerie européenne avant de considérer superbement ce qui peut se passer ailleurs ou de juger d'apprentis terroristes, même et surtout s'ils ont semé la terreur et enlevé de nombreuses vies. Car, le mal n'est pas l'apanage de l'autre. Et Paul Amar avait prévenu, mais, même en étant prévenu, les images sont insoutenables.
En Russie, qui encore pour quelques semaines, demeure l'Union Soviétique, Édouard Chevarnadze redevient ministre des Affaires étrangères. Cela ne durera pas très longtemps, puisque le 22 décembre, à la faveur d'un coup d'État, il prendra de facto la présidence de la Géorgie.
3'27" : on commence à libérer les otages au Liban : un Américain et un Britannique. Les autres suivront.
5'18" : on passe au Sommet de la Francophonie et le Président du Benin - « élu », précise le journaliste - Nicéphore Soglo est sur le plateau. Il est vrai que c'est lui qui a engagé le processus démocratique dans le pays. Mais, en 1996, accusé de népotisme et n'ayant pu éradiquer la corruption et les trafics dans le pays, il perdra les élections face à son prédécesseur Mathieu Kérékou, qui avait pourtant plongé le pays dans le chaos de 1972 jusqu'en avril 1991. Kérékou restera jusqu'en 2006. Mais pour l'heure, Soglo porte encore les espoirs d'un renouveau africain. Mais avant de lui céder la parole, on interroge les ambassadeurs en France de la Bulgarie et de la Roumanie. Les deux pays viennent de rejoindre la Francophonie. Ce que tente François Mitterrand, en ce moment crucial de démantèlement du bloc soviétique, c'est un réseau de pays francophones capable de rivaliser avec le Commonwealth et faisant pendant à la construction européenne. C'était habile. Il aurait fallu cependant y croire davantage et y mettre beaucoup plus d'argent. Or, les élites technoïdes françaises pensaient que la Francophonie, c'était ringard. Et que l'on ne s'y trompe pas, elles le pensent toujours.
On passe ensuite à M. Soglo. Ce mouvement aurait pu être celui de l'émancipation africaine si le solde du colonialisme avait été réglé. Il ne le sera pas et d'ailleurs, au cours de cet interview, le mot ne sera pas prononcé.
11'03" : assez audacieusement, sinon grossièrement, on passe du Bénin au Front National, où Bruno Mégret, qui en est alors toujours membre, présente le programme du parti d'extrême-droite sur l'immigration. Il le fait à Marseille, où le leader du mouvement a des ambitions. Mesure phare : le FN propose de pouvoir déchoir de la nationalité française des personnes ayant été naturalisées. On s'indigne à gauche comme à droite. Pourtant, quelques années plus tard, c'est bien Nicolas Sarkozy qui proposera une mesure équivalente, sans y parvenir cependant. Et il se passe alors une chose incroyable dans ce journal télévisé qui mérite, une fois n'est pas coutume, ne retranscription fidèle. Paul Amar revient vers le Président béninois pour l'interroger sur ce qu'il vient, comme les téléspectateurs, d'entendre. Amar dit alors : « On prend souvent la liberté de commenter ce qui se passe dans vos pays, en Afrique, donc votre regard sur notre pays dit civilisé nous intéresse. » On laissera à chacun le soin de faire son propre commentaire. Comme quoi, le non-dit colonial est bien ce qui est à l'œuvre ce soir-là. Le Président Soglo, ce soir-là, apparaît comme un homme de grande valeur.
14'39" : on remercie M. Soglo et on passe aux routiers qui font sur les routes les escargots avant (15'59") de passer aux jeunes et moins jeunes agriculteurs en colère. Ceux du Tarn et Garonne sont particulièrement énervés, on l'a vu hier. Le revenu des agriculteurs a baissé en moyenne de 7%.
17'56" : l'ENA ne veut pas aller à Strasbourg. Pas grave : on ne risque pas de manifestations dans la rue. D'ailleurs, 30 ans après, un jeune Président la supprimera. Et, au hasard du reportage, on croise la jeune Laurence Engel, élève de l'ENA, que l'on croisera au Cabinet de Catherine Tasca 9 ans plus tard, et qui est aujourd'hui Présidente de la Bibliothèque nationale de France, nommée par François Hollande. Quant à son jeune condisciple qui apparaît ensuite, Jean-François Debat, il est maire socialiste de Bourg-en-Bresse depuis 2008. On remarque donc que ce soir-là, France 3 n'interroge que de futurs énarques proches du pouvoir en place. Après deux jeunes de Sciences-po, qui demeureront anonymes, on finit par Yannick Blanc, plus âgé que les autres, car, déjà normalien depuis dix ans, futur directeur de la police nationale et Préfet de Vaucluse et du Val d'Oise.
19'33" : promotion ! Liza Minelli et Charles Aznavour. On assiste à une répétition. La balance n'est pas encore bien faite et la voix puissante de la chanteuse couvre celle du vieux crooner franco-arménien.
Football. Tiercé, quarté, quinté : 15, 5, 9, 6, 7.
Au hasard d'un plan, on s'aperçoit qu'Élise Lucet, dont on croyait qu'elle avait une coupe courte, noue en fait ses cheveux en catogan.
On peut donc passer à table après la météo.


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