Diégèse Calendrier de vie de l'auteur en spirale d'Ulam
samedi 16 juillet 2022

ce travail est commencé depuis 8233 jours (8233 est un nombre premier) et son auteur est en vie depuis 22686 jours (2 x 3 x 19 x 199 jours) 2022
ce qui représente 36,2911% de la vie de l'auteur

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dans 1735 jours (5 x 347 jours), ce sera le jeudi 16 avril 2027
et l'auteur sera peut-être en vie depuis 24421 jours (nombre premier)
Carnet de voyage de 2027
de Nantes à Saint-Gilles-Croix-de-Vie
départ à 7h07, arrivée à 8h32
séjour à Saint-Gilles-Croix-de-Vie jusqu'au 4 mai 2027
Saint-Gilles-Croix-de-Vie, terminus du train, tout le monde descend ! J'avais hâte de revenir ici, où j'avais passé une seule nuit, il y a plus de deux ans, en février 2025. Je m'étais promis d'y revenir, amusé par ces lotissements sans fin de petites maisons dévolues aux vacances, imaginant pouvoir faire un relevé des éléments de distinction apportés par leurs propriétaires, que ce soit en les nommant ou bien en les décorant. Il faut bien chercher pour trouver trace de maisons anciennes, populaires, de pécheurs ou de vacanciers qui avaient transformé en abri durable ce qui ne pouvait être qu'un cabanon précaire pour le retour de la plage en vue de l'oubli provisoire de leur vie de citadin. Les meilleurs emplacements, en bord de mer, jadis préemptés par la bourgeoisie, ont, comme partout ailleurs, été vendus à des promoteurs immobiliers qui ont construit des immeubles de rapport. Les rares villas qui demeurent sont majoritairement des locations saisonnières. Peu à peu, ce qui n'était pas cher est devenu cher, ou en tout cas inaccessible aux classes ouvrières, au populo, au peuple, s'est gentrifié et le goût bourgeois attisé par de pseudo décorateurs, est venu entaché la simplicité charmante et prolétaire.

À peine mes bagages déposés dans l'appartement, je suis descendu vers la côte, espérant attraper un bateau pour l'île d'Yeu, ou, tout au moins, le voir s'éloigner vers le large. Mais, sur le quai, il y avait déjà une petite foule qui attendait. J'avais oublié que c'étaient les vacances scolaires de printemps. Peu importe, j'ai réservé pour la semaine prochaine, il y aura moins de monde, surtout un mardi. Je me suis consolé en prenant un café sur le port après avoir acheté la presse quotidienne régionale. C'est une lecture que j'affectionne partout là où je passe, qui donne à la fois l'idée d'un monde rythmé de choses simples, de changements d'horaires des marchés, d'hommes politiques coupeurs de rubans et de crimes atroces. On y trouve le saint ou la sainte du jour, et l'on se fait alors une fête d'envoyer un message à de vieilles connaissances sans passer par les réseaux sociaux chronophages et aguicheurs. Mais, je ne connais pas de Benoît-Joseph, saint que l'on célèbre ce jour et je dois me rabattre sur une célébration très confidentielle : c'est le 16 avril 1955 que le mot « ordinateur » a été inventé à la demande d'IBM par le philologue Jacques Perret. Il avait été sollicité par le biais d'un de ses anciens étudiants, car, sa spécialité était moins la terminologie que les origines troyennes de Rome, ou plutôt, les origines de la légende troyenne des origines de Rome.

Je regarde les vacanciers, m'enchantant d'être le contemporain d'un monde multiple. Je m'amuse à penser que, soudainement un « flash mob » va se déclencher sur un air à la mode. Mais non. Il n'y a que des touristes savamment transformés en enseignes publicitaires. Je me souviens de Barthes citant un haïku dans son cours de 1979 au Collège de France : « rien d'autre aujourd'hui que d'aller dans le printemps, rien de plus ». C'est un programme simple d'apparence et complexe tout autant. Il faut parvenir à considérer le monde comme évident sans affronter l'idée de Dieu. Il faut aussi parvenir à oublier tous les signes que nous envoie le monde de la consommation, qui déteste la polysémie indécise des corps.

Peu à peu, la lumière baisse, qui fait rentrer les touristes et il me faut rentrer moi-même. Les pas accompagnent les mots que je vais écrire. À travers les pavillons assombris, déjà, je me suis presque trompé de destination, avant de me repérer de nouveau en écoutant d'où venait le bruit de la mer. Qui aurait dit que je serais cet homme seul et vieilli à l'embouchure de la Vie, puisque c'est ainsi que se nomme le fleuve côtier qui se jette dans la mer depuis le port et sa jetée. D'une fenêtre éclairée s'échappe la mélopée d'une chanson tout aussi vieillie que moi.




16 juillet






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