Diégèse Calendrier de vie de l'auteur en spirale d'Ulam
mercredi 16 mars 2022



2022
ce travail est commencé depuis 8111 jours (8111 est un nombre premier) et son auteur est en vie depuis 22564 jours (22 x 5641 jours)
ce qui représente 35,9446% de la vie de l'auteur
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dans 639 jours (32 x 71 jours), ce sera le vendredi 15 décembre 2023
et l'auteur sera peut-être en vie depuis 23203 jours (nombre premier)










C'est le 15 décembre, c'est la sainte Ninon et c'est la montée vers le solstice, un de ces jours où l'on peut croire que le soleil ne descend pas davantage alors qu'il qu'il descend, encore doucement un peu. On se dit que s'il descendait encore, ce serait sans soleil. Je marche dans les rues sans aucun but de promenade, tentant de considérer la ville sous des traits nouveaux. Je m'aperçois en regardant les façades que je ne connais plus rien de la géométrie et me promets d'y remédier tout en sachant que je ne le ferai pas. Je parcours la ville et le matin malgré le mauvais temps. Je ne me souviens plus de cette chanson qui invente le vent mauvais mais je m'en vais blême pourtant, sanglotant, suffocant presque, cherchant la saveur dans des rues froides, emplies de vent à jamais. Face à l'angoisse, je regarde ailleurs. Regarder ailleurs, ce n'est pas confronter sa mémoire aux images, ce n'est pas remplacer les images d'aujourd'hui par les images d'hier, c'est mettre le passé en rempart. La marche m'apaise et même si le soir subsiste encore une vague inquiétude, la crise est passée. Mais je dois faire attention. Je dois surtout chasser de mon esprit l'idée que j'ai sacrifié ceci ou cela, ma jeunesse ou la réussite, pour ceci ou encore cela, car, de sacrifice il n'y en avait aucun.

Ce qui me désespère, c'est que le texte n'avance pas et ce n'est pas drôle. C'est à désespérer de l'intelligence et de l'écriture. Je sais qu'il faudrait que je prenne du recul, ou de la hauteur, selon la métaphore choisie, par rapport à l'écriture. Que faudrait-il pour que j'écrive ? Peut-être que j'accepte d'écrire des livres, ce que j'ai toujours refusé de faire, croyant par superstition que cela portait malheur. C'est Barthes, je le sais, qui m'a mis cela dans la tête, affirmant dans son cours sur le roman que, d'une certaine façon, Zola n'était pas un écrivain... car il avait écrit trop de livres. Ce n'est certes pas exactement ce qu'il prétend, mais c'est ce dont je me souviens. C'est donc pourquoi j'ai refusé obstinément de faire l'écrivain en écrivant des livres en supposant en effet que c'était incompatible. Plus de quarante ans plus tard, je me prétends écrivain alors que je ne peux revendiquer aucun des attributs de l'écrivain. Il faut bien admettre que croire qu'écrire un livre usurpe quelque chose de l'ordre de l'écrire est une aporie.

Alors ! Que faudrait-il donc ? Sans doute, dirait Descartes, « un esprit entièrement libre de préjugés ».










16 mars






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