Diégèse mardi 28 juin 2022
Calendrier de vie de l'auteur en spirale d'Ulam

ce travail est commencé depuis 8215 jours (5 x 31 x 53 jours)
et son auteur est en vie depuis 22668 jours (22 x 3 x 1889 jours)
2022

ce qui représente 36,2405% de la vie de l'auteur


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dans 1535 jours (5 x 307 jours), ce sera le jeudi 10 septembre 2026
et l'auteur sera peut-être en vie depuis 24203 jours (nombre premier)


carnet de voyage de 2026
d'Alès à Ners en suivant le Gardon d'Alès


J'ai traîné à Alès toute la matinée, sans autre but que d'attendre l'ouverture à 14 heures du musée Pierre-André Benoît où je voulais voir de près un Picabia de 1950 que je savais être dans la collection permanente. Le musée est un petit écrin de l'art du début du vingtième siècle, et c'est moins la profusion de ses collections qui intéressera l'amateur que le fait qu'il réunisse la collection d'un homme, poète, peintre, illustrateur, typographe, éditeur et surtout ami des artistes de son temps. On y trouve l'art français d'avant l'art contemporain, celui que l'on n'a plus regardé pendant un demi-siècle et que l'on recommence à aimer. J'apprécie quant à moi particulièrement Raoul Ubac, mais il y a beaucoup d'œuvres d'autres artistes dans ce musée, moins connus encore, en tout cas de moi. J'étais allègrement passé pendant tout ce temps à côté de Survage, par exemple, ou encore de Bertini. J'y ai donc passé un long moment avant de rejoindre Ners en évitant la voie rapide pour musarder autour des ronds-points de l'ancienne route qui pendant plusieurs kilomètres, comme à l'entrée ou à la sortie de la plupart des villes de France, n'est qu'un long centre commercial. Mais, on voit bien que certaines enseignes, jadis florissantes, peinent désormais à attirer le chaland, qui leur préfèrent la commande en ligne et il n'y a plus gère que les jardineries qui prospèrent, pour peu qu'elles développent leur rayon consacré à la permaculture. La météo, d'ailleurs, ne dit rien qui vaille pour les prochains jours. Le Gardon d'Alès ressemble à un souvenir de rivière et le paysage est ponctué d'arbres morts. Quand, la nuit parfois, je marche dans la forêt à la recherche d'un peu de fraîcheur vivifiante, ils grincent comme les fantômes des contes anciens. Je pense à tous les pitres qui, depuis des décennies, ont agité le spectre de la décadence de l'occident ; eussent-ils été suffisamment clairvoyants pour prédire qu'elle serait avant tout climatique. Je parlais hier avec un jardinier s'échinant à faire pousser quelques légumes le long de la rivière, qui me disait que lorsqu'il s'était installé là, une vingtaine d'années auparavant, il pouvait puiser tous les matins de l'eau du Gardon sans grande difficulté, ce qui n'est plus possible désormais, à cet endroit, avant au moins le mois d'octobre. J'avisai au fond de son jardin les murailles rondes d'un puits. Il sourit à mon regard, confessant que cela faisait bien longtemps qu'il n'était plus que décoratif et qu'il n'y avait rien à faire. Je pensais que ces puits de bord de rivière étaient malgré tout intarissables. Décidément, cet itinéraire gardois est celui de la sécheresse. Il est de plus en plus difficile de faire comme si cela n'avait aucune importance.

J'étais sans souvenir particulier de cette campagne, n'y étant passé qu'une seule fois, une dizaine d'années auparavant, pour aller en Arles. Je pourrais m'arrêter là et regarder encore une dizaine d'années la terre s'appauvrir et la vie dépérir à mesure que moi aussi je dépérirai. Avec le temps, le corps aussi est un paysage dévasté, même en pleine santé. J'ai hâte de retourner sur l'île du Levant goûter la vie douce de la fin de l'été. Il n'y a jamais que là que le corps rêve et sait convenablement vieillir et que je vois les étoiles.





28 juin






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