Diégèse Calendrier de vie de l'auteur en spirale d'Ulam
mercredi 27 avril 2022



2022
ce travail est commencé depuis 8153 jours (31 x 263 jours) et son auteur est en vie depuis 22606 jours (2 x 89 x 127 jours)
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carnet de voyage de 2025
des Lecques aux Sablettes de La Seyne-sur-Mer via Six-Fours-les-Plages





Les fours de Six-Fours n'étaient pas des fours mais des forts. Et ce n'est pas non plus parce que l'on y cuit sur ses plages. Elles sont battues par le Mistral. Quant aux Sablettes, c'était avant la guerre une station balnéaire réputée, mais cela est un peu oublié. Ici aussi le centre historique a été détruit par la guerre. C'est l'architecte Pouillon qui, comme pour le Vieux-Port de Marseille, a reconstruit le centre comme celui d'un petit village entouré de marais. Puis, peu à peu, tout s'est construit, au besoin, en prenant sur la mer.

Toute cette côte est à la fois agréable et désagréable. La circulation y est douce, l'environnement propret, mais tout est tourné vers le tourisme, c'est à dire vers la consommation, le profit et la spéculation immobilière. Si bien que même la traversée de la forêt de Janas, qui ne manque pas de charme, se gagne après un défilé interminable de maisons construites dans des matériaux disparates et flanquées chacune ou presque de leur piscine à marmaille. On est très loin de l'urbanisme dense et ingénieux des anciennes cités provençales. Pour l'urbanisme aussi le temps qui passe est dramatique.

La pluie formait sur le chemin carrossable une grande flaque d'eau qu'il fallait éviter comme on évite parfois le pire, telle une métaphore accidentelle. Il faudrait pouvoir se rappeler précisément les jours de pluie, car nous sommes transformés par la pluie. Vers la fin du trajet, le vent s'était arrêté et j'ai pu goûter le plaisir de la descente depuis la forêt malgré les trombes printanières. Puis, la pluie s'est arrêtée aussi laissant place à une lumière très forte, très blanche. C'est sans doute pour ces moments qu'il serait faux et injuste d'écrire que je n'aime pas l'hiver. D'ailleurs, l'été, je me rappelle l'hiver et je regrette l'hiver. Même si le printemps calendaire arrive après demain, je considère que c'est encore l'hiver. Il n'y a d'ailleurs que deux saisons qui vaillent : l'été et l'hiver. Les deux idées, celle du printemps et et celle de l'hiver, se rejoignent dans le fantasme que le temps, déçu, s'arrête. L'été et l'hiver, c'est la même histoire, avec quelques variantes de température et de longueur du jour.

Au bout du chemin, je suis arrivé enfin aux Sablettes, je n'y ai pas rencontré George Sand, qui n'y vient plus depuis déjà quelque temps. J'étais trempé, j'étais heureux d'être arrivé.

Après avoir dîné rapidement, je suis allé me promener dans la nuit. Je me rappelle qu'il y a une vingtaine d'années, j'ai déjà marché la nuit sur des plages désertes. Seul sur une plage la nuit, on expérimente combien nous, les humains, sommes seuls et vulnérables. J'ai pensé au corps inerte de Pasolini sur le sable et m'arrêtant sur cette image, j'ai essuyé quelques larmes qui étaient tout autant des larmes de fatigue.










27 avril






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