Diégèse Calendrier de vie de l'auteur en spirale d'Ulam
vendredi 12 août 2022



2022
ce travail est commencé depuis 8260 jours (22 x 5 x 7 x 59 jours) et son auteur est en vie depuis 22713 jours (3 x 67 x 113 jours)
ce qui représente 36,3668% de la vie de l'auteur mille cent quatre-vingt semaines d'écriture
hier


L'atelier du texte demain
table des correspondances





dans 2050 jours (2 x 52 x 41 jours), ce sera le jeudi 23 mars 2028

et l'auteur sera peut-être en vie depuis 24763 jours (nombre premier)
séjours en 2028

séjour à Pescara (Italie) jusqu'au 27 mars 2028










Je suis de retour sur la longue route de sable et je vais passer ces premiers jours de printemps à Pescara, mais, je vais éviter de m'intéresser à Gabriele D'Annunzio, dont c'est la ville de naissance. Ce n'est pas que le « cas D'Annunzio » soit sans intérêt et c'est même le contraire. C'est seulement que quelques jours ici ne seront pas suffisants pour aborder cette figure complexe. Elle mériterait plus de temps et plus de sérieux que ce que je peux lui consacrer. Je préfère considérer ce qui avait fasciné Pasolini : 150 kilomètres de plages sans discontinuité. Pour un Français, c'est assez inimaginable. La plage est un espace borné, qu'on peut facilement parcourir de long en large. Ici, c'est autre chose. Pasolini avait aimé Pescara. Dans son reportage de l'été 1959, on lit ceci, ou à peu-près : « Pescara est splendide. Je pense que c'est le seul exemple de ville, de ville réelle, qui existe totalement comme ville balnéaire. Les habitants de Pescara en sont fiers. » Bien sûr, en italien, cela sonne mieux : « Pescara è splendida. Credo sia l'unico caso di città, di vera e propria città, che esista totalmente in quanto città balneare. I pescaresi ne sono fieri. » Il y a quelques années, le conseil municipal a décidé de faire graver cette phrase par un artiste sur la corniche de bord de mer. L'hommage demeure discret, moins voyant que les poubelles du Lido Bar Gelateria qui sont stockées juste derrière elle. Plus loin, c'est la plage « libre », car, c'est aussi ce qui frappe le Français de passage : la privatisation presque complète de cette longue plage italienne, chaque parcelle disposant de ses parasols et de ses chaises-longues de couleurs différentes et siglées. De toute façon, peu de chance que je me baigne, même s'il fait bien chaud ici pour la mi-mars et que j'ai vu, bien sûr, des nageurs plus téméraires que je ne le suis.

Moi aussi, j'aime venir ici, j'aime cette ville et ce retour y est comme un rêve. Je loge juste à côté de la fresque dédiée à Pasolini, à l'hôtel Esplanade, une sorte de meringue pseudo haussmannienne qui devait exister déjà en 1959. Il me faudra vérifier dans quel hôtel il a logé. Pescara est vraiment comme une chanson de variété italienne, une chansonnette qui hante l'imaginaire des jeunes et des moins jeunes et qui parle d'été et d'amourettes de plage. J'y suis venu pour la première fois en 2002, jeune encore, quand je me sentais alors déjà vieux. Maintenant, je joue maladroitement au vacancier retraité dans la saison qui commence. Le temps change. Bientôt il fera chaud et ce bout de printemps est bon à prendre. Le soir venu, il fait encore presque froid mais il est cependant possible de s'assoir en bord de mer pour peu qu'on soit à l'abri du vent. J'y suis resté si tard que j'ai craint d'avoir pris froid. Il suffit de peu. Le médecin m'a dit de faire attention, mais je demeure indocile. La santé et la maladie sont faites de multiples causes emboîtées et serpentines si bien que j'ai depuis quelque temps renoncé à m'en préoccuper.

Je continue d'écrire au jour le jour, car, pour l'écrivain, écrire est aussi un moyen de se libérer de l'immense obligation de se souvenir.












12 août






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