Diégèse lundi 8 novembre 2021



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mercredi 13 novembre 1991
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Ce 13 novembre 1991, le journal télévisé ne commence pas comme les autres jours par un générique d'infographiste, mais par une chanson chantée par Yves Montand : Ainsi va la vie... C'est que c'est le jour des obsèques du comédien-chanteur au succès populaire inaltéré. On ne sait pas encore qu'il sera exhumé pour vérifier une possible concordance de son ADN avec celui d'une jeune femme prétendant être sa fille. Il faut dire qu'entre temps, les filles cachées connaissent un certain succès. C'est ensuite l'immanquable défilé de stars sous le crépitement des flashs. On en reconnaît quelques unes et quelques uns. D'autres sont déjà oubliés. Comme il se doit, on interroge ensuite les anonymes qui se pressent à la porte du cimetière attendant que, les stars parties et le cercueil enterré, on les laisse entrer. C'est alors le défilé des banalités obligées. Il n'empêche qu'ils sont touchants tous ces gens qui viennent témoigner de leur passé à un mort médiatisé. Pierre Arditi lit ensuite une chanson de Jean-Loup Dabadie que Montand aurait dû chanter quelques mois plus tard et qu'il ne chantera pas, dédiée à son fils Valentin, né le 31 décembre 1988. Le petit Valentin, aujourd'hui lui aussi père d'un petit garçon, travaille dans un studio de jeux vidéo et a dépassé la trentaine.
Puis, après la mort, on passe à la vie des œuvres de mort avec le bombardement de Dubrovnik par les Serbes. On nous montre des enfants blessés dont les seules images devraient pouvoir arrêter toutes les guerres.
6'40" : le Cambodge avec les préparations du retour du Prince Sihanouk au Cambodge. La capitale se fait belle et l'on détruit les symboles du régime honni des Khmers rouges.
8'39" : le fichier des Juifs de Vichy. La liaison est subtile et, pour une fois, elle est juste. La Bête rode sous divers atours, ceux des Khmers rouges comme ceux de l'antisémitisme. L'Affaire du fichier juif n'est pas terminée... Ce sera une affaire d'État et ça l'est toujours. Ce soir-là, on ne dit pas, par exemple, que c'est Serge Klarsfeld qui a mis la main sur le fichier et que sans son opiniâtreté, il aurait peut-être encore longtemps été soustrait à l'histoire de la collaboration française.
Mais (10'20"), pendant ce temps-là, à l'Assemblée nationale, Édith Cresson, Raymond Barre et Jacques Chirac, qui tous trois connaissent la fonction de Premier Ministre bataillent sur la réforme constitutionnelle proposée par François Mitterrand. Raymond Barre donne raison à Édith Cresson contre Jacques Chirac : tollé à droite ; ironie à gauche.
12'10" : la Grande Muette, c'est à dire l'Armée, ne voit pas son budget augmenter en 1992. Autre affaire d'État, sans doute. Pire  : on supprime 25 000 postes. Cela dit, l'avenir a montré que les choix stratégiques de 1991 n'étaient pas si mauvais... sur le long terme, mais qu'ils faisaient l'impasse sur les conflits en ex-Yougoslavie et en Afrique.
13'35" : on nous bassine encore sur les oppositions au transfert de l'ENA à Strasbourg. Les personnes interrogées qui contestent sans contester dans un français châtie offrent aujourd'hui un spectacle de franche rigolade.
15'14" : on revient sur un incident de la veille provoqué par des agents de la fonction publique hospitalière qui voulaient pouvoir exprimer en direct leurs revendications sur le plateau du JT. Images. Mise en abyme amusante : on voit Paul Amar et Arlette Chabot négocier et parlementer avec les grévistes. Paul Amar encore visiblement pincé rappelle que ce conflit n'est pas le seul et pour le démontrer, on passe aux Brèves (16'17") : grève Renault au Mans ; les viticulteurs à Montpellier ; grève des dockers à La Rochelle... puis ce sont les faits divers et le procès des assassins d'une petite fille ; transfert illicite de fonds présumé par un adjoint du maire de Grenoble Alain Carignon... cela ne fait que commencer.
18' : le Prince Victor-Emmanuel de Savoie est aux Assises. Il aurait tué un jeune homme en 1978. On peut lire dans le journal Libération du 8 août 1996 un excellent résumé de cette affaire qui aboutira à l'acquittement du Prince, contre toute évidence. On passe ensuite à la destruction d'un port construit illégalement à Cavallo. Cela tombe bien : c'est là que se fera construire une villa après son acquittement le Prince Victor-Emmanuel.
On finit avec Yves Montand... et Simone Signoret, déjà inhumée au cimetière du Père Lachaise depuis plusieurs années.