Diégèse mardi 19 avril 2022
Calendrier de vie de l'auteur en spirale d'Ulam

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carnet de voyage de 2025
de Barfleur à La Hague via Cherbourg-en-Cotentin







J'avais réservé une chambre sur le port de Barfleur aux Transats, en espérant que Le Café de France, qui le jouxte, me servirait à dîner. L'endroit est propre et charmant et l'accueil sympathique et je me serais bien vu rester ici quelques jours. Mais il fallait aller. L'heure n'était pas encore à la pause. Le programme de cette journée était géographiquement simple : parcourir tranquillement le nord du Cotentin, le plus près possible de la côte, soit une petite soixantaine de kilomètres en comptant le détour par le phare de Gatteville. J'avais décidé de loger à l'arrivée à Port Racine pas très loin de la maison de Prévert. Je voulais me rendre au phare de Gatteville, moins pour le tableau de Signac qui le représente que pour voir les deux phares côte à côte. Celui construit au 18e siècle a été réhaussé pour devenir un sémaphore. Celui du 19e, toujours en activité, est, avec ses 75 mètres environ, l'un des plus hauts d'Europe. L'ensemble est saisissant, comme une confrontation paysagère de la France pré-industrielle avec la toute puissance du siècle des machines. Le nouveau phare aura 200 ans dans dix ans, le 1er avril exactement. J'essaierai d'y revenir pour l'occasion.

Circuler à vélo, même avec une puissante et durable assistance électrique, est un exercice assez particulier, surtout l'hiver. Comme tout appareil, un vélo peut être sophistiqué ou simple. Pour l'occasion, je me suis offert un vélo très sophistiqué, pourvu d'accessoires qui le sont au moins autant. Il fallait y être attentif, car, à vélo, souvent, ce qui paraît léger devient lourd quand ce qui semble lourd tout aussi bien s'allège, selon les moments, selon les côtes et la force des vents. Le vélo, parfois, impose son rythme et je n'ai même pas besoin de m'appliquer à ménager mes forces. C'est indispensable, car, il faut que je sois en forme le lendemain, c'est pourquoi je prends soin le soir de m'enduire de crèmes et de baumes. Fort heureusement, je dors bien et l'exercice me fait le plus grand bien, me sortant de cet état bizarre qui m'avait pris à la fin du voyage italien, l'année dernière, comme si j'étais un personnage secondaire d'une fiction accélérée.

L'hiver est doux et la Normandie n'a pas encore été inondée. Je voyage donc assez confortablement, dans cette lumière magique et les étapes sont courtes. Je ne suis d'ailleurs pas parmi les premiers à tenter cette petite performance qui n'en est pas vraiment une, sauf à imaginer que je vais circuler ainsi une année entière tout autour de la France. J'aime à être de passage, regardant le nom des rues, des places et considérant avec tendresse, comme peuvent le faire les bohémiens, les populations sédentarisées qui parfois, encore savent faire signe aux cyclistes qui passent comme on salue une caravane. Je suis toujours aussi curieux de mesurer encore combien les villes tentent de se ressembler. Et pourtant, elles diffèrent toujours. Cela m'a frappé vers midi en traversant Cherbourg, qui se nomme désormais, sans doute pour nous faire réviser notre géographie, Cherbourg-en-Cotentin. On ne sait jamais, on aurait pu penser qu'on était en Bretagne ! En fait, cela signifie qu'elle a absorbé ses voisines. J'aime assez Cherbourg. On pourrait y imagine des voyages transatlantiques nouveaux. Et puis surtout, on peut y visiter le musée Thomas-Henry, qui a d'ailleurs le même âge que le phare de Gatteville. J'y suis entré tremblant que le tableau représentant La Conversion de Saint Augustin par Fra Angelico n'ait été décroché. Il était bien là. J'aurais pu pleurer. J'y ai aussi retrouvé le Signac et du même auteur un merveilleux dessin de L'Avant-port de Cherbourg à la coloration si subtile qu'elle en déjoue le pointillisme même. Comme Le Phare de Gatteville, c'est un tableau de la fin. Il n'avait plus besoin de composer avec son propre style.






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