Diégèse Calendrier de vie de l'auteur en spirale d'Ulam
mercredi 3 août 2022



2022
ce travail est commencé depuis 8251 jours (37 x 223 jours) et son auteur est en vie depuis 22704 jours (24 x 3 x 11 x 43 jours)
ce qui représente 36,3416% de la vie de l'auteur
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dans 1955 jours (5 x 17 x 23 jours), ce sera le vendredi 10 décembre 2027
et l'auteur sera peut-être en vie depuis 24659 jours (nombre premier)
carnet de voyage de 2027
de Châteauneuf-sur-Cher à Vierzon
départ à 11h00, arrivée à 11h37
séjour à Vierzon jusqu'au 22 décembre 2027
Les notices qui présentent la ville de Vierzon précisent d'emblée qu'il s'agit d'une ville de passage. Voilà une bonne raison d'y rester un peu et de vivre ces derniers jours de l'avent à la croisée de l'Yèvre et du Cher, mais aussi du Barangeon. Et puis je me promènerai aussi le long du canal de Berry.

Mais pour l'heure, mon principal objectif est de visiter le musée qui se tient à cette belle adresse  : 11 rue de la Société Française, face à l'esplanade La Française. Il ne s'agit ni d'une société secrète, ni d'une déclaration patriotique, mais d'un nom de rue qui évoque la Société française de matériel agricole et industriel, créée par un pionnier en 1847, nommé Célestin Gérard, dont le buste orne fièrement le centre d'une fontaine du jardin public derrière le musée. Les bâtiments industriels du 19e siècle, au moins du côté qui donne vers le centre ont été assez bien restaurés, redonnant à la brique sa couleur originelle et à la verrière principale la clarté de son orbe monumentale.

Le musée de Vierzon a tout pour me plaire  : depuis le hall d'entrée, on traverse d'abord la collection des Arts du feu et de la confection pour se diriger vers les collections liées à l'histoire du chemin de fer avant aborder enfin les salles consacrées au développement du machinisme agricole. J'ai passé un long moment dans ce musée qui vante les bienfaits supposés du machinisme, un si long moment que j'ai senti chez les surveillants une sorte de gêne, ne comprenant pas pourquoi je restais ainsi dans un face-à-face immobile avec un mannequin revêtu d'une blouse qui me rappelait vaguement une scène, que je croyais venir de l'enfance et que je cherchais en vain à me rappeler. En fait, il s'est avéré que c'était une scène de film. Je crois pouvoir l'affirmer sans crainte de me tromper. Je comprends aisément que quand je me mets ainsi sur pause, cela déconcerte ceux qui ne me connaissent pas, puisque cela déconcerte aussi ceux qui me connaissent. C'est en fait une technique qui sert tout aussi bien à rappeler un souvenir enfoui qu'à graver de manière durable ce qui deviendra un nouveau souvenir. Le bénéfice secondaire de cela, c'est qu'il n'en découle aucune nostalgie. Dans mon panthéon mémoriel, tous les souvenirs se valent, ceux de l'enfance comme ceux d'hier. Je suis en fait mon propre musée, mais il manque encore quelques cartels.

J'ai trouvé au musée une brochure proposant un parcours-découverte de la ville. Je vais le suivre scrupuleusement jusqu'à ce que la ville me semble familière. Douze jours devraient être suffisants et je n'ai de toute façon pas l'intention d'y rester dix ans.

On parle souvent de Vierzon comme de la ville de l'ennui. Cela doit désespérer les élus municipaux. Tout ce travail pour rien  ! Pourtant, Vierzon demeure un soir sans matin et surtout un soir sans nuit. C'est par la nuit des villes que l'on travaille les villes et c'est la nuit qu'il faut parvenir à concevoir l'usage joyeux d'une ville. Les jours sont les jours et ils passent comme ils peuvent. Ce qu'on demande aux villes, c'est du travail et des magasins, et puis la jeunesse aime la fête... nocturne, encore et encore. L'urbanisme pose beaucoup d'autres questions que celles du traitement des déchets, de l'emploi, des crèches et des écoles. Il faut y répondre par la douceur.

J'ai dîné dans la brasserie qui s'est installée, face à la gare ou presque, dans la maison de maître de Célestin Gérard. Au fond de la salle de restaurant, des employés en habit de fête célébraient le départ en retraite de l'un d'eux. Je regardais de loin cet homme qu'on entourait et qui devait avoir environ cinq ans de moins que moi, mais que la vie, à l'évidence, avait abîmé beaucoup plus que moi. Je suis rentré en pensant à ces premières quatre années de retraite, savourant ma chance.










3 août






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