Diégèse mercredi 4 mai 2022
Calendrier de vie de l'auteur en spirale d'Ulam

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carnet de voyage de 2025
de Solignac-sur-Loire à Chamalières-sur-Loire en suivant la Loire



La Loire était encore toute jeune aujourd'hui et il aurait été difficile, si je ne l'avais pas su, de parier sur son avenir et imaginer qu'elle deviendrait un grand fleuve. L'Allier, plus à l'ouest, qui la rejoindra à Nevers, s'élance comme la Loire vers le nord et les eaux n'iront doucement vers le sud qu'après une longue course qui s'infléchira à Orléans. C'est particulièrement touchant de suivre la Loire dans ses jeunes jours. Ici, pas de berge majestueuse, pas de cours indolent et sablonneux. La Loire est un torrent qui coule encore maladroitement et elle est prête à tout pour dire son fait à ce gros massif central qui voudrait l'empêcher de passer. Dès lors, comment ne pas suivre aussi les écrivains, les poètes qui ont vu dans les cours d'eau une métaphore de la vie humaine. Mais on peut tout aussi bien renverser la proposition en imaginant que les humains sont les allégories des rivières et des fleuves. Certains deviennent fleuves, d'autres s'assèchent ou s'engloutissent dans des marais. Devenir fleuve se fait un peu par hasard et plusieurs fleuves devraient en fait porter le nom de leur principal affluent influent. Même la majestueuse Seine capitale pourrait aborder sa transition pour se nommer Yonne. Le cours du fleuve resterait inchangé quand celui de l'histoire, si l'on croit à la force des signifiants, en aurait évidemment été modifié.

Quand on suit une rivière le long de son cours, qu'elle devienne fleuve un jour ou non, on remarque bien la ruse, la feinte, l'agressivité parfois de l'eau dans sa volonté de couler coûte que coûte, aidée en cela par les règles intangibles et universelles de la gravitation. Dix fois, cent fois, on lui prédirait volontiers un sort funeste et quelque dessèchement, quelque piège fatal, dont elle parvient pourtant à s'évader, dans cette joie, dans cette solitude. Le plus touchant est de commencer à la suivre dès la source, quand elle est encore à peine visible, parfois un filet d'eau seulement. On peut aussi faire avec les rivières de la philosophie et s'interroger avec elles, par exemple, sur ce qui apparaît aux humains comme un défaut, ou bien, comme Héraclite, prétendre penser le mobilisme universel en observant le même fleuve comme un monde chaque soir différent, changer avec la saison. On peut aussi penser en observant tout au long de la promenade les prouesses du jardinier amateur qui s'évertue à installer sur les berges des jardins qui seront parfois engloutis par la crue.

Ainsi, en ce mois de juin, la Loire alimente ma rêverie, et il faut transformer cette rêverie en écriture, car, il faut pourtant écrire. Je sais désormais que je n'écris ni mieux ni davantage lorsque je voyage et cependant je voyage, et cependant j'écris.






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