Diégèse vendredi 29 avril 2022
Calendrier de vie de l'auteur en spirale d'Ulam

ce travail est commencé depuis 8155 jours (5 x 7 x 233 jours)
et son auteur est en vie depuis 22608 jours (24 x 32 x 157 jours)
2022

ce qui représente 36,0713% de la vie de l'auteur
mille cent soixante-cinq semaines d'écriture

hier

L'atelier du texte demain

table des correspondances


dans 1063 jours (1063 est un nombre premier), ce sera le jeudi 27 mars 2025
et l'auteur sera peut-être en vie depuis 23671 jours (nombre premier)


carnet de voyage de 2025
de Nice à Pont-de-Clans







Il est encore parfois difficile de sortir des grandes villes françaises à vélo. Si la circulation en centre-ville s'est peu à peu améliorée presque partout, la circulation périurbaine est inégale et souvent chaotique. On est encore doublé par des bolides qui foncent comme une tornade pour faire impression. Nice ne fait pas exception, surtout sur un axe aussi fréquenté que celui qui conduit à Grenoble. Heureusement, après quelques kilomètres, une piste cyclable permet de circuler à peu près en sécurité en longeant le Var jusqu'à sa confluence avec l'Estéron. Ensuite, il faut prendre l'ancienne route de Grenoble et tout va à peu près bien. Il suffit de veiller à ne pas épuiser trop vite la batterie du vélo car la côte est peu forte mais constante, ne se durcissant que sur les derniers kilomètres. C'est d'ailleurs pourquoi je me suis arrêté à Pont-de-Clans, dans la vallée, et que je ne suis pas monté à Clans, de crainte de m'épuiser et d'épuiser ma monture. Je le regrette un peu, car la route devait être bien belle. Ce sera peut-être pour une prochaine fois.

En à peine plus de deux heures, j'étais arrivé à destination dans la douceur du printemps méridional et, une fois le vélo posé et branché sur la recharge, j'ai pu m'offrir sans attendre une balade à pied le long de la Tinée. Parfois, quand je me promène, je m'ennuie. Mais, quelque chose d'assez mystérieux fait qu'on ne s'ennuie jamais en marchant le long d'une rivière et surtout pas quand il s'agit d'un torrent de montagne. On fait parfois des kilomètres sans y penser, même sans entraînement, et c'est quand il faut revenir qu'on mesure le chemin parcouru. On finit alors souvent dans l'obscurité, ce qui n'est pas bien grave puisque presque toute la population est désormais équipée de lampes torches pour pouvoir éviter la chute, lampes qui font aussi appareil photo, ordinateur et accessoirement téléphone. Je n'ai pas dérogé et quand je suis rentré le soir était déjà bien engagé. De toute façon il n'y a rien à faire le soir à Pont-de-Clans.

Il y avait encore un peu de lumière quand je suis arrivé à l'hôtel et c'était propice à l'écriture. Je n'avais aucune intention de dormir. C'est ce qui fait le texte, le soir et la lumière ensemble juste avant le crépuscule. L'angoisse sans doute, celle que l'on nomme vespérale qui transforme en menace la ténuité d'un clignotement, là-bas, au loin sur la route. J'ai laissé un peu les personnages et j'ai commencé à écrire de la poésie, car le printemps est plus facilement associé à la poésie et j'écris donc de la poésie. Ce n'est pas un truisme, mais un fait quasiment anthropologique. La poésie permet de plonger profondément dans le mystère. En effet, nous ne faisons pas confiance à la poésie, comme nous ne faisons pas confiance au printemps et cela crée dans la pensée une forme de double déséquilibre qui incite à l'écriture pour tenter de distinguer l'organisation des choses et du monde. Pour l'écrivain ou pour celui qui veut écrire, c'est aussi la cause des plus grands tourments.






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